| LILI-ROSE (03/05/00) Au milieu de la prairie Trone, seule, la souche d'un saule pleureur; Et perchee la, toute accroupie, Lili-Rose croque les coeurs. Elle plante ses dures dents, Dechire la chair amere, Et mache en pleurant, Le Muscle de sa mere. Ses larmes clairent se melent au sang noir Qui lui glisse sur les levres, les joues, Et engourdit toute sa machoire, Avide de boire breuvage si doux. Tapi dans l'ombre il l'entrevoit, Et geint de la voir la toutes les nuits. Sachant tres bien que si elle boit, C'est pour sauver son coeur ennemi. Cry. cry Lili, But don't let the sun blot you out of my memory... INSOMNIE (09/01/01) J'ai reve la lune proche, Et l'etoile brulante, La gigantesque cloche Et l'eau petillante. J'ai reve les chenes freres, Les jonquilles bavardes, Les oiseaux missionaires, Les rafales tintillardes. Mais l'oeil est mort Et n'y croit plus. L'Ennui le devore Et boit tout son pu. Ah! comme l'homme est prudent, Et le coeur complice! Et quand la main ment... Les cervelles vomissent. LA DEVOTE (05/05/01) J'aurai beau dire, j'aurai beau faire, C'est la Souffrance qui m'eduque. Enfermee dans son sanctuaire, Elle me fait incliner la nuque. J'aurais voulu naitre etrangere A cette douleur d'ou j'emerge, Et je suis la, pieuse exemplaire, Qui se persuade d'etre encore vierge. Paupieres closes, paume contre paume, Je me prosterne devant ma vie: Et apparaissent tous les symptomes De la vieille Peste que j'ai beni. Et c'est claque apres claque Que je finis par consentir; Ce qui resorbera ma flaque, C'est d'encaisser pour s'endurcir. Je deviendrai feroce et forte, Aussi cruelle qu'un gosse perdu. Je serai seule, oui, sans escorte! Et le sang tachera mes mains nues! J'irai cracher sur la Masse grasse, J'aurai l'oeil fou du grand guerrier, Et comme un vrai paien vorace, J'eventrerai celle qui m'a faite! Mais le rythme incessant des coups, Et l'Habitude qui m'atterre, M'oblige a flechir les genoux, Et a prier pour qu'on m'enterre. (La Devote, 05-05-01.) |