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(>>>) Cet automne-l�, on a vraiment cru que nous y passerions tous. M�me les moins crapules d'entre-nous, m�me les boutonneux d�sabonn�s des redoublements ne trouvaient pas de place, pas d'�tablissement comme ils disent. Alors nous avec nos dossiers... Tout au plus pouvions-nous essayer d'entamer une carri�re en CAP. Et l�, faut pas r�ver. Alors le cul coinc� sur le b�ton de l'escalier, nous passions le temps � �chafauder quelques plans plus brinquebalants les uns que les autres. Et c'est vrai qu'� part une carri�re de voleur, pas grand-chose de bandant s'offrait � nous. Jamais � court d'une id�e moderne, Digui' nous proposa de r�fl�chir � l'immigration en direction d'un pays en devenir. Quand on lui demanda lequel et qu'il nous r�pondit l'Am�rique, on le renvoya � ses ch�res �tudes sans oublier de le sermonner une fois de plus, sans omettre de lui rappeler qu'�tait arriv� le temps pour lui d�arr�ter de bouffer le shit par barrettes enti�res. C�est pas du chocolat ces choses-l� quand m�me ! La rentr�e �tait bien entam�e quand nous f�mes tous convoqu�s au lyc�e qu'ils venaient de construire en face du centre commercial de la ville d'�-c�t�. On venait de comprendre qu'une fois de plus on venait de sauver notre cul. In extremis. Nous �tions une petite vingtaine. Tous de la cit� ou de celles d'� c�t�. Tous dans la m�me classe. En nous saluant les uns les autres du regard le jour de la rentr�e, nous avons s�rieusement dout� de leur m�thode p�dagogique. D�j� qu'en temps normal, les cours avaient du mal � se d�rouler, on imaginait mal, mais alors tr�s mal l'avenir d'une telle exp�rience avec Marie, Digui', Mourad, Ricardo, Yasha et tous les autres. Nous n�avons m�me pas eu le temps de d�baller notre �talage de savoir-faire en destruction massive de cours, que nous nous �tions d�j� convoqu�s. Le CPE, autrement dit le conseiller principal d'�ducation. (>>>) |
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