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Permettez-moi de d�dier ce passage � nos jeunes amis, qui n�ont pas connu la p�riode h�ro�que o� la musique se gravait sur des galettes de vinyle noir de trente centim�tres de diam�tre. Ces disques, nous les ch�rissions, nous les achetions, nous les �changions. Pas un matin, nous ne partions rejoindre l��cole sans ces grands sacs Fnac pleins � craquer d�albums � refourguer en �change d�autres aventures musicales. Nouvelles aventures, que le soir venu, nous nous empressions de recopier avec application sur des cassettes chip�es sur les �talages de l�hypermarch� du coin. Ce mois de mai l� �tait ensoleill�, presque radieux. Certains m�me pr�tendront qu�il fut historique. C��tait un lundi, un d�but d�apr�s-midi, nous filions all�grement vers nos douze-quatorze ans et notre prof� d�histoire entra pour une fois dans la salle de cour, un immense sourire viss� aux commissures des l�vres. C��tait d�ailleurs un des seuls, un des rares que nous respections et aujourd�hui encore nous ignorons si le calme qui r�gnait pendant ses cours �tait imputable � une autorit� naturelle ou au fait de se pr�senter toujours devant nous dans un impeccable costard-cravate. Il nous expliqua le jour historique que nous venions de vivre la veille avec l��lection de Fran�ois Mitterrand � la pr�sidence de la R�publique. Pour la totalit� d�entre nous, l�int�r�t de cet �v�nement r�sidait dans les cris de joie entendus dans nos foyers et la goutte de champagne �gar�e au fond de nos verres. Nous le laissions � sa joie et � ses explications et commen��mes � percevoir la rumeur mont�e depuis les rangs du fond. En majorit� demi-pensionnaires, la cantine nous privait des informations de la mi-journ�e. Les autres, ceux qui sortent, nous relayaient les nouvelles importantes. Bob est mort ! Ces quelques mots ont claqu� � nos oreilles tendues, puis attrist�es. L�importance de la nouvelle nous fit de suite comprendre qu�il ne s�agissait pas d�une sordide plaisanterie. A la vue de nos mines path�tiques, le prof� stoppa net, et nous demanda si nos parents ne nous parlaient pas de politique. Pour nous, la d�sillusion d�buta un certain 11 mai... |
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