Les minimexés, les chômeurs, les exclus présentent leur journal: Ouvrez-Les-Yeux! le journal des liégeois démunis.
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dernière mise à jour: 16 décembre 2006 LOGO Ouvrez Les Yeux! n°9   été 2006
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Pourquoi ?    pourquoi !   pourquoi…

Les fontaines

Pourquoi n’y a-t-il plus de fontaine dans Liège avec de l’eau potable ?
L’été, il devrait y avoir de l’eau partout. C’est tout de même fort que la bière soit moins chère que l’eau. Il devrait y avoir de l’eau dans toutes les salles d’attente. Chaque personne vivant au rez-de-chaussée, côté rue, devrait mettre une bouteille d’eau sur sa fenêtre, changée chaque jour. Les cafés ne devraient pas imposer l’achat d’une eau s’ils peuvent la donner gratuitement. Cela peut arriver à n’importe qui de se déshydrater. Combien, dans ces moments là, n’osent pas frapper à une porte pour demander un simple verre d’eau ? Si quelqu’un se trouve mal devant chez vous, sans que vous ne fassiez rien, c’est de la non assistance à personne en danger. C’est tout.

Les Compagnies de gaz

Quand on augmente les prix, il faut s’assurer que les installations ne datent pas d’avant guerre, que l’argent est directement investi dans la modernisation des installations. Je suis persuadée qu’ils sont capables de fournir des preuves. Mais, plus il y a d’explosions, plus nous sommes en mesure de penser, qu’encore une fois, le profit passe avant la sécurité.

Les Compagnies de télé distribution

On paie la redevance, on paie Télédis et on a que des pubs et des vieux feuilletons. Je veux bien payer un service, mais un service si médiocre pour tant d’argent. On est, une fois de plus, en mesure de penser, qu’on nous pompe l’air. Bientôt, ils vont nous faire payer l’air qu’on respire.

La Solidarité

Si vous êtes dans le cursus social et que vous bénéficiez du chômage, du CPAS, de la Mutuelle ou de la Vierge Noire, vous gagnez environ 600€/mois. Une fois que le loyer et les charges sont payés, il reste 200€ pour faire le mois.
Si une jeune femme a un copain, c’est pas sa vie privée, ça regarde le CPAS ou le Ministère de la Sécurité Sociale. Des fois qu’elle gagne trop. Son copain doit être domicilié ailleurs, sinon la situation est révisée. Un blouson oublié n’est plus spécialement pénalisant. Mais les revenus de l’autre sont à déclarer. Que de conversations agréables pour un couple.
Cette jeune femme veut héberger sa sœur. Sa sœur a le diabète et des problèmes de tyroïde. Elle a travaillé et elle a mis de l’argent de côté de façon à se payer une caution et un premier mois de loyer. Si elle grignote cet argent, en attendant de trouver un logement, elle ne pourra plus se prendre cet appartement. La jeune femme ne peut pas l’héberger légalement. Elle a un grand fils et elle ne peut pas se permettre de prendre le risque qu’on révise son revenu.
Je suis amie avec les deux sœurs. Je peux héberger celle qui est diabétique, elle, elle a toujours été sur le cursus professionnel et ceux qui la connaissent savent qu’elle a les bagages nécessaires pour retrouver un nouvel emploi très vite.
Il est possible qu’elle touche un taux co-habitante de 400€/mois, par le CPAS en étant domiciliée chez moi, durant 3 mois, reconductible. Moi, j’ai un revenu de la Vierge Noire. Si le Ministère de la Sécurité Sociale remarque cela, mon revenu sera révisé. En voyant du courrier à son nom, arriver chez moi, mon propriétaire m’a prévenu qu’il augmenterait mes charges si on est 2 chez moi. Un CV avec SDF à la place de l’adresse, ça complique légèrement les choses.
La solidarité revient cher.

Plume Rebelle

Lois Parents - Enfants

Les lois obligent les parents à assumer leurs enfants. Elles obligent aussi les enfants à assumer leurs parents, si, les parents ont assumé leurs enfants durant leur enfance.
Les chats des rues
Il y a toujours des braves gens dans chaque quartier qui donnent de la nourriture aux chats. Il y a toujours des détracteurs avec toutes sortes d’arguments. Cependant, les lois de la Nature ne nous laissent qu’une seule perspective. Si les chats errants sont mal nourris, des maladies et infections se propagent, l’espèce se sent menacée et, instinctivement, les chats se reproduisent davantage.
Il en est de même pour toutes les espèces. Une personne malade ou condamnée peut s’étonner de ressentir des pulsions sexuelles. Son instinct le pousse à se reproduire.
La liberté des bêtes est belle. Mais, si l’animal est accidenté par une auto ou une bagarre, il meurt sur place, à petit feu, de soif, de faim et de souffrance.

Plume Rebelle.

TENDANCE SUICIDAIRE

Je suis séro positive. Voilà deux ans que j’ai arrêté la trithérapie. [traitement combinant trois sortes de médicaments]
J’ai déjà voulu mourir. J’ai essayé les médicaments et j’ai essayé de me couper les veines, en vain.
Un soir, à 24 ans, en 1993, je ne savais pas où dormir. Je me suis soûlée et je voulais mourir.
Un homme m’a invitée à coucher chez lui à condition que j’écarte, comme il disait et il m’a aussi dit :
-« Tu veux mourir, tu vas mourir ! »
Mais je préférais encore sa proposition à la rue qui m’angoissait.
J’ai toujours vécue de privations. Ce n’est pas quelques avantages de ci, de là qui vont me donner l’envie de m’accrocher à la vie.
Aujourd’hui, j’ai 38 ans et je continue à me priver de tous besoins primaires et secondaires. Si je passe la ménopause sans avoir fondé de foyer avant, je ne verrai même plus l’intérêt d’aimer un homme. Je suis bien utile à droite et à gauche, mais je n’ai pas d’enfant.
Je me suis faite avorter de force à 15 ans. A l’époque, mon entourage estimait que j’étais trop jeune et pas assez riche. Ils croyaient tous qu’ils me faisaient profiter de cette nouvelle liberté qu’était l’avortement. Aujourd’hui, je le regrette grandement.
Les féministes avaient une phrase culte :
« On fait ce qu’on veut de notre ventre ! »
Moi, je l’ai crié dans les couloirs de l’hôpital, mais pour ne pas qu’on m’avorte !
Cet enfant aurait sûrement changé mon avenir. J’aurais pris plus soin de moi. Enfin peu importe, aujourd’hui il serait grand et indépendant, j’en suis sûre. Je pense, tous les ans, à son anniversaire, son âge…
Pourquoi s’accrocher à la vie ? Même ce que je gagne, on me le reproche. Car nombreux sont ceux qui osent dire que les usagers des Services sociaux profitent de la Société. Je ne saurais même pas me payer un enterrement décent.
Oui, il y en a qui meurent de vieillesse avec la tri- thérapie. Mais, moi, je voudrais mourir vite. Je me dis que je suis encore jeune, j’ai un bon cœur. Je suis endurante. Alors, j’ai peur de mourir à petit feu. J’ai peur d’être un cobaye. J’ai peur de tout, de tous. Je ne crois plus en rien ni en personne et je languis de quitter ce monde que je ne comprends pas.

Témoignage Violletta









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