| Alix de Hesse: Chapitre 10: La Sib�rie |
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| Rentrer Alix de Hesse | |||||||||||||||||||||||||||||
| Traduction francaise par Madelayne Robitaille | |||||||||||||||||||||||||||||
| Version Anglais English Version |
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| par Jes�s Ibarra | |||||||||||||||||||||||||||||
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| La famille imp�riale: (de gauche � droite) Olga, Marie, Nicholas II, Alexandra, Anastasia, Alexei et Tatiana. | |||||||||||||||||||||||||||||
| M�me si le train fourni par Kerenski pour le voyage de la famille imp�riale n'�tait pas de la m�me qualit� que celui auquel ils �taient habitu�s, c'�tait quand m�me un v�hicule confortable et luxueux. Le tsar et sa famille �taient accompagn�s par une nombreuse suite, par des dames et des messieurs de compagnie, des servantes et des serviteurs, des cuisiniers, une infirmi�re, le docteur Botkin et ses enfants: Gleb et Tatiana, le docteur Dverevenko, le tuteur Pierre Gilliard, mademoiselle Schneider et deux �pagneuls, Joy et Jimmy. Le g�n�ral Kobylinski, en charge de la garde � Tsarkoe Selo �tait aussi du voyage avec ses soldats. Alexandra et ses filles amenaient aussi avec elles des coffrets pleins de bijoux. Le 17 ao�t, le train arriva � Tiumen, situ� sur la rive du fleuve Tura. � partir de l�, le voyage devait se continuer par bateau. La famille et sa suite s'embarqu�rent sur le Russ, un bateau � vapeur qui allait les amener � Tobolsk � 320 kilom�tres au nord-est, � l'embouchure des fleuves Tobol et Tura. Apr�s deux jours de navigation, ils arriv�rent � destination. La famille allait �tre log�e dans la maison du gouverneur, celle-ci �tait en tr�s mauvaise condition et ne contenait pas de meubles. Le colonel Kobylinski se chargea de rendre la maison habitable, en attendant, la famille demeura � bord du Russ.Une fois les pr�parations termin�es, la famille s'installa dans la maison. Au d�but, Kobylinsky ne posta aucun garde � l'int�rieur, la famille put donc jouir, pour un temps, d'une certaine libert�. Les gens de Tobolsk �taient toujours d�vou�s au tsar et, quand ils passaient devant la maison du gouverneur, ils enlevaient leur couvre-chef. Quand Alexandra �tait assise � la fen�tre, les passants lui faisaient la r�v�rence. Les marchands de la ville envoyaient � la famille de la nourriture et des cadeaux, les religieuses du couvent local leur apportaient du sucre et des g�teaux et les fermiers les approvisionnaient en beurre et en oeufs. Kobylinski demeura le seul repr�sentant des autorit�s jusqu'en septembre quand deux commissaires civils, Vasili Pankratov et Alexander Nokolski, arriv�rent � Tobolsk. Pankratov �tait aimable et poli avec la famille au contraire de Nikolski, arrogant et sans mani�res. C'est quand m�me � Tobolsk que la famille passa les heures les moins sombres de sa captivit�. Alors que Nicholas et sa famille �taient emprisonn�s � Tobolsk, les bolch�viques devenaient de plus en plus forts � Petrograd. En septembre, ils remport�rent la majorit� dans le Soviet et le 23 octobre, L�nine revint de Finlande. Finalement, le 6 novembre, les bolch�viques organis�rent un coup d'�tat contre le gouvernement provisoire, ils prirent les stations ferroviaires, les ponts, les banques, les bureaux de poste et autres �difices publics. Ils s'empar�rent �galement du Palais d'Hiver, r�sidence du gouvernement provisoire. Kerenski quitta le palais le matin du 7 novembre, en voiture d�capotable, sans �tre inqui�t�. Il se dirigea vers le sud dans l'espoir d'obtenir l'aide de l'arm�e. Il n'allait trouver aucun appui et plus jamais il ne reviendrait � Petrograd. Ces �v�nements se d�roul�rent calmement et sans effusion de sang. Il avait �tait r�ellement facile pour L�nine de d�poser Kerenski et le gouvernement provisoire. Kerenski se cacha pendant plusieurs mois, le 1er mai 1918, il retourna � Moscou o� il se procura une fausse identit� puis, il quitta la Russie en passant pas Murmansk et nerevint jamais plus. Quand Nicholas, de sa prison, apprit la chute de Kerenski et son remplacement, � la t�te du gouvernement, par L�nine et Trotsky, il regretta son abdication; il consid�rait que les deux leaders bolch�viques �taient des espions allemands. M�me si le gouvernement russe avait chang�, la vie demeura la m�me � Tobolsk pour la famille imp�riale mais, les choses allaient �voluer petit � petit. Alexei et ses soeurs prenaient des le�ons tous les jours avec messieurs Gilliard et Gibbs. Les quatre grandes-duchesses, qui �taient maintenant des jeunes femmes (Olga et Tatiana entamaient la vingtaine et Marie et Anastasia sortaient de l'adolescence) s'ennuyaient parfois et, pour parer � cette vie fastidieuse, elles commen��rent � pr�senter des pi�ces de th��tre. Nicholas, Alexandra et Alexei participaient �galement; m�me Pierre Gilliard et le docteur Botkin �taient inclus dans ce divertissement. Au fur et � mesure que le mouvement bolch�vique avan�ait vers Tobolsk, les soldats qui gardaient la famille imp�riale se montraient de plus en plus hostiles. Ils ne se soumettaient pas ais�ment � l'autorit� de Kobylinski et, ils d�fendirent m�me � Nicholas de porter ses galons. Le gouvernement de Kerenski avait assign� une certaine somme d'argent aux d�penses de la famille imp�riale, quand cet argent �tait �puis�, Kobylinski en re�evait d'autre. Quand le gouvernement provisoire fut remplac� par les bolch�viques, Kobylinski ne re�ut plus aucune aide financi�re. Plusieurs membres de la suite imp�riale durent �tre renvoy�s pour r�duire les d�penses. Il fallut rationner la nourriture, le caf� et le beurre devinrent des denr�es de luxe. L�nine n'avait pas encore le plein contr�le de tout le territoire russe. Pour consolider son gouvernement, il devait faire la paix � tout prix et, les allemands impos�rent des conditions terribles: la perte de presque tout le territoire conquis pas la Russie depuis Pierre le Grand (la Pologne, la Finlande, les �tats de la Baltique, l'Ukraine, la Crim�e et presque tout le Caucase). Comme les allemands avan�aient sur Petrograd, les bolch�viques durent d�m�nager � Moscou. Pour sauver la r�volution et son gouvernement, L�nine accepta de signer cet humiliant trait� de paix le 3 mars 1918 dans la ville de Bret Litvosk. Quand Nicholas apprit les conditions du trait�, il dit que celui-ci repr�sentait une disgr�ce et un suicide pour la Russie. 'Je n'urais jamais cr� que l'empereur Wilhelm et son gouvernement puissent serrer la main � ces mis�rables tra�tres (les bolch�viques). En fait, l'empereur �tait honteux d'avoir d� se pr�ter � cet �change de politesses. Son intention �tait de demander que le tsar et sa famille lui soient confi�s, sains et saufs. Les bolch�viques, craignant que l'empereur ne concr�tise cette intention, renfor��rent leur surveillance de la famille imp�riale. Malgr� les inconv�nients que le printemps de 1918 lui causa, Alexandra esp�rait qu'un miracle allait se produire et que la Russie serait sauv�e. Elle se sentait m�me heureuse car les soldats lui permirent d'assister � la messe. Alexei �tait aussi d'humeur joyeuse et enjou�e. Parfois, il inventait des jeux dangereux comme ce jour o� il s'amusa � d�valer les escaliers dans un tra�neau � patins; il tomba et son aine commen�a imm�diatement � saigner. Cette crise �tait similaire � celle qu'il avait subie � Spala. La douleur �tait intol�rable et l'enfant criait: 'Mama, je veux mourir!'. Alexandra se sentit alors plus impuissante que jamais. Le 12 avril, Alexandra �crivit � Anna Vyrubova: 'Hier, pour la premi�re fois, il (Alexei) a souri et caus� avec nous, il a m�me jou� aux cartes et a dormi deux heures durant la journ�e. Il est affreusement maigre, ses yeux paraissent �normes comme � Spala... De nombreuses troupes viennent de partout. Un nouveau commissaire vient d'arriver de Moscou, un homme appel� Yakolev et aujourd'hui, nous allons faire sa connaissance'. Le jour suivant, Nicholas �crivit dans son journal: '� 10:30 ce matin Kobylinski est apparu avec Yakovlev et sa suite. Je l'ai re�u dans le hall avec les filles.' Le m�me jour, Pierre Gilliard relata: ' Yakovlev est arriv� vers 11:00 heures. Apr�s avoir inspect� toute la maison, il alla voir le tsar qui l'accompagna dans la chambre d'Alexei toujours alit�. Il ne put voir la tsarine car elle n'�tait pas pr�te � le rencontrer; il revint donc un peu plus tard accompagn� par le m�decin du r�giment. Il voulait s'assurer que le gar�on �tait vraiment malade. Comme il allait partir, il demanda au commandant si nous avions beaucoup de bagages. Est-ce que cel� signifie que nous allons d�m�nager?'. Le lendemain, Gilliard �crivit: 'Nous sommes dans un �tat de r�elle angoisse. Nous nous sentons oubli�s de tous, abandonn�s � nos propres ressources et, � la merci de cet homme. Est-ce possible que personne ne l�ve le petit doigt pour sauver la famille imp�riale. O� donc se trouvent ceux qui sont demeur�s fid�les au tsar? Qu'est ce qui les retient?' En mars, le Soviet de l'Oural avait demand� � Moscou la permission de transf�rer le tsar � Ekaterinbourg. De tous les Soviets de Russie, celui-l� �tait le plus ardemment bolch�vique. Une fois � Ekaterinbourg, les membres de la famille imp�riale ne seraient plus que des pions sur l'�chiquier de la politique internationale. Le 13 avril, un d�tachement en provenance d'Ekaterinbourg se pr�senta � Tobolsk mais, comme Moscou n'avait pas encore donn� sa r�ponse au Soviet de l'Oural pour le transfert du tsar et de sa famille, Kobylinski refusa au d�tachement la permission d'amener le tsar. C'est � ce moment que Moscou d�p�cha Yakovlev. D'abord, personne ne sut quelle �tait exactement la nature de la mission de Yakovlev mais, le 24 avril, celui-ci montra � Kobylinski un document sign� de la main de Jakob Sverdlov, l'ami de L�nine et pr�sident du Comit� ex�cutif central du Congr�s des Soviets de toutes les Russies. Yakovlev avait �t� choisi pour amener toute la famille loin de Tobolsk. Ce m�me jour, � 2:00 heures de l'apr�s-midi, Yakovlev rendit visite � Nicholas et lui expliqua quelle �tait sa mission mais, comme Alexei �tait encore malade, Nicholas allait devoir partir seul. Le tsar refusa. Yakovlev lui dit: 'Je suis forc� d'ex�cuter cet ordre. Si vous refusez, je devrai employer la force ou d�missionner et le Comit� enverra probablement un homme moins scrupuleux que moi pour me remplacer. Restez calme; je r�pond de votre s�curit� sur ma vie. Si vous ne voulez pas partir seul, vous pouvez amener avec vous tous ceux que vous d�sirez. Soyez pr�t car nous partirons demain matin � 4:00 heures.' Nicholas demanda � Kobylinsli o� il allait �tre relocalis�. Le colonel lui r�pondit que ce serait probablement � Moscou. Nicholas pensa imm�diatement que si on l'envoyait � Moscou, c'�tait pour le forcer � signer le trait� de Brest Litvosk, ce qu'il refuserait. Alexandra d�cida de partir avec lui, le couple serait accompagn� de leur fille Marie. Ils commen��rent � faire leurs bagages, n'apportant avec eux que le strict n�cessaire. Yakovlev leur affirma qu'il reviendrait prendre Olga, Tatiana, Anastasia et Alexei dans environ trois semaines. Personne ne put dormir cette nuit-l�. Le 26 avril, dans le train qui l'amenait loin de Tobolsk, Nicholas �crivit: '� 4:00 heures ce matin, nous avons dit au revoir � nos chers enfants et sommes mont�s dans des cal�ches. J'�tais avec Yakovlev, Alix �tait avec Marie et Valia (Dolgorouki) partageait la sienne avec Botkin. Les personnes suivantes sont �galement parties avec nous: Nyuta (Anna) Demidova, Chemodurov et Sednev, la temp�rature �tait glaciale et le vent d�plaisant.' Les ordres de Yakovlev �taient d'amener le sprisonniers � Moscou. Il apprit que s'il passait par Ekaterinbourg, le train allait �tre arr�t� et le Soviet de l'Oural prendrait en charge le tsar et sa famille. Mais, le Soviet de l'Oural r�alisa que Yakovlev empruntait une autre route, on s'empressa de l'accuser de trahir la r�volution. Le train devait traverser Omsk et le Soviet de l'Oural pria le Soviet d'Omsk de retenir le train quand celui-ci traverserait la ville. Le Soviet d'Omsk ob�it et envoya des troupes pour encercler le train avant m�me qu'il ne pen�tre dans la ville. On informa Yakovlev de son statut de tra�tre et il se rendit � Omsk pour en d�battre avec le Soviet, il ne parvint pas � les convaincre de sa loyaut�. Il communiqua avec Moscou et parla � Sverdlov qui lui ordonna d'amener les prisonniers � Ekaterinbourg. Selon l'auteur Edvard Radzinski, Yakovlev agit selon les ordres de Sverdlov et ces ordres �taient de transf�rer le tsar � Moscou en passant par la route d'Omsk. Sverdlov s'entendit ensuite avec le Soviet de l'Oural et modifia ses ordres en demandant � Yakovlev de retourner prendre le tsar pour l'amener � Ekaterinbourg. Yakovlev prit soin d'aviser Sverdlov que si un Romanov tombait dans les mains du Soviet de l'Oural, Moscou ne pourrait jamais le r�cup�rer. Mais, les ordres �taient d�finitifs cette fois. L'auteur Robert K. Massie pr�tend que Yakovlev tentait d'aider le tsar � s'�chapper; il savait qu'� partir de Omsk il existait une route permettant de rejoindre le Pacifique sans encombres. Cette hypoth�se est peut-�tre bien juste car peu de temps apr�s, Yakovlev abandonna les rangs des bolch�viques pour se joindre � l'Arm�e Blanche. Le but r�el recherch� par Sverdlov �tait d'�loigner Nicholas le plus possible des allemands et cel� ne pouvait �tre possible qu'� Ekaterinbourg gr�ce � la vigilance rigoureuse du Soviet de l'Oural. Les prisonniers imp�riaux arriv�rent � Ekaterinbourg le 30 avril � 8:40 du matin. Ils furent log�s dans une maison r�quisitionn�e � un riche marchand: la maison Ipatiev. Nicholas d�crivit la maison ainsi: 'et c'est comme cel� que nous nous sommes install�s, Alix, Marie et moi dans la chambre, partageant aussi le garde-robe. Demidova dans la salle � manger, Botkin, Cherodurov et Sednev dans le hall. La chambre des officiers est situ�e pr�s de l'entr�e. Pour aller � la salle de bain ou aux toilettes, il faut passer devant une sentinelle de garde devant la porte de l'officier de service. Il y a une palissade de bois tr�s haute �rig�e autour de la maison et situ�e pr�s des fen�tres, les sentinelles sont dispers�es tout le long de la palissade ainsi que dans le petit jardin.' Pendant ce temps, � Tobolsk, les autres enfants �taient impatients de recevoir des nouvelles de leurs parents et de leur soeur. Demidova leur �crit une lettre, dict�e par Alexandra, leur donnant des instructions sur les 'm�dicaments', mot qui dans le code secret employ� par le famille signifiait 'bijoux'. Les trois grandes-duchesses pass�rent les jours suivants � coudre ces bijoux dans leurs sous-v�tements. Kobylinski fut remplac� par une jeune brute appel�e Rodionov, celui-ci re�ut l'ordre de transf�rer les enfants � Ekaterinbourg aussit�t qu'Alexei serait en �tat de voyager. Rodionov interdit aux grandes-duchesses de v�rouiller leur porte de chambre pendant la nuit et il ordonna que la porte d'Alexei soit toujours ferm�e � cl� la nuit. Nagorny protesta, le docteur devait en tout temps avoir la possibilit� d'approcher l'enfant surtout, si une urgence se d�clarait mais, ses protestations ne furent pas entendues. Le 19 mars, Alexei se sentit assez bien pour voyager. Nagorny l'amena dans ses bras jusqu'au Russ, le m�me bateau � vapeur � bord duquel la famille avait navigu� pour se rendre � Tobolsk. Alexis et ses soeurs, accompagn�s par leur suite, prirent la direction de Tiumen. De Tiumen, il prirent le train jusqu'� Ekaterinbourg o� ils arriv�rent � minuit. D�s qu'ils d�barqu�rent du train, les enfants furent s�par�s de presque tous les gens de leur suite. Le g�n�ral Tatischev, la comtesse Hendrikov et Mademoiselle Schneider furent envoy�s rejoindre le prince Dolgorouki en prison o� il croupissait depuis son arriv�e � Ekaterinbourg avec le tsar. Le docteur Derevenko, la baronne Buxhoeveden, Sidney Gibbs et Pierre Gilliard furent �tonnament rel�ch�s. Le cuisinier Kharitonov, le valet de pied Trupp et le gar�on de cuisine Leonid Sednev furent envoy�s rejoindre la famille dans la maison Ipatiev. La famille imp�riale fut ravie d'�tre enfin r�unie. Mais, les choses � Ekaterinbourg �taient diff�rentes de ce qu'elles avaient �t� � Tobolsk. Ici, ils �taient vraiment emprisonn�s, gard�s par des soldats bolch�viques insolents et rudes. Le tsar, sa famille et quelques membres de la suite imp�riale �taient confin�s dans les 5 pi�ces de l'�tage. Nicholas et Alexandra occupaient la chambre du coin, les grandes-duchesses se partageaient une autre chambre, Alexei et Nagorky r�sidaient dans une autre (plus tard, l'enfant d�m�nagerait avec ses parents). Anna Demidova dormait dans la salle � manger, Botkin dans le hall et Trupp, Kharitonov et Sednev dans un long couloir. La vie � Ipatiev n'�tait qu'une monotone routine. Chaque matin, les prisonniers se levaient � 8:00 heures et priaient; ils prenaient ensuite un petit d�jeuner compos� de pain noir et de th�. Ils d�jeunaient � 2:00 heures, un repas comprenant g�n�ralement de la soupe et des c�telettes. Ils avaient la permission de sortir marcher dans le jardin deux fois par jour, 30 minutes le matin et 30 minutes l'apr�s-midi. Ils prenaient le th� vers 5:00 heures et d�naient � 8:00 heures. Nicholas avait l'habitude de lire � haute voix pour sa famille. Quand l'�lectricit� �tait coup�e le soir, ils lisaient ou jouaient aux cartes �clair�s par des bougies. Alexei �tait malade depuis son arriv�e; lui et sa m�re prenaient presque tous leurs repas dans leur chambre. Le docteur Derevenko �tait autoris� � examiner le gar�on r�guli�rement mais seulement en pr�sence d'Alexander Dimitrievitch Avdeev, le commandant de la garde � Ipatiev. Alexandra se sentait presque toujours mal; elle souffrait de maux de t�te tenaces et d'�tourdissements. Elle s'occupait en lisant la Bible et son livre de pri�res. Sa soeur, la grande-duchesse Elizabeth lui envoyait parfois du caf� et du chocolat. Le 26 mai, un des gardes tenta de voler une cha�ne en or � Alexei. Nagorny �tait r�solu � emp�cher le larcin mais il fut imm�diatement arr�t�. Le marin fut emprisonn� et fusill� quelques jours plus tard. Nagorny n'�tant plus l�, c'est � Nicholas qu'�chut la t�che d'amener Alexis au jardin en le portant dans ses bras. Le docteur Botkin, Trupp, Kharitonov et m�me Marie partag�rent cette besogne. Le 4 juillet, Avdeev fut cong�di� par le Soviet de l'Oural et un nouveau commandant pris le contr�le d'Ipatiev: Yakov Mijhailovitch Yurovski. D�s son arriv�e, il fit une liste et collecta tous les bijoux et les ornements en or port�s par la famille. La venue de Yurovski affecta grandement le moral de la famille. Avant qu'il ne soit l�, m�me si Alexandra �tait constamment malade, Nicholas, les jeunes filles et Alexei se montraient en g�n�ral d'humeur joyeuse. Mais, la pr�sence de Yurovski les rendit tous angoiss�s et d�prim�s. Le 11 juillet, Nicholas entra dans son journal: '� 10:30 du matin, trois ouvriers s'approch�rent de la fen�tre ouverte, lev�rent une lourde grille et la fix�rent au cadre de la fen�tre et cel� sans aucune sommation de la part de Yurovski. Nous aimons cet homme de moins en moins.' Le 13 juillet, il �crivit: 'Alexei a pris son premier bain depuis son d�part de Tobolsk, son genou va mieux mais il ne peut encore le redresser compl�tement. La temp�rature est chaude et plaisante. Nous n'avons absolument aucune nouvelle de l'ext�rieur.' | |||||||||||||||||||||||||||||
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| Entre-temps, le contr�le exerc� par les bolch�viques commen�ait � d�cro�tre dans certaines parties du territoire russe. En Ukraine, les g�n�raux Kornilov, Alexeiev et Denken avaient organis� l'Arm�e Blanche des Volontaires qui �tait anti-bolch�vique. En Sib�rie, la l�gion tch�que, aussi anti-bolch�vique et compos�e de 45, 000 hommes, avan�ait vers l'ouest. Ils avaient pris Omsk et marchaient rapidement sur Ekaterinbourg. Le Soviet de l'Oural, qui avait toujours souhait� juger le tsar et le condamner � mort, d�l�gua un de ses membres, Filipp Goloshchekin, � Moscou pour y n�gocier le sort de la famille imp�riale. Goloshchekin revint le 12 juillet et fut inform� que Moscou avait abandonn� le destin de la famille au Soviet. En apprenant que les tch�ques et l'Arm�e Blanche encerclaient la ville, le Soviet ordonna � Yurovsky de tuer le tsar et sa famille. Lors de son inspection de routine, Yurovski apporta exceptionnellement du lait et des oeufs pour Alexei. Quand il se retira, il amena le gar�on de cuisine, Leonid Sednev, avec lui. Nicholas, Olga, Marie et Anastasia sortirent pour prendre l'air pendant une demi-heure. Tatiana demeura avec sa m�re et elles lirent le livre des proph�tes Amos et Obadiah. � 4:00 heures, Nicholas et ses filles sortirent de nouveau. � 8:00 heures, toute la famille se rassembla pour le d�ner, les enfants se mirent ensuite au lit. Nicholas et Alexandra jou�rent aux cartes jusqu'� 10:30 heures alors qu'Alexandra �crivit pour la derni�re fois dans on journal: '15 degr�s'. Elle alla ensuite se coucher. | |||||||||||||||||||||||||||||
| Yurovski | |||||||||||||||||||||||||||||
| � � minuit, Yurovski r�veilla la famille et leur ordonna de se v�tir rapidement.Il leur expliqua que le Soviet avait d�cid� de les transf�rer en raison de la proximit� de l'Arm�e Blanche et des tch�ques. La famille ob�it. Nicholas fut le premier � descendre, il portait Alexei dans ses bras. Le reste de la famille, le docteur et les serviteurs le suivirent. Anastasia tenait son �pagneul Jimmy dans ses bras. Yurovsky les amena dans la cave et leur ordonna d'attendre l� en attendant que les voitures arrivent. Nicholas demanda qu'on veuille bien leur apporter des chaises, on leur en donna trois. Alexandra s'assied sur une, Nicholas sur une autre et, on �tendit Alexei sur la trosi�me. Les grandes-duchesses se tenaient derri�re leur m�re avec � leurs c�t�s Botkin, Demidova, Kharitonov et Trupp. Demidova transportait un oreiller dans lequel se trouvait un coffret qui contenait les bijoux imp�riaux. Soudain, Yurovski fit irruption dans la pi�ce accompagn� par un escadron de la Cheka, tous portaient des revolvers, Yurovski d�clara brusquement: 'Vos parents ont tent� de vous sauver. Ils ont �chou� et nous devons vous abattre'. Nicholas tenta de se lever pour prot�ger Alexandra et Alexei mais Yurovski lui tira une balle dans la t�te; il fut tu� sur le coup. Les autres hommes commen��rent � tirer. Alexandra fit le signe de la croix et s'�croula, abattue par une seule balle. Olga, Tatiana, Marie, Botkin, Kharitonov et Trupp tomb�rent sous les balles � leur tour. Demidova surv�cut � la premi�re rafale; elle courait dans la pi�ce comme un animal traqu�, les soldats la poursuivirent et la poignard�rent avec leurs bayonettes. Alexei, �tendu sur le sol dans les bras de son p�re s'agita alors l�g�rement. Un des assassins le frappa sauvagement � la t�te avec sa botte. Yurovski abattit ensuite l'enfant d'une balle dans l'oreille. Anastasia reprit conscience et cria, tous les hommes se pr�cipit�rent vers elle et la massacr�rent � coups de bottes et de bayonettes. Et tout fut termin�. Yurovski et ses hommes charg�rent les cadavres dans un camion et les amen�rent dans la for�t. Ils se rendirent � un endroit appel� 'Les Quatre Fr�res' et Yurovski ordonna qu'on �tende les corps par terre et qu'on les d�nude. Les hommes d�couvrirent, cousus dans les corsets des jeunes filles, des rangs de diamants. Les corps nus aux visages terriblement d�figur�s furent jet�s dans un puits de mine. Apparemment, deux des corps furent br�l�s, on croit qu'il s'agit de ceux d'Alexei et d'Anastasia. Le gouvernement bolch�vique garda le silence sur le sort de la famille imp�riale. Quand l'Arm�e Blanche et les tch�ques prirent Ekaterinbourg, les bolch�viques s'enfuirent en abandonnant partout des preuves de leurs crimes. Les officiers de l'Arm�e Blanche d�couvrirent Joy, l'�pagneul d'Alexei errant � la recherche de son ma�tre. La cave, m�me si elle avait �t� nettoy�e, montrait des traces de balles partout sur ses murs. Un an plus tard, les bolch�viquees admirent la mort de la famille imp�riale mais ni�rent toute responsabilit� dans ce crime. Plusieurs th�ories et enqu�tes de toutes sortes ont pris naissance autour du meurtre du tsar et de sa famille. En juillet 1991, neuf squelettes furent exhum�s d'une fosse commune situ�e pr�s d'Ekaterinbourg. Apr�s plusiers tests d'ADN, les corps furent identifi�s comme �tant ceux de Nicholas, Alexandra, Botkin, Kharitonov, Trupp, Demidova et trois des grandes-duchesses. Deux corps sont toujours manquants (pr�sum�ment br�l�s). Un d'entre eux est sans doute celui d'Alexei, l'autre appartiendrait soit � Anastasia, soit � Marie. Pendant les ann�es qui suivirent cette trag�die, de nombreux imposteurs ont pr�tendu �tre un membre ou un autre de la famille imp�riale, g�n�ralement Anastasia ou Alexei. Le cas le plus c�l�bre est celui d'une femme appel�e Anna Anderson qui, en 1920 apparut � Berlin et soutint qu'elle �tait en r�alite la grande-duchesse Anastasia, toute sa vie elle combattit pour �tre reconnue comme la fille du tsar. Les tantes d'Anastasia, la princesse Irene de Prusse et la grande-duchesse Olga ne reconnurent jamais Anna comme �tant leur ni�ce. Finalement, quelques ann�es apr�s la mort d'Anna, les tests effectu�s sur les squelettes exhum�s � Ekaterinbourg r�v�l�rent hors de tout doute qu'Anna Anderson n'�tait pas la grande-duchesse Anastasia. Le 17 juilley 1998, les ossements de la famille imp�riale furent enterr�s dans la cath�drale St-Pierre et St-Paul � St-Petersburg. Quatre-vingt ans apr�s avoir �t� assassin�s, ils sont maintenant consid�r�s comme des martyrs par l'�glise russe orthodoxe. | |||||||||||||||||||||||||||||
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| Tsar Nicholas II | |||||||||||||||||||||||||||||
| Chapitre 9 | |||||||||||||||||||||||||||||