Les Chroniques Maritimes du Bas St-laurent.
 
Le répertoire
du voyage de la goëlette
l'Independance
à l'autome de 1852.

  Cet act a paru dans le
Journal de l'Association des Retraité(e)s en février, 1999.
 
 
M130/14 Pages 0839-45. Joseph Garon
 
Province du Canada
District de Rimouski
         
 














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No. 3850
15 novembre 1852

Protêt de
M.
Ferdinand Emond,
Capitaine de la
Goëlette appelée
Indépendance
de Québec.

Minute

Expédié

de Québec,


le dit Ferdinand Emond, navigateur et capitaine et maître abord de la goëlette, & ayant charge d'icelle pour le voyage Les
      Qu'il soit connu et rendu manifeste par ce document public de déclaration de protestation à tous ceux à qui ces présentes parviendront ou qui y sont intéressés, que le quinzième jour de novembre de l'année de notre Seigneur mil huit cent trente six cinquante deux, devant nous Joseph Garon et Joseph Roy, Notaires Publics, duement commissionnés & assermentés pour la Province le Bas Canada, résidants dans le comté de Rimouski.
    Sont comparus en présence M. Ferdinand Emond, demeurant en la paroisse de St. Roch de Québec, capitaine et maître de la goëlette appelée Indépendance + du port de Québec suivant sa feuille, Joseph Bernier, navigateur, second à bord de la dite goëlette, Joseph Lizotte et James Collins, matelots abord d'icelle #, quelles personnes susmentionnés ont à plusieurs occasions, sur leur serment réspectif, allégué, affirmé, témoingné et dit que la dite goëlette étant bien étanche, montée en équipage, fournie et pouvue de toutes choses et nécessaires et ayant à son bord un cargaison entière et complète de lait, farine, pommes de terre, beurre, saindoux, légumes, poëles de fer et autres articles ainsi que mentionnés dans la feuille de charge de la dite cargaison.
    Que les dits comparants levèrent l'ancre jeudi le trente-un d'octobre dernier vers midi dans le port de Québec et le vent étant variable, ils firent voile dans et avec la dite goëlette du port susdit pour un voyage projeté au port Bathurst et Baie des Chaleurs, qu'ils descendirent le fleuve St-Laurent accomplissant leur voyage projeté, jusqu'à ce qu'ils arrivent avec le vent ouest au lieu et place nommée l'Ile au Roi où ils mouillèrent vers neuf heures du soir; qu'ils passèrent la marée à cette place et levèrent l'ancre vendredi le vingt deux d'octobre vers deux heures du matin, et le vent devenant de l'est, ils se rendirent en louvoyant à l'endroit appelé le l'Anse aux Pois où ils jetèrent l'ancre, et mouillèrent vers six heures du matin, qu'ils restèrent en cet endroit jusqu'à samedi le vingt trois d'octobre au soir, le vent étant tourné au nord, ils appareillèrent et firent voile avec les vents nord et sud ouest jusque par le travers de Kamouraska, où ils passèrent dimanche le vingt quatre et continuèrent en bonne route les jours suivants jusqu'au vingt six d'octobre par le travers de Grand Étang, le vent étant alors nord nordouest et soufflant bien fort, la neige tombant et poudrant, ils cassèrent par la force du vent, la mâchoire de la gaffe de la misaine et qu'en travaillant pour descendre la dite misaine, la gaffe s'échappa de sur le mât, et déchira le jib après quoi ils furent forcé de l'abattre vu qu'il se brisait au vent, qu'ensuite ils gouvernèrent la dite goëlette par sur la grande voile, ayant pris un ris dedans, avec beaucoup de difficulté, ils arrangèrent de suite la gaffe et continuèrent par un bon vent jusqu'à Percé, le vent l'étant nordéré ayant dimininué, ils posèrent leurs voiles et continuèrent leur route jusqu'à l'éntrée de Bathurst le mercredi du vingt sept d'octobre vers six heures et demi du soir et crurent prudent de prendre un pilote pour les entrer dans le hâvre de Bathurst, où ils entrèrent le lendemain vingt huit d'octobre à trois heures de l'après midi. Ils accostèrent au quai et déchargèrent suivant leurs ordres.
 
 
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avec la dite
      Que le trois de novembre à deux heures après midi, ils firent voile pour Québec par vent favorable # et se rendirent jusqu'à vis-à-vis le Cap Desrosiers où ils furent obligés de relâcher jeudi le quatre de novembre vers huit heures en conséquence d'une forte brise de vent contraire, pour se rendre à la Malbaie de Percé où ils mouillèrent vers dix heures, qu'ils repartirent de la dite Malbaie dimanche le sept de novembre vers huit heures du matin, et continuèrent leur route jusqu'au lendemain, le huit novembre au matin et arrivèrent par le travers de la Magdelaine où le vent se changea à l'ouest nord-ouest. Ils se dirigèrent vers le nord et arrivèrent près de la terre du nord vers deux heures après midi, qu'ils continuèrent du huit au neuf novembre en conséquence jusqu'à la rivière Moisie en bas de Sept Iles. Que le neuf novembre au soir, le vent étant favorable, ils continuèrent leur route jusqu'au sud de la Pointe des Monts où ils arrivèrent mercredi le dix de novembre vers neuf heures du soir.  
            Que dans le nuit du dix au onze novembre, le vent changea au ouest nordouest, ils essayèrent à louvoyé pour aller mouiller à Godbout où ils ne peuvent entrer. Ils furent obligé de relacher pour aller à la Pointe des Monts le onze de novembre, quatre heures et demi, et en faisant la relâche, ils prirent la sonde par les quatres brasses d'eau à mer basse, pour jeter l'ancre et mouiller à l'Anse à la Morue, et rendu près du mouillage, ils se jetèrent par un vent fort vent d'ouest nord-ouest. le temps obscur, sur un haut fond au large de la Pointe de l'Anse à la Morue, où ils échouèrent et jetèrent l'ancre pour ne pas aller plus haut à terre vers six heures du matin, le dit onze de novembre, temps au quel se levèrent l'ancre, croyant que la goëlette se creva dedans, le vent venant sudouest & la mer se formant, ils débarquèrent pour sonder à l'entrée du haut fond où ils trouvèrent de l'eau en quantité, suffisante pour flotter autour du dit haut-fond.  
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considerant la dite goëlette pouvait encore naviguer puisque avec difficulté



ils prirent la course ouest, quart sudouest, et demi sudouest


ils touchèrent et s'aperçurent que leur compas étaient dérangés, et leur point virés, cet accident étant arrivé lorsque la goëlette a battu sur le haut fond.
      Ils débarquèrent au phare de la Pointe des Monts pour demander si la mer était basse, un monsieur Bédard, gardien du dit phare leur répondit que la mer était en effet basse et qu'il irait leur donner du secours s'ils en avaient besoin, mais la mer étant devenue grosse la goëlette ayant battu trois heures et un quart sur le haut fond susdit, s'échoua et tomba à la grande eau après avoir éprouvé des dommages considérables en cassant sur le dit haut-fond, son ancre ci brisant sa quille et son grand mât, se levant dedans le pont à chaque fois qu'elle touchait au fond, ce qui après quoi la dite golette faisait plus d'eau qu'à l'ordinaire, qu'à neuf heures et un quart avant midi le même jour, la mer étant haute, la dite goëlette était à flot alors à flot ils partirent, au vent sudouest * ils touchèrent et pour aller mouiller à la Trinité, où ils arrivèrent vers midi le dit onze de novembre. Ils restèrent mouillés jusqu'au lendemain au soir le jeudi douze de novembre à dix heures et demi de l'après midi, ils appareillèrent pour remonter et continuer leur route à Québec +, qu'en passant par la Pointe des Monts, ils perdirent de vue la lumière du phare par la neige et un temps noir #, ils se rendirent avec un vent d'est et nord est par le travers de Manicouagan ou * le vent se tirant du sud ouest dans l'après midi du treize de novembre, ils tournèrent pour prendre le mouillage de la Baie des Outardes où ils jetèrent l'ancre et mouillèrent à onze heures du soir, qui et y passèrent la nuit, que dimanche le quatorze de novembre au matin, le vent étant sudouest, ils restèrent mouillés toute la journée dans la Baie des Outardes y étant retenus par un gros vent et de la neige, qu'a dix heures du soir le vent virant au sud est, ils appareillèrent pour louvoyer en  
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au mât de misaine


meilleur de leur connaissance, un navire


avec son étrave


avec son beaupré


de parler, nommer le dit navire, et
  la de dehors de la baie et le vent s'étant tourné au nord et la neige tombant, ils prirent leur course pour continuer leur route vers minuit, ils continuèrent depuis minuit jusqu'à quatre heures et demie par une belle brise de vent de sud, mais avec de la neige épaisse et qu'étant ce jour, le quinze de novembre à quatre heure et demie du matin par le travers du Pointe au Couchon, ils rencontrèrent un bâtiment d'outre mer + dont ils ne pèrent connaître le nom, et qu'en appercevent le dit bâtiment ^ ils lofèrent pour s'en clairer et continuer leur route pour Québec, que le dit bâtiment d'outre mer au lieu d'arriver lofa sur la dite goëlette et la frappa ‡ dans le côté gauche, cassant sa lisse de pavois, le plat bord et un bandeau, et emporta la misaine et cassa le grand mât en deux bouts et déchira la grande voile qu'en travaillant pour clairer la dite goëlette, les personnes de l'équipage du dit navire, et bâtiment coupèrent les haubans * de la dite goëlette, les drisses et les étais des jibs et les gréments du beaupré, refusant † de les briser pour les clairer du dit bâtiment.
    Que vers cinq heures du matin du dit jour quinze novembre courant, ils travaillèrent pour sauver les gréments qui étaient tombés du bord à l'eau, qu'ensuite ils crûrent à propos pour sauver leur vie, que le capitaine monte dans le mât de misaine pour casser l'étai d'entre mât qui tenait le mât d'hune du grand mât, lequel mât d'hune était suspendu au mât de misaine et menaçait de tomber, qu'après avoir cassé l'étai, le mât d'hune tomba sur le grand panneau, qu'ensuite le capitaine descendit en bas et que deux minutes après sa descente, le mât de misaine tomba à l'eau, qu'étant ensuite incapable, faute de mât de mettre de la voile, le capitaine jugea à propos, d'attendre le jour pour savoir l'état du grément du mât de misaine et la grande voile qu'était alors à l'eau, qu'après cela il fut jugé à propos de mater le mât d'hune pour y mettre de la voile pour sauver la goëlette et la vie des hommes; qu'il se trouvait une voile d'étai dans la chambre qui fût placer au petit mât d'hune qui avait été amarré après le paul-bitt sur laquelle voile ils gouvernèrent avec beaucoup de difficulté et de misère pour se rende à la terre du sud où ils approchèrent à neuf brasses d'eau, sans voir la terre, les fonds de l'Ile du Bicon; qu'ils gouvernèrent pour essayer de prendre le Rivière Hatée, et que s'étant trouvé trop à bord de la Rivière Hatée, ils ont été contraints de travailler pour prendre Biquette, avec de grandes difficultés, le vent étant nordouest, la neige tombant et le temps étant bien obscur, ils sont parvenus à se rende en dedans de l'Ile St.
 
        Barnabé, la mer étant alors rase et ont mouillé à deux brasses d'eau pour attendre que la mer fut haute pour entrer dans le havre de Rimouski.
    Qu'après avoir mouillé, le capitaine est débarqué et s'est rendu à terre pour chercher un assistant pilote pour aider à rentrer la goëlette, que le dit assistant s'est rendu abord à quatre heures après midi, ils levèrent l'ancre et entrèrent la dite goëlette jusqu'à l'entrée de la Rivière de Rimouski, n'ayant pû l'entrer dans la dite Rivière, en conséquence du mauvais temps et du vent contraire. En conséquence, c'est pourquoi les dits comparants nous on fait rentrer le susdit protêt pour être éxécuté suivant qui de droit et ont les dits comparants signé avec nous dits Notaires l'ont signé, et le dit Pierre Lizotte a déclaré ne savoir signer de ce requis, après lecteur faite. Onze renvois bons, trente six mot rayés nuls.
 
  Joseph Bernier   Ferdinant Emond  
  } Témoins es X  
  James William   Joseph Garon
Notaire
 
 
 
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G.R.Bossé©1999-2007. Confectionné:
Mars 10, 1999.
Mise-à-jour:
18 fev. 2007.

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