
Une �toile
tomb�e des nues
Elle avance doucement vers un autre univers,
Glisse discr�tement vers d'autres horizons.
De toutes ses recherches sur les failles enfouies,
Elle tire �� et l�, quelques fragments d'histoire,
Pi�ces qu'elle additionne afin de reconstruire
Un triste puzzle �parpill�.
Toute seule, elle se bat contre des monstres fourbes,
Le sol se d�robant bien souvent sous ses pas.
P�n�trant des empires ou les rois et les reines,
Complices du silence, lui barrent le chemin.
Sous la lune, elle glane quelques filets de brume
Tiss�s par l'innocence de son cur en �veil.
Hagards, ses yeux parcourent un environnement
Hostile, d�suet, tout autant � la fois.
Combien de songes, de chim�res,
Se sont dress�s, tels g�ants, devant sa face stup�faite ?
Dans tous les sens, elle a couru, affol�e,
Au risque de se perdre,
Se retrouvant toujours � son point de d�part.
Elle �tait toute seule dans la danse des fous,
Tournant, virevoltant ainsi qu'une girouette,
Cherchant un point de chute pour souffler un instant.
Le gueux l'entortillait, la prenant � sa coupe
Pour y noyer son �me, sans aucune vergogne,
Jouant au chat et � la souris.
~~
En cherchant son chemin, elle croise sur sa route,
Toutes sortes d'humains.
Faune vicieuse, pernicieuse, form�e de manipulateurs.
Son ascenseur a d� descendre un peu trop bas,
Il est rest�, sait-on pourquoi ?
Bloqu� sous le niveau moins trois.
Faune de gueux, faune de fous,
B�l�tres de basse envergure,
Adorateurs de simulacres,
Doubles faces et doubles jeux,
Ici, l'ambigu�t� est reine,
Son innocence est p�rim�e.
Elle marche, nez point� vers le ciel
Afin de puiser � l'authentique,
La substance de l'existence.
Elle vole avec les �tourneaux,
Quelques b�casses et passereaux
Puis se renforce en p�n�trant du mieux qu'elle peut,
Les �l�ments :
Regard dans l'eau, des heures durant,
Caresses des fleurs sous le vent,
Laissant la vie reprendre place
En ses cellules, en son esprit.
Marcheuse solitaire qui vit,
Se battant pour sa libert�,
Un peu perdue sur cette terre,
Dans cette ville en mal d'aimer.
Elle a, tout au long de l'�t�,
Crois� des chevaliers errants
Aux bourses pleines � crever,
Parfois pervers, en m�me temps.
Au centre d'une place sombre
Elle se tient avec prudence,
Sentant parfois tapis dans l'ombre,
Dissimul�es, quelques pr�sences.
Le pi�ge peut se refermer
� chaque instant, r�fl�chit-elle,
Il faut ignorer � tout prix
Cela, car c'est le seul moyen.
Sous ce niveau moins trois,
Tout le monde se prend la main,
Se serre les coudes, s'en porte bien.
Faut-il apprendre � naviguer
Dans une toile d'araign�e ?
Parfois fragile, parfois digne,
Elle cherche certains repaires
Pour s'aventurer dans le noir.
Lorsqu'elle entrevoit la lumi�re,
Elle s'accroche � son rayon,
Pour mieux guider ses nouveaux pas.
Ne pas entrer ici, sortir vite de l� !
D'un antre � l'autre elle navigue,
Exploratrice malgr� elle,
S'agrippant plus que tout au monde,
� quelques valeurs �ternelles.
Ne pas se frotter � la flamme,
Au risque de se faire br�ler,
Ne pas regarder trop longtemps sa clart�,
Au risque de s'y aveugler !
Savoir dire " Oui ", lorsqu'il le faut
Et puis surtout, savoir partir.
Pouvoir sans arr�t, �chapper
Aux fils qui s'enroulent sur vous.
Se d�fier de toutes tentations
Qui sont autant de crocs en jambe insoup�onn�s.
Magn�tis�s, ses pas se dirigent
Toujours vers le m�me lieu
O� la faune s'�largit, o� l'habitude s'installe.
Elle cherche ou attend ce regard p�n�trant
Qui la happe, l'envo�te.
Quand elle ne le voit pas,
En secret elle soupire
Alors, que paradoxalement,
Elle s'en trouve presque apais�e...
Sortir du labyrinthe
Dans lequel elle est, prisonni�re,
Faite de prismes �clat�s
Qui recherchent leurs compl�ments.
Quelquefois,
Son navire l�ve l'ancre dans la brume,
Le recul, tel un saut en arri�re, intervient.
- Quitter ce d�cor !
Avoir l'opportunit� de le faire !
Ce pourrait �tre le seul moyen.
Il faudra qu'elle transporte ses p�nates aux loin,
Vers d'autres rives, sous d'autres cieux.
D�j�, les liens de ses pieds se desserrent un peu...
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