| A Philadelphie, le 9 d�cembre 1981, vers 4 heures du matin, � l'intersection de la rue Locurst et de la 13e rue, le policier Daniel Faulkner arr�ta une automobile conduite par William Cook, qui est le fr�re de Mumia Abu-Jamal. William Cook fut alors victime de violence de la part de l'agent Faulkner. Mumia, qui se trouvait dans les environs -un coin tr�s achaland�- � cause de son travail de chauffeur de taxi, entendit des coups de feu et aper�ut William dans la rue. Il se pr�cipita donc hors de sa voiture afin de venir en aide � son fr�re. C'est alors que Mumia fut atteint d'une balle � la poitrine provenant de l'arme de Faulkner. L'agent Faulkner, ayant re�u pour sa part une balle au dos et une autre � la t�te, perdit la vie. Malgr� le fait que Mumia �tait tr�s gravement bless� (la blessure par balle qu'il a re�ue aurait pu s'av�rer mortelle), des policiers arriv�s sur les lieux du meurtre l'ont sauvagement battu avant de le conduire � l'h�pital. De plus, selon un t�moin au proc�s, Mumia serait arriv� � l'h�pital environ 45 minutes apr�s la fusillade, bien que l'h�pital soit situ�e � proximit� du lieu du crime. Les all�gations de Mumia portant sur le fait qu'il a �t� s�v�rement battu par des policiers n'ont pas �t� retenues lors du proc�s. Cependant, plusieurs policiers ont admis qu'ils avaient "accidentellement" frapp� la t�te de Mumia sur un poteau et qu'ils l'avaient bless� au visage en l'�chappant alors qu'ils le transportaient au panier � salade. De plus, dans un entretien publi� dans la revue Revolutionary Worker en 1994 (# 784-785), Mumia raconte que lorsqu'il s'est r�veill� apr�s son op�ration, un policier s'amusait � appliquer une pression sur le sac qui sert � recueillir l'urine du patient, provoquant ainsi la remont�e du liquide dans sa vessie. Or, devant cet acte d�lib�r� qui aurait pu faire �clater sa vessie (et par cons�quent entra�ner sa mort), Mumia, intub� de partout et menott� � son lit d'h�pital, �tait totalement d�muni. Plusieurs semaines apr�s l'intervention chirurgicale, Mumia �tait encore dans un �tat critique. Le 7 juin 1982, le proc�s s'ouvrit. Mumia est accus� de meurtre au premier degr�. -La d�fense- L'avocat d�sign� par la cour pour repr�senter Mumia s'appelait Anthony Jackson. Le 13 mai 1982, lors d'une audience du pr�-proc�s, Mumia, insatisfait de la performance de Jackson, demanda � la cour de lui permettre d'�tre son propre avocat. Le juge Ribner, qui pr�sidait les audiences du pr�- proc�s, le lui accorda mais d�signa Jackson comme conseiller, m�me si Jackson protesta lui-m�me contre sa nomination d�clarant qu'il ne savait pas ce que cette t�che impliquait. Notons ici qu'�tant donn� que Mumia ne pouvait pas, en raison de son emprisonnement, mener seul une enqu�te compl�te, son acc�s � un avocat comp�tent �tait primordial afin de lui assurer une d�fense ad�quate. Or, dans une d�claration sous serment dat�e du 17 avril 1995, Jackson admit avoir "abandonn� tout effort � la pr�paration du proc�s" apr�s que Mumia ait obtenu le droit de se repr�senter lui-m�me. Lors du troisi�me jour de s�lection du jury, le juge Sabo priva Mumia du droit d'interroger les candidats au jury. Apr�s la s�lection du jury, Mumia reprit son r�le de repr�sentant l�gal. Pressentant l'absence d'�quit� dans son proc�s. Mumia demanda � �tre repr�sent� par John Africa, ce qui fut refus� par le juge Sabo. Mumia demanda alors que John Africa puisse l'assister lors du proc�s en prenant place � la table de la d�fense, ce que le juge Sabo rejeta �galement m�me si la loi le permettait. Peu apr�s, le juge interdit � Mumia d'�tre son propre avocat et nomma � nouveau Jackson, malgr� la protestation de celui-ci, � la fois r�ticent et mal pr�par�. Le lendemain, Mumia apr�s avoir protest�, fut exclu du tribunal par le juge Sabo. De plus, le juge Ribner refusa d'accorder les fonds n�cessaires � la d�fense pour engager un enqu�teur, un l�giste et un expert en balistique. Ces expertises �taient pourtant essentielles, non seulement pour une d�fense ad�quate, mais �galement afin de d�terminer avec pr�cision ce qui s'�tait pass� cette nuit-l�. |
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