Bonjour à tous,
"Le Canada, une histoire populaire"
Il s'agit d'une production représentant une fresque de l'histoire du Canada depuis les débuts, réalisée pour le compte du gouvernement canadien au coût de 25 millions de dollars. Cette série télévisée est tirée du volume du même nom.
Nous traiterons en particulier de la période de la guerre d'Indépendance américaine. Cette période débute au printemps 1775, pour se terminer par le traité de Paris de 1783, reconnaissant l'indépendance des 13 états américains désignés d'abord comme "Rebels". Force nous est de constater que malgré le coût élevé de cette production, des pans entiers et importants de l'Histoire sont disparus ou simplement escamotés.
Pour la période se terminant en 1778, la "Province de Québec" c'est ainsi qu'était nommé le Canada, le poste de gouverneur était exercé par Guy Carleton. À l'automne de 1777, le général Frédérick Haldimand était nommé au poste de gouverneur, mais en raison des conditions de navigation défavorables, il n'entra en fonction qu'au printemps 1778. Dès le début des hostilités, dans une ordonnance émise le 9 juin 1775, le gouverneur Carleton met la "Province de Québec" sous la loi martiale, et ordonne qu'on mette sur pieds les milices de la dite Province. Devant la tiédeur des habitants, on les menace de la prison et des fers.
Dans un premier temps cette série décrit en long et en large l'invasion de la Province de Québec par les troupes américaines. On mentionne l'arrivée de l'armée de Benedict Arnold par la rivière Kennebec (la Beauce) et celle de Richard Montgomery, laquelle après avoir occupé Montréal, se présentait devant Québec. On décrit le siège et la tentative par les deux armées de prendre Québec.
L'attaque fut repoussée alors que le général Montgomery est tué dans l'engagement.
On mentionne qu'avec l'arrivée au printemps de 10000 soldats en provenance de la Grande Bretagne, les Américains ont levé le siège et furent repoussés aux frontières. Quand on considère l'incroyable degré d'amateurisme des troupes américaines à cette époque, il n'y a pas lieu de s'en étonner.
Cependant, ce récit s'arrête aux frontières de la "Province de Québec". Si on avait poursuivi ce récit, on aurait appris que cette armée commandée par le général Burgoyne composée de 3500 Britanniques, 3100 Prussiens et d'environ 400 miliciens conscrits, fut capturée dans son entier par les "insurgés" américains l'année suivante, suite à la bataille de Saratoga, ce 17 octobre 1777.
Cette série et cet ouvrage n'en ont pas soufflé mot. C'est un silence total.
En tout, incluant la reddition de Saratoga et la défaite de St-Léver, c'est prés de neuf mille hommes qui furent tués, blessés ou faits prisonniers.
(voir le LIEN: "la reddition de Burgoyne")
Pourtant la défaite de l'armée germano-anglaise à Saratoga fut particulièrement désastreuse, en ce sens qu'un signal était envoyé en Europe, à l'effet que les "Rebels" étaient capables de victoires sur les forces britanniques, d'où l'implication qui a suivi de la France et de l'Espagne dans ce conflit.
Dans cette télésérie au lieu de rapporter cet important évènement, tel qu'il s'était produit on s'est employé plutôt à décrire avec forces détails les humiliations vécues par les Anglo-Américains des treize colonies restés fidèles au Roi, de leur fuite en quête de terres plus hospitalières, de témoignages de Mohawks, narrant comment ils avaient été trahis par les "Rebelles". Bref, la vertu se trouvait toujours du côté des pauvres loyalistes fuyant leur terre et le mal du côté des républicains "rebelles" et tortionnaires.
On poursuit cette description, en mentionnant qu'à la campagne, les communautés de fermiers sont déchirées. Une pratique épouvantable consiste à recouvrir les tories (loyalistes) de goudron et de plumes, et certains sont ébouillantés. La loi cède le pas à la fièvre patriotique, et les coups et les lynchages deviennent monnaie courante. Et on ajoute, que des hordes de femmes et d'enfants misérables se dirigent vers le nord.
Cependant pour Haldimand, le successeur de Carleton, mettant en doute les motivations patriotiques de ces réfugiés, il soupçonne que certains d'entre eux d'être des immigrants opportunistes qui sont à la recherche de terre gratuite.
Ainsi c'est sur ce chapitre que se termine pour cette télésérie la période de la guerre d'indépendance américaine pour aboutir au traité de Paris de 1783. On a remisé dans le placard tous les évènements qui se sont produits dans la Province de Québec pendant cette période lesquels sont reliés ou non au conflit.
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