Galerie d'hiver

Les photos sont un peu longues à charger pour en préserver la qualité. soyez patient(e)s...

accueil page 2
Port solitude
Le port est mon lieu de solitude
J'y suis de multiples instants
Seule
Des milliers d'instants seule
Dans l'abandon d'un lieu d'ailleurs
Chaque pas me ramène et m'éloigne
Chaque pas ressemble à ces vagues discrètes
Insistant clapotis de l'incertain
Le port est le lieu fluide où je suis dure et douce
L'œil-horizon des sémaphores parle la langue des phares
Alexandrine romance dans un tombeau d'aubes finissantes

Le port chaque matin est le lieu de ma solitude
Les mâts tintent le réveil du regard
Au vent
Mille bribes de nuit frémissent dans l'indigo de mes songes

L'aurore m'accueille
Seule et multiple
Moi et nous tout autour, infiniment deux

Le port est un lieu-solitude
J'y peine des retenues de larmes
J'y danse l'amertume légère des sourires
J'y nais bercée de vent
Petite et folle
Amante et sage

Et seule
A jamais seule devant l'abîme rose des matins solitaires

 

Etrangère

Aux limites du monde, il y a la mer
Frontière
L'autre élément

Je suis l'étrangère

Aux limites du monde donc
Juste avant le gouffre
Le sable est exil
Déjà

Une fuite granuleuse sous le pas hésitant
Un infini replié sous le nu du corps
Advenu en ces seuils infranchissables

L'eau déroule son chant
(Ou est-ce un cri
La plainte fracassante des vagues en mouvement ?)
Mélodie d'abysses
Jetée pêle-mêle à la face dorée de l'étrangère
Exilée des terres intérieures
En ces confins
L'incertitude immuable des bords de mer

Dans l'air, l'espace est aux vents
Au large
Il croise un impalpable fer
Avec des senteurs de bruyère sèche
Et vaste
Plus vaste encore
La solitude embrasse l'attente
Lieu sans géographie où se dissout le temps

Aux limites du monde
Je rencontre l'exil
Cet autre
Et l'eau m'est à la fois la mère et l'inconnue
Dans un étonnement aux contours de dénudement

Elle m'arrête
M'invite
Moi, si étrangère
Si proche aussi

Entre origine et ultime
Exilée sur un sentier à saveur de marée
Je suis la cambrure de l'eau
Les yeux posés sur les caravelles de l'étranges
Dans l'invite de songes sans langage
Je marche
Cette ondulation lente de moi vers demain

 

24 octobre 2002

 

Pause

S'étendre
Se poser là
C'est une herbe douce
Ou peut-être un sable très fin
Soyeux

Puis regarder le ciel
Bleu, mais avec des pompons blancs
Ou gris peut-être
Dans le soir approchant
Gris et parsemé de lumière autour des nuages

Voilà
Alors le temps d'arrête
Juste là, en ce lieu qui n'a pas besoin de nom
Le temps ne compte plus
Et je respire
Ni lentement
Ni rapidement

Étendue
J'ai posé à côté de moi toutes mes pensées
Toutes les ruminations pesantes
Pour qu'elles s'aèrent un peu
Dans la fraîcheur du temps

Il y a aussi les idées folles
Elles ont tendance à rouler plus loin
À divaguer
Caracoler puis revenir
Joueuses

J'ai tout posé
Mes sentiments mes peurs mes joies mes peines
Et pourtant quelque chose demeure
Une chose que je ne peux ôter
(un vêtement secret cousu à l'âme?)

Il reste un poids infime
Mais c'est presque une enclume tant je me voudrais légère

Ça fait un petit peu mal
Alors je reste
Entre plaisir étendu et cela
Petite douleur apprivoisée

Bientôt, je me relèverai
J'enfilerai de nouveau mes idées polychromes
J'irai sur un chemin
Dans une maison
Personne ne me reconnaîtra

Mais il me restera de cet instant nu
La légèreté du ciel
Sa beauté
Et la connaissance grave du poids exact de la douleur
Quand il ne reste plus rien d'autre à peser

8 décembre 2002

 

accueil page 2

 

 

Hosted by www.Geocities.ws

1