JE
DÉPLORE, JE DÉNONCE, JE REFUSE...
MON REFUS GLOBAL...
Le 9 août 2008 marque le soixantième anniversaire de
la publication du Refus global de Paul-Émile Borduas. Un anniversaire qu’on ne
peut passer sous silence compte tenu de l’effet que cet écrit aurait eu sur
l’évolution du Québec au cours des cinquante dernières années.
Liberté,
liberté ! y écrit-on sur tous les modes, même sur celui discordant de
l’anarchie que Borduas qualifie de resplendissante. Le refus global de Borduas,
fustigeant les dirigeants conservateurs de l’époque, est probablement, d’abord,
un cri de dépit envers la société de l’époque qui demeurait indifférente aux
œuvres d’un groupe de peintres (automatistes) et d’artistes qui parvenait
difficilement à vivre de son art. Borduas accuse le sens trop utilitaire de la
société de l’époque. Le Refus global est
aujourd’hui qualifié de mythe. (De Dollard à Borduas ou le
mythe de Refus global - Combats – Jean Philippe Warren) (Le refus global 50 ans après
- Le Québécois libre - Gilles Guénette - Martin Masse).
Les
signataires du document étaient-ils aussi sincères qu’on pourrait se l’imaginer
dans leur désir de faire évoluer la société de l’époque ? C’est à
réfléchir. On peut se demander à cet effet pourquoi l’auteur du Refus global
a-t-il quitté le Québec si facilement peu après la publication de son texte, si
son désir premier était de sortir le Québec de sa torpeur, de son immobilisme
et de sa religiosité ? Borduas aurait-il écrit le même document s’il avait
connu un minimum de succès pécuniaire dans la vente de ses œuvres au Québec.
Même si la question commerciale n’est pas à exclure des motifs revendicateurs
des automatistes, soyons généreux et accordons-leur le bénéfice du doute.
Acceptons de dire avec eux qu’ils avaient comme objectif principal de faire
avancer la société dans son ensemble.
La
description que l’on fait de la société québécoise d’alors, que le document
qualifie de décadente, ne pèche pas par excès de rigueur sur ce point.
Conservatrice et morale, la société québécoise des années pré-Révolution
tranquille n’avait pas les caractéristiques d’une société décadente, même si
une certaine asphyxie socioculturelle la menaçait. Encadrée sévèrement par le
clergé et la classe dirigeante de l’époque, qui encourageaient le travail, le
sens des responsabilités, l’honnêteté, le courage, la persévérance, cette
société existait à l’opposée de la facilité et du laisser-faire, donc à
l'inverse de la décadence. Elle était cependant en proie à un certain
immobilisme qui interdisait bon nombre
d’initiatives et de créations dans plusieurs domaines sociaux et artistiques.
Il fallait changer les choses. Le Refus global de Borduas y aurait-il contribué ?
Rien de moins certain puisque, à cette époque, bien peu d’attention et de
crédit étaient accordés au texte de Borduas. On le considérait généralement
comme l’étalement des frustrations d’un groupe restreint de personnes ayant de
la difficulté à s’adapter à la société d’alors. L’influence du document était à
peu près nulle dans la population. Ce serait donc sans l’apport du Refus global
que, dans les années cinquante, l’on pouvait déjà noter l’apparition d’idées
nouvelles, qu’il serait plus juste d’associer à une saine évolution sociale,
modérée et réfléchie, résultant d’une plus grande compétence de la classe
enseignante, d’une liberté de presse comparable à celle de la plupart des pays
industrialisés, de la progression de l’éducation dans tous les milieux et à
tous les niveaux, notamment universitaire,
et de l’avènement de nouveaux moyens de communication, parmi lesquels,
la télévision. Il serait probablement plus juste de porter au compte de
l’évolution occidentale d’après guerre les changements profonds qui se sont
produits au Québec dès le début des années cinquante.
Borduas
énumère, nombreux, les peurs de l’époque
et les abus des pouvoirs politique et religieux. Qu’en est-il
aujourd’hui ? Un certain nombre de peurs en moins, mais apparition de
nouvelles sous forme d’incertitude, d’anxiété et d’angoisse dont les effets
sont souvent plus troublants et davantage déstabilisateurs que celles du passé.
Le nombre de dépressions et de suicides, pour lesquels le Québec s’est hissé
parmi les champions à ce douloureux palmarès mondial, en témoigne.
Quant
au pouvoir politique en place, il lutte toujours aussi férocement pour se
succéder à lui-même, par des moyens très proches de ceux d’autrefois, utilisés
cependant avec plus de raffinement. Et de ce fait, probablement plus
pernicieux !
L’auteur
du Refus global dénonce une société qu'il estimait être en décadence pour
laquelle la religion et les hommes de
l’époque sont pointés du doigt. Aujourd’hui le pouvoir religieux est écarté et
les hommes ont été remplacés par d’autres «d’une autre classe » comme
le souhaitait Paul-Émile Borduas. Pourtant la décadence s'installe à
demeure depuis les dernières décennies et s’accélère même sur fond de société
amorale. Borduas pourfend le Dieu des chrétiens ; aujourd’hui on en adore
un nouveau, polyforme. Il s’appelle ploutocratie, argent, matérialisme,
individualisme, hédonisme, etc.
Devant
le blocage actuel de notre société, qui se consacre corps et âme à l’adoration
de son nouveau dieu, le temps de dire, de crier, un nouveau refus global est
venu.
Voici
ma contribution.
Introduction
Au
moment de la Révolution tranquille, les hommes politiques d’alors ont souvent
cherché à chasser de nos mémoires à peu près tout ce que le régime politique
précédent avait produit de positif. Il fallait coûte que coûte « rompre
définitivement avec toutes les habitudes de la société et se désolidariser de
son esprit utilitaire » (Refus global - P.-E. Borduas). Faut-il voir
dans cette douloureuse tabula rasa perpétrée par les artisans de la Révolution
tranquille, l’œuvre de personnes enfin en possession du pouvoir si longtemps
convoité et trop désireuses de repartir à zéro, ou un règlement de compte
politique qui devait nier aux vaincus toutes réalisations valables ?
Quoiqu’il
en soit, les changements très importants imposés à notre société d’alors, dont
bon nombre étaient devenus nécessaires cependant, ont été beaucoup trop
coûteux. Réalisée sans la césure propre à une révolution, fut-elle tranquille,
la transformation de notre société aurait été aussi valable. Probablement plus. Et, parce que faite progressivement selon les règles de l’évolution
posée et réfléchie, qui souvent fait la grandeur et la qualité des peuples et
des nations, elle aurait été nettement plus humaine et plus profitable pour une
majorité de la population. Des pans de solidarité sociale ont été détruits
inutilement selon le professeur Gilles Paquet.
Il
nous faut maintenant travailler à reconstruire le sens de l’éthique et de la
juste mesure que notre peuple a abandonnée trop facilement face au paradis
illusoire de la consommation à grande échelle, de la mise en application de
méthodes éducatives non suffisamment éprouvées, de l’encouragement à la remise
en question de la famille traditionnelle (nucléaire) et du rôle de parents, du
rejet non justifié de nombreuses valeurs mises en place par les générations
précédentes, etc. Le peuple crédule des affirmations trop peu réfléchies de sa
nouvelle élite croyait y trouver le bonheur. Ce fut le contraire :
accroissement des disparités économiques et sociales au milieu d’une orgie de
consommation ; détérioration de l’éducation de base, décrochage scolaire,
augmentation de la violence conjugale, éclatement de la famille, délinquance,
violence à tous les échelons de la société, suicides, etc. Voilà le prix à
payer pour le manque de prévoyance, de courage et de perspicacité de plusieurs
gouvernements depuis 1960, dont ils auraient dû faire preuve pour corriger les
dérapages de la Révolution tranquille.
Une
société malade
Je
dénonce la présente société qui a perdu toute finalité hormis celle de
l’argent, du pouvoir et du plaisir, et qui s’avilit toujours plus profondément
dans le matérialisme le plus sordide. Le triomphe du matérialisme engendre une
crise des valeurs de l’esprit.
Le
Québec s’est fait soldat d’avant-garde pour la défense d’une forme de
démocratie et de liberté qui s’apparente étrangement à la permissivité dans
plusieurs secteurs d’activités. Pour réaliser cet idéal de démocratie libre
tant recherché par les défendeurs de la Révolution tranquille, rien n’a été
épargné. Les résultats sont au rendez-vous. Mais, trop souvent hélas, ils
portent en eux de graves effets pervers favorisant dans la population en
général, l’émergence et la montée du matérialisme outrancier,
l’apparition d’un individualisme antisociétal inquiétant, la décadence des
mœurs et l’affaiblissement de l’étique, de la morale, de la discipline, de
l’autodiscipline (autorégulation), etc.
Faut-il
voir dans cette course frénétique à la présente forme de démocratie l’expression de principes
fondamentaux qui habitent nos gouvernements ou un agenouillement rentable
devant l’assaut d’insatiables groupes de pression de toutes tendances,
pourvoyeurs de fonds et de votes ?
Les deux, sans doute, mais avec une propension marquée pour tout ce qui
peut assurer la pérennité du pouvoir.
La
pornographie, cette manifestation de l’animal en nous ; cette invitation
incessante à l’accouplement de l’humain devenu « bête », est une
triste réalité lourde de conséquences. En libérant outrancièrement le sexe, on
l’a banalisé. Il est maintenant présent
partout et est perçu comme une normalité sans conséquence. Résultats :
hypersexualisation chez les jeunes, exacerbation du désir chez le (la) « drogué(e)»
du sexe, harcèlement, violence, viols, crimes passionnels, MTS, sida, etc.
Il
faut nous questionner sur l’équation à établir entre la montée de la violence,
les drames familiaux, le suicide et la chute de l’éthique sociale d’une part, et
la montée en popularité des valeurs d’une certaine gauche outrancière d’autre
part. La réponse, que nous devons rechercher dans l’analyse de ces valeurs et
de leurs conséquences, ne sera valable que dans la mesure où tous les groupes
pourront exprimer leurs pensées librement, ceux en particulier dont la capacité
de se faire entendre est réduite. À ceux-là, il faut tendre la main et chercher
à connaître leurs idées, leurs observations et leurs désirs trop souvent
ignorés, de manière à en favoriser l’expression calme et pondérée.
Débâcle de la famille
La
famille québécoise se cherche. Elle est disloquée. Elle souffre. Souvent on n’y
retrouve plus ce ciment affectif qui, autrefois, faisait la joie de ses
membres, dans la réussite ou dans l’échec. Les membres de la famille riaient ou
pleuraient, ensemble. Elle n’est plus ce refuge dans lequel les enfants
trouvaient la sécurité, l’amour et le bonheur ; ces conditions tellement
importantes pour une éducation solide et équilibrée et pour la réussite dans la
vie.
Les
parents, qui doivent travailler tous les deux pour donner un minimum de confort
aux enfants, sont épuisés. D’autres, dépassés par les événements, fuient leurs
responsabilités. L’éducation des enfants s’en ressent gravement. On retrouve
chez eux, de plus en plus, un comportement antisocial dès leur arrivée à la
maternelle : violence, crises, insultes. Du jamais vu. Les principales
causes : familles éclatées, valeurs douteuses véhiculées au sein de la
famille, absence de règles comportementales claires liées à la prime éducation
des enfants, permissivité comme moyen d’acheter la paix, environnement violent, etc.
La moitié des mariages se
termine par une séparation ou un divorce. Pénible constatation. Si plusieurs divorces sont souhaitables et
même nécessaires, force nous est de constater que beaucoup sont le résultat de
l’intolérance, du caprice et de l’égoïsme. Même en présence de signes de
désaccords profonds entre le père et la mère, il est rare que l’enfant souhaite
la séparation de ses parents. Pour un enfant, lorsque la famille se défait,
c’est son univers qui bascule.
Il ne faut donc pas
s’étonner de retrouver aujourd’hui tant de personnes seules, qui, sans
réflexion suffisante, ont détruit une union qu’un peu de dialogue et de tolérance
auraient sauvée. Le résultat est
navrant : solitude, insécurité et misère pour bien des parents divorcés
et, peur, repli sur soi, tristesse et dépression pour les enfants sans
véritable famille et parfois laissés à eux-mêmes. Avec une famille si mal en
point, il ne faut pas se surprendre de tant de suicides chez les jeunes.
L’éducation : un échec
à la base
Notre
système d'éducation public, n’accorde plus suffisamment d’attention à la
formation de base au primaire et au secondaire Comparée à celle consacrée aux
disciplines technique et professionnelle, il y a disproportion. En déficit de moyens, souvent confrontée à un
manque flagrant de discipline de sa clientèle, parfois privée de professeur(e)s
qualifiés et d’une pédagogie appropriée, l’école primaire et secondaire ne peut
répondre aux exigences d’une bonne éducation de base. Le français parlé et
écrit au Québec se détériore. L’école ne réussit pas à donner aux nôtres de
bonnes habitudes langagières tant sur le plan de la prononciation que sur celui
du vocabulaire. Sur ce dernier point, il y a toujours une déficience marquée
qui ne permet pas à une partie importante de la population de s’exprimer
clairement. Le joual connaît toujours
ses heures de gloire auquel se greffent
régulièrement nombre de jurons dégradants et scabreux. Bien sûr, autrefois nos
capacités de communiquer par la voix ou l’écriture étaient limitées, mais
quiconque devait le faire en public, le faisait toujours de son mieux. L’effort
pour bien parler et écrire était valorisé. On s’appliquait. Aujourd’hui, pour
un trop grand nombre de personnes, parler et écrire correctement est devenu
sans importance. À la limite, chez les jeunes, parler et s’exprimer
correctement peut être ridiculisé.
On a
peut-être consacré trop d'énergie et de temps à faire des expériences dites
pédagogiques pendant qu'on négligeait le but essentiel de
l'enseignement : outiller nos jeunes pour leur permettre de mieux réussir
dans la vie. En cela, savoir parler et écrire correctement est prioritaire.
Plus que la connaissance des techniques et des sciences.
Une
société à reconstruire
Nous sommes allés trop loin. Il
faut arrêter la machine du faux progrès. Nous avons besoin de modération. Une
période de réflexion s’impose pour faire le point sur les dernières décennies
de bouleversement social au Québec. Nous avons besoin d’un mouvement social qui
va dans le sens de la révolution des mœurs et de la restauration des grandes
valeurs de l’esprit que sont la loyauté, l’amour du travail et des choses bien
faites, la persévérance, le courage et
le sens du
devoir. Il faut apprendre à refuser parfois la facilité et le lucre pour mieux
accomplir son devoir. Il faut nous éloigner de plusieurs de nos intellectuels
aux idées permissives et dissolues. Sans y être opposée, il faut souhaiter un
éloignement du matérialisme et de l’hédonisme tout azimut que le Québec connaît
en ce moment. Le matérialiste a sa place dans notre société, mais il faut que
les valeurs qu’il véhicule soient soumises à celles de l’esprit, c’est-à-dire à
celles qui grandissent la personne humaine et lui évitent la domination
avilissante de la matière.
Ces
valeurs mises de côté dans notre précipitation à réaliser les changements
préconisés par les artisans de la Révolution tranquille doivent réoccuper la
place qu’elles n’auraient jamais dû quitter. Elles sont nécessaires à la
reconstruction de la société actuelle.
Il faut les redécouvrir et s’appliquer à les incorporer à nos vies en
toute sérénité, calmement. Elles sont de nature à freiner la compétition et la
recherche exagérée de la performance. Deux éléments qui incitent à la lutte
entre individus, groupes d’individus, entreprises et syndicats, et organismes
sociaux. La société ne doit plus être un champ de bataille où s’affrontent
individus carriéristes ou groupes en quête de toujours plus de pouvoir, mais
une collectivité ou seront harmonieusement intégrées toutes les classes et les
couches de la société. Nous avons besoin d’un mouvement qui travaille à la renaissance de la vie
spirituelle et physique, d’une transformation morale qui donne un sens nouveau
à la dignité de l’individu, qui refaçonne après des décennies de décadence, à
la fois le corps et l’esprit. Face à la croissance inquiétante de l’obésité
chez nos jeunes et dans la population en général, l’urgence de la renaissance
physique s’amplifie de jour en jour. L’activité physique, la pratique de sports
exigeants, le plein air, mais aussi la vie en groupe et l’esprit d’équipe sont
autant de moyens de revaloriser l’être humain membre d’une collectivité à
laquelle il a droit d’être fier et heureux d’appartenir.
Le
gouvernement doit bien saisir l’importance des enjeux sociétaux à long terme,
les expliquer à la population et assumer pleinement son rôle de guide de la
nation. Pensons au monde de demain, à celui issu de l’ordre social
d’aujourd’hui. Devant notre société actuelle, aux trop nombreux membres devenus
exigeants, égoïstes et irresponsables, le gouvernement, victime de son propre
laxisme, est souvent pris au dépourvu. Il lui faut maintenant faire preuve de
courage politique et judicieusement, efficacement, encadrer l’expression de la
liberté. Dans certains domaines, le besoin croissant de contenir l’humain au
moyen de lois et de règlements sévères
pour le protéger de lui-même et des autres, est devenu incontournable. Le
gouvernement doit en prendre conscience et, plus que seulement légiférer pour
limiter les dégâts, il doit travailler énergiquement au changement des
mentalités chez l’humain, favorisant la restauration de l’autodiscipline
(autorégulation) et des valeurs de l’esprit. C’est le prix d’une saine liberté.
JE
DÉPLORE, JE DÉNONCE, JE REFUSE...
·
la famille éclatée (sans bonnes raisons), qui marque
inexorablement les enfants;
·
le faible taux de natalité de notre société
d’abondance, pourtant une des plus en mesure au monde de se donner des enfants
en plus grand nombre et bien éduqués ;
·
le dévoiement de la sexualité qui, pour une bonne
partie de la population, a perdu sa finalité, hormis le plaisir ;
·
notre société capitaliste qui accorde plus
d’importance à l’argent qu’à l’enfant, et qui force le couple à choisir le
premier au détriment du second ;
·
la place qu'occupe cette nouvelle drogue que sont
les jeux de hasard et la loterie dans notre société, avec l'encouragement de
nos gouvernements qui en sont les promoteurs et les bénéficiaires ;
·
notre comportement permissif face à la place des
drogues dans la société ;
·
la discrimination de sexe, de race et
d’âge notamment dans le domaine de l’embauche et de la justice sociale ;
·
la soif de pouvoir, l’individualisme et l’hypocrite
capitalisme de nos syndicats et de leurs dirigeant(e)s ;
·
l’improbité, le laisser faire, la soif et l’abus de
pouvoir de nos politiciens en général;
·
le favoritisme politique et le
« patronage » déguisés en lobbysme auxquels nos dirigeants politiques
s’adonnent trop souvent ;
·
notre système de justice dans lequel
l’application des règles du droit et des procédures prime sur la recherche de la
justice ; son intolérance en certains domaines et son laxisme en
d’autres ;
·
l’accessibilité à la justice de plus en plus
difficile pour la classe moyenne qui n’a plus les moyens de payer;
·
notre système d’éducation qui n’apprend plus à notre
jeunesse à écrire et à parler correctement ;
·
notre système d'éducation qui ne peut empêcher le
décrochage d'une importante partie de sa
clientèle, particulièrement masculine ;
·
le « business » de la santé et le lucre de
ses professionnel(le)s ;
·
le commerce et le prix abusif des médicaments
imposés par notre industrie pharmaceutique dont le but premier, sinon le seul,
est le profit ;
·
la peur de parler et de s’affirmer en raison des
tabous, de la règle de la « rectitude politique » et de la
« dictature » des modes ;
·
le changement qu’on associe trop facilement au
progrès : l’un n’est pas forcément l’autre ;
·
les valeurs de matérialisme, d’individualisme et
d’hédonisme véhiculées par notre société et sa béate soumission au dieu
argent ;
·
notre modernité souvent caractérisée par la
recherche excessive du plaisir et la décadence des mœurs ;
·
le mauvais usage que l’individu fait de sa
liberté ;
·
le mauvais usage que la société fait de sa liberté.
Claude
Lalande