| ENTREVUE AVEC LE REVOLUTIONARY WORKER! (suite) |
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| MUMIA: M'isoler, me d�truire, m'estropier (priver quelqu'un d'un membre, le mutiler ou le mettre dans l'incapacit� de servir, par blessure ou maladie). Non pas que ce qu'ils me font soit diff�rent de ce qu'ils font � plein d'autres victimes. Sans doutes, vos photos prises ici et vos paroles en feront foi. Cette salle de visite est semblable � la salle de visite pour tous les invit�s. Si vous �tiez mon avocat, ce serait la salle de visite. Si vous �tiez ma femme, mes enfants, ce serait la salle de visite. RW: Pas de visites avec contacts physiques? MUMIA: Pas du tout, pas du tout, pas du tout. Une salle dont la fonction est le contact humain est n�cessaire pour la survie. C'�tait tr�s clair que leur intention �tait de ne pas nous laisser survivre. (Les prisonniers dans le couloir de la mort) RW: Alors vous habitez dans une petite chambre, grande comme votre salle de bain, 20 heures par jour? MUMIA: C'est 22 heures par jour. RW: Et vous avez droit � 2 heures par jour d'exercice dans une cage? Et puis vous lisez ensuite dans les journaux que les politiciens disent que l'on g�te les gens dans les prisons et qu'il faut leur retirer leurs t�l�visions et leurs programmes d'halt�rophilie? MUMIA: (rires) J'aime �a! J'aime �a! En fait, la meilleure chose qu'ils pourraient faire c'est �a. Parce qu'une fois qu'ils auront retir� les occasions de divertissement aux gens, � ce moment-l� les gens n'auront plus d'�cran entre eux et la r�pression du syst�me. Je pense que c'est un bon d�veloppement. Ils n'auront plus � s'inqui�ter du prochain �pisode de t�l�roman. Ni de ce qui se passe � Jeopardy ou au Soul Train. Ils devront s'inqui�ter d'eux-m�mes, leur personne �tant en conflit direct avec le syst�me qui essaie d'�touffer leurs vies. RW: Que se passe-t-il avec votre courrier, � vos communications avec vos avocats de m�me qu'� votre support venant de l'ext�rieur? MUMIA: Mon courrier est restreint au minimum sous pr�texte qu'il pourrait contenir des fonds ill�gaux pour moi. Comme si de mon quartier de condamn�s � mort je pourrais op�rer une affaire. �a inclut des lettres ne contenant m�me pas d'argent, retenues pour plus d'un mois. Lorsque je me plains, ils disent: "Ce n'�tait que trois ou quatre jours de plus". Ils ne veulent pas reconna�tre le fait qu'ils retenaient la lettre depuis 28 jours. Il y eut aussi une lettre de mon avocat contenant du mat�riel n�cessaire � ma d�fense qui fut ouverte, scell�e et livr�e avec 11 jours de retard. Ils dirent ensuite: "Oops, nous avons fait une erreur". Ils me tiennent responsable du gros volume de courrier que je re�ois quand je me plains: "Ouais, t'as tellement de courrier qu'on n'arrive pas � diff�rencier ton courrier l�gal de ton courrier personnel". C'�tait une lettre de mon avocat avec son nom, son titre, son adresse ainsi que "l�gal et confidentiel" d'inscrit dessus. Tout y �tait! Le gouvernement ne s'est jamais souci� de mon droit d'avoir un avocat. C'est pourquoi on m'avait assign� un avocat qui refusait de me d�fendre et on m'a refus� le droit de me repr�senter moi-m�me. Ainsi, maintenant que j'ai obtenu un bon avocat, ils veulent s'assurer que mes communications confidentielles soient connues. RW: La demande de vos partisans est la tenue d'un nouveau proc�s ou presque m�me d'un premier proc�s dans votre cas tenant compte du fait que vous avez �t� tr�s mal repr�sent� auparavant. C'est �videmment une lutte politique autant que l�gale, le gouvernement cherchant � faire appliquer la peine de mort aux dissidents politiques. Les cours soutiennent m�me que les gens qui ont �puis�s leurs appels(proc�dure judiciaire) devraient �tres ex�cut�s, m�me s'il y a des nouvelles preuves qui d�montrent leur innocence. MUMIA: Ce que les cours d'Am�rique d�montrent, c'est qu'il n'y a pas de loi, il n'y a que des proc�dures. Il n'y a que la sc�ne et le sens de la mise en sc�ne de la loi, pas son essence. C'est parce qu'il n'y a pas de justice. Il n'y a pas d'�quilibre. Il n'y a m�me pas apparence de justice. C'est le m�me syst�me qui, lorsqu'il veut poursuivre quelqu'un, vous poursuivra dans une cour d'�tat, et s'il n'obtient pas ce qu'il veut, il vous reviendra avec une accusation f�d�rale. La personne � ce moment-l� est menac�e par deux entit�s: par l'�tat o� la cause se d�roule et par le gouvernement f�d�ral. RW: En ce mois de d�cembre (1994), ce sera le 13e anniversaire de votre incarc�ration. Quel message avez-vous � transmettre aux organisations qui tentent d'arr�ter le lynchage l�gal de Mumia Abu-Jamal? MUMIA: Premi�rement je les remercie pour leur travail radical. Deuxi�mement, tenez bon. Je continue � �crire. Je continue � r�sister. Je continue � opposer la v�rit� au pouvoir. Je continue ma r�volte contre le syst�me qui a essay� de me tuer il y a 13 ans et qui continue � le faire aujourd'hui. Je sais que pour certains d'entre vous, 13 ans peut para�tre une �ternit�, pour d'autres c'est comme hier. Ce qui doit �tre clair pour tout le monde, par contre, c'est que ce gouvernement qui a essay� de me tuer en d�cembre 1981 veut encore que je sois mort et silencieux aujourd'hui. Alors la lutte continue. La r�sistance continue! |
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