Economie...
Généralités
La réunification du pays en 1976 a imposé l'harmonisation de deux systèmes économiques opposés, communiste et capitaliste, marqués l'un et l'autre par les séquelles de la guerre. Au nord, près de 70 % des infrastructures industrielles avaient été endommagées, tandis qu'au sud les grandes propriétés agricoles avaient été abandonnées. La socialisation de l'économie amorcée au Viêtnam-du-Sud échoua, du fait des résistances internes et d'un environnement international défavorable.
Le gouvernement fut alors contraint de lancer un nouveau programme de réforme économique, en 1986, le Dôi moi ("!Renouveau!"). La fin de l'aide économique et financière soviétique accéléra l'adaptation de l'économie vietnamienne au marché international. Dès 1990, l'État entama une politique de privatisation massive qui aboutit à la fermeture de 3 000 entreprises d'État déficitaires, en l'espace de deux ans. L'objectif était de doubler le revenu par habitant et d'accroître de 50 % la production de riz avant l'an 2000.
De fait, les résultats furent encourageants. Le produit intérieur brut (PIB) est passé de 8 milliards de dollars en 1985 à près de 14 milliards en 1994. En 1995, le taux de croissance annuel a atteint 9,5 %. Mais la balance commerciale était déficitaire, en raison de la hausse des importations (biens d'équipement) et l'inflation restait élevée (13,1 %, en 1995). Depuis 1994, les investisseurs étrangers furent surtout asiatiques. Pourtant, la levée de l'embargo et la reprise des relations diplomatiques avec les États-Unis ont permis aux hommes d'affaires américains d'être à nouveau présents, malgré les blocages administratifs et la corruption.
En dépit du bon niveau des résultats économiques, les Vietnamiens demeurent pauvres et les disparités d'une région à l'autre sont fortes. En outre, le chômage touchait 20 % de la population active, en 1994.
Agriculture, forêts, pêche
En 1994, l'agriculture occupait 67 % de la population active (27,7 p. 100 du PIB). Elle demeure la principale source de devises (24,5 milliards de dollars, en 1993). Les coopératives ont pratiquement disparu pour faire place à des exploitations privées. La principale culture est celle du riz (25 millions de t produites en 1995, 5e rang mondial), qui occupe 50 % des terres cultivées. Viennent ensuite la patate douce (2,1 millions de t!; 6 % des terres cultivées) et le manioc (3 millions de t!; 4 % des terres cultivées). La principale culture commerciale est l'hévéa (55 000 t de latex). En 1993, le cheptel comptait 14,86 millions de porcs!; 3,1 millions de bovins et 82 millions de volailles.
Les forêts ne couvrent plus que 20 % du territoire (40 % en 1940). L'exploitation commerciale du bois (teck et bambou) s'est ralentie du fait de l'insuffisance des infrastructures de transport. En 1993, les coupes de bois ont atteint 33,5 millions de m3, destinées à la consommation intérieure (combustible). L'exportation du bois est interdite depuis 1992.
L'étendue du littoral et les nombreux cours d'eau font du Viêtnam un pays propice à la pêche. La mer de Chine méridionale est particulièrement riche en poissons de toutes sortes. Des exploitations piscicoles existent également à l'intérieur des terres, dans des zones inondées. En 1994, le total des prises s'élevait à 1,1 million de t.
Mines et industries
Les ressources minières sont nombreuses, concentrées dans le nord-ouest du pays (anthracite, phosphates, cuivre, étain, zinc, antimoine et chrome). En 1994, la production annuelle de charbon a été de 6 millions de t, avec des réserves équivalant à 3,2 milliards de t. Le pétrole est exploité depuis 1975. Sa production, régie en grande partie par l'État, était de 8,8 millions de t en 1995. Les réserves étaient évaluées à 68 millions de t au début de 1996, mais elles sont situées dans des zones maritimes revendiquées par la Chine et Taiwan. Environ 3 600 t d'étain ont également été extraites en 1995.
Les principaux sites industriels du Viêtnam, concentrés au nord du pays, autour de Hanoi, et dans le sud, près de Hô-Chí-Minh-Ville, ont été presque entièrement réhabilités. Un effort a été effectué afin de rééquilibrer cette répartition et de nouveaux centres industriels apparaissent dans le centre, près de Danang. L'activité industrielle, en plein essor depuis 1992, concerne surtout l'automobile, les raffineries de pétrole, le papier, le ciment, le textile, les produits agroalimentaires, les produits chimiques et les engrais.
La plupart des centrales électriques fonctionnent encore au charbon. Le Viêtnam possède un potentiel hydraulique estimé à 300 milliards de kWh, qui repose sur deux grandes centrales hydroélectriques : Hoa Binh et Tri An, produisant annuellement 10 milliards de kWh.
Secteur tertiaire
En 1993, le total des exportations s'est élevé à 3 milliards de dollars, dont 24,5 % concernaient des produits agricoles. La même année, les importations ont atteint 3,92 milliards de dollars (produits raffinés ou manufacturés : carburants, tracteurs, engrais, équipements de transport). Le Japon, Taiwan, Hong Kong, les Philippines, Singapour, la Malaysie, la France et l'Allemagne sont les principaux partenaires commerciaux du Viêtnam. Depuis 1987, le gouvernement encourage les investissements étrangers afin de stimuler la croissance économique.
L'unité monétaire du Viêtnam est le dong, équivalant à 100 xu. Créée en 1951, la Banque nationale du Viêtnam, située à Hanoi, est la banque d'émission du pays. En 1990, le gouvernement a autorisé la création de quatre banques commerciales privées pour favoriser les investissements étrangers.
Depuis la fin de la guerre du Viêtnam, des efforts importants ont été fournis pour améliorer les infrastructures. Le pays comptait environ 90 000 km de routes en 1994, dont environ 11 % sont pavées ou bitumées. Le réseau ferré, en voie d'amélioration, concentré dans le nord du pays, à l'exception de la ligne Hanoi!-!Hô-Chí-Minh-Ville, couvrait 2 205 km. L'étendue du littoral et des voies d'eau (fleuves et canaux) favorise les transports fluviaux et maritimes peu coûteux. Les grands ports de commerce sont Haiphong, Danang et Hô-Chí-Minh-Ville. Les aéroports internationaux sont situés dans la capitale et à Hô-Chí-Minh-Ville. Air Viêtnam assure le transport intérieur et international aérien.
>>>>>>>>>> Comme le Viêt-Nam est un pays où le confucianisme influe considérablement sur la société, le paysan viêtnamien est relayé toujours au second rang de l'échelle sociale par rapport à un lettré. Même dans la plupart des chansons populaires, on constate une préférence indéniable pour les lettrés. Le rêve d'avoir un mari lettré est toujours une obsession pour une jeune fille viêtnamienne d'autrefois:
On n'a besoin ni des rizières immenses ni des mares entières
On aime seulement le pinceau et l'encre du lettré.
>>>>>>>>>> Cela suppose sa maîtrise parfaite en matière d'art hydraulique: construction des digues, creusement des canaux, colmatage des brèches, élevation des remparts etc .. C'est l'eau qui pétrit son épaisse identité. Il devient plus patient, plus têtu, plus laborieux et plus méthodique. Pour lui, le travail est une vertu suprême, une valeur en soi. Au Nord, le paysan est plus pauvre. Il s'habille de façon plus austère et se comporte avec plus de retenue. Même sur son visage, les pommettes sont plus saillantes, les traits sont plus marqués. Au Sud, le paysan est plus ouvert, moins réservé, plus roublard, plus frimeur et plus extraverti. Malgré cette différence, il y a un point commun entre le paysan du Nord et celui du Sud: le réalisme.
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