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Londres Waterloo à 16 heures 39 et arrivée en gare de Bruxelles Midi à 20 heures 10. Au nom de Meg Flatley, il achète également un billet d’avion à destination de Sydney, mais avec un départ le lendemain cette fois. A la sortie de l’agence, il téléphone à l’étranger depuis une cabine publique :
- Allo Antoine… Oui, c’est moi… C’est Claude… Tu vas bien ? … Moi, ça va oui… Dis donc… Ah tu veux que je te rappelle ? … Non ben c’était pour te dire que je passe à Bruxelles ce soir… Oui, ce soir… Voilà, et si t’as le temps, je t’invite au resto… Non mais si c’est compliqué… Bon, écoute, le plus simple, je serai au resto de la dernière fois… Si, tu sais le couscous où tu m’avais amené… Ouais, c’est ça… Porte Louise ou un nom comme ça… Bon, j’arrive vers huit heures… Oui, j’arrive en train… Le temps de passer à l’hôtel tout ça… Disons que je serai au resto entre neuf heures et demi et dix heures… Si t’es libre à ce moment là, passe…
A Hampstead, de retour à son domicile, Pierre Levaev croise la femme blonde. Vêtue d’un survêtement, celle-ci rassemble des affaires dans un sac de sport et paraît pressée.
- Oui, je vais à ma gym, tu sais… Mais toi, tu es déjà rentré ? …
Pierre embrasse la femme blonde sur le front, puis il déclare :
- Je t’ai pris un billet d’avion… A ton nom, pour demain…
- On part ?
- Moi, maintenant, oui… Je vais à Bruxelles… Toi, demain… Et puis après, dans 2-3 jours… Les Seychelles…
La femme dont le billet d’avion a été établi au nom de Meg Flatley fait tomber son sac à main :
- Alors, tu vas y aller ? C’était ça ton phone call d’hier ?
Claude opine de la tête.
- Bon… Meg se baisse pour ramasser son sac. Un fort accent britannique rehausse son français… Les Seychelles, je crois pas qu’on s’y retrouve, Claude…
- Je t’ai quand même pris un billet d’avion… Tu passes par Gibraltar… Après…
- C’est pas la peine, Claude ! On a déjà eu cette conversation…
- Et ? …
- Et… Tu fais ce que tu dis… Moi, je fais ce que toujours j’ai dit, Claude ! …
Tout en parlant, Meg fouille dans les tiroirs d’une commode. Après plusieurs recherches infructueuses, elle s’empare d’un paquet de cigarettes. De la main, elle demande du feu à Claude qui répond qu’il n’en a pas.
- Je sais que tu fumes sans me rien dire…
- Justement, c’est dans mon bureau… J’ai pas de briquet sur moi…
- Alors, on va ensemble le chercher ! …
Dans le bureau, briquet en main, Meg calcule à voix haute qu’elle n’a pas touché à une cigarette depuis cinq ans et ce paquet de Dunhill, précise-t-elle, attendait depuis tout ce temps dans un des tiroirs de la commode. Une fois aspirée une première goulée, Meg s’assoit sur la banquette en désordre :
- C’est vraiment le bordel dans ton bureau, tu sais, Claude… Tu dis toujours que tu ranges et puis tu ranges jamais… C’est tout toi ça… Anyway… Ce qui me fait rire de toi Claude… C’est que toi tu sais tout seul que c’est une connerie aussi…
Claude demeure muet.
- Tu le sais et tu vas faire… Faut vraiment être complètement vraiment con… Je joke… J’ai l’air… Mais tu peux pas savoir combien je suis… Déçue…
Claude s’allume à son tour une cigarette.
- Les billets d’avion, je les pose sur la desserte de l’entrée… Dans la panière…Tu en fais ce que tu veux… Il faut vider la maison d’ici à demain soir… Si tu changes d’avis…
- Je m’en vais de la maison quand je serai d’accord à la quitter ! …
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