LA FAMILLE

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«Le problème que nous vivons est un problème de valeurs d'une société qui est passée d'un extrême à l'autre, c'est-à-dire du Moyen-Âge religieux d'avant les années 1960 à la Révolution tranquille qui, elle, a été d'une brutalité incroyable sur le plan affectif. Le déraillement qu'a connu l'institution maritale, pendant cette grande période de changements, a entraîné dans son sillage celle de la famille. On peut maintenant parler d’égarement de la famille.

À ce propos, l’humaniste considère qu’une distinction essentielle doit être mise de l’avant, dans la loi, entre l’engagement parental et l’engagement conjugal. Il soutient qu’être parent est le choix de toute une vie alors qu’être en couple est une décision réversible.

M. Maurice Champagne, écrivain et humaniste

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« La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État ». La genèse de cet article ne laisse aucun doute sur la signification que les rédacteurs et les signataires de la Déclaration (ONU) entendaient donner au mot « famille ». Dans cet article, il est bel et bien question de la famille traditionnelle, hétérosexuelle et monogamique. C'est ce que confirme et illustre l'exégèse des autres articles de la Déclaration, où il est aussi question de la famille.

Or, certaines organisations d’auditoire important, (dont l’ONU qui trahit son option de départ)  s'ingénient à employer le mot famille pour désigner toute sorte d'unions consensuelles: unions homosexuelles, lesbiennes, "familles" recomposées, "familles" monoparentales masculine ou féminine, en attendant les unions pédophiliques (déjà prônées par certains) ou même incestueuses.

Nous sommes ici en présence d'un détournement du sens du mot famille. Le mot famille est désormais équivoque; ses significations fluctuent au gré des convenances et des intérêts en cause. 

Michel SCHOOYANS
Membre de l'Académie pontificale des Sciences sociales.
Professeur émérite à l'Université de Louvain.

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La famille québécoise gravement perturbée

 

La famille québécoise se cherche. Elle est disloquée. Elle souffre. Souvent on n’y retrouve plus ce ciment affectif qui, autrefois, faisait la joie de ses membres, dans la réussite ou dans l’adversité. Les membres de la famille riaient ou pleuraient, ensemble. Elle n’est plus ce refuge dans lequel les enfants trouvaient la sécurité, l’amour et le bonheur ; ces conditions quasi-indispensables à une éducation solide et équilibrée et à la réussite dans la vie.

 

Environ 50 %  des mariages se terminent par une séparation ou un divorce. C’est une constatation pénible.  Si certains divorces sont souhaitables et même nécessaires, force nous est de constater que beaucoup sont le résultat de l’intolérance, du caprice et de l’égoïsme. Il ne faut pas s’étonner de retrouver aujourd’hui tant de personnes seules, qui, sans réfléchir, ont détruit une union qu’un peu de dialogue et de tolérance auraient sauvée.  Le résultat est navrant : solitude, insécurité et misère pour bien des parents divorcés, et, peur, repli sur soi, tristesse et dépression pour les enfants sans véritable famille et parfois, laissés à eux-mêmes. Avec une famille si mal en point, il ne faut pas se surprendre de tant de suicides chez les jeunes. Même en présence de signes de désaccords profonds entre le père et la mère, il est très rare que l’enfant souhaite la séparation de ses parents. Pour un enfant, lorsque la famille se défait, c’est son univers qui vient de basculer.

 

Les enfants réussissent presque toujours à s’adapter aux conditions de vie affective qu’on leur impose : ballottage entre parents séparés, relations difficiles de la famille reconstituée, monoparentalité, etc., cela est vrai. Mais rien ne pourra jamais remplacer la famille nucléaire et hétéroparentale, c'est-à-dire celle de la condition idéale qu’assure la triangulation père, mère, enfants.

 

En cette période de vieillissement rapide de notre population, où la relève est cruciale pour le développement normal de notre société, il faut encourager le relèvement du taux de natalité au Québec, l’un des plus bas en Occident. Selon l’Affirmation nationale, l’État devrait, dans un premier temps, accorder des subsides généreux aux familles, en fonction du nombre d’enfants. D’autre part, il prendra les dispositions nécessaires pour offrir aux parents ayant pourvu à l’éducation et aux besoins de leur famille, une retraite avantageuse. Ce qui est offert actuellement, incluant les allocations familiales, est nettement insuffisant.

 

Le soutien financier et l’offre de services spécialisés (garderies, congés parentaux, etc.) ne sauraient suffire pour accroître véritablement le taux de natalité. Il faut plus. Il faut revaloriser le rôle de parents, l’ennoblir et lui conférer le plus haut respect.  Il faut, en utilisant nos puissants médias écrits et électroniques, informer la population du danger qui nous guette si notre taux de natalité demeure aussi bas, et par la même occasion, amener cette même population à réfléchir sur la grandeur et la noblesse du rôle de parents.

 

Ce dont le Québec a le plus besoin présentement, c’est davantage d’enfants. Il est normal d’y consacrer une bonne partie de nos ressources. Certaines personnes croient que l’immigration pourrait compenser pour notre faible taux de natalité. Cela n’est que partiellement vrai, car l’immigration ne sera toujours qu’un ersatz, quoiqu’on en dise.

 

L’Affirmation nationale se penchera très sérieusement sur le grave problème que pose l’état actuel de la famille québécoise. Sans revenir à la famille nucléaire traditionnelle, il faut trouver les moyens de convaincre bien des parents de temporiser sur les exigences de la carrière et d’accorder plus d’attention aux responsabilités familiales. Notre bien le plus précieux se sont nos enfants. Il faut leur donner ce qu’il y a de mieux : une famile unie et heureuse.

 

Claude Lalande

Affirmation nationale du Québec

 

(Lecture pertinente)

La famille et la vie dans les conférences internationales (extraits)              

(...) D'une famille à l'autre? Depuis la Conférence de Pékin (1995), l'ONU s'ingénie à employer le mot famille pour désigner toute sorte d'unions consensuelles: unions homosexuelles, lesbiennes, "familles" recomposées, "familles" monoparentales masculine ou féminine, en attendant les unions pédophiliques (déjà prônées par certains) ou même incestueuses. Nous sommes ici en présence d'un détournement du sens du mot famille. Le mot famille est désormais équivoque; ses significations fluctuent au gré des convenances et des intérêts en cause.

Une anthropologie individualiste. Ces multiples significations que l'on décide d'attribuer au mot famille sont la conséquence directe d'une anthropologie strictement individualiste, confortée par le climat néo-libéral ambiant. En donnant sa caution à cette anthropologie, l'ONU piège l'institution familiale traditionnelle, naturelle et antérieure à toute organisation juridique. (...) La famille est lieu de solidarité, d'interdépendance consentie, de fidélité. Lorsque l'ONU revendique que le même statut soit réservé à un couple d'homosexuels et à la famille, elle entérine les vouloirs individuels des membres du couple homosexuel.(...) La famille traditionnelle, hétérosexuelle et monogamique, est déforcée du fait qu’elle est réduite à n'être qu'un modèle parmi d'autres d'unions purement contractuelles, entre deux individus. (...) Puisque la famille ne procède que d'un contrat privé passé entre individus, son existence même est suspendue à la durée de ce contrat. Sa stabilité et sa durée dans le temps sont hypothéquées. Quant aux enfants, s'il y en a, ils perdront cette famille, précaire dès son origine, dès que les parties contractantes estimeront avoir intérêt à renoncer à leur contrat.

Le déferlement de l'idéologie du "gender" et la lutte des classes revisitée (quelques aberrations !) L'idéologie du "gender" reprend l'interprétation que donne Friedrich Engels de la lutte des classes (marxisme). Pour Engels, cette lutte est d'abord celle qui oppose l'homme -le maître, et la femme -son esclave. La famille hétérosexuelle et monogamique serait le lieu par excellence où la femme est exploitée et opprimée par l'homme. La libération de la femme passe donc par la destruction de la famille. Une fois "libérée" du joug marital et du fardeau des maternités, la femme pourra occuper sa place dans la société de production. (...) Cette nouvelle culture considère que les différences de rôles entre les sexes n'ont aucun fondement naturel  ; elles sont apparues à une certaine époque de l'histoire et le moment est venu qu'elles disparaissent, car cet épisode de l'odyssée humaine est révolu. En réalité - assurent les idéologues du "gender" - les différences de rôles entre l'homme et la femme sont d'origine purement historique ou culturelle : elles sont le produit d'une culture en voie d'extinction. (...) Le sentiment maternel est né au XVIIIème siècle, mais la nouvelle culture "dématernisera" la femme. Cette nouvelle culture devra abolir toutes les distinctions, relents anachroniques de l'âge de "l'oppression de la femme par l'homme" et souvenir insoutenable du temps des inégalités entre eux. Dès lors cette nouvelle culture, exige la destruction de la famille (...)  Portant, la famille est la conséquence naturelle du comportement hétérosexuel de l'homme et de la femme. La nouvelle culture, quant à elle, nie toute importance à la différenciation génitale de l'homme et de la femme.

Quand l'éthique chasse la morale ! (...) Le droit à la liberté sexuelle des individus doit être proclamé; il ne doit être assorti d'aucune contrainte, d'aucune limitation (...) l'idéologie du "gender" est désastreuse parce qu'elle entend propulser de "nouveaux droits" de l'homme qui menacent non seulement l'existence de la famille, mais la vie de l'enfant non né qui est le maillon le plus faible de la chaîne familiale.

La spirale contraceptive (...) du reste, les usagers de la contraception attendent de celle-ci une efficacité totale. Le "droit à la contraception" implique donc le "droit à l'avortement" de rattrapage. Il s'ensuit que, dans l'union conjugale, le plaisir est perçu comme le bien à rechercher et l'enfant comme le risque à éviter. En rejetant la première finalité du mariage, la procréation, c'est la famille que l'on met radicalement en péril.

Où sont mes frères? La conséquence la plus dramatique des programmes anti-famille de l'ONU est la chute de la fécondité et le vieillissement, que l'on observe partout dans le monde. Ce double phénomène frappe l'Europe (et le Québec) de façon dramatique, puisque l'indice de fécondité y est de l'ordre de 1,5 enfants par femme en âge de fécondité, alors qu'il en faudrait au moins 2,1 pour que les générations se renouvellent. Dès lors, les enfants clairsemés, rescapés de la contraception et de l'avortement, n'auront guère de frères ni de sœurs, ni de beaux-frères ni de belles-sœurs, ni de neveux ni de nièces, ni d'oncles ni de tantes, ni de cousins ni de cousines. Adieu, parents bien-aimés! La famille n'est pas seulement en crise; elle est en train de s'étioler par manque d'effectifs.

Texte complet 

Michel SCHOOYANS
Membre de l'Académie Pontificale des Sciences sociales.
Professeur émérite à l'Université de Louvain.

 

 

 

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