L’algorithme d’une victoire sans lendemain !

 

Au lendemain des dernières élections fédérales qui ont permis au NPD de connaître un succès sans précédent au Québec, je me suis « amusé » à tracer un « algorithme » prévisionnel des événements ou des situations pouvant découler de cette victoire inattendue. La victoire du NPD au Québec pourrait être sans lendemain. À terme, elle pourrait servir les intérêts du Parti Conservateur tout en favorisant le retour du Bloc Québécois.

 

L’argumentaire que j’expose n’a que très peu à voir avec l'orientation sociale du NPD que nous serions mal venus de condamner à première vue. On ne peut certes reprocher au NPD de vouloir placer le progrès social et l’intérêt des moins favorisés de la société près du centre de ses préoccupations.

 

C’est donc, le stratège politique en moi qui s’exprime dans cet écrit. Certains trouveront mes scénarios très peu probable ! Je n’en suis pas si sûr.  Suivons en bien les méandres, étape par étape et nous verrons bien !

 

  • Le Parti conservateur vient de remporter une victoire décisive majoritaire dans la partie anglophone du Canada, sans l’aide du Québec. Seulement quelques  députés PC y sont élus. Le PC n’a maintenant que bien peu à perdre au Québec. Sa présence y est presque marginale. Ainsi, le ROC (reste du Canada) et le Québec nous apparaissent de plus en plus comme des entités politiques différentes au cheminement divergeant. Le doute n’est plus possible. La propulsion du NPD au poste d’opposition officielle place le Québec et le Canada dos à dos. Ils ont comme « tâche » de s’opposer l’un à l’autre.

 

  • Le NPD peut maintenant se définir comme un parti de gouvernement pour peu qu’il gagne en popularité dans le ROC. Ce sera sans doute le cas aussi longtemps que les décisions du gouvernement fédéral n’iront pas à l’encontre des intérêts québécois que le NPD devra défendre s'il tient à conserver ses assises au Québec. En résumé, tout ira bien au NPD tant qu'il ne sera pas forcé de choisir entre le Canada et le Québec.

  

  • La montée en popularité du NPD dans le ROC ne peut qu’inquiéter le PC; il lui faut la contrer. Pour ce faire, le gouvernement conservateur pourrait bien continuer d’être peu sensible aux réclamations et aux besoins du Québec. Il pourrait même l’être encore moins. Pourquoi ?

 

  • En agissant de cette façon, le gouvernement canadien forcera le NPD et son chef, un Québécois, à se porter régulièrement à la défense des intérêts du Québec et ainsi, en quelque sorte, indirectement, esquiver ceux du ROC.  Et, un NPD forcé de défendre sans arrêt les intérêts du Québec, au détriment parfois de ceux du Canada anglais, verra ses chances de progresser dans le ROC réduites. N'est-ce pas ce que recherche le gouvernement fédéral actuel ?

 

 

Aux dernières nouvelles, on nous apprend que le NPD se fait critiquer dans l’ouest du pays parce que Thomas Mulcair s’oppose au développement immodéré des sables bitumineux. On titre ceci dans un quotidien :

Thomas Mulcair a subi jeudi sa première attaque en règle de la part des conservateurs depuis qu'il a pris la tête du Nouveau Parti démocratique (NPD). Le chef de l'opposition a été malmené aux Communes au sujet de ses commentaires sur l'impact économique des sables bitumineux albertains.

Quant à Vincent Marisal, il y va d’un titre non équivoque « Mulcair se fait brasser » 

On vient d'apprendre (début juillet) que le gouvernement fédéral s'apprête à soutenir financièrement la communauté anglophone du Québec, ce à quoi s'opposent le Parti Québécois, le Bloc et le NPD.

Surveillez bien la réaction du Canada anglais face à la position du NPD !

  

Claude Lalande

Juillet 2012

 

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