A l'oreille des chevaux, le maître des vents souffle un
air de liberté
Ivresse
Maîtresse parole dans la résonance tremblante des corps
fumants
Mais où est passé mon petit enfant?
Dort-il?
Rêve-t-il ?
Il sourit, il éclaire les ombres de la nuit
A l'oreille des chevaux, le maître des vents souffle le
feu de l'évasion
Ivresse
Dérobade sans fin des saisons dans le galop du temps
Maîtresse chanson sur la peau saoule de sueurs
Mais où est passé mon petit enfant ?
Dort-il ailleurs?
Rêve-t-il à ces ailleurs aux mille couleurs
Où des lions nostalgiques marchent sur la voûte des
arc-en-ciel?
À l'oreille des chevaux, le maître des vents souffle
les tempêtes de la peur
Folie
La brûlure des orages accroche un milliard de cheveux
Maîtresse colère contre le fracas du néant
Mais où est passé mon petit enfant?
Où le mène le pas lent du sommeil?
Il rêve le vent, les chevaux ivres d'hier à jamais
Il rêve les prairies où des lynx veillent sur les ors
du destin
Sans cesse le maître des vents souffle sur l'âme des
chevaux sauvages
Et mon petit le suit
Les vents sont sa monture
Les chevaux sa parure
Il rêve, si petit, si grand
Il rêve l'ivresse éperdue de demain
Quel maître, quel disciple saurait apprendre?
Quel maître ou quel disciple saurait rejoindre le vent
Dans le claquement lumineux des sabots qui sonnent le
rire
Dans les courses furieuses où s'abîment les pleurs?
Il rêve et je suis nacelle
Je suis pour mon petit cette épaule de flanelle
Et le maître des vents murmure dans mon cou les secrets
du sommeil enfui
Là-bas
Très loin
Là où va mon petit enfant
Mon petit cheval fou de vent
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