Projet Ailes de Fer
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Le temps passa – très vite, hélas- et John P. Malkovitch, d'un abord rude et austère, après s'être lamenté de la perte de son pays finit par s'acclimater et prendre ses aises, d'autant que le major Pepito Ramirez l'avait pris sous ses ordres. En effet les luftdragons de l'Aryenorden, comme le craignait Malkovitch et moi-même commençaient à effectuer des raids sur les villages côtiers de Mellonia, et je dus avec bien d'autres me refugier vers l'intérieur des terres, tandis que les marins et la flotte de Mellonia empêchaient toute invasion par la mer. Il y eut des batailles navales, il y eut des morts et des blessés, des larmes et du sang: mais j'admirai le courage et l'abnégation de ces gens simples et marins admirables qui luttaient sur les lames de l'océan contre l'envahisseur du nord. Le front naval tint bon. Mais celui des airs prenait l'eau de toute part, comme une vieille embarcation de jonc tressé provenant de mes terres natales. Un jour John P. Malkovitch en voyant les luftfragons de l'Ordre Noir prendre la direction de la capitale, Las Bananas, ñpolis'envola avec son oiseau de fer à leur rencontre, et depuis l'aérodrome ou bien les abris nous eûmes tous peur pour le noble et courageux John P. Malkovitch, mais son oiseau de fer était comme la tempête et l'éclair et ceux des luftdragons qui ne furent pas terrassés durent s'enfuir, et nous fimes fête à ce noble guerrier dont le bora était si puissant, lorsqu'il revint parmi nous.

A ce moment le major Pepito Ramirez de la Fuente y Roca prit la décision de faire étudier le grand oiseau brillant de John P. Malkovitch, afin que les érudits de ses laboratoires puissent en construire d'autres à l'identique. Le guerrier du Teertyxas assura qu'il les aiderait de son mieux, et s'engagea même à former les cavaliers qui devraient chevaucher de telles montures. Grégorio Villa et d'autres se portèrent volontaires, et moi je gardais le silence car je n'aime pas le fracas des armes et le tonnerre des grandes machines de fer. Je dis qu'il ne fallait pas répondre à la violence par de la violence encore et toujours, car cela ne faisait qu'attiser leur force et leur mana et seul s'imposait celui qui avait répandu le plus de sang. Mais John P. Malkovitch n'était pas d'accord – à dire la vérité, personne n'était d'accord avec moi, et même mon ami Grégorio gardait un silence gêné- et il se mit en colère en criant très fort, ce qui me mit mal à l'aise car toute forme de violence, même verbale, m'effraye. Il parlait avec de grands gestes et lorsqu'on l'écoutait on croyait entendre les dieux et les déesses de son lointain Texas, et je me dis que ces derniers devaient être terribles véritablement et leur bora surpuissant pour insuffler une telle énergie chez l'un de ses enfants.

qwerJohn P. Malkovitch déclarait qu'il fallait au contraire répliquer à la violence du sang par la violence du sang, et que seul son oiseau de fer pourrait leur permettre de remporter la victoire des airs face aux cavaliers de l'Ordre Noir du pays d'Illium. Il affirmait que les soldats et les guerriers des républiques de Mellonia alliés à ceux des Iles Maroussia parviendraient peut-être à repousser hors des frontières les assauts des hommes de l'Aryenorden, mais que rien de cela ne pourrait être fait si les cavaliers avec leurs luftdragons pouvaient contourner par les airs nos lignes de défense. Alors je ne sus plus que dire ni que répondre, de la même façon, réalisais-je avec tristesse, que je n'avais su que dire ni que répondre lorsque Tezcatlipoca autrefois m'avait chassé de mon trône près de mes enfants par la force brutale et la ruse. Je sais en effet depuis longtemps que moi, Quetzacoatl, j'abonime toute forme de violence et j'ai l'esprit d'un enfant.



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