La Chine
La Chine, à la même
latitude que la Méditerranée, couvrirait toute l'Afrique du Nord jusqu'à
l'Egypte, l'Espagne, la moitié de la France, de l'Italie et toutes les côtes du
nord de la Méditerranée ; la Mandchourie s'étalerait
sur la Mer Noire et une bonne partie de la Russie jusqu'à l'Oural. Territoire
immense. Population : 22% de l'humanité. Les démographes sinologues estiment
que la population chinoise ne pourra être stabilisée en-dessous
de 1,5 milliard d'habitants au milieu du siècle prochain. Par rapport à de
vastes nations comme les Etats-Unis, la Russie, l'Australie, etc... , la Chine est le seul pays dont la construction
remonte à l'antiquité, les autres sont de construction beaucoup plus récente.
Un régime impérial autoritaire, despotique fut nécessaire, pendant 2000 ans,
pour réunir un aussi vaste territoire. La Chine est divisée en 30 provinces et
régions autonomes. Décrivons les cinq cercles concentriques de la Chine.
Les cinq cercles
Le
premier cercle est la Chine de l'est (un tiers du territoire chinois) où se situe la
plus grande concentration de la population. A telle enseigne que nous ne
pouvons différencier la zone rurale de la zone urbaine. Cette zone est peuplée
par l'ethnie "Han" soit 95% de la population chinoise (ou 1,1 milliard
d'habitants).
Le
deuxième cercle est constitué par la périphérie du territoire chinois et est égale en
superficie au premier cercle, avec 120 millions d'habitants, en majorité non-Han; des Tibérains, des Turcs
blonds et aux yeux bleus, des Mongols, etc.... Dans
son histoire, la Chine a développé une civilisation en autarcie, sans
frontières précises et entra en contact avec l'Occident au XIXème
siècle. Durant des siècles, la Chine a considéré qu'il n'y avait qu'un seul
Etat sur la planète, le sien. En dehors de la Chine, le reste était peuplé de
barbares. L'empereur chinois se considérait comme le maître de l'univers
terrestre. Cela façonna le caractère chinois, qui n'accepte pas ou admet
difficilement les frontières de son pays, aujourd'hui. Il n'y a pas encore,
actuellement, de traités précisant les frontières de la Chine avec tous les
pays voisins.
Le
troisième cercle, à l'extérieur du territoire chinois, la Chine d'outre-mer ou
la diaspora chinoise, s'étend sur la péninsule indochinoise, Singapour (75% de
Chinois), l'Indonésie, la Malaisie (34% de Chinois), les Philippines,
comprenant des fortes minorités chinoises (25 à 30 millions au total). Il faut
ajouter Hong-Kong (6 millions) et Taïwan (21
millions). Ces minorités chinoises de la diaspora, unies culturellement,
rompues aux techniques modernes, dynamiques sur le plan économique, aident la mère-patrie dans son boom économique. En outre, il y a 1
million de Chinois aux Etats-Unis et 2 à 3 millions en Europe et dans d'autres
pays.
Le
quatrième cercle est le monde sinisé, c'est-à-dire des pays (Corée, Viêt-nam, Japon,
etc...) dans lesquels la civilisation chinoise laissa
une forte empreinte (écriture, modèles sociaux, etc....).
Il y a sous-jacent entre les Chinois et ces populations sinisées des compréhensions,
des comportements communs, des habitudes communes que les Occidentaux ne
comprennent que difficilement. Il faut noter l'importance des idéogrammes (les
Vietnamiens les conservèrent jusqu'au 18ème siècle et l'écriture japonaise est
à moitié constituée par les idéogrammes). L'assimilation des idéogrammes est
longue et facilite l'émergence d'une élite du savoir. L'écriture par
idéogrammes évolue peu, alors que les langues alphabétisées évoluent
rapidement. Les idéogrammes permettent de rendre lisibles et compréhensibles
des textes anciens. Un intellectuel chinois est capable de lire en partie un
texte qui date de 3.000 ans, donc d'avoir accès plus facilement à des textes de
la haute-antiquité. Son respect du passé est plus
profond que celui d'un occidental au sien.
Enfin le
cinquième cercle est l'Asie-Pacifique. La Chine s'intègre dans
le monde, sur le plan diplomatique depuis 25 ans et sur le plan économique
depuis 15 ans. Dans l'espace du Pacifique il y eut de nombreuses associations non-gouvernementales, aussi bien du côté de l'Asie que du
côté de l'Amérique. Aujourd'hui, des liens humains et commerciaux se sont
organisés dans des associations comme, par exemple, l'APEC
(Asia Pacific Economic Cooperation). L'APEC
comprend 18 Etats dont les chefs d'état et de gouvernement se réunirent en
novembre 1995, au Japon, à Osaka. Des réunions spécialisées avec des ministres
concernés se déroulent également. Des flux économiques et des flux commerciaux
se forment. L'Europe en est exclue. L'APEC s'est assignée un but pragmatique :
organiser une zone de libre-échange, un marché préférentiel du pourtour du
Pacifique. Mais des intérêts divergents perturbent quelque peu cette
association. Nous avons d'un côté les USA, le Canada et l'Australie, et de
l'autre, la Chine et les pays du Sud-est asiatique. Les seconds veulent une
plus protection forte de leur industrie naissante et une plus grande
pénétration de leurs produits dans les marchés. L'APEC à elle seule fait la
moitié du PNB mondial et, en surface, la moitié de la planète.
Les cataclysmes en Chine
La Chine subit des
cataclysmes de grande envergure. Un tremblement de terre par siècle fait 1
million de morts. La dernière fois en 1976, 800 000 de morts. A cause de la
masse du continent asiatique et la masse de l'Océan Pacifique, la Chine a un climat à vents dominants, 6 mois dans un sens, secs et
froids, et, 6 mois dans l'autre sens, humides et chauds. Ce climat de moussons
cause traditionnellement des sécheresses et des inondations sur des vastes
surfaces.
Une plaine grande comme
quatre fois la France, au Nord de la Chine, avec plusieurs centaines de
millions d'habitants, connaît des inondations, une année sur deux, étendues sur
une surface comme la moitié de la France. Des sécheresses catastrophiques
sévissent une année sur deux. La Chine subit, comme beaucoup de pays
asiatiques, des typhons qui ravagent des régions entières, amenant ruines et
désolations. Ces cataclysmes furent à l'origine du confucianisme, philosophie
qui imprègne la culture chinoise. Cinq siècles avant J-C, le philosophe chinois
Confucius bâtit sa pensée en se posant la question: "Comment maîtriser les
cataclysmes cosmiques et humains ?"
Un retard et ses causes
La Chine fut en avance
sur l'Europe sur le plan des sciences appliquées, des techniques, de la gestion
économique, ceci jusqu'au 15ème siècle. Les innovations chinoises sont
nombreuses : l'imprimerie (8 siècles avant Gutemberg),
le papier monnaie (alors que l'Europe utilisait le troc), la boussole, les
fusées, etc... . Et puis du 15ème au 18ème siècle, la
Chine se pétrifia, pendant que l'Europe décollait et prenait la fête des
nations sur le plan des inventions et des innovations (la Renaissance, puis la
Révolution industrielle). Sur le plan économique, la Chine s'effondra au cours
du 19ème siècle, simultanément l'Europe dominant économiquement durant le 19ème
et le 20ème siècle.
Trois
explications à ce renversement de situation.
- La première. Vingt-quatre
dynasties se succédèrent sur le trône impérial. Toutes ont évolué dans un
cycle en trois phases : 1. un paysan ou un semi-nomade s'empare du trône
impérial et met fin à des désordres politiques et des famines - phase
dynamique. 2. suit une longue période de maturité et d'équilibre entre la
population et les ressources. 3. puis vient la phase de déclin avec un
déséquilibre grandissant de la poussée démographique et des ressources qui
occasionnent disettes, perturbations sociales et politiques, etc... Durant cette troisième phase, nous constatons
un développement et un enrichissement culturel, intellectuel et
artistique, car l'autorité despotique s'affaiblit et perd le contrôle des
événements et des hommes. La liberté suscite le dynamisme culturel. La
dernière dynastie fut mandchoue (d'origine étrangère) accèdant
au pouvoir en 1644. Elle annexa le Tibet à la Chine en 1720. Le déclin de
la dynastie mandchoue coïncida avec l'arrivée des étrangers, dont les
Français, en Chine en 1840 (guerre de l'opium). L'autorité centrale, la
monarchie universelle disparurent en 1911. Les Japonais, au cours des 1ère
et 2ème guerres mondiales occupèrent et brutalisèrent la Chine.
- La deuxième explication est la
forte poussée démographique durant les 300 dernières années qui contribua à créer
une masse importante pauvre et mal éduquée. le développement souffre d'une
masse humaine trop grande. La population passe d'environ 150 millions vers
1650 à 1,3 milliard en l'an 2.000.
- La troisième explication est la
pénétration des 0ccidentaux à l'intérieur de la Chine, au XIXème
siècle. D'abord des marchands-aventuriers qui se
taillèrent de petits empires économiques, parfois brutalement. Ensuite les
missionnaires, notamment les jésuites, qui s'évertuèrent à convertir les
Chinois "par le haut". Or la civilisation chinoise a développé
des sagesses et des rites plutôt que des religions. Ce fut un choc
considérable dans l'esprit chinois. Car soumettre la morale, les pensées
et les comportements en fonction de qui s'est passé hors du territoire
(les prophètes de l'Ancien Testament et le Nouveau Testament avec
Jésus-Christ) est traumatisant pour le Chinois qui, souvent, veut bien
ajouter une croyance "utile" aux siennes, mais sans renoncer à
celles-ci. Le facteur explicatif le plus important est l'explosion
démographique.
De Mao à Deng
En 1949,
Mao s'empara
du pouvoir en y instaurant une dictature puissante. Faute de marine et
d'aviation, il ne put intégrer l'île de Formose (Taïwan).
Pendant les années 50, Mao tenta de modéliser son régime selon la référence
stalinienne. Mais estimant la Chine trop dépendante de l'URSS, il change de
cap. Il lança le "Grand Bond en Avant', vers la fin des années 50. Puis,
après quelques avatars, il impulsa la "Révolution Culturelle" de 1966
à 1976. Période d'idéologies utopiques, d'isolement international.. Echec total. Mao tempèra. Il
rétablit les relations diplomatiques avec l'extérieur. Il disparut en 1976.
De 1978 à 1995, Deng
Xiao Ping est le nouvel homme
fort du régime. Il accentue l'ouverture vers l'extérieur sur le plan économique
et technique. Il instaure une forme d'économie de marché, spécifiquement chinoise.
Le régime chinois actuel est une dictature de type léniniste avec une économie
capitaliste. Les dirigeants chinois ne cachent pas les ambitions pour leur pays
: une économie prospère, une Chine en avance sur la plan technologique et une
puissance militaire très forte et moderne.
La Chine connaît un boom
économique. Cela ne va pas sans déséquilibres. Une petite minorité (50
millions de personnes) s'enrichit côtoyant une immense masse de Chinois (1
milliard et 100 millions), avec un revenu par tête et par an de 2500 Frs, soit
le RMI français divisé par 12, et, environ 100 millions de personnes qui
connaissent les affres de la faim. Les fossés sociaux sont considérables. Les
universités chinoises dispensent toujours des cours de politique marxiste-léniniste,
corrigés Mao et réajustés Deng. Cours inadaptés à la société chinoise. Les
débats publics sont interdits.
Jungle et goulag
L'absence de valeurs
communes caractérise la société chinoise. Le confucianisme mit la hiérarchie
comme principe premier, c'est-à-dire l'empereur. Ce qui tient lieu de règle est
la consigne émise par la hiérarchie. Actuellement, la consigne est :
enrichissez-vous. C'est la jungle. Les fonctionnaires font payer leurs
services, les commerçants évoluent vers le gangstérisme et les triades se
développent. Inquiétude des gouvernants chinois qui ont recours à un remède :
appuyer le nationalisme le plus chauvin et l'hostilité envers l'étranger. Ce
qui rétablit un peu la cohésion sociale. Il importe de savoir qu’aujourd’hui
environ 2 à 6 millions de Chinois souffrent dans le "goulag".
En conclusion, la
civilisation chinoise s'est développée durant 3000 ans, sans racines judéo
chrétiennes. La Chine s'est ouverte à l'extérieur au siècle dernier. La
mentalité chinoise ne peut pas changer significativement en 150 ans. Le pays de
Mao connaît actuellement une dynamique économique et un renforcement de ses
armées, surtout sa marine, son aviation, son aéronavale et sa force nucléaire.
Il y a deux cents ans, Napoléon 1er énonça ; "...quand la Chine s'éveillera, le monde tremblera...".
L’avenir n’est
pas écrit d’avance. Même les meilleurs experts peuvent se tromper. Les
industriels français signent pourtant aujourd’hui des contrats pour fournir
pendant quarante ans de l’eau potable à des villes chinoises : comment le
faire sans avoir une idée à long terme du pays ? Chacun a ainsi des vues
plus ou moins rationnelles sur cet avenir. Encore faut-il l’éclairer.
Le tournant
1997
1997 marque un
double tournant pour la Chine : dans sa vie politique et dans le cours de
son économie. C’est une année faste avec le retour de Hong-Kong sous
souveraineté chinoise, l’arrivée au sommet du pouvoir de Jiang Zemin, tout à la fois secrétaire général du PCC, chef de
l’Etat et Président de la Commission militaire centrale. La période de
rivalités et de surenchères, ouverte à la fin de la vie de Deng Xiaoping , s’achève. Le nouveau n°1 a toutes les cartes en
main. Il est reçu aux Etats-Unis, accueille Clinton en Chine
, il y gagne une reconnaissance internationale. Une certaine détente de
la rigidité politique antérieure se manifeste dans le pays. Sur le plan
économique, la situation est bien différente. La marche forcée vers la
croissance par l’économie de marché déclenchée par Deng dès 1992, au lendemain
de l’effacement de l’URSS, avait provoqué une accélération phénoménale, avec
des taux de 12% à 13% pendant plusieurs années, des années de vaches grasses,
attirant les investisseurs étrangers. L’inflation menace. Quelques-uns
s’enrichissent, mais des centaines de millions de Chinois ont à peine de quoi
manger tous les jours. La crise asiatique se déclenche, à partir de la
Thaïlande en juillet 1997. La Chine doit réagir. Ses 300 000 entreprises d’Etat
(plus de cent millions de salariés) sont lourdement déficitaires, à bout de
souffle, destabilisant les banques contraintes de
faire des prêts irrécupérables. Pour faire face à la tourmente, les dirigeants
chinois amorcent une nouvelle politique économique. Il s’agit de défendre la
monnaie, le yuan, encore presque inconvertible. Il s’agit de donner du travail
à des millions de Chinois. Si les statistiques officielles dénombrent seulement
six milions de chômeurs, Henri Eyraud
a calculé, à partir de diverses sources, elles aussi officielles, que 25% de la
population en âge de travailler soit 220 à 230 millions de personnes restent
sans travail ou avec un travail très précaire.
Nouvelles
priorités
Pour faire face
à cette situation explosive, Jiang Zemin peut
s’appuyer sur le Vice-Premier ministre qui avait
jugulé l’inflation, promu Premier Ministre en mars 1998, Zhu Rongji, homme énergique, autoritaire et compétent. Il a
reçu le feu vert pour lancer des réformes qu’il avait longtemps, en vain,
préconisées (il avait été exclu du Parti pendant vingt ans). Il s’engage à
réaliser en trois ans, quelques réformes fondamentales : celle de l’Etat,
en divisant par deux le nombre de fonctionnaires du gouvernement réduit de huit
à quatre millions ; celle des entreprises d’Etat, en en sauvant un petit
nombre, en semi-privatisant le plus grand nombre,
remis aux collectivités locales et aux personnels ; réforme des banques,
déjà engagée ; réforme des logements : la Chine construit peu et
n’entretient pas. Il s’agit de desengager l’Etat du logement
des trois cent millions de
citadins, en maniant la carotte (des crédits) et le bâton (la menace
d’expulsion). Des réformes ambitieuses. Une gageure. Ce n’est pas en trois ans
qu’elles pourront être réalisées. Il y faudra cinq à dix ans. Dès l’été 1998,
on constate l’enlisement de ces réformes qui n’en manifestent pas moins un
changement dans les priorités.
La Chine change
en fait son modèle de développement. Pour relancer la croissance, elle en
revient à une économie plus centralisée, planifiée. Pour agir dans l’urgence,
l’argent public est investi dans les routes, les ponts, les chemins de fer, les
centrales, les logements. Toutes les autorités, à tous les échelons sont
sollicitées, mais l’Etat redevient l’acteur principal d’un plan central. La libéralisation
est mise sous le boisseau. La perspective d’une entrée de la Chine dans
l’Organisation mondiale du Commerce est reportée, « cela n’intéresse
plus », constate H. Eyraud, alors que le boom
économique précédent était tiré par les exportations et les importations. Autre
priorité : sauver le yuan et accessoirement le dollar de Hong-Kong attaqué
à plusieurs reprises et défendus par une réelle volonté.
Manifestations,
émeutes éclatent ici et là. Le gouvernement réagit en demandant aux banques de
faire des avances, avec un mélange de fermeté et de compromis pour éviter les
drames. Mais face aux risques sociaux le n°1 a demandé au Premier ministre de
se calmer. Cette temporisation a été entérinée à la mi-octobre 1998, au Plenum
du Comité central du P.C.C. L’intégration de l’économie chinoise dans
l’économie mondiale stagne ou régresse. Dans les cinq ans à venir, et peut être
avant, la Chine peut connaître une crise politique, économique, sociale,
majeure. L’intérêt du monde entier est d’aider les dirigeants chinois à
l’éviter.
Les lignes
de continuité
Le raisonnement
est différent lorsqu’il s’agit du long terme. Nous observons que tous les pays
évoluent selon des lignes de continuité, avec des ruptures de nature
imprévisible. Il énumère quelques-unes des continuités chinoises : la peur
du chaos dans le souvenir de quarante ans de guerre et de cent ans de déclin
sous domination étrangère ; l’aspiration à l’autonomie du petit groupe
familial ou amical, l’aspiration à la prospérité ; la reconnaissance de la
hiérarchie dans la société, issu du confucianisme, « il n’y a pas
d’égalité entre les individus » et pas de mot pour écrire
« frère », en chinois d’où la difficulté de faire comprendre aux
Chinois la démocratie à l’occidentale ; la tradition bureaucratique, qui
est millénaire..... Quant aux ruptures, ce seront des surprises. Il y en a eu
beaucoup ces dernières années : le grand bond en avant de 1958, la
révolution culturelle de 1966, le choix de l’économie de marché en 1992.
Nous pouvons
proposer pas moins quatre scénarios pour le long terme : le scénario de la
continuité ; celui de l’assainissement ; le scénario de l’enlisement
et celui de l’éclatement sous une forme soit douce soit brutale. Ayant établi
des scénarios semblables en 1994, il a pu observer dans l’actualité des
éléments de chacun de ces scénarios... Pour scruter l’avenir, on sort ainsi de
la seule intuition ou de la trop simple et aléatoire prolongation des courbes
du passé.