Projet Ailes de Fer
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Dans les ports et les ruelles étroites de Las Bananas, capitale des républiques de Mellonia, il se disait que sur le continent d'Illium la peste avait fait alliance avec le choléra et avait engendré de maléfiques et noires phalanges, qui balayaient régulièrement les terres de brume du nord au sud et d'est en ouest. Les soudards vénérant Tezcatlipoca au nom des Dieux du Futur portaient des uniformes ténébreux et d'étranges croix arrondies, auxquelles durant les nuits de cérémonie ils mettaient le feu en de sinistres cortèges. Leurs prêtres de l'Aryenorden - ainsi s'appelaient d'eux-même les barbares venus de la Terre - portaient des robes longues et des cagoules en forme de pic, très pointues, qui ne laissaient pas d'effrayer le voyageur lorsque les hasards d'une tempête le jetait qwersur un port d'Illium. Et les cavaliers de l'Ordre Sombre chevauchaient des créatures écailleuses et agiles avec des casques de feutre et de plume, tandis que les hommes de l'Aryenorden montaient les mêmes sauriens mais avec un uniforme serré et ajusté et de curieuses coiffes plates à visière fumée, portant des têtes de mort sur leurs casquettes et le col de leurs uniformes, même leurs manches.

Tout cela faisait grand-bruit dans le petit monde de l'Océanide, sur le continent voisin des républiques de Mellonia et l'archipel de Maroussia. Souvent avec inquiétude le major Pepito Ramirez et la duchesse Ursula Von Lichtenbourg m'entretenaient de leurs craintes depuis leur petit domaine de la Côte d'Opale, mais rien ne venait finalement jusqu'aux plages de sable fin de Mellonia et tous finirent par se rassurer. Mais moi mon coeur était dans la tourmente, et la crainte, et la confusion. Car je savais que Tezcatlipoca est une bête fauve assoiffée de sang, et que ses lèvres craquelées ne se satisfont jamais longtemps d'eau claire ou même de vin, sinon de sang, de sang humain. Et je n'ignorais pas que tôt ou tard lorsque les réserves humaines des terres de brume auraient été épuisées sur le continent d'Illium, Tezcatlipoca et ses séïdes maléfiques finiraient par tourner leurs regards et leurs yeux cupidesyahooo! vers les républiques de Mellonia du major Pepito Ramirez de la Fuente y Roca et de la duchesse Ursula Von Lichtenbourg. Simultanément, je bouillais d'une colère contenue car Tezcatlipoca, non content d'avoir semé à profusion sa folie meurtrière dans mon pays natal, avait fait s'entrouvir les mondes et tranférer ici dans l'Océanide des mercenaires aguerris amateurs de sang et de viande fraîche, à la démence consommée.

Lorsque j'entendis les paroles d'un marin de la Côte d'Opale, qui s'était aventuré jusque loin près des terres de brume suite à une avarie, je pris mon bâton et je marchai vers l'intérieur des terres de Mellonia, là où la solitude est grande et les bois épais. Car l'homme au visage ridé et tanné par la mer avait prétendu que de grands dragons aux ailes de cristal portaient des hommes en armes et crachaient du feu dans le ciel en d'incessantes manoeuvrstone again!es, et le temps n'était plus aux tergiversations. Je soufflai sur l'entremonde de toutes mes forces, car même si je vivais ici tel un mortel désormais j'avais été autrefois un dieu de la Terre et il me restait des lambeaux de ce que j'avais été il y a bien longtemps, même si c'était peu de chose comparé à la puissance que détenait encore Tezcatlipoca. Je soufflai, soufflai, de toutes mes forces et j'implorai les Dieux du Futur de m'envoyer à moi et à mes amis, mes frères et soeurs de Mellonia des alliés, des combattants semblables à ceux dont Tezcatlipoca avait fait bénéficier les hommes d'Illium. Làs, je fus grandement déçu et mon coeur saigne encore à cette simple évocation, car nul détachement de soldats forts et aguerris ne me vint sinon un bruit obsédant et singulier, qui alla en augmentant jusqu'à ce qu'un grand oiseau de fer ne passe au-dessus de ma tête en crachant des rugissements terribles avant de prendre la direction de Las Bananas, à mon grand effroi.








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