Projet Ailes de Fer
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Je m'acclimatai au pays de mon mieux, et adoptai afin de faciliter mon existence leur langage et leurs coutumes, même leur habillement. Il est seulement leur cuisine, très épicée, qui me posa au début quelque problème. Mais en toute circonstance un homme peut se couler dans un moule, et ce d'autant plus s'il a été autrefois un dieu de la Terre. Je finis par me sentir comme chez moi dans les républiques de Mellonia, et je m'installai dans un cottage proche de la côte, où le major Pepito Ramirez et la duchesse Ursula avec ses deux enfants prenaient souvent leurs quartiers d'été. Ainsi je fis la connaissance du couple officiel lorqu'il venait sans façon ni manière se reposer sur les côtes d'Opales de Mellonia, et je touchai leur coeur et ils surent toucher le mien. Depuis nous nous parlons souvent, et entretenons d'excellents rapports de voisinage. De cette manière je finis par apprendre un jour que les habitants du continent voisin, immense et vaste, autrefois paisible et amoureux de la nature et de l'art, en étaient venus à chanter les louanges du sang versé et du fracas des armes, pratiquant le culte du ciel étoilé en sasdefcrifiant la vie d'hommes et de femmes, voire d'enfants, sur des autels de pierre. Alors mon coeur fut en peine et des larmes coulèrent sur mes joues, je prétendis un malaise pour m'éclipser hors de la vue du major et de la duchesse. Je venais en effet de réaliser que loin d'ici, sur la Terre, les hommes, autrefois fidèles à mon trône puis ensuite à mon rival brutal et sanguinaire Tezcatlipoca, venaient de chasser finalement ce dernier qui venait, par le plus funeste des hasards, de se matérialiser sur le monde liquide et vaste de l'Océanide. Et désormais sur les terres de brume du pays d'Illium, comme on les appelait sur Mellonia, des fous élevaient des pyramides à gradins, comme autrefois dans mon pays, et versaient à profusion l'eau précieuse des enfants de l'Océanide. Je finis malgré tout par me rassurer, et je me dis qu'au fond la vaste mer nous séparait, et la grande chaîne rocheuse de Mellonia, la Montitude, également.

Mais très vite il m'apparut au gré des informations colportées par les voyageurs et les marins arrivant du golfe de la Pasdarelle, que les hommes et les peuplades d'Illium avaient trouvé d'étranges alliés, que Tezcatlipoca avait fait surgir du néant en invoquant les Grands Dieux. Voici: ces hommes froids et durs arrivaient de la Terre en provenance de temps postérieurs à ceux où je me trouvais alors chez les miens, les Aztèques. Mais bien que d'une époque et d'une technologie davantage évoluée Tezcatlipoca avait inculqué à ces hommes et au peuples de brume la peur du ciel et l'addiction au sang rituellement versé, la pratique wertde guerres rapides où l'on amassait des prisonniers pour les sacrifier aux Dieux du Futur en leur arrachant le coeur. Et les hommes de l'ailleurs s'étaient croisés avec les peuples de la brume du continent d'Illium, et les premiers avaient amenés des savants, et les seconds avaient apportés leur rudesse et leur fanatisme.









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