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Découragé
et abattu
je revins sur mes pas et
dans le creux d'un fourré je finis
par m'endormir, à la
tombée de la nuit, et seulement
l'après-midi du lendemain je parvins par les petites
routes de
pierres luisantes jusqu'aux abords de la capitale des
républiques
de Mellonnia, Las Bananas. Un jeune homme de couleur
basanée comme
dans mon ancien pays et avec lequel je m'étais
lié
d'amitié s'arrêta alors à ma hauteur
dans ce
qu'ils appellent sur Mellonia une automobile, une construction de fer
et de peinture – de dimensions moyennes- qui
éructe et
crache comme un lama et expulse des gaz par une de ses
extrêmités:
grâce à ce mouvement par réaction le
“automobile”
peut aller de l'avant et même tourner, ai-je cru comprendre,
en
s'aidant de grands cerceaux de bois gainés de caoutchouc sur
ses pourtours. Donc Grégorio Villa m'encouragea à
monter près de lui et il insista tant et si bien que je
m'exécutai, car il savait que je n'aime pas ces
constructions
artificielles qui ne sont ni de bois ni de papier. Grégorio
Villa agitait les mains et se grattait le menton en parlant et
prenant la direction de l'endroit où dorment les grands
oiseaux de fer dans des boîtes énormes, aux abords
de
Las Bananas.
Grégorio, propre et très soigné de sa personne comme à son habitude, parlait et conduisait
simultanément ce qui me rendait encore plus nerveux mais je
terminai par comprendre- tout en fermant les yeux par intermittence
lorsque le rebord herbeux des fossés se rapprochait trop -
qu'un oiseau de fer venait de se poser sur l'aérodrome de
Constanza, où travaillait Grégorio à
l'entretien
de ces constructions que le major Pepito et la duchesse m'avaient
affirmé être des avions. Et cet avion constituait
une
grande nouveauté pour eux car ce n'était pas un
oiseau
de fer ainsi que les gens des républiques ou bien des
îles
Maroussia les connaissaient, destinés au transport d'objets
ou
de personnes, mais un oiseau de fer cuirassé et
armé
pour le combat, ce qui était quelque chose de jamais vu
encore
parmi les républiques de Mellonia et même,
oserais-je le
dire, l'Océanide entière. Lorsque nous
arrivâmes
à l'endroit vaste et dégagé
où dorment
les grands oiseaux il y avait un attroupement autour de la chose de
fer et de verre, compris-je en dévisageant son cavalier en
grande discussion avec le major Pepito Ramirez et la duchesse Ursula
von Lichtenbourg.
Je
réalisai alors que les
Dieux du Futur avaient exaucé mon voeux en m'envoyant de
l'ailleurs un grand guerrier, mais j'en voulus terriblement aux Dieux
du Futur pour leur partialité car l'homme –
j'apprendrais peu après qu'il s'appelait
John P. Malkovitch –
était seul, et Tezcatlipoca avait
bénéficié
de toute une troupe. Malgré cela je m'approchai du groupe et
en tâtonnant, car le grand guerrier parlait bizarrement une
langue de la Terre que je finis cependant par maîtriser, je
m'improvisai interprète. Cet homme, donc, s'appelait John P.
Malkovitch et habitait le royaume de Texas, ou Tejas, quelque chose
d'approchant. Il venait de conclure sa dernière mission car
les dieux de sa nation avaient remporté la victoire et il
s'en
retournait chez lui vers le nid de son grand oiseau lorsque les
mondes s'étaient ouverts en le faisant émerger
ici. Il
décrivait de grands dragons noirs planant au dessus de la
mer
séparant les républiques de Mellonia du continent
d'Illium, allant jusqu'à affirmer que les ennemis de son
pays
chevauchaient les créatures ailées. Le major et
ses
gens, la grande duchesse Ursula en tête se mirent en devoir
de
lui faire bon accueil et de l'informer de son erreur, mais rien n'y
faisait, John P. Malkovitch était têtu, mais moi
je ne
disais rien car je savais depuis longtemps de quel monde
éloigné
Tezcatlipoca avait retiré ses serviteurs noirs et lugubres.


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