Claude quitte la pièce sans prendre la peine de répondre. Après son départ, Meg se rallume une cigarette. Elle s’énerve sur le paquet dont elle déchire l’emballage plastique puis elle jette au sol l’un des coussins de la banquette ou bien encore elle décoche un coup de pied dans une des piles de dossiers qui encombrent la pièce. A l’entresol, Claude prend congé d’une gouvernante. Pas d’effusions. Il lui glisse une dernière enveloppe, une prime de départ, et lui demande de se rendre auprès de :
- Mrs Meg… She has to pack so give her supply… But first, pack for me... I have to leave in half an hour...
Une demi-heure plus tard, Levaev sort de la maison. Lorsqu’il traverse la rue, il porte un sac de voyage et deux sacs poubelle à la main remplis de papiers qu’il a vidé de son bureau. Meg l’observe depuis la fenêtre de sa chambre. Avant de prendre le volant, il lève la tête et leur regards se croisent. Pas de signe, pas de mot. Meg disparaît derrière un voilage.
La circulation est fluide à cette heure de la journée. A quelques kilomètres de son domicile, Levaev s’arrête à une déchetterie d’où il repart sans les deux sacs poubelle. À Waterloo Station, il confie son véhicule au voiturier de l’hôtel Hilton, hôtel dont il ne fait que traverser le hall. Il est 16 heures lorsqu’il se présente parmi les derniers passagers à l’embarquement de l’Eurostar 9148. Lorsqu’il prend place à bord du train, en moins de douze heures, toutes traces de sa vie londonienne a disparu. Pierre Levaev, l’identité sous laquelle il a vécu pendant près de sept ans, n’existe plus. ->

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