
DALIDA VICTIME DU STAR-SYSTEM?
Née en Egypte en 1933, partie à la conquête
de Paris, elle y rencontre Lucien Morisse, alors directeur des programmes
Europe NÞ1 et l’épouse. Elle avait rencontré en même
temps Eddy Barclay, toujours en quête de nouveau et Bruno Coquatrix,
patron de l’Olympia. Ces trois hommes joueront un rôle essentiel
dans sa carrière professionnelle. De nombreux autres le feront dans
sa carrière amoureuse dont Jean Sobieski, Luigi Tengo, François
Naudy, Gianni Esposito et Arnaud Desjardins qui lui révèle
- en n’étant pas aussi sage - les chemins de la sagesse qui les
conduiront tous deux jusqu’au Tibet. Mais Luigi Tengo se suicide en 1966
et Lucien Morisse en 1970. Dalida portait-elle malheur? Aussi, les détracteurs
ne manquaient-ils pas comme les adorateurs, il faut le reconnaître.
Et lorsqu’en mars 1967 la nouvelle de sa tentative de suicide éclate
comme une bombe, on se perd en conjectures. Mais un homme est en mesure
à présent d’élucider le mystère qui pesait
sur ce douloureux épisode justifiant la version selon laquelle l’acte
de désespoir de Dalida était prémédité.
Cet homme s’appelle Christian de la Mazière et cela s’est passé
le 16 février 1967 lors de la projection en privé du film
“Palmarès des Chansons de Dalida”. Une fois la séance terminée,
Dalida s’était penchée sur lui en murmurant: “Je sors très
contente d’une telle émission. Je laisse un bon souvenir”. A ce
moment-là, son interlocuteur n’avait pas fait attention à
la nature de cette réflexion, inaperçue dans le brouhaha
de la soirée... Quoique la veille ou la surveille, on avait constaté
à la télévision qu’elle avait maigri et avait beaucoup
insisté pour chanter “Ciao amore, ciao...” la chanson fatale! Elle
rentre alors à Paris après avoir embrassé les siens
et les amis, s’inscrit au “Prince de Galles” sous son nom de jeune fille
et, une fois dans sa chambre, elle met sur la porte l’écriteau “Prière
ne pas déranger”. On connaît la suite... Mais cette femme
avait des ressources insoupçonnées. Imprévisible;
étonnante Dalida! Et on assiste à un nouveau départ
en flèche pour retrouver la gloire qui lui est devenue si familière
et de nouveau se couvrir de bravos, comme d’un bouclier contre ses démons
intérieurs - après qu’elle les eût conjurés,
du moins le croyait-elle - suite à son long périple en Inde.
Et c’est Dalida retrouvée...
À LA CONQUÊTE DE L’AMÉRIQUE
La tournée triomphale aux USA, en particulier à
New-York en fait la coqueluche des Américains, après avoir
investi le Carnegie Hall où le public l’acclame et l’adopte. Une
pluie de propositions, après ce show à l’américaine
qu’elle a présenté tambour battant, l’attendent et elle ne
sait plus où donner de la tête. Dalida semble avoir retrouvé
son dynamisme. Elle se lance dans le disco avec sa frénésie
coutumière. Elle danse et fait danser toutes les discothèques
en Amérique; d’abord puis, en Europe. Et bien entendu pour “l’innamorata”
les idylles reprennent, se succèdent et son nom brille de plus en
plus haut au firmament des étoiles. Consacrée grande chanteuse,
que nul des nouveaux venus dans le show-biz ne peut concurrencer, on considère,
et sur cela l’opinion publique et ses fans sont d’accord, que Dalida a
finalement retrouvé son équilibre. C’est un retour aux sources
inattendu qu’elle réalise en revenant en Egypte tourner pour Youssef
Chahine “Le 6ème Jour” et un véritable triomphe que lui réserve
le Caire. Le personnage de cette femme accablée qu’elle incarne,
a-t-il rejailli sur son ego? Sur sa personnalité? Pellicules extra-sensible
- le défaut de la cuirasse de Dalida. Ce plongeon dans le passé
l’a ébranlée. Réinstallée à Paris, elle
se déclare déphasée, incapable de se réadapter
à la vie trépidante et mondaine de la grande métropole.
Et le 3 mai 1987, on découvre son corps déjà froid
à son domicile de la Butte Montmartre: Dalida avait avalé
un cocktail de barbituriques comptant cette fois sur l’isolement du long
week-end du 1er mai pour REUSSIR SA SORTIE! Les 140 pages de ce round-up
détaillent le conte de fée d’une petite fille devenue une
étoile adulée, magnifiée et fragile, mais toujours
grande dame. Du quartier de Choubra au Caire, à Montmartre, en traversant
les acclamations de tant de pays et de tant de gens, elle a bu, sans qu’elle
le sut, l’ivresse de tous les alcools qui vous mettent en route pour “l’ailleurs”,
ce pays de rêve que l’on croit entrevoir à certains moments
dans la vie et où l’on n’arrive jamais! Quelle oraison funèbre
plus belle que celle de Frédéric Mitterrand pouvait-on faire
en hommage à cette reine de la chanson qui disparaissait si brutalement:
“Il paraît qu’au “sixième jour” des malheurs de l’Egypte,
les hommes qui ont beaucoup lutté trouvent un regain de force pour
affronter une vie nouvelle. Nul ne saura jamais si Dalida s’est finalement
endormie avant qu’il ne survienne ou si, au contraire, elle l’a suivi,
là où elle voulait qu’il la conduise: vers la paix qu’elle
souhaitait pour les hommes qu’elle aimait, celle qu’elle n’a jamais connue
- en la méritant toujours, et qu’elle nous laisse en des millions
de chansons, sans rien demander en retour - comme d’habitude!” ...
C.E.H.
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