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La famille
Dagenais, des gens bien r�els, bien vivants
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| Nous avons choisi de pr�senter quelques moments cl�s de l'histoire de la famille Dagenais � travers le t�moignage de trois de ses membres qui partagent, au-del� des g�n�rations, des valeurs communes. Ce r�cit r�v�le des portraits saisissants de personnes qui ont fa�onn� l'histoire de leur famille et qui continuent de la fa�onner. Par exemple, Yannick Dagenais poss�de des valeurs et une personnalit� pr�sentant des traits communs avec ceux de son p�re Michel, de son grand-p�re Jacques et de son arri�re-grand-m�re L�onide. L�onide Dagenais, bisa�eule Madame L�onide (Laverdure) Dagenais a 95 ans et 4 mois. Elle vit paisiblement au Manoir Saint-J�r�me, r�sidence pour personnes �g�es autonomes. Sa sant� est relativement bonne malgr� l'usure du temps. Aujourd'hui, c'est dimanche et jour heureux pour L�onide, car l'un de ses petits-fils la conduit, tout de suite apr�s l'entrevue, � Sainte-Lucie, son village natal. Couventine au d�but du si�cle L�onide na�t en juin 1904 � Sainte-Lucie dans une famille de cultivateurs : Dans ce temps-l� on pouvait dire que c'�tait plut�t des colons. Son p�re �tait originaire de Saint-J�r�me et la m�re de son p�re �tait une Indienne de Gasp�. Elle a un fr�re et deux s�urs dont l'une, l'a�n�e, est une enfant adopt�e. Na�tre durant la d�cennie de 1910, pour la majorit� des femmes, c'�tait recevoir un � minimum d'instruction scolaire, peu ou pas d'apprentissage professionnel, et surtout �tre socialis�e en vue de devenir une �pouse et une m�re de famille �� l'int�rieur d'un foyer.� Mais L�onide se compte chanceuse : J'ai eu une belle enfance. Nos parents nous donnaient tout ce qu'ils pouvaient. Mais on �tait fiers : vous savez, on allait l'�cole. Nos parents, eux, n'�taient pas instruits ; mon p�re savait signer son nom, mais ma m�re ne savait pas. Si on �tudiait beaucoup, nos parents disaient qu'ils allaient nous donner quelque chose et le dimanche, apr�s la messe, mon p�re nous donnait un petit balai en marshmallow qui co�tait une cenne. Les trois s�urs vont donc au couvent, chez les Filles de la Sagesse, o� les r�glements et les directives qui r�gissaient leur cadre de vie n'ont pas pu faire autrement qu'influencer leurs attitudes et leur comportement � l'�ge adulte. Mais le monde ext�rieur ne p�n�tre pas dans ces endroits-l�. C'est pourquoi L�onide se souvient peu de la Premi�re Guerre mondiale : Je pense que pendant la guerre de 14, j'�tais au couvent. On �tait pensionnaires et les religieuses nous racontaient pas ce qui se passait dans le monde. Je sais que mon p�re payait notre ann�e de couvent avec des pommes de terre. Il vendait je ne sais pas combien de 100 poches de patates pour payer nos �tudes. L�onide quitte le pensionnat avec un dipl�me d'enseignement. On a eu notre dipl�me, les trois filles. Moi, j'ai eu le dipl�me �l�mentaire, je pouvais pas enseigner plus que la 6e ann�e. Je pouvais pas enseigner dans le village o� c'�tait jusqu'� la 10e , mais je le pouvais dans les �coles de rang. J'ai pas enseign� longtemps, parce que j'aimais pas �a. J'avais des enfants de 12, 13 ans, vous savez, des "montreux de bec" ! J'ai enseign� quelques ann�es puis je me suis mari�e � 20 ans. ![]() �pouse et m�re dans les ann�es vingt L�onide marie Ren�, un ami d'enfance. Le p�re de Ren� est forgeron � Sainte-Lucie. Ren� travaille pour le CPR (Canadian Pacific Railway) aux Shops Angus � Montr�al, il est chauffeur de boiler. Les enfants ne tardent pas � arriver et naissent soit � Montr�al soit � Saint-Hippolyte. Jacques est n� Montr�al. � Bernard, le deuxi�me, on a achet� a Saint-Hippolyte une vieille, vieille maison, qui appartenait au grand-p�re de Jean-Paul Labelle. On l'a r�nov�e. Mon deuxi�me est n� l�. Ma troisi�me, ma fille Gis�le, aussi. Mon mari travaillait toujours � Montr�al pendant ce temps-l�. J'ai �t� � Montr�al rester une couple d'ann�es. Claude, le quatri�me, est n� Montr�al, et Guy, le dernier, � Saint-Hippolyte. Soutien de famille Apr�s huit ans de mariage, tout bascule dans la vie de L�onide. Ren� devient invalide suite � un accident qui lui co�te un bras. Elle doit donc travailler pour assurer la subsistance de sa famille et pour conserver la garde de ses trois enfants. J'ai tout fait pour garder mes enfants. Ma vie est un vrai roman, comme on dit. �'a trop �t� dur dans ce temps-l�. J'ai beaucoup pleur�, mais c'est pas n�cessaire de faire pleurer les autres avec mon histoire. La famille s'est donc install�e d�finitivement � Saint-Hippolyte. Avec une famille de cinq, comment on s'en r�chappe ? En effet, L�onide ne peut compter sur l'aide sociale qui n'existe pas encore au Qu�bec � cette �poque-l� (1932). Ce n'est que cinq ans plus tard que l'�tat qu�b�cois se dotera d'une loi instituant l'assistance aux m�res n�cessiteuses, � pour aider les m�res d'au moins un enfant de 16 ans, dont le mari est d�c�d�, intern� dans un asile ou invalide, des m�res dans le besoin et de bonnes m�urs. � Et ce n'est qu'apr�s la Deuxi�me Guerre mondiale que le gouvernement accorde des allocations familiales ou baby bonus aux m�res. L�onide doit donc travailler � l'ext�rieur du foyer et ce n'est pas bien vu dans les milieux ruraux traditionnels. La notion de femme collaboratrice du mari n'est pas encore n�e. L�onide doit faire l'homme et elle en a encore honte aujourd'hui. Honte de dire qu'elle �tait diff�rente des femmes de son �poque et que la soci�t� d'alors la jugeait mal. Il est vrai que pour les femmes qui d�rogeront du mod�le de la �vraie femme�, celles de milieux moins favoris�s, gagner sa vie et celle de sa famille signifie travailler dans un climat de suspicion, d'hostilit� g�n�rale. Femme d'affaires malgr� elle L�onide
s'illustre
dans la sph�re proprement commerciale, au niveau des
services. Elle lave d'abord du linge pour les autres
puis op�re une buanderie. Gestionnaire
de circonstance puisque engag�e
dans ces activit�s
� la suite de l'invalidit� de son mari, elle montre
bien tout ce qu'une femme peut accomplir quand les
circonstances l'exigent. Elle adopte le pantalon et
s'habille avec les v�tements de son mari. Comment
faire autrement pour transporter des blocs de glace
et les empiler les uns sur les autres ? Elle
invente une machine pour transporter des charges,
elle s'occupe de ses terres, va � la p�che, prend
soin des enfants et aide son mari de toutes ses
forces. Un mari qui se sent humili� de ne plus �tre
le chef de la famille, de ne plus �tre le seul et
unique pourvoyeur, il n'est plus un �vrai homme� ni
� ses yeux ni � ceux de son entourage. L�onide est
courageuse, fi�re, forte et s�v�re. Sans
apitoiement, elle m�ne une vie dure. Elle ne confie
ses souffrances � personne, m�me pas � ses
parents
pour ne pas leur faire de peine. Elle ne peut faire
autrement que d'�tre s�v�re avec ses enfants et de
les mener � la baguette. Ils doivent faire leur part
: Ma fille, ce qu' elle a travaill�
avec sa maman ! Des travaillants, mes p'tits gars
!Elle traverse tout le XXe si�cle L�onide r�sume sa vie � sa fa�on : De telle p�riode � telle p�riode, les temps �taient assez durs mais tout le monde �tait pauvre dans ce temps-l�. J'aurais peut-�tre pu faire d'autres choix, je ne sais pas. Peut-�tre que je suis comme l'Indienne apr�s tout! Aujourd'hui, le gouvernement aide les gens mal pris, nous autres on pouvait m�me pas demander un pain. J'ai �t� capable de vivre comme �a, sans demander un sou � qui que ce soit, et c'est pareil aujourd'hui. Pour certain qu'il fallait �tre beaucoup courageux, mais quand on veut on peut, comme on dit. Il y a tellement de diff�rence avec aujourd'hui o� �a se plaint de rien, Mes hommes sont morts, moi je reste, et je me demande bien pourquoi. J'aurais aim� partir avant eux autres. Voir partir notre mari, �a fait de la peine, mais nos enfants, c'est encore pire ! Quand �a ne va pas, L�onide prie la Vierge Marie de l'aider et de la conserver en vie encore une nuit. Elle se fait du fun, avec pas grand-chose, comme elle dit. Elle joue au bingo et gagne souvent, tricote chaussettes et pantoufles, re�oit de la visite et r�ve tout haut. Elle r�ve d'aller marcher sa terre, de se promener (sans chaise roulante) dans le sentier pr�s du ruisseau, elle r�ve d'aller � la p�che... Jacques Dagenais, fils a�n� de L�onide et chef d'entreprise Nous avons demand� � Michel Dagenais, fis de Jacques, de nous parler de son d�funt p�re, et de l'�pop�e du mont Tyrol qui a marqu� la vie de Saint-Hippolyte. Il d�crit son p�re comme �tant un homme qui a travaill� dur, qui �tait bien
travaillant et bien dur en affaires, et comme tout
le monde dans ce temps-l�, il �tait �galement
s�v�re.
Nous sommes en 1955, et Michel a six ans lorsque son p�re, Jacques, plombier de son �tat, lance sa premi�re grosse entreprise : il d�friche les terres de Ren� et bulldoze le flanc de la montagne pour en faire trois pentes � c�ble (rope tow) pour le ski alpin. Le mont Tyrol est n� ! C'est un bon investissement et t'affaire rapporte : c'est la seule station de ski � Saint-Hippolyte. Les monts Gabriel, Habitant, 40/80 � Sainte-Ad�le existent bien, mais le mont Tyrol, lui, est aux portes du village. L'hiver suivant, les premiers skieurs ach�tent leurs billets dans une vraie cabane, mais ils pourront, huit ans plus tard, se r�chauffer et manger dans le Club House, et en 1975, prendre un verre et s'amuser au Saint-Bernard, � la fois un bar, une salle manger et une boite � chansons. L'entreprise prend rapidement de l'expansion : un T-Bar est construit vers 1966 et un deuxi�me vers 1972. En 1978, Michel et son p�re construisent une rampe acrobatique pour se pratiquer dans l'eau durant l'�t�. Le mont Tyrol, une affaire de famille pendant toute la dur�e de l'aventure Tous les enfants doivent participer � l'entreprise familiale. Cela repr�sentait beaucoup d'ouvrage, car mon p�re �tait un bourreau du travail qui parlait juste d'la job et qui exigeait la m�me chose de ses enfants. 18 heures de travail par jour, c'�tait trop. � six ans, j'avais d�j� des t�ches, j'accompagnais mon p�re, je lui apportais ses outils. De 12 � 15 ans, j'aidais le monde prendre le c�ble; vers 18-19 ans, je m'occupais de la boutique de ski et je tapais les c�tes. J'ai travaill� au mont Tyrol jusqu'� l'�ge de 35 ans; Alain et Monique donnaient un coup de main tout en faisant du ski de comp�tition; Jean-Pierre tenait le bar, Manon faisait marcher le restaurant tout en participant � des comp�titions locales, elle aura par la suite sa propre entreprise, un mini-golf et Jos�e, trisomique, restait aupr�s de notre m�re. Une affaire risqu�e Un centre de ski, c'est du travail saisonnier. Le reste de l'ann�e, Jacques fait marcher ses autres affaires : un garage qui fonctionne � l'ann�e, une shop de plomberie et une de r�paration de bateaux � moteur durant l'�t�. L'ann�e 1981 est d�sastreuse pour le ski : pas de neige, pas de monde, pas de profits et de gros investissements. Jacques juge l'affaire non rentable et craint d'autres hivers sans neige. Il d�cide de fermer le centre de ski. Les enfants ne souhaitent pas reprendre l'affaire. �a me tentait pas de repartir �a, j'avais travaill� trop d'heures l�-dedans, je me suis dit, je vais me contenter de faire mon 40 � 50 heures par semaine et �a va bien aller. Depuis 1981, Michel est plombier-m�canicien, m�tier qu'il a appris avec son p�re. Il a �galement fait l'�levage de sangliers pendant trois ans. Depuis cinq ans, il �l�ve des cerfs rouges (de Nouvelle-Z�lande). Ses enfants, Francis et Yannick, et sa conjointe France, lui donnent un coup de main de temps en temps. Tout comme sa grand-m�re, Michel a la t�te pleine de r�ves. J'aurais aim� avoir une terre et faire l'�levage de chevreuils en Abitibi, j'y ai trouv� des terres, plus belles que les �terres de Ca�n d'ici et moins ch�res. L'�levage de cerfs rouges, �a co�te cher et �a rapporte pas vraiment. Si je faisais un parc de chasse dans les bois�s alentour, comme il en existe aux �tats-Unis, peut-�tre que ... Mais en ce moment, c'est la sant� de son fils Yannick qui le pr�occupe. Il ne veut surtout pas penser � la gravit� de son �tat. Il attend que les choses se pr�sentent, une �tape apr�s l'autre, sans paniquer. Et il esp�re... Yannick Dagenais, fils de Michel, petit-fifs de Jacques et arri�re-petit-fils de L�onide Yannick vient d'avoir 20 ans. Il les a f�t�s avec ses copains chez sa tante Manon. Ses parents sont divorc�s. Sa m�re est pr�pos�e aux malades et vit a Saint-Antoine. Il a un fr�re
de 24 ans, Francis, qui souhaite devenir intervenant
aupr�s des personnes ayant
un handicap intellectuel.Au secondaire, Yannick compense ses difficult�s en classe (dyslexie) par une tr�s grande sociabilit� : J'aimais plus les amis que l'�cole. Il est le ca�d, le justicier, le chevalier : J'�tais toujours l� pour d�fendre un ami ou batailler pour lui, l'�cole ou dans les bars. Tr�s physique, il pratique la chasse, la p�che, le hockey cossom et la boxe olympique : J'�tais bon en boxe, �a demande beaucoup de contr�le et c'est violent, c'est s�r, mais c'est le manque de confiance et le stress qui g�chaient tout. Travail, discipline, g�n�rosit� et courage, des traits de famille J'ai commenc� � travailler jeune. J'ai appris � me d�brouiller et � faire toutes sortes de r�parations. Avoir des responsabilit�s, c'est important! Quand je cordais du bois dans la cave, j'�tais fier du travail bien fait. �a ne m'a jamais fait peur de travailler. J'ai fait de l'entretien g�n�ral au mini-golf de Manon. J'ai travaill� les soirs et les fins de semaine � Bonichoix pendant six ans, au comptoir de la charcuterie. Je suis pr�sentement boucher au Maxi, � Saint-Antoine. Yannick ne souhaite pas �tre travailleur autonome comme son p�re ni entrepreneur comme son grand-p�re ni commer�ant comme son arri�re-grand-m�re. Il veut rester un employ�, monter les �chelons et gagner un salaire plus �lev�. II consid�re que la vie �tait autrefois plus difficile. Avant, c'�tait dur, �a travaillait fort, tout le temps, des 11 heures par jour, 7 jours sur 7, c'�tait comme normal avec une business. Moi, je veux prendre le temps de vivre, je veux avoir des loisirs, je ne veux pas autant d'obligations. Cependant, Yannick aurait aim� �tre en mesure d'�tudier et de se rendre au c�gep. Il aurait choisi d'�tre ambulancier, pour aider les autres et sauver des vies. Il est s�v�re envers les jeunes de son �ge : Ils se d�couragent vite quand �a va mal, se font des probl�mes avec un rien, sont plaignards, �gocentriques, pas solides du tout, des choses simples les d�molissent, ils pensent au suicide tout le temps. Depuis qu'il est malade, son taux de tol�rance envers les gens qui se plaignent pour rien est plut�t faible. Vivre avec la leuc�mie et r�ver d'en gu�rir Il y a huit mois, tout bascule dans la vie de Yannick. Il apprend qu'il a la leuc�mie de type LMC. Il doit subir une ponction de la moelle pour �tre certain qu'il a bien la maladie et pour en conserver une partie en cas d'auto-greffe : C'est tr�s souffrant, plus qu'un combat de boxe, �a fait mal et �a parait tr�s long, �a fait tellement mal que tu peux plus avoir plus mal. J'avais d�j� vu �a � la t�l� et j'avais �t� traumatis�, je ne comprenais pas pourquoi on devait souffrir autant et je me disais, mon Dieu, je voudrais jamais que �a m'arrive! Il essaie un m�dicament conventionnel qui ne donne pas les r�sultats escompt�s. La greffe de moelle semble donc la meilleure solution. Francis, son fr�re, sera le donneur. Ce dernier ne craint pas tellement l'op�ration, mais a peur de la non-compatibilit� immunologique. Si la moelle n'est pas compatible, Yannick devra compter sur un donneur non apparent� et les chances de gu�rison rapide seront moins �lev�es. D�termin� � vivre Ce qui me fait peur, c'est d'�tre seul, isol� dans une chambre st�rile. Souffrir ne me d�range pas tellement mais �tre isol�, �tre malade, je vais vraiment le penser que je suis malade, et �a ne me tente pas d'�tre de m�me. Je veux pas arr�ter de vivre, j'ai d�j� moins d'�nergie, moins de force, mais je vis comme un autre jeune de mon �ge. Mais la leuc�mie me fait moins peur qu'avant. Le pourcentage de r�ussite est plus �lev� avec la greffe. C'est s�r que je vais m'en sortir. Je suis pas n� avec cette maladie, j'ai �t� en forme avant, mon syst�me va savoir comment se d�fendre. Je ne me laisserai pas aller. Je ne pense m�me pas � �a. Je suis s�r de gagner. �'a va en prendre du stock avant de l�cher, avant de me laisser aller. C'est l'isolement qui m'est insupportable. D�j� que mes amis ne savent plus quoi me dire depuis que je suis malade... Yannick a beaucoup appris, et sur la leuc�mie et sur lui-m�me. Il aurait pu lui-m�me �crire ces vers qu'Alfred de Musset (1810-1857), po�te de la jeunesse de tous les temps, �crivait au si�cle dernier : �L'homme est un apprenti, la douleur est son ma�tre et nul ne se conna�t tant qu'il n'a pas souffert�. Une semaine apr�s l'entrevue, nous apprenions que les tests de sang r�v�laient une non-compatibilit� immunologique entre les deux fr�res. Yannick est donc en attente d'une greffe provenant d'un donneur non apparent� Mais le temps presse... (suite).
par Denise Marcoux, Le Sentier, novembre 1999 |
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