II.4)Utiliser l'ADN comme ordinateur chimique pour les calculs complexes
Une équipe américaine dirigée par Lloyd Smith de l'université du Wisconsin s'est servie de brins d'ADN comme "ordinateur chimique", afin de résoudre des calculs complexes, explique un article à paraître demain dans la revue britannique Nature (c.f référence en fin de texte). Ces travaux, sans portée pratique dans l'immédiat, montrent un peu plus la faisabilité d'une technologique qui n'en est qu'à ses balbutiements.
Si les brins d'ADN contiennent
des informations, ils peuvent aussi les traiter : cette particularité
a été exploité par les auteurs, montrant ainsi qu'il
devrait être possible de résoudre par ce moyen des problèmes
de calcul trop complexes pour des ordinateurs classiques. En effet, les plus
complexes des problèmes de calcul sont ceux où le nombre de
réponses possibles (et donc le temps de calcul) augmente avec le nombre
de variables: chaque solution doit donc faire l'objet de nouveaux calculs
pour vérifier une série de critères.
L'équipe de scientifiques a transposé les données du
problème sous forme de séquences génétiques, utilisant
les caractéristiques chimiques des brins d'ADN pour éliminer
les mauvaises solutions. Pour cela, ils ont encodé toutes les solutions
possibles en les transposant sous forme de séquences génétiques.
Les brins portant ces séquences ont été fixés
à une surface en or, puis exposés à des brins d'ADN comportant
chacun des séquences génétiques complémentaires,
correspondant à l'un des critères requis pour la bonne solution
du problème. Dès lors, les solutions fausses (celles ne remplissant
pas l'un des critères) correspondent aux brins qui n'attirent pas les
brins complémentaires : repérées de cette manière,
elles peuvent être détruites par un enzyme s'attaquant spécifiquement
à ces brins. Les brins restants sont ceux remplissant tous les critères
demandés. Ces derniers peuvent donc être décodés
pour fournir les solutions correctes du problème.
Les ordinateurs classiques, qui fonctionnent grâce à des microprocesseurs,
seront limités par une technologie risquant de se heurter très
vite aux limites physiques de la miniaturisation. Dès lors, les chercheurs
rêvent d'utiliser la vaste capacité de stockage qui permet à
l'ADN, et à son cousin chimique l'ARN, de contenir les schémas
complexes des organismes vivants. Dans la plupart des recherches déjà
menées, l'ADN se trouvait en suspension dans des éprouvettes
remplies de liquide. Ici, l'ADN est fixé sur un support solide. Ces
technologies restent toutefois encore trop rudimentaires , incapables de s'attaquer
aux problèmes complexes traités actuellement par les ordinateurs
"classiques". Les chercheurs ont ici codé des brins d'ADN
synthétique pour contenir les 16 solutions possibles à un problème
simple. Les machine, renfermant chacune 100 000 milliards de brins, ont résolu
le problème... avec toutefois l'aide de l'homme.
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