
...Oui, ce sont les performances qu’ont réalisées les Editions
Vade Retro en collaboration avec l’Orlando Productions, en publiant leur
album “DALIDA” signé Camilio Daccache et Isabelle Salmon. Déjà,
l’année dernière, ils avaient sorti dans la même collection
une très belle intégrale sur Sylvie Vartan. Aussi, est-ce
à eux qu’est revenu le privilège de réaliser cette
laborieuse et superbe compilation. Du reste, Orlando, le frère de
Dalida, n’aurait pu avoir la main plus heureuse en leur confiant les archives
personnelles de la vedette et en les autorisant à publier plus de
350 photos, pour la plupart inédites, afin de ressusciter de la
façon la plus spectaculaire, les épisodes marquants de cette
vie vécue à l’échelle de la passion que Dalida a menée
“à sa manière...” comme du reste elle l’a chanté elle-même!
Quant à Daccache et Salmon, ils étaient les plus qualifiés
à l’égard des nostalgiques des années “Dalida” pour
composer ce livre-hommage qui retrace, fidèlement, l’itinéraire
de la star, l’une des plus adulées et des plus populaires figures
de ces trente dernières années... Cette fois, ils ont frappé
dans le mille!
LE PHÉNOMÈNE DALIDA
Voilà plus de dix ans que Dalida nous a quittés.
On feuillette aujourd’hui cet album avec nostalgie, désespoir et
tendresse, parce qu’on l’y retrouve plus vivante que jamais et on retrace
non sans émotion, à travers ces images évocatrices
l’itinéraire de cette jeune femme qui, à partir d’une jeunesse
obscure au bord du Nil, s’est s’envolée en emportant pour tout bagage
le titre de Miss Egypte et sa voix, au rendez-vous de la gloire. Une gloire
que la France confirmera en premier - et qui sera successivement confirmée
en Allemagne, Italie, Grèce, New-York, au Brésil, au Japon,
au Portugal, au Liban et en Jordanie. Puis, ce retour triomphal au Caire
pour tourner le film de Youssef Chahine “Le 6ème Jour” et reboire
l’eau du Nil - ce Nil qui condamne ces riverains inconstants, à
revenir un jour ou l’autre se désaltérer sur ses bords. On
a parlé d’un phénomène Dalida: est-ce exact? Question
sans réponse, d’autant plus que jusqu’aujourd’hui on n’a pas élucidé
les raisons mystérieuses de son suicide. Toujours est-il qu’il s’agit
d’une vie assumée jusqu’au bout avec bonheur et avec colère
- le bonheur fou, la colère grave - d’une femme qui a connu tous
les visages de l’amour, la peau douce du bonheur, l’infinie solitude et
l’infinie tendresse - une femme à part entière, intransigeante,
exclusive, à savoir: Dalida! Etrange destinée que celle de
Yolanda Gigliotti qui, une fois les premières marches de la gloire
investies, pouvait se permettre toutes les espérances - et qui,
effectivement, les a toutes réalisées - mais n’a pas su résister
aux maléfices de cette voie dorée et scintillante semée
de lauriers et d’écueils que constitue le show-business et qui finit
par engloutir ses adeptes, trop sensibles ou trop téméraires,
qui se hasardent dans les remous de ses eaux troubles. Une vie apparemment
réussie et merveilleuse à tous égards, mais placée
sous l’aile sinistre de la mort. Oui, cette jeune femme belle, séduisante
et audacieuse apparaît, avec le recul, comme une héroïne
de tragédie grecque, car la mort va opérer autour d’elle
des coupes sombres: deux suicides, celui des deux hommes qui l’ont aimée;
pour ensuite s’occuper d’elle, deux autres suicides: le premier raté
et le second réussi, hélas! ...
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