Galerie d'hiver

accueil page 1

 

Squelettes d'arbres morts
Gardiens des dunes
Ils veillent, bergers du vent, du sel

Ils guettent les troupeaux d'écume à leur pied
Ne s'ébranlent jamais

Autour d'eux, le mouvement
L'air
L'eau
Le sable même qui se tourmente
Dans la capricieuse violence des vents d'ouest
Autour d'eux, un incessant mouvement

Contre leur corps usé du frottement des jours
Leur peau parle d'hier
Juste hier
J'étais enfant
Ils étaient hauts encore
L'écorce ouvrée en vitrail de fibres grises et brunes
Leurs doigts véloces enfouis sous les mirages de l'alios

C'était simplement hier
J'entends le murmure estompé de leur force
Et me recueille

Leur pied est plus rongé
Plus sculpté que la veille
Par la pluie si vaste d'ici

Je me prête à leur soif d'espace
Je suis leur nef pour sillonner le large
Je suis oiseau, voile
Déployée pour des noces de vent
En leurs cœurs jamais secs
Qui parlent une langue de résine ancienne

À la croisée des ciels et des poussières
Plus éphémère, la lumière passe


24 décembre 2002


Au bout de tes doigts

Au bout de tes doigts
Mon souffle effleure une caresse
Tempo de valse
Toute pensée disparaît

Au bout de tes doigts
Le vent disperse mon visage
Un peu de sel
Mon regard sur ta peau

Au bout de tes doigts
S'ouvre l'océan
Marée très haute entre hier et demain
Je ne suis pas

Un peu de sable crisse encore
Le geste de ta main qui se ferme
Chaque doigt replié
Sur le nid de la paume

J'ai coulé sous l'or endormi des dunes

Ouvre ta main
Chaque doigt jusqu'à l'horizon
Il n'y a que l'infini
L'air
Un peu de sel

Je me dissous
Dernière larme
Asséchée par le vent du large

17 Janvier 2003

 

Hosted by www.Geocities.ws

1