|
La nuit s’en va . Il fera bientôt jour .SONGDA dit au revoir à son mari et prend la route .Elle va au village de ses parents . Elle marche ;écoute les oiseaux chanter,elle écoute le vent qui murmure dans les arbres et les buissons . Elle rencontre des hommes, et de femmes, des village voisins. Il est midi. SONGDA pose son panier de bagages à l’ombre d’un nété en fleurs. Elle se repose un peu. Puis elle se lève et continue son voyage. Elle marche toujours. Le soir tombe. L’ombre descend sur la brousse. SONGDA arrive au bord d’un marigot. Le marigot est grand. L’eau roule avec rage ; elle tourne comme un tourbillon. SONGDA a peur, elle a trop peur ; tout son corps tremble. Au milieu de l’eau en colère, un monstre apparaît : il a un œil, une oreille, un bras, une jambe. Il est gros comme un tronc de baobab. Il rit et la terre tremble ; SONGDA est là morte de peur. Le monstre parle : « que viens-tu faire ici femme ». SONGDA répond d’une toute petite voix : « je vais à mon bayiri ( au village de mes parents)de l’autre côté du marigot. Aie pitié de moi ! Aide-moi à traverser le marigot-Bon !Je veux bien t’aider, mais tu ne diras rien à personne ce que tu as vu. Sinon, gare !- je jure de ne rien dire ; mon oreille n’a rien entendu, mon œil n’a rien vu. Le monstre prend SONGDA sur son dos. Il la déposé sur l’autre rive. SONGDA est contente. Elle remercie le génie de l’eau. La voilà de nouveau sur la route qui mène au village de ces parents. Le génie appelle un crapaud. Il lui donne l’ordre de suivre SONGDA partout, sans jamais se laisser voir. Il veut savoir si la jeune femme va tenir sa langue. SONGDA arrive enfin au village de ces parents. Les gens lui demandent comment elle a fait pour traverser le marigot, si elle n’a pas rencontré le monstre qui mange les personnes. SONGDA répond qu’elle a traversé le marigot toute seule ;elle dit aussi qu’elle n’a rien vu au marigot. SONGDA est heureuse de revoir son village, ses amis et ses camarades d’enfances. Elle va au marché. Elle rencontre là- bas son ami WIND-YIDA . WIND-YIDA l’invite chez lui. Dans la case de WIND-YIDA, SONGDA raconte tout ce qu’elle a vu, tout ce qu’elle a entendu au marigot. Or le crapaud est là, caché à côté du canari à eau. Un champ de menace s’élève : « le père de SONGDA lui a demandé ce qu’elle a vu au marigot, et SONGDA leur a répondu : je n’ai rien vu, rien entendu au marigot. L’ami de SONGDA lui a demandé ce qu’elle a vu au marigot, et Songda lui a répondu : j’ai vu un monstre qui a un œil, une oreille, un bras, une jambe ». SONGDA a peur, très peur. Elle sait que le monstre l’attend. Comment va-t-elle lui échapper à son retour ? Elle réfléchit longuement….. et trouva…. Le jour de son départ, elle prépare du riz dans un grand plat. Elle pose le plat de riz en haut de son panier de bagages. Le panier sur la tête, elle trottine ; elle retourne chez elle au village de son mari. C’est alors qu’elle entend la terrible chanson du crapaud. SONGDA enlève une poignée du riz qu’elle jette sur la route. Quelle bonne odeur ! Le crapaud se précipita sur le riz. Il mange, mange. Mais un moment, il voit que SONGDA est très loin. Il se met à sauter plus vite. Il rattrape SONGDA. Quelque temps après, le crapaud chante une deuxième fois. SONGDA lui donne à nouveau du riz. Il chante une troisième fois et SONGDA lui donne une troisième poignée de riz…Maintenant , le marigot n’est plus loin. SONGDA dépose le plat de riz dans l’herbe au bord de la route. Le crapaud arrive. Il veut manger tout ce bon riz. Pendant ce temps, SONGDA atteint le marigot. Le monstre sort et demande. « Ah ! tu es de retour ! Qu’est ce que tu as raconté aux gens du villages ? - J’ai dit aux gens de mon village que je n’ai rencontré personne au marigot. - C’est bon, c’est bon » Le monstre aide SONGDA à traverser le marigot une fois encore. Un long moment passe. Le crapaud vient en chantant. Le monstre comprend alors que SONGDA l’a trompé. Il est furieux. Il ne peut le plus le rattraper. Alors, il saisit le crapaud et lui déchire le ventre. Chez nous les gens disent : « le gourmand creuse sa tombe avec ses dents ». Ailleurs on dit : « on ne peut pas poursuivre deux lièvre à la fois |