| Alix de Hesse: Chapitre 9: La R�volution |
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| Rentrer Alix de Hesse | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| Traduction francaise par Madelayne Robitaille | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| Version Anglais English Version |
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| par Jes�s Ibarra | |||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Alexander Kerensiki | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| Vladimir Ilitch Ulianov, dit Lenin | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| Grand Duc Mijhail, frere de Nicholas et empereur par un jour | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| La mort de Rasputin fut un grand choc pour Alexandra. Elle gisait, �croul�e sur son divan, pleurant pendant des heures. Rasputin lui avait dit plusieurs fois: 'Si je meurs ou si vous me d�sertez, vous perdrez votre fils et votre tr�ne dans les six mois qui suivront'. Malgr� tout, elle ne s'effondra pas. Elle avait grande foi en Dieu et elle �tait persuad�e qu'il lui accorderait la force de continuer, de plus, elle �tait d�cid�e � pr�server l'autocratie du tsar � tout prix. Toute la famille croyait qu'elle allait se retirer de la politique mais, Alexandra n'abandonna pas. Dans un effort d�sesp�r� pour sauver la situation, le grand-duc Alexander Mijhailovitch, le cousin de Nicholas et son beau-fr�re (il avait �pous� la soeur du tsar Xenia) visita Alexandra et Nicholas et dit � l'imp�ratrice: 'Personne mieux que moi ne conna�t votre amour et votre d�votion pour Nicky mais, je dois vous avouer que vos interf�rences dans les affaires d'�tat causent des dommages autant au prestige de Nicky qu'� la conception populaire que nous avons de la monarchie. S'il vous pla�t, Alix, laissez les affaires d'�tat � votre mari. L'octroi d'un gouvernement acceptable pour la Douma en ces instants p�rilleux, enl�verait le surplus de responsabilit� des �paules de Nicholas et lui rendrait la t�che plus facile'. Alexandra s'�cria: 'C'est ridicule, Nicky est un autocrate. Comment pourrait-il partager ses droits divins avec un parlement?' Sandro (comme on surnommait le grand-duc) lui r�pondit que Nicholas avait cess� d'�tre autocrate le 17 d�cembre 1905. Mais Alexandra n'abandonna pas sa position et refusa de continuer la dispute. Sandro quitta le palais pour ne plus jamais y revenir. Le 27 f�vrier 1917, Alexander Kerenski d�fia le gouvernement et le tsar: 'Pour �viter la catastrophe' affirma-t-il 'le tsar doit �tre d�pos�, et par des m�thodes terroristes s'il n'en existe pas d'autres'. Protopopov tenta de l'accuser de haute trahison et de le faire emprisonner mais Mijhail Rodzianko, le pr�sident de la Douma assura Kerenski en priv� que la Douma ne l'abandonnerait jamais au gouvernement. Le probl�me majeur qui s�vissait dans la cit� �tait l'insuffisance de nourriture et de combustible. Pendant les premiers jours de mai, les gens pill�rent les boulangeries. Le vendredi 9 mai, des milliers de personnes se rassembl�rent dans les rues pour demander de la nourriture et d'autres boulangeries furent saccag�es. Le samedi, les ouvriers d�clar�rent la gr�ve et la foule, porteuse de drapeaux, se mit � crier: 'A bas la femme allemande! A bas Protopopov! A bas la guerre!' Les ministres offrirent leur r�signation et suppli�rent le tsar, qui se trouvait � l'�tat major, de nommer un minist�re qui soit acceptable pour la Douma. Nicholas refusa et ordonna de mater la r�bellion par la force, si n�cessaire. Mais, il n'y avait pas suffisamment de soldats pour dominer la situation. Tous les hommes de la Garde Imp�riale �taient morts en combattant les allemands et les autrichiens et, les quelques survivants se trouvaient toujours sur le front. Le r�giment de St-Petersburg (maintenant appel� par le nom � consonnance plus russe de Petrograd � cause du sentiment anti-germanique qui pr�valait alors) �tait form� seulement de jeunes recrues. Le dimanche 11 mai, le g�n�ral Jabalov se pr�para � ob�ir aux ordres du tsar avec le peu d'hommes dont il disposait. Il avait command� que des affiches soient plac�es dans les rues pour aviser la population que toute assembl�e serait dispers�e par la force et, que tous les travailleurs devaient retourner au travail le lendemain ou alors, ils seraient envoy�s au front. Personne ne tint compte des affiches de Jabalov. La foule envahit de nouveau les rues et, les soldats commen��rent � quitter leurs quartiers. � 4:30 hres, une fusillade se produisit au Parti Nevsky, plus tard, d'autres fusillades furent entendues dans d'autres parties de la ville. Environ 200 personnes furent tu�es ce jour-l� � Petrograd. Certains r�giments avaient refus� d'ouvrir le feu sur la foule. Des soldats de la garde de Pavlovsk se tourn�rent contre leur commandant quand celui-ci insista pour qu'ils ob�issent aux ordres. Le matin suivant, le lundi 12 mai, plusieurs autres r�giments s'�taient joints � la foule plut�t que de lui tirer dessus. Rodzianko t�l�graphia � Nicholas pour l'informer que l'anarchie r�gnait dans la capitale et que le gouvernement �tait paralys�. Nicholas lui ordonna de dissoudre la Douma. Le cabinet imp�rial convoqua une assembl�e et demanda la d�mission de Protopopov. Le fr�re du tsar, le grand-duc Mijhail t�l�phona � l'�tat major pour parler avec son fr�re et l'exorter � mandater un autre gouvernement. Nicholas lui r�pondit qu'il partait pour Tsarkoe Selo. Apprenant que le tsar arrivait, le cabinet abandonna et l'assembl�e fut dissoute. Le soir m�me, tous les ministres furent arr�t�s et plac�s sous la protection de la Douma. De son c�t�, la Douma avait ignor� l'ordre de Nicholas et �tait demeur�e en session. � 1:30 heure, des masses de gens se rendirent au si�ge de la Douma pour offrir leur aide. Kerenski et Rodzianko d�cid�rent que la Douma devait prendre la t�te du gouvernement. Le m�me jour, une faction rivale apparut: le Soviet des Repr�sentants des soldats et des ouvriers. � la fin de la journ�e, la Douma et le Soviet (qui �tait une cr�ation de la Douma qui avait besoin d'avoir des repr�sentants de la populace rebelle) �taient rassembl�s sous le m�me toit. Rodzianko devint le leader du comit� provisoire mais, c'est Kerenski, 36 ans, qui assura le lien entre le Soviet et la Douma. Les deux factions �taient convaincues que l'imp�rialisme �tait chose du pass� et toutes deux rivalisaient pour la supr�matie et le pouvoir. Quand Nicholas arriva � la station de Pskov, le g�n�ral Ruszki l'informa que tous les r�giments s'�taient r�volt�s et avaient rejoint le peuple. Le tsar demanda � Ruszki de t�l�graphier � Rodzianko et de lui offrir la cr�ation d'un minist�re satisfaisant pour la Douma. Rodzianko r�pondit qu'il �tait trop tard pour �a, qu'une terrible r�volution �tait sur le point d'�clater et que lui m�me perdait le pouvoir. La Douma et le Soviet avait form� un gouvernement provisoire dans lequel Kerenski, en tant que repr�sentant du Soviet, avait �t� nomm� ministre de la Justice. Les deux factions s'entendaient aussi sur un autre point: Nicholas devait abdiquer en faveur de son fils et, le grand-duc Mijhail assumerait la r�gence. Le grand-duc Nicholas (toujours dans le Caucase) envoya m�me un t�l�gramme � son cousin l'implorant d'abdiquer. Nicholas �tait boulevers�. Il r�alisa quand m�me qu'il n'existait pas d'autre issue possible que l'abdication. On pr�para un formulaire et Nicholas le signa le 15 mars � 3:00 heures de l'apr�s-midi. Apr�s une conversation avec le docteur Fiodorov, un des m�decins d'Alexei, Nicholas r�alisa � quels dangers Alexei serait expos� s'il devenait tsar. Il �tait plus que probable que le jeune gar�on serait enlev� � sa famille. � 9:00 heures du soir, Nicholas annon�a qu'il n'abdiquerait pas en faveur de son fils mais, en faveur de son fr�re, le grand-duc Mijhail. Une nouvelle version du formulaire d'abdication fut r�dig�e et le tsar la signa. Ce document excluait du tr�ne Nicholas et Alexei. Le grand-duc Mijhail, qui se trouvait � Gatchina avec son �pouse morganatique Natasha, n'�tait pas pr�par� � ce qu'un tel changement vienne bouleverser sa vie. Il avait re�u ce t�l�gramme de son fr�re: '� sa Majest� l'empereur Mijhail: De r�cents �v�nements m'ont forc� � d�cider irr�vocablement de prendre cette mesure extr�me. Pardonnez-moi si cel� vous chagrine et si je ne vous en ai pas averti. Je n'en avais pas le temps. Je demeurerai toujours un fr�re fid�le et loyal. Je retourne maintenant � l'�tat major et esp�re revenir bient�t � Tsarkoe Selo. Je prie avec ferveur pour que Dieu vous aide vous et notre pays. Nicky.' Mijhail, qui n'�tait pas insensible politiquement, quitta Gatchina et se rendit � Petrograd pour y assumer ses devoirs. Une fois � Petrograd, il se rendit au si�ge de la Douma o� un d�bat �tait en cours. Le Soviet avait d�cid� qu'il ne voulait pas d'un autre tsar mais qu'il d�sirait plut�t une r�publique. Rodzianko et Kerenski �taient persuad�s que si un autre tsar montait sur le tr�ne en d�pit de la volont� du peuple, cel� m�nerait � une autre r�volution. Mijhail demanda � Kerenski s'il lui garantissait qu'il aurait la vie sauve s'il acceptait de monter sur le tr�ne. Kerenski r�pondit: 'Je ne peux en aucun cas garantir la vie sauve � votre Altesse'. Mijhail demanda qu'on lui accorde quelques minutes de r�flexion. Il se retira dans une autre pi�ce et, quand il revint, il dit qu'il �tait d�cid� � abdiquer � moins de n'�tre invit� � r�gner par l'assembl�e constituante. Il signa ensuite l'abdication. La dynastie des Romanov venait de s'�teindre apr�s 300 ans de r�gne. Pendant que ces �v�nements se produisaient � Petrograd, Alexandra se trouvait � Starkoe Selo avec ses enfants qui se remettaient de la rougeole. Le mardi 13 mars, elle et ses compagnons (la baronne Sophie Buxoheveden, Lili Dehn, Anna Vyrubova et le comte Beckendorf) furent avertis qu'une foule de rebelles avan�ait vers le Palais. Il voulait amener la 'femme allemande' et son fils dans la capitale. Cette nuit l�, Alexandra, accompagn�e par sa fille Marie et par le comte Beckendorf, sortit pour parler personnellement aux soldats qui gardaient le palais. Elle leur dit, un par un, que la vie de l'h�ritier �tait entre leurs mains et qu'elle leur faisait confiance. Selon Beckendorf, certains d'entre eux r�pondirent d'un ton rev�che. La journ�e du 14 se passa sans qu'on re�oive aucune nouvelle de Nicholas. Comme Beckendorf le craignait, la loyaut� des soldats commen�ait � s'affaiblir. Certains d'entre eux portaient des mouchoirs blanc attach�s au poignet en signe de tr�ve avec la foule de rebelles. Si ceux-ci n'attaquaient pas le palais, les soldats ne tireraient pas. Le jour suivant, Alexandra r�alisa que la troupe au grand complet avait d�sert�. Au palais, l'�lectricit� et l'eau avaient �t� coup�es et Alexandra ne savait m�me pas o� son mari se trouvait. Le vendredi 16 mars, les rumeurs concernant l'abdication du tsar s'infiltr�rent � Tsarkoe Selo. Alexandra refusa de les croire. � 7:00 du soir, le grand-duc Paul arriva et lui confirma les terribles nouvelles. Alexandra s'exxclama dramatiquement: 'Mon pauvre ch�ri... tout seul l�-bas... par quoi est-il pass�, oh mon Dieu! par quoi est-il pass�... Et je n'�tais pas l� pour le consoler.' Pendant ce temps, Nicholas �tait retourn� � son �tat major de Moguilev pour dire aurevoir � ses troupes. Deux jours apr�s son arriv�e, il re�ut la visite de sa m�re, l'imp�ratrice douairi�re Marie Feodorovna, boulevers�e par la nouvelle de l'abdication de son fils. La m�re et le fils convers�rent en priv� pendant deux heures au bout desquelles, Sandro, le beau-fr�re de Nicholas, trouva l'imp�ratrice douairi�re en larmes. Marie demeura 3 jours avec son fils et passa ce temps presqu'exclusivement avec lui. Elle avait perdu son habituelle pr�sence royale et avait l'air honteuse et mis�rable. Le 20 mars, le gouvernement provisoire d�cida d'appr�hender le tsar destitu� et son �pouse. Il seraient arr�t�s le jour suivant, Nicholas � Moguilev et Alexandra � Tsarkoe Selo. Le 21, Nicholas, apr�s avoir appris qu'on allait le faire prisonnier, d�jeuna seul avec sa m�re. Quand les repr�sentants du gouvernement arriv�rent pour l'arr�ter, Nicholas dit aurevoir � sa m�re et celle-ci �clata en sanglots. Le tsar monta dans le train et, de la fen�tre, il agita la main pour la saluer. L'imp�ratrice Marie fit le signe de la croix. Ni la m�re, ni le fils ne savaient � ce moment l� qu'ils n'allaient jamais plus se revoir. Le m�me jour, Alexandra fut arr�t�e � Tsarkoe Selo. C'est le g�n�ral Korlinov qui �tait en charge de l'arrestation. Il l'informa que Nicholas avait �t� fait prisonnier � Moguilev et que les enfants allaient demeurer sous surveillance au Palais Alexander � Tsarkoe Selo jusqu'� ce qu'ils soient compl�tement r�tablis de la rougeole. Ils allaient ensuite �tre envoy�s � Murmansk d'o� un bateau britannique les am�nerait en Angleterre. Puis, les officiers de la garde et la suite du palais furent renvoy�s. La garde fut remplac�e par d'autres troupes plac�es sous les ordres du capitaine Kotzabue, commandant du palais; l'entr�e du palais fut bloqu�e. Le tsar arriva � Tsarkoe Selo au matin du 22 mars. On l'amena en voiture, accompagn� par le prince Vasili Dolgoruki. Quand ils s'arr�t�rent aux grilles du palais, la sentinelle plac�e � l'entr�e demanda qui se trouvait dans la voiture; apr�s avoir �t� renseign�, il annon�a � l'officier en faction � l'int�rieur du palais qu'il s'agissait de 'Nicholas Romanov'. D'�tre appel� ainsi repr�sentait une grand humiliation pour Nicholas. La voiture entra dans le palais; Nicholas et Dolgoruki en sortirent et se rendirent dans l'antichambre, celle-ci �taient pleine de soldats. En marchant parmi cette foule, Nicholas toucha le bord de sa casquette, retournant un salut qu'on ne lui avait jamais fait. Quand il rencontra Alexandra, ils tomb�rent dans les bras l'un de l'autre. Elle lui assura qu'elle pr�f�rait le p�re et le mari au tsar. Nicholas posa sa t�te sur sa poitrine et pleura. Le m�me jour, dans l'apr�s-midi, Nicholas se pr�parait � sortir marcher dans le parc. Un soldat lui bloqua la route et lui ordonna de retourner d'o� il venait. Six autres soldats apparurent et, avec la crosse de leur fusil, ils pouss�rent Nicholas en lui disant: 'Vous ne pouvez aller l�. Reculez quand on vous ordonne de le faire'. Nicholas, tr�s digne, retourna au palais. Alexandra, Lili Dehn et Anna Vyrubova furent horrifi�es par cette sc�ne qui se d�roula sous leurs yeux. Quelques heures plus tard, apr�s minuit, une bande de soldats saccag�rent la tombe de Rasputin et exhum�rent le corps qu'ils amen�rent dans le bois pour le br�ler. Plusieurs personnes �taient aussi retenus prisonniers avec la famille imp�riale: Anna Vyrubova, Lili Dehn, le comte Beckendorf et son �pouse, le prince Dolgoruki, la baronne Sophie Buxoheveden, la comtesse Hendrikov, Pierre Gillard, le tuteur suisse d'Alexei, la gouvernante, Mademoiselle Schneider, les docteurs Botkin et Dverevenko ainsi que Nagorny, le marin en charge d'Alexei. L'autre marin, Dverevenko (aucun lien avec le docteur) qui s'�tait d�vou� � prendre soin de l'enfant, profita de l'occasion pour �chapper � une vie qu'il d�testait. Mais, avant de partir, il prit une revanche cruelle contre l'innocent Alexei. Anna Vyrubova raconta comment elle vit Dverevenko, affal� sur une chaise, ordonner avec insolence au gamin de lui apporter ceci ou cel�. L'enfant, sans savoir vraiment ce qu'il faisait, ob�issait au marin. Les captifs �taient compl�tement isol�s; toutes les lettres qui entraient ou sortaient du palais �taient ouvertes et les lignes t�l�phoniques �taient coup�es. Les soldats �taient partout. Nicholas et sa famille �taient d�test�s par le peuple. Les rumeurs inondaient Petrograd � l'effet que 'le citoyen Romanov et sa femme allemande' tentaient de livrer la Russie � l'Allemagne. Le Soviet demanda que Nicholas soit emprisonn� � la forteresse de Pierre et Paul. Malgr� le risque, le gouvernement provisoire d�cida de nommer Alexander Kerenski responsable de la s�curit� de la famille imp�riale. Il leur rendit visite le 3 avril. Quand il arriva � Tsarkoe Selo, il fut re�u par le comte Beckendorf. Nicholas finissait de d�jeuner avec sa famille et Beckendorf, qui ne voulait pas le d�ranger, amena Kerenski faire le tour du palais. Ce dernier inspecta chaque pi�ce et fouilla le moindre recoin. Il entra dans la chambre d'Anna Vyrubova. Anna avait eu la rougeole et elle �tait en convalescence. Lili Dehn se trouvait aussi dans la chambre. Kerenski dit aux deux femmes qu'elles �taient en �tat d'arrestation et qu'elles seraient transf�r�es � Petrograd. Kerenski fut finalement re�u par Nicholas et sa famille. Il �tait nerveux lors de cette premi�re rencontre avec ce tsar, associ� � tellement de mauvaises choses dans le pass�. Pour un homme aux id�es r�volutionnaires comme Kerenski, ce n'�tait pas chose facile que de rencontrer celui qui avait �t� le tyran autocrate de toutes les Russies. Mais, son opinion fut modifi�e quand il vit l'homme confus et honteux qu'�tait devenu Nicholas. Le tsar d�tr�n� ne savait comment agir en pr�sence de Kerenski. Celui-ci se pr�senta et Nicholas lui serra la main en lui souriant. Les grandes-duchesses et Alexei le regardaient avec curiosit�. Alexandra, de son c�t�, �tait tendue et se tenait debout, bien droite, fi�re, dominatrice et irr�conciliable. Kerenski leur dit que leurs parents � l'�tranger s'int�ressaient � leur bien-�tre. Il leur dit �galement qu'ils ne devaient pas �tre effray�s par le gouvernement provisoire mais qu'ils devaient lui faire confiance. Lui et Nicholas sortirent ensuite ensemble pour aller continuer la discussion dans une autre pi�ce. Le tsar recouvrait son calme. Il s'enquit de la situation militaire et souhaita bonne chance � Kerenski. Ce dernier lui assura que lui et sa famille �tait en s�curit�. Anna Vyrubova et Lili Dehn furent amen�s � Petrograd pour y �tre emprisonn�es. Lili fut bient�t rel�ch�e mais Anna demeura dans la forteresse de Pierre et Paul pendant 5 mois. Le 9 avril, Kerenski retourna � Starkoe Selo pour y enqu�ter sur une trahison qu'aurait commis l'imp�ratrice ainsi que sur ses 'activit�s pro-allemandes'. Il ordonna que pendant l'enqu�te, Nicholas vive s�par� de sa femme et de ses enfants. L'enqu�te fut un �chec; Kerenski n'apprit rien et d�clara finalement qu'Alexandra avait toujours �t� loyale envers la Russie. Au fur et � mesure de ses visites au palais, ses relations avec la famille imp�riale s'am�lior�rent. Nicholas gagna son admiration � cause de la simplicit� de ses mani�res et Kerenski se m�rita la confiance de Nicholas et d'Alexandra. Le principal souci du gouvernement provisoire �tait la s�curit� du tsar et de sa famille. Le 20 mars, le Soviet avait demand� � grands cris l'ex�cution du tsar. Kerenski avait r�pliqu�: 'Je ne serai pas le Marat de la R�volution russe. J'am�nerai moi-m�me le tsar � Murmansk. La R�volution russe ne se venge pas.' Murmansk �tait une porte ouverte sur l'Angleterre, l� ou Kerenski voulait envoyer le tsar puisque Nicholas �tait cousin au premier degr� du roi George V. Le gouvernement provisoire demanda � l'ambassadeur britannique, sir George Buchanan, d'envoyer un t�l�gramme � Londres et de demander l'asile politique pour le tsar et sa famille. Le Premier Ministre britannique, David Lloyd George, avait toujours d�test� l'autocratie russe et il �tait fort satisfait d'apprendre que le gouvernement provisoire avait renvers� la monarchie. Malgr� tout, comme la requ�te ne provenait pas du tsar lui-m�me mais du gouvernement provisoire qui �tait le nouvel alli� de la Grande-Bretagne toujours en guerre, Lloyd George r�pondit favorablement � la demande. la seule condition impos�e fut que le gouvernement russe paye les d�penses de la famille royale. Le gouvernement provisoire accepta mais pas le Soviet qui pr�f�rait que le tsar demeure en Russie emprisonn� dans la forteresse Pierre et Paul puis, soit jug� et ex�cut�. Kerenski d�cida de retarder le d�part du tsar pour Murmansk. Transf�rer le tsar de Tsarkoe Selo � Murmansk voulait dire passer par Petrograd et exposer la famille imp�riale � �tre attaqu�e et incarc�r�e dans la forteresse ou pire encore, pour leur s�curit�, ils devaient donc demeurer � Tsarkoe Selo. Pendant ce temps, en Angleterre, l'offre d'asile politique faite au tsar n'eut pas l'heur de plaire au parti travailliste et � plusieurs lib�raux. Comme l'opposition � cette offre grandissait, le gouvernement britannique commen�a � se r�tracter. L'affaire paraissait insoluble jusqu'� ce que les choses semblent se calmer en Russie vers le d�but de l'�t�. Kerenski pris avantage de la situation et r�it�ra la demande d'asile au gouvernement britannique. Cette fois, le gouvernement refusa cat�goriquement. Ce refus semble �tre d� � une lettre �crite par l'ambassadeur de Grande-Bretagne en France au ministre fran�ais des Affaires �trang�res et accusant Alexandra d'�tre pro-allemande.La lettre sembla avoir de l'influence sur la d�cision britannique puisque l'excuse du Premier Ministre pour refuser l'asile politique fut qu'il ne pouvait offrir l'hospitalit� � des gens reconnus pour leurs sympathies allemandes. L'attitude du roi George sur ce sujet �tait h�sitante. Il voulait aider son cousin mais il savait que le tsar �tait impopulaire en Angleterre et que s'il le re�evait, c'est sa popularit� � lui qui en serait le plus affect�e. Il finit donc pas sugg�rer � Llyod George de retirer l'offre d'asile. | |||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Nicholas et son cousin Roi George V d'Anglaterre | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| Le 16 avril, Vladimir Illitch Ulianov dit L�nine, un leader bolch�vique exil� en Suisse pendant les 10 derni�res ann�es, revint en Russie. � son arriv�e � Petrograd, il fut acclam� par la foule assembl�e � la station de Finlande. Le jour suivant, L�nine pronon�a un discours � la conf�rence de tous les Soviets de Russie et, il pr�senta sa fameuse 'Th�se d'avril' qui demandait le renversement du gouvernement provisoire, l'abolition de la police, de l'arm�e et de la bureaucratie, et, la fin de la guerre. Sa th�se fut imm�diatement rejet�e par le peuple. Mais, L�nine n'abandonna pas; il continua ses attaques contre le gouvernement provisoire. Les bolch�viques popularis�rent le slogan: 'Paix et Terre, tout le pouvoir aux Soviets'. Malgr� tout, le th�se de L�nine fit plusieurs adeptes et, � chaque jour qui passait, le gouvernement provisoire faiblissait. Les Alli�s de la Russie, la Grande-Bretagne, la France et les �tats-Unis craignaient que la Russie ne se retire de la guerre comme le sugg�rait L�nine; ils mirent donc la pression sur le gouvernement provisoire. Les �tats-Unis pr�t�rent m�me � la Russie une grosse somme d'argent. Kerenski, devenu Premier Ministre apr�s la d�mission du prince Lvov, pr�para une nouvelle offensive sur le front � Galitsa. Au d�but, l'attaque fut fructueuse et les troupes russes avan��rent mais, quand les renforts allemands arriv�rent, les russes durent battre en retraite. Apr�s la d�faite russe, la r�action du peuple de Petrograd fut de se tourner contre le gouvernement provisoire. La foule, harangu�e par les bolch�viques, marchait dans les rues en criant: 'A bas le gouvernement provisoire! A bas la guerre!' Mais, les bolch�viques n'�taient pas pr�ts pour une r�volution et bient�t, le gouvernement provisoire prit le contr�le de la r�bellion. Trotsky, un autre leader bolch�vique fut emprisonn� et L�nine s'enfuit en Finlande. Suite au 'Soul�vement de juillet' comme on allait appeler la premi�re r�volution bolch�vique, Kerenski recommen�a � craindre pour la s�curit� de la famille imp�riale. Il pensa d'abord envoyer la famille � Livadia mais se d�cida finalement pour Tobolsk en Sib�rie en raison de la s�ret� de la route ferroviaire du Nord qui passait � travers les Monts Ourals. Cette route traversait de grandes �tendues forresti�res et peu de villes au contraire de la route de Livadia qui traversait plusieurs villes importantes et qui, de ce fait, repr�sentait un grave danger pour la famille imp�riale. Le 11 ao�t, un jour avant le treizi�me anniversaire d'Alexei, Kerenski annon�a � Nicholas que lui et sa famille allait devoir quitter Tsarkoe Selo. Nicholas compris imm�diatement que leur destination n'�tait pas Livadia. Kerenski, excit�, lui expliqua les raisons qui l'avaient pouss� � �viter Livadia en Crim�e mais, Nicholas l'interrompit calmement en lui disant: 'Je n'ai pas peur. J'ai confiance en vous'. | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| Chapitre 10 | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| Chapitre 8 | |||||||||||||||||||||||||||||||||