La Toscane et le Latium en cyclocamping(septembre 2008)
Riomaggiore (Cinque Terre) L'auteur à Florence
Itinéraire
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Après avoir traversé la France de Bordeaux à Lausanne en juin 2007, j’avais laissé mon vélo et mon équipement de camping en Suisse (voir Cycloamping à travers la France de Bordeaux à Lausanne). Pour 2008, le défi était l’Italie, un pays très accidenté qui compte beaucoup moins de campings. J’ai planifié mon itinéraire à l’aide d’une carte à 1:200 000 du Touring Club Italiano et des excellents sites Web Google Maps, Camping.it et SBB.ch (les Chemins de fer suisses); ceux-ci offrent d’excellents services train–vélo sur leurs lignes nationales et internationales, mais il faut téléphoner pour réserver. |
- De la Suisse à la Toscane
- Une pointe en Ligurie
- De retour en Toscane
- À travers l’Ombrie et le Latium
- Conclusion
De la Suisse à la Toscane
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Le 29 août, j’ai pris le vol de nuit de Montréal à Bâle et vers midi, j’étais sur le train de Lausanne. Sitôt arrivé, je suis passé prendre mes billets réservés pour le lendemain. Yannick est venu me cueillir à la gare de Cossonay vers 19 h. |
Jour 0 – Lundi, 1er septembre – De Cossonay à Lausanne (20 km en 1½ h) - Le train de Livourne
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Pour prendre le train de 8 h 45 à Lausanne, je suis parti dès 6 h, en maillot jaune. Exceptionnellement, j’ai dû rouler à l’obscurité - j’aurais dû savoir que l’Heure avancée d’Europe centrale (HAEC) est en avance de deux heures. Tout s’est bien passé. Il n’est pas difficile de mettre un vélo sur le train en Suisse : on le suspend à un crochet par la roue avant dans le wagon marqué à cet effet. Avec une correspondance à Zurich, le voyage a pris 12 heures. Sur le train, j’ai partagé mon compartiment avec un groupe de retraités bernois jusqu’à Gênes, et ensuite jusqu’à Pise avec des jeunes Français et un chien muselé qui s’énervait. Pourquoi diantre ai-je choisi Livourne comme point de départ? Faute d’avoir repéré le bouton « Montrer tous les arrêts » sur la page Web des Chemins de fer suisses, j’ai cru que cette ville était le seul arrêt après Milan – j’avais éliminé cette dernière parce que je déteste les entrées et les sorties dans les grandes villes. Si c’était à refaire, je partirais de Pavie, beaucoup plus au nord, mais alors, mon itinéraire serait radicalement différent. Quoi qu’il en soit, il faisait déjà noir quand le train est entré en gare à Livourne, vers 20 h. Une heure plus tard, après une balade de moins de deux kilomètres, je m’installais dans une coquette petite chambre de l’hôtel Giappone Inn (48 €), réservée sur Hostels.com. |
Jour 1 – Mardi, 2 septembre – De Livourne à Pise (50 km en 4½ h)
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Le lendemain, après un petit déjeuner au Caffè Grande, j’ai fait une grande marche autour du Castel Nuovo, qui se dresse au milieu d’un grand bassin dans le centre de la ville. Rebâtie dans un style utilitaire après les terribles bombardements de 1944, Livourne n’attire pas des foules de touristes comme beaucoup d’autres villes italiennes. Quand j’ai mis le cap sur Pise vers midi, sous un beau ciel bleu, il faisait déjà chaud. Mon plan était simple : traverser le canal et pendre la route la plus courte vers le nord (moins de 30 km). Ce qui devait être une courte randonnée dans la plaine côtière a pris de toutes autres proportions après un faux départ dans les installations portuaires. Peu importe où j’allais, la seule issue semblait être une autoroute à quatre voies interdite aux cyclistes. Cette situation illustre assez bien la Première loi des routes italiennes (LRI n° 1) : « La signalisation des routes secondaires, si elle existe, mène probablement dans une boucle sans fin ». De guerre lasse, j’ai rebroussé chemin et filé vers l’est sur la SP4 et la SP21*, en m’enfonçant assez loin dans les terres pour rester à l’écart des nœuds d’autoroutes, avant d’obliquer vers le nord à travers les collines et des petites agglomérations rurales comme Fauglia et Cenaia. Après avoir traversé l’Arno, j’ai pris la SR206, construite sur le tracé de l’antique voie Émilienne. Le GPS était bien utile non seulement sur les petits chemins ruraux, mais aussi dans les rues étroites de Pise, pour contourner les sens uniques, les déviations et les impasses. En route vers le camping, je me suis retrouvé en face de l’étonnante Tour penchée de Pise, sur la Piazza dei Miracoli, au milieu d’une multitude de touristes. Ma première priorité fut d’acheter une grosse bouteille d’eau glacée (2 €), mes deux bidons étaient secs. Au Campeggio Torre Pendente, une autre « petite Allemagne » remplie de caravanes, il y a une piscine, un restaurant et une petite épicerie qui vend de la bière froide. Comme dans la plupart des campings que j’ai vus en Italie, le sol dénudé n’avait conservé que quelques touffes d’herbes sèches dans les endroits inaccessibles. Mes voisins étaient un couple d’âge mûr, des enseignants de Rawdon (Québec) qui avaient parcouru près de 4 000 km en tandem au cours d’un tour de l’Europe de trois mois. Nous avons échangé des astuces sur la navigation au GPS. Parti à pied le jour suivant, j’ai visité la Vieille Ville en commençant par les fresques du Camposanto. Comme partout ailleurs en Europe, de nombreux monuments historiques sont encoconnés dans des échafaudages loufoques, comme des grosses chrysalides, avant de se métamorphoser en de splendides constructions de marbre dans leurs coloris originaux - la Place de Miracles porte bien son nom. * Les SP (Strada Provinciale), les SS (Strada Stadale) et les SR (Strada Regionale) sont accessibles aux vélos. |
À Lausanne avec Jade
La Tour penchée de Pise
Une pointe en Ligurie
Jour 2 – Jeudi, 4 septembre – De Pise à La
Spezia et à Portovenere
(107 km en 6½ h; moy. 16,4 km/h, max. 39,6 km/h)
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Tôt le matin par temps gris, j’ai pris le plus court chemin pour La Spezia, la voie Aurélienne achalandée. Juste avant Viareggio, j’ai commencé à suivre la côte. Avançant sans effort dans la plaine côtière, j’ai dépassé une enfilade de stations balnéaires cachant la plage. Il y a bien une « piste cyclable » côté mer, mais on y voit peu de vélos parce qu’il y a trop de piétons et d’entrées cachées. J’ai fait une pause sur l’une des rares plages publiques, à Marina di Carrara. Des gens étaient étendus au soleil sur le rivage de gros galets, mais personne ne se baignait. À quelques kilomètres au-delà des quais où d’énormes grues chargent des gros blocs de marbre de Carrare, un promontoire vert foncé marque la fin de la plaine côtière. Ensuite, la route quitte le rivage et monte en pente douce dans la vallée (SP21 et SP1). Sauf les champs dorés de maïs sur pied et la livrée des platanes qui commençait à se flétrir, il y avait très peu de signes de l’automne. Comme il n’y a pas de campings au-delà d’Arcola, je voulais me rendre à Lerici, mais les montées épouvantables m’en ont vite dissuadé. Arrivé à La Spezia vers 15 h, j’ai décidé de continuer jusqu’à Portovenere, sur la pointe de la péninsule (11 km). À la sortie de La Spezia, le chemin qui monte lentement offre des vues spectaculaires sur les installations portuaires, par-dessus le mur d’enceinte qui ceinture la base navale. On y voit de grosses frégates grises aux formes anguleuses, semblables à des constructions de Lego. La route qui longe les crêtes et les falaises, toute en creux et bosses de moins de 50 m, offre de jolis coups d’œil sur la mer. Cet endroit unique, une Réserve naturelle de l’UNESCO, est interdit au camping, soi-disant pour le préserver dans son état naturel. Le pittoresque village de Portovenere, un petit port de pêche tranquille surmonté par un énorme fort, a été pris d’assaut dernièrement par de nouveaux envahisseurs. Le long des quais, chacune des hautes maisons de couleur pastel a sa boutique ou son restaurant. Il n’y avait ni chambres de touristes, ni hôtels à prix décent. De retour à La Spezia vers 17 h, j’ai commencé à faire de grands cercles autour de la Gare Centrale. Selon le Lonely Planet, c’est l’endroit des petits hôtels économiques ou un peu miteux, mais ils étaient tous complets ou trop chers. Des affiches près du Western Union annonçaient des chambres; j’y suis entré pour téléphoner. Même si la plupart des Italiens qui accueillent des touristes parlent anglais, mon italien rudimentaire m’a bien servi, parce que leur anglais était souvent pire. Mes appels n’ont rien donné, mais grâce aux aimables préposés, j’ai enfin parlé à une dame qui m’a allait m’attendre chez elle à son retour du travail, vers 19 h. J’ai laissé passer la pluie en sirotant une bière sur une terrasse. Rendu à son adresse, j’avais le choix ente une dizaine de boutons de sonnette. J’ai expliqué mon problème à une employée qui fumait devant un commerce. Sortant son portable, elle a demandé à la propriétaire de descendre. Je n’étais pas au bout de mes peines : à la vue de mon vélo chargé, celle-ci ne voulait plus me louer. Je lui ai dit que j’étais un sportif qui avait fait un long voyage depuis le Canada pour visiter la splendide côte ligurienne, et qu’elle était mon dernier recours. Elle m’a laissé entrer à la condition que je laisse mon vélo dans la rue. J’ai loué une jolie chambre avec salle de bain (50 €) pour deux nuits. Elle m’a longuement expliqué le fonctionnement de sa porte à triple verrou. Après une douche chaude, je me suis régalé d’un bon poisson sur la promenade piétonnière juste en bas. De retour dans ma chambre, j’ai dû fermer la fenêtre et me mettre des bouchons de cire dans les oreilles à cause des voisins qui ont bavardé bruyamment dans la rue jusqu’à 2 h du matin.. |
Le port de La Spezia
La Spezia
Jour 3 – Vendredi, 5 septembre –
Aller-retour de La Spezia à Riomaggiore
(30 km en 2½ h; moy. 11,7 km/h, max. 52,3 km/h)
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Le lendemain matin, quelqu’un avait arraché mon rétroviseur pendant la nuit. Je ne risquais pas gros à laisser mon vélo dans la rue parce qu’il y en avait d’autres. De plus, avec un cadenas en U et un câble d’acier, il n’était pas le plus facile à voler. Toutefois, pour la deuxième nuit, je l’ai poussé dans le hall sans demander la permission. Je suis parti sans mes sacoches de La Spezia par un beau matin frais. Après une longue montée sur la SP370, passé le tunnel, j’avançais sur une belle route panoramique à 300 m au-dessus de la mer, à travers les vignobles qui s’étendent par en haut et par en bas. Peu après, j’ai perdu l’altitude durement gagnée en dévalant le chemin en lacets qui aboutit à Riomaggiore, la première des Cinque Terre. C’est un autre petit village de pêcheurs qui est devenu une attraction touristique de premier ordre. Vers 11 h, j’ai verrouillé mon vélo devant la gare et je suis parti sur le sentier piétonnier (5 €) qui serpente au beau milieu de la falaise, au-dessus de la voie ferrée. Il y avait déjà des masses de touristes, mais la cohorte s’est éclaircie passé Manarola, le deuxième village haut perché. À défaut d’avoir un bateau, rien ne vaut la marche pour visiter ces hautes falaises escarpées sculptées par les vagues. Alors que la température atteignait les 30 °C, il y avait peu d’endroits protégés de l’ardeur du soleil. Après avoir fait demi-tour à Corniglia, à trois kilomètres du point de départ, j’ai pique-niqué dans un coin d’ombre sur une terrasse accrochée à la falaise, entre mer et ciel. De retour à Riomaggiore, j’ai poursuivi mon chemin de l’autre côté de la gare jusqu’au bout du sentier, en passant par un dédale d’escaliers et de ruelles étroites. On arrive ainsi à une haute terrasse qui offre une vue fantastique sur le village, dont les hautes maisons sont entassées les unes contre les autres jusqu’au sommet de la colline, comme un jeu de blocs de couleurs. Alors que je moulinais sur le chemin du retour, une petite Anglaise effrontée aux cheveux roux m’a lancé : « Hé ! Tu ressembles au Père Noël! ». À quoi j’ai répondu : « Merci, ma belle; désolé, je n’ai pas de cadeau pour toi ».. |
Portovenere
Manarola (Cinque Terre)
De retour en Toscane
Jour 4 – Samedi, 6 septembre – De La Spezia à Piano di Mommio (90 km en 7 h)
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Une autre belle journée s’annonçait. Je roulais vers le sud sur la route côtière, après avoir écarté deux autres possibilités, la SP1 (Via Aurelia) encombrée de véhicules lourds et les petites routes de montagne qui traversent les Alpes Apuanes. Il y a bien quelques campings de ce côté-là, mais on n’y monte qu’au prix de longues souffrances. De retour à Viareggio, la température était remontée à 30 °C. En route vers le camping de Massarosa, je me dirigeais vers la SS439, qui traverse l’autoroute. Passé un certain point, les affiches avaient disparu (LRI n° 1) et un peu plus loin, des automobilistes filant à toute allure me gueulaient des avertissements (ou des injures?) : je roulais sur l’accotement de l’autoroute A12. Faisant demi-tour, j’ai filé vers sud en cherchant un viaduc ou un passage inférieur, sans succès : tout se passait comme si Viareggio, coincée entre la mer et les autoroutes, était totalement isolée de l’arrière-pays. De retour à mon point de départ, j’ai demandé le chemin de Massarosa. L’astuce, c’est qu’il faut rouler un bon kilomètre sur la voie d’accès et prendre la dernière sortie avant l’autoroute. Sans cette information, je serais encore en train de tourner en rond. Peu après, je roulais dans le beau pays de la Toscane. À Massarosa, des aînés qui jouaient aux cartes m’ont dit que le camping était à Piano di Mommio, que j’avais dépassé d’environ 15 kilomètres. Bel exemple de la Deuxième Loi des routes italiennes (LRI n° 2) : « Sachant que la plupart des petits villages ont perdu leur nom lors de la fusion, toute adresse rurale peut se trouver n’importe où dans un rayon de 25 kilomètres ». Pour me rendre à Piano di Mommio, j’ai dû demander mon chemin à plusieurs personnes, qui m’ont envoyé dans autant de directions différentes – arrrghhh! Situé dans un lieu tranquille au pied des collines, le Dotel Versaglia Country Club est un camping haut de gamme couvert d’arbres, qui appartient à une vieille Anglaise (30 € pour deux nuits). Coiffé d’un énorme pin parasol, mon site était splendide, sauf pour les boules de résine collantes dans l’herbe. Je suis retourné au village pour faire des provisions. En Italie, la plupart des supermarchés n’offrent pas de bière froide, mais on peut en rapporter de n’importe quel bar. Le lendemain, je suis allé me promener dans les collines pour mieux voir les beaux paysages vallonnés piqués de cyprès, mais tous les chemins qui montaient étaient des culs-de-sac, et une maison sur deux était gardée par un méchant clébard. De retour par la route principale peu avenante, j’ai passé le reste de l’après-midi au bord de la piscine. Un hélicoptère qui donnait des tours de voltige a gâché ce qui aurait pu être un beau dimanche après-midi. |
Jour 5 –
Lundi, 8 septembre – De Piano di Mommio à Florence
(120 km en 8 h; moy., 16,5 km/h, max., 47,8 km/h)
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Vers 8 h, j’ai mis le cap sur Lucques par la SS439, une route étroite dépourvue d’accotement. La température était idéale. Comme la plupart des routes rurales que j’ai parcourues en Italie, les bas-côtés étaient jonchés de plastique et de papier, et il fallait parfois éviter des éclats de verre. Malgré le mauvais état de la chaussée à certains endroits, je ne me suis jamais senti menacé par les automobilistes, qui sont habitués à partager la route avec les vélos et les tricycles à moteur et manifestent rarement leur impatience. Il m’arrivait parfois de me pousser sur le bas-côté pour laisser passer un gros véhicule parce que je n’aime pas ralentir inutilement la circulation, et encore moins sentir le grondement d’un gros moteur diesel dans mon dos. À la sortie de Massarosa, alors que la circulation s’éclaircissait, j’ai franchi la seule montée notable de la journée (175 m sur 2½ km). Plus tard, j’ai intercepté une belle piste cyclable longeant la Serchio, de Ponte S. Pietro à Ponte S. Quirico, juste avant d’entrer dans Lucques, une jolie petite ville fortifiée pleine de cars de touristes. Après un bref tour des lieux et un espresso sur la place centrale, j’ai poursuivi ma route sur la SP61. Dans une pâtisserie juste avant Altopascio, j’ai commencé à bavarder avec une cliente qui voulait tout savoir sur mon compte. Il n’y a pas de meilleur test de conversation italienne que d’avoir à raconter l’histoire de sa vie en cinq minutes! Comme tout ferme de 13 à 17 h, il n’y a rien à faire, à voir ou à manger dans la plupart des villes. Pour ma part, j’aime mieux rouler qu’attendre. Vers 13 h, j’ai retrouvé l’Arno à Empoli. Il y a un camping près de Limite-Capraia, mais assez loin dans les collines. J’ai préféré continuer vers Florence en suivant les méandres du fleuve jusqu’à Lastra a Signa. Resté sur la rive sud, j’avançais en empruntant les courtes pistes cyclables et les promenades des parcs riverains, s’il y en avait. Mon GPS valait bien son pesant d’or pour choisir des petites rues contournant les bouchons. Des travaux routiers m’ont forcé à passer sur la rive droite. Baigné dans la Iumière de l’après-midi, le Ponte Vecchio est apparu dans toute sa splendeur, droit devant moi. J’ai dû me frayer un chemin à travers la cohue de touristes qui débordait des trottoirs étroits et disputait les pavés aux voitures qui avançaient à coup de centimètres et aux scooters qui se faufilaient en vrombissant. Rendu au pont Niccolo, j’ai repassé l’Arno et attaqué la montée Michelangelo, qui fait un grand arc autour de la colline du même nom - un îlot de verdure au beau milieu d’une ville trépidante. Situé au sommet, près de la terrasse panoramique, le Campeggio Michelangelo (10,5 €) offre tous les services et un joli coup d’œil sur la Vieille Ville, à moins de deux kilomètres. Après une douche froide, je me suis installé au bar juste à temps pour le Happy Hour. Au cours des deux jours qui ont suivi, je me suis promené dans la Cité des merveilles sous un ciel sans nuage. Je retiens de cette ville la vue spectaculaire au sommet du Duomo (6 €, avec une vue rapprochée du stupéfiant Jugement Dernier peint à l’intérieur de la coupole) et ma visite de la Galerie des Offices, pour voir les chefs-d'œuvre de Botticelli, de Michel-Ange et de Leonard de Vinci, ainsi qu’une très riche exposition sur « Giotto et ses héritiers ». Au cours des après-midi très chauds, tous les coins d’ombre des parcs étaient occupés et les gelati se vendaient comme des petits pains chauds, pour ainsi dire. Pour le même prix, je m’arrêtais dans un café Internet (3 €/h). De retour au camping, malgré le peu d’espace libre, les nuits chaudes étaient confortables (il n’y a pas de moustiques), pour peu qu’on ne soit pas trop incommodé par le raffut du club d’à côté qui roule jusqu’à 3 h du matin. Le dernier soir, j’ai fait la connaissance de Bert, un cyclocampeur hollandais de 66 ans parti de Nice. En route pour Venise où devait le rejoindre sa douce, il se souciait de la traversée des Appenins. |
La statue de Dante
Le Ponte Vecchio à Florence
Jour 6 – Jeudi, 11 septembre – De Florence à
Sienne
(71 km en 5½ h; moy., 12,9 km/h, max., 47 km/h)
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La sortie de Florence au GPS par un matin gris n’a pas été trop difficile. Au lieu de prendre la route la plus facile, la SS2, j’ai pris la SR222, un peu plus courte, qui passe à travers les vignobles et les champs d’oliviers des collines du Chianti. Un peu plus tard, le soleil s’est montré. Il y a trois grandes montées, une courte, mais assez raide (350 m) à Chiocchio, une longue et sinueuse à Panzano (475 m) et une troisième, mortelle, à Castellina (575 m), et on ne compte pas les petites montées. Les beaux paysages ruraux sont un plaisir pour l’œil, mais surtout dans les descentes. Le paysage vert et or était semé de grandes taches brunes dénudées, de toute évidence des champs traités par des herbicides pour le printemps. J’ai fait une halte pour remplir mes bidons à Quercegrossa, ainsi nommé à cause de ses grands chênes centenaires. La route était en creux et en bosses jusqu’à la fin; j’ai dû pousser mon vélo jusqu’au sommet de la butte de Colleverde pour voir la fière Sienne, une ville fortifiée coiffant une colline au milieu d’une grande vallée. Grâce aux cartes de Google Maps visionnées la veille, j’ai trouvé sans trop de peine le camping Monteverde (14,5 €), au sommet de la butte du même nom. Malgré d’importants travaux de rénovation en cours, les lieux étaient propres et tranquilles et les services, adéquats; le brouhaha du camping Michelangelo ne m’a pas manqué. Il y a un bon service d’autobus entre le camping et la Vieille Ville (0,90 €). À cause de la pluie annoncée, j’ai piqué ma tente au sommet d’une petite bosse sur le terrain sablonneux et peu après, je dormais du sommeil du juste. J’ai passé les deux jours suivants à me promener dans le labyrinthe de la cité médiévale, à visiter un nombre record d’églises et de musées, surtout parce que le temps avait viré à la pluie dès le premier jour. En attendant l’autobus, j’ai ramassé des grêlons plus gros des oeufs de pigeon; ceux qui étaient cassés montraient une structure de couches opalescentes, comme des agates géantes. En l’état des choses, il est probable que les viticulteurs des environs les voyaient d’un tout autre oeil. Il a plu toute la nuit et au matin, certains campeurs sont partis, mais pour ma part, j’avais dormi au sec. Le jour suivant, fuyant la pluie, j’ai visité la cathédrale, réputée pour ses mosaïques, et la Pinacothèque. Les peintures sur fond doré des vieux maîtres siennois renchérissent sur leurs modèles byzantins par leur sérénité et le raffinement de leur style, qui ont sûrement inspiré des peintres du mouvement des Arts décoratifs au début du 20e siècle, par exemple Gustav Klimt. (Les connaisseurs d’art patentés croiront sans doute que je souffrais d’une surdose de Madones à l’Enfant, et je ne leur donne pas tort.) Ainsi donc, quelle est ma préférée, de Florence ou de Sienne, sa rivale? Les deux, mon capitaine, c’est comme pour les pommes et les oranges. De retour au camping trempé, j’ai squatté un coin sec sous le porche de l’infirmerie pour me cuisiner un bon repas chaud (voir La cuisine minimaliste en camping). Au bar, j’ai fait la connaissance de deux autres cyclocampeurs, Lodvic, un jeune Belge qui s’en allait à Pise et une Australienne qui faisant le tour de l’Europe au petit bonheur.. |
La tour Del Mangia
Madone siennoise
Jour 7 – Dimanche, 14 septembre – De Sienne
à Pienza
(61 km en 4½ h; moy., 13 km/h, max., 40 km/h)
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Le lendemain, tout était trempé, sauf mon sac de couchage, et le camping était un champ de boue. J’ai plié bagages entre deux averses, mais plus tard, le soleil est revenu lentement. Bien renseigné grâce à Google Maps, j’ai pris la SR2 (Via Cassia), qui contourne la Vieille Ville en enjambant les collines abruptes sur de hauts viaducs. Plus loin, la vieille voie romaine plutôt plate emprunte une grande vallée agricole bordée de montagnes. Après une longue montée en pente douce avant San Quirico d’Orcia, j’ai pris la SS146 vers l’est pour voir l’arrière-pays. Peu après, j’arrivais à Pienza. La veille, le Bureau d’information touristique de Sienne m’avait donné un excellent guide indiquant toutes les ressources de la région pour la restauration et le logement. Tout au long de la route, il y a beaucoup d’affiches annonçant des campings agrotouristiques « chez l’habitant », mais j’ai préféré une chambre au-dessus du Ristorante del Falco (50 €), juste devant les murailles. Sitôt installé, j’ai fait sécher mon équipement dans le parc, en bavardant avec trois touristes, une Anglaise et deux Canadiennes. Elles étaient un peu dépitées parce que l’Italie « chaude et ensoleillée » n’était pas au rendez-vous. Pienza est une ville modèle construite sur les plans du pape Pie II, un humaniste du Quattrocento, auteur du roman à succès Historia duorum amantium (Histoire de deux amants), jugé érotique selon les normes de l’époque. Cette petite ville remplie de touristes, qui offre des vues panoramiques étonnantes sur la campagne environnante, brillait sous la lumière dorée de l’après-midi.. |
Les vertes collines de Toscane
La tour de Polichinelle
Jour 8 – Lundi, 15 septembre – De Pienza au
lac de Chiusi
(44 km en 3½ h; moy., 13,3 km/h, max., 47,5 km/h)
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Par un autre beau matin frais, je montais vers Montepulciano (600 m), soleil dans la face. Il se peut bien que tous les chemins mènent à Rome, mais certains sont plus casse-cul que d’autres. J’ai enfin passé la porte de Montepulciano en poussant mon véhicule. La ville des Mille marchands de vin était vide à cette heure. En redescendant, je suis passé sous la tour de Pulcinello, coiffée par un Polichinelle grotesque qui se prépare à frapper une grosse cloche. Polichinelle, c’est le nom français de Pulcinello, un personnage de la Comedia dell’arte dont le nom vient de Montepulciano. Rendu au Campeggio La Fattoria, près du lac de Chiusi, j’ai monté ma tente dans une prairie vide, juste avant la pluie. Heureusement que j’avais assez de provisions, parce que l’épicerie la plus proche était à Chiusi, sur une grosse butte. Mes seuls voisins, un couple de Belges à motocyclette, m’ont vendu une excellente bouteille de vin au prix coûtant (1,55 €). Le vin, qui est probablement le seul produit bon marché en Italie, est une denrée essentielle pour survivre dans un camping froid et humide. Cette fois, j’ai squatté la salle de lessive du bloc de services désert pour me mitonner un repas chaud. Plus tard, j’ai marché jusqu’à la rive du lac sous une fine pluie. Entouré de grandes exploitations agricoles, le lac de Chiusi est pollué comme c’est pas permis et ne gagne rien à être vu de trop près. |
À travers l’Ombrie et le Latium
Jour 9 – Mardi, 16 septembre – Du lac de
Chiusi au lac de Bolsène
(77 km en 6 h; moy., 13,5 km/h, max., 43,3 km/h)
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Parti par un autre matin froid et humide (le mercure était descendu à 10 °C, un record pour la saison), j’ai suivi l’eau vers le sud, sur la route facile du fond de la vallée, entre le chemin de fer et l’autoroute A1. Le soleil est revenu encore une fois. Après une vingtaine de kilomètres, le morne pays industriel et agricole commençait à m’ennuyer prodigieusement. À Fabro, comme Jules César franchissant le Rubicon, j’ai mis le cap sur Ficule dans les collines (550 m). Peu après avoir quitté le Pays du vin, j’étais entré dans celui des olives. L’Ombrie peu peuplée est carrément en dehors du circuit « Disneyland en Italie ». Ses routes vallonnées offrent de splendides panoramas de montagne. Elles sont l’illustration parfaite de la LRI n° 4 « Une montée en cache toujours une autre » ou de son corollaire: « Une descente, c’est comme une carte bancaire : il faut tout rembourser peu de temps après l’usage ». Plus tard, je suis passé devant Orvieto, une grande ville fortifiée juchée sur un éperon rocheux, qui a l’air d’un cuirassé géant. J’avais besoin des quelques heures de clarté qui restaient pour atteindre le seul camping de la région, celui du lac de Bolsène, à environ 25 km. Toutefois, j’aurais probablement changé mes plans si j’avais su ce qui m’attendait plus loin : une longue montée de 575 m, suivie d’une enfilade de montagnes russes. Une fois rendu dans le Latium, il faut encore franchir le rebord de la caldera (320 m) qui cache le lac de Bolsène (LRI n° 5: « Alors que la plupart des lacs sont dans des creux, ceux du Latium se trouvent sur des sommets »). Après une belle descente jusqu’au village de Bolsène sur la rive, je suis retombé sur l’ancienne Via Cassia, qui longe le lac et passe devant une étrange formation minérale, un gros paquet de « pousses » de roche volcanique à section pentagonale (les « pierres lancéolées »). Rendu au Campeggio Lido, à 3 km de Bolsène, j’ai séché mon équipement au soleil. Le lendemain, je suis passé chez le réparateur de vélos pour une révision et pour faire changer les patins des freins (10 €). Le vieil homme, qui parlait en dialecte avec son aide, connaissant son affaire. La plupart des occupants du camping à moitié vide étaient – exceptionnellement - un groupe de caravaniers français. Une petite bande a commencé une partie animée de pétanque juste devant ma tente. J’ai marché jusqu’au village sur un sentier longeant le rivage, taillé dans un massif de grands bambous. Plus tard, je suis allé faire une saucette sur la plage déserte. Malgré le fond boueux, l’eau était très claire, sans doute parce qu’il y a très peu de grandes exploitations agricoles à l’intérieur de la caldera. Comme je prenais des photos sur la plage, un groupe de cygnes mené par un gros mâle s’est avancé vers moi. À moins de deux mètres, le « boss » a poussé un grognement bovin qui voulait dire « Dégage! ». J’ai reculé sans arrêter de prendre des photos. On m’avait dit que les cygnes peuvent donner de méchants coups de bec si on les énerve, mais je ne savais pas qu’ils pouvaient passer à l’offensive. Je suppose que ces beaux oiseaux doivent défendre ce qui leur reste de territoire contre les intrus de tout genre. Juste avant le coucher de soleil, d’autres oiseaux rassemblés dans les arbres ont fait ce que les oiseaux font de mieux, un joyeux et bruyant concert.. |
Orvieto
Les pierres lancéolées
Jour 10 – Jeudi, 18 septembre – Du lac de
Bolsène au lac Bracciano
(85 km en 6½ h; moy., 14,2 km/h, max., 45 km/h)
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De retour sur la Via Cassia (SS 2) par un beau matin frais, je remontais la caldera, captivé par la vue panoramique sur le lac. Après Montefiascone (315 m), j’ai filé vers la plaine. La circulation devenait de plus en plus dense à mesure que je m’approchais de Viterbe, au pied des montagnes. Naviguant du côté ouest pour éviter le centre-ville congestionné, je me suis retrouvé par inadvertance sur l’autopista. À la vue de l’hélicoptère de la police qui faisait des grands cercles de vautour dans le ciel, j’ai pris la sortie de l’aéroport pour retomber sur la Via Cassia, bien content d’avoir contourné le bouchon. Après avoir traversé des buttes de tuf volcanique pleines de grottes, j’avançais sur une longue montée qui culminait à 385 m après Vetralla. J’ai quitté la trop passante SS 2 à Querce d’Orlando pour prendre le chemin d’Oriolo Romano, un raccourci pour le lac Bracciano. En traversant le placide pays des châtaignes et des noisettes, je suis passé par le paisible village de Vejiano, bâti autour d’un gros château. La route de Bracciano était relativement facile (435 m), mais une fois sur place, après avoir contourné des sens uniques, j’ai pris le chemin qui longe le lac dans la mauvaise direction. J’aurais pu m’épargner ces kilomètres inutiles si j’avais noté les coordonnées GPS du camping sur le site Camping.it. Le petit Campeggio Porticciolo (9 €) offre tous les services, notamment un hot spot WiFi et une pizzeria tenue par de très bons cuisiniers. J’y ai rencontré des gens intéressants, dont un couple de Modène et des touristes anglais. Le lac Bracciano est moins spectaculaire que celui de Bolsène, et ses rives sont jonchées de sacs et de bouteilles de plastique. Je voulais visiter le beau château de Bracciano le lendemain, mais le mauvais temps était de retour. J’ai quand même pédalé sous la pluie jusqu’au Musée d’aviation militaire de la base navale de Vigna di Valle (gratuit), à environ cinq kilomètres. Ses grands hangars abritent une vaste collection d’avions et d’hydravions classiques, par exemple des chasseurs célèbres des deux guerres mondiales (notamment un Nieuport et un Spitfire), un gros bombardier-torpilleur trimoteur Savoia-Marchetti Sparviero à l’aspect sinistre (« le Bossu »), et le premier avion à réaction de l’Italie, le Caproni Campini CC.2 (1940), un hybride bizarre dont le compresseur était entraîné par un moteur à pistons. Le reste de l’après-midi a été consacré à la lecture et au remplacement d’une chambre à air qui fuyait. |
Le Boss
Le château de Vejano
Jour 11 –
Samedi, 20 septembre – Du lac
Bracciano à Passo Oscuro
(30 km en 1½ h; moy., 16,3 km/h, max., 38 km/h)
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Le plan de match de la journée était assez simple : piquer ma tente aussi près que possible de l’aéroport Michelangelo, à Fumicino. Il y a d’autres campings autour de Rome, mais avec le retour du temps froid, la saison était finie en ce qui me concerne. Après une courte montée pour sortir de la caldera, j’ai descendu un long faux plat jusqu’à la plaine côtière. Le soleil était de retour, et la randonnée à travers les champs dénudés ou labourés était un petit bonheur. Le camping Marina di Roma, dont l’adresse officielle est à Fumicino, se trouve en fait à Passo Oscuro, à quelque 24 km de l’aéroport (cf. LRI n° 2), mais grâce à quelques affiches bien placées, je n’ai eu aucune difficulté à m’y rendre. Il abrite un petit village de villégiature plus ou moins bien entretenu, situé près d’eaux malodorantes (selon la direction du vent) au bord de la mer. Ensuite, je me suis rendu à l’aéroport sans mes sacoches en traversant la plaine et un vaste parc de pins parasols géants à Fregene. Vers midi, je suis arrêté à Focene pour manger. Ce petit village côtier tranquille, situé sous le corridor aérien qui va vers la mer, a probablement connu de meilleurs jours avant la construction de l’aéroport international. Seul client du restaurant, on m’a servi des bruschettas et d’excellents calmars grillés pour un prix raisonnable (18 €). Plus tard, après quelques tâtonnements, j’ai trouvé l’entrée du terminal et une fois sur place, je suis allé prendre des renseignements à la consigne, afin d’y laisser mon vélo et mon équipement le lendemain. Les prix étaient raisonnables (6 €/jour pour le vélo et 3,5 €/jour pour un gros sac acheté sur place, soit moins de 50 € pour cinq jours). L’aéroport Michelangelo n’est qu’à 30 minutes du centre-ville par train. Sur le chemin du retour, j’avais le vent dans la face, mais ce petit voyage d’exploration n’était pas du temps perdu. Si on ne connaît pas les lieux, arriver seul dans un aéroport sur un vélo chargé peut être embêtant parce qu’on ne peut le laisser sans surveillance. |
Jour 12 –
Dimanche, 21 septembre – De Passo
Oscuro à l’aéroport Michelangelo
(24 km en 1½ h; moy., 15 km/h, max., 38 km/h) – Cinq jours à Rome
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Le dernier droit jusqu’à l’aéroport s’est passé exactement comme prévu. Le train s’est arrêté dans le centre de Rome un peu avant 11 h. Il n’est pas facile d’y trouver une chambre à un prix décent : sur Hostels.com, il n’y avait rien en bas de 90 €, sauf l’hôtel Aristoteles, près de Stazione Termini. Je m’y suis rendu à pied et j’ai réservé une jolie chambre avec salle de bain et petit déjeuner (70 €) pour cinq jours. On peut trouver des chambres de touristes moins cher, mais, après deux semaines de camping, un peu de confort était le bienvenu. Cet hôtel est situé sur une petite rue tranquille pleine de petits restaurants et de services comme des buanderies et des cafés Internet (le tarif n’est que de 2 €/h à cause de la compétition). Au cours de l’après-midi, j’ai fait une longue promenade à travers la ville Éternelle sous un ciel d’azur, pour revoir des lieux mythiques comme le Panthéon, Piazza Navone, Place d’Espagne et la fontaine de Trévi, bourrés de touristes. Dans la Vieille Ville, les piétons sont rois parce que la plupart des petites rues sont maintenant des zones à circulation restreinte pour les véhicules automobiles, y compris les scooters. Je n’ai vu que de rares cyclistes dans le centre de Rome; pour ma part, je n’avais aucune envie de rouler sur ces artères bruyantes au milieu d’une cohue de véhicules. Pendant les quatre jours qui ont suivi, j’ai parcouru la ville à pied, et parfois en métro (1 €) pour visiter des lieux plus éloignés. Les innombrables points d’intérêts de Rome méritent plus que quelques lignes, mais c’est une autre histoire. Dans l’ensemble, cette ville m’a fait une bonne impression. Pour ce que j’en ai vu, le centre-ville de Rome est assez propre et bien organisé, et les Romains sont des gens aimables. Point d’ombre, les restaurants sont coûteux; il est difficile de bien manger à moins de 25 € par personne, sauf peut-être dans les restaurants chinois près de Stazione Termini. Dans ma chambre d’hôtel, j’avais accès à une centaine de chaînes de télévision, toutes en italien et du genre télé poubelle pour la plupart. Mais alors, qui vient à Rome pour regarder la téloche?. |
Le Panthéon
Le château Saint-Ange
Conclusion
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Ainsi s’est achevé mon voyage de cyclocamping en France, en Suisse et en Italie, entrepris au printemps de 2007 et achevé à l’automne de 2008. S’il faut choisir, je crois que juin est mieux que septembre; à cause du changement climatique, il n’y a pas plus de périodes de beau temps assuré, même pendant la « belle saison ». Une chose est certaine : en septembre, le jour ne se lève que vers 7 h et il fait noir dès 20 h, alors qu’en juin, il fait clair de 5 à 22 h, ce qui est un avantage non négligeable pour les longs trajets. Il semble que la chance m’a lâché sans crier gare le dernier matin, quand je suis allé porter mes sacs et mon vélo emballé dans la pellicule (24 €) au kiosque d’Air Transat: mon nom ne figurait pas sur la liste des passagers. J’ai dû attendre plus d’une heure pour qu’on me trouve une place, puis j’ai dû courir comme un malade jusqu’aux douanes pour l’inspection du vélo aux rayons X, et ensuite pour passer les contrôles des passeports et des sacs de cabine (ils ont détecté un petit couteau de camping oublié au fond de mon sac). Au moment où j’allais franchir la dernière porte, cinq minutes avant le départ, une cadre d’Air Transat m’a intercepté. Plutôt que de me présenter des excuses pour les désagréments, elle m’a demandé d’un ton sec pourquoi j’avais perturbé l’ordre lors de mon dernier vol. La réponse est partie toute seule : « Mon dernier vol sur Air Transat était long, tranquille et ennuyeux, et si quelqu’un s’est énervé, je n’en ai pas eu connaissance ». Elle m’a posé toutes sortes de questions comme mon âge et mon adresse, pour se rendre enfin compte que le fauteur de trouble était quelqu’un d’autre qui porte le même nom. Il est clair qu’on m’avait mis sur la liste noire. Rendu à Montréal, mon vélo n’avait pas suivi. Air Transat me l’a livré deux jours plus tard, mais une roue et le porte-bagages avaient été endommagés. Ce n’était pas bien grave maintenant que j’étais bien au chaud chez moi, mais c’est la dernière fois que j’emballe un vélo dans la pellicule. J’ai parcouru une distance totale de quelque 800 km en 12 jours et campé 14 nuits. À cause de la température froide et des mauvaises conditions météorologiques pendant la dernière partie du voyage, les conditions de camping étaient souvent à la limite. Les valeurs indiquées en kilomètres correspondent aux distances réelles parcourues, mais ce ne sont pas nécessairement les plus courtes, à cause de détours ou de déviations volontaires ou non. Les tracés GPS de Florence à Rome sont disponibles sur demande (en format .gdb de Garmin).. |
La cuisine minimaliste en camping
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La bonne cuisine en camping n’est pas une simple affaire de recettes, c’est un état d’esprit. Le défi à relever, c’est de mettre à profit ses talents culinaires avec un minimum de matériel. Voici les règles de base. 1 - Peu, c’est mieux – Vous pouvez cuisiner un repas complet pour une ou deux personnes sur un seul brûleur au butane avec deux casseroles emboîtables et leurs couvercles (savoir jongler est un atout). 2 - Réduire au minimum la consommation de gaz – Sauf peut-être en Arabie Saoudite ou en Alberta, il n’est pas évident de trouver du gaz. Pour la cuisson des pâtes ou du riz, utilisez moins d’eau et vérifiez la cuisson plus souvent. Il n’est pas nécessaire d’avoir un doctorat en physique pour utiliser un brûleur de façon efficace : souvenez-vous simplement que la température de l’eau bouillante est stable à 100 oC, et qu’elle le demeurera tant qu’il restera un peu d’eau. En d’autres termes, si vous montez la flamme, la température n’augmente pas, mais l’eau s’évapore plus rapidement. Donc, on peut baisser la flamme dès que la casserole mijote doucement. 3 - Choisir des denrées qui cuisent rapidement, par exemple, des spaghettinis plutôt que des spaghettis, et du riz étuvé à cuisson rapide, le soi-disant « riz cinq minutes » qui en prend quinze. |
Sauce polyvalente aux tomates fraîches
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Voici un exemple de cuisine minimaliste, pour une sauce tomate de base. Attention : Parfum irrésistible - D’autres campeurs peuvent venir vous demander la recette. Ingrédients :
Préparation : Faire frire l’oignon et l’ail, ajouter les tomates, couvrir et laisser mijoter pendant quelques minutes avant de retirer du brûleur. Utiliser l’autre casserole pour chauffer l’eau et cuire les pâtes ou le riz. Égouttez, versez dans la sauce tomate et bon appétit! S’il y a de la viande, du poisson ou des fruits de mer au menu, cuisez-les dans la casserole qui vient d’être libérée. Laissez libre cours à votre imagination et mitonnez-vous un petit plat différent chaque jour. * Préférez les petites tomates de forme oblongue (tomates à sauce ou à pâte de tomates), qui n’ont pas besoin d’être pelées et qui ne s’écrabouillent pas dans les sacoches. ** Pour le riz, j’utilise de la poudre de cari et de la sauce soja, et pour les pâtes, n’importe quelle combinaison d’épices sèches (basilic, thym, estragon, curcuma, cumin et chili). |
Cyclistes québécois à Pise L'hôpital des poupées à Rome