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J’ai toujours eu beaucoup de mal à supporter les dimanches. Je vous vois pointer du doigt, vous agiter en pensant à une de ces bassesses anticléricales, ou je ne sais quelles autres raisons théologiques. Rassurez-vous, nous n’avons pas ces prétentions qui confinent à l’acharnement. Il n’y a pas d’église par chez nous, ou alors elles sont si lointaines, que c’est tant mieux. Alors si je, si nous ne supportons pas les dimanches, c’est uniquement parce qu’il n’y a rien à faire, et des transports encore plus atones qu’à l’habitude, c’est tout dire. Reste alors le choix entre les programmes sportifs et l’éternelle voix de Jacques Martin, résonant entre les bâtiments. Un vrai jour de grève ou de couvre-feu à Gaza ! Maintenant imaginez quand arrivent là-dessus, le soleil rasant, Anne Sinclair et la nuit qui approche. Un désastre ! Ma mère prépare rituellement le repas du soir, où pour la seule fois de la semaine nous rappliquons tous à l’heure. Histoire de ne pas manquer le début de la seule animation de la journée, à savoir le grand film de TF1. Ce soir-là, j’avais décidé de ne pas céder aux sirènes de l’anéantissement cérébral et de l’abrutissement généralisé engendré par les gags lourdauds d’un Bourvil affrontant pour la énième fois un De Funès vieillissant et un tantinet caricatural. Un tantinet doit être le mot juste. Le geste fier, le menton presque en avant, je jetais à l’assemblée, tout de suite trois personnes, ma désertion face à un tel affront culturel. Celle-ci paria sur un coup de gueule ou un chagrin amoureux. Par dépit ou par honnêteté, je me dois de les décevoir. Point de rupture sanguinaire avec une jolie paire de fesses. Nous venions juste la veille d’effectuer, avec Ricardo, un raid dans les rayons de la FNAC. Juste quelques disques, quelques cassettes et quelques livres. Alors quand mon père qui découvrait les joies de la télé privée et son inespérée pause-chiotte qu’est la publicité, vint m’ordonner de baisser le son de ma chaîne, sous la menace express de destruction du dit objet, j’obtempérais. Tout en constatant en mon for intérieur, la puissance de l’aversion que pouvait générer le hard-rock. Amère victoire, qui me permit de découvrir les autres objets de ce menu larcin. (>>>) |
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