(>>>) une journée avec
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(>>>) Je me glissai entre les draps et feuilletai des livres plus inutiles les uns que les autres. Dans un premier instant de rébellion, je pensai m’entretenir avec Ricardo, et cela dès le lendemain, de ce sentiment diffus que si le vol répare de la propriété, il n’en doit pas moins être utile. J’étais d’accord pour me prendre quelques baffes dans le fond du commissariat, mais de la à être rossé pour des comics de dernière zone. NON ! Mon père, épuisé en cours de route par la répétition des pages publicitaires, vint me souhaiter une bonne nuit, et en profita pour me chiper deux ou trois BD, en pensant qu’elles provenaient du stock engrangé à l’occasion de Noël. Nous n’étions qu’en avril ! Ne lui en voulez pas trop, il est juste un peu distrait... Voilà, c’était le moment où il fallait se résoudre à fermer les yeux et attendre le sommeil. Pour que l’arrivée du mythique marchand de sable ne soit pas trop pénible, j’agrippai depuis le lit, le petit bouquin à l’étrange couverture... n’a-t-on pas idée de coller un cacatoès multicolore sur la couverture d’un livre, d’un grand livre, de la littérature. Quelle bande de ploucs ces Parisiens !
Cent Ans de Solitude, bonjour la gaieté... Passée la première appréhension de tomber sur le énième témoignage d’un réfugié chilien en pleine déprime, je m’endormi quelques heures plus tard en colonel rebelle d’un bled de Colombie, ou en sorcière d’un autre siècle, je ne sais plus exactement. Aurelio Buendia, attends-moi ! Comme d’habitude ma mère ne parvint pas à me réveiller le lendemain matin. Elle partit en claquant la porte, et en hurlant que j’étais un fainéant et un bon à rien. Ce qui est peut être vrai, mais ce qu’elle ne sait toujours pas, bien des années plus tard, c’est que ce jour-là je ne mis pas les pieds au lycée. Entre le calcul d’une dérivée et l’aventure au côté de Garcia Marquez, il n'y a pas franchement ce que l’on appelle un choix cornélien. Et puis, il y a des absences si faciles à justifier... Aujourd’hui il me reste un vague sentiment de cleptomanie à l’approche des rayons de la FNAC. Les livres sont bien trop chers, n’est ce pas !
9-quatre (petit roman)
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