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La rentr�e des classes avait eu lieu depuis un bon moment, et nous go�tions avec Ricardo la joie de partager la m�me classe pour pr�parer un examen que l�on nommait entre nous le bac. A notre tour, nous d�couvrions les joies de la pr�paration de ce mythique passage, en adoptant, c�est vrai, une p�dagogie bien personnelle. La vente massive des manuels � Gibert Jeunes d�s la fin des vacances de la Toussaint pour pallier un manque certain de liquidit�, les insultes et altercations g�n�ralis�es avec les professeurs que nous jugions r�actionnaires, des expulsions � r�p�tition, quelques voyages pacifiques avec certaines herbes et des parties de flippers m�l�es � animation de fanzines politico-rock constituaient notre unique programme pour cette ann�e, si importante... tschui, tschui, tschui. Nous faisions la d�tresse de nos professeurs qui nous condamnaient � l�enfer et entretenions le d�sespoir de nos parents qui nous promettaient l�usine. A aucun moment, nous avons envisag� l��chec. Notre strat�gie �tait simple... pendant les vacances de P�ques, on d�pouille � la librairie du coin tous les anabacs dont on a besoin, on assure en histoire, en �co et en maths. On r�vise en regardant Roland Garros. Apr�s on s�inscrit au concours de Sciences Po. Bye bye la cit�. Le probl�me principal �tait simplement de nous occuper deux putains de trimestre. Pour passer le temps, nous nous �tions inscrits au Cin�-club du lyc�e et passions nos soir�es � d�couvrir quelques chefs d'�uvre. Et dire que Casanova du maestro f�t pour nous une r�v�lation demeure encore aujourd�hui un pi�tre euph�misme. La semaine suivante, nous ne jurions plus que par Rimini, la d�cadence, Cine Citta, et brandissions tr�s haut l�anath�me contre les incultes qui s'astiquaient devant Hollywood. Alors avec nos gueules de latin� lovers de basse banlieue, nous nous �tions d�cid�s � franchir le pas, � s�duire, � attraper, �... niquer, niquer. N.I.Q.U.E.R. D�accord, pour ce qui est du charisme inn� du h�ros, on avisera en cours de route... et si on se prend une gamelle... ta gueule, tu vas nous porter la scoumoune... (>>>) |
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