
Gladis Audi
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Peintre et Poète
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Morceaux Choisis - Anthologies |
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Ce voile opaque qui te voile la vision,
Enlève-le, Vogue vers d'autres horizons;
De ta face versatile ne montre pas
La facette effaçant l'humanité en toi.
"Murmures de Femme" |
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Homme,
Être auquel mon destin,
S'entête à m'enchaîner...
Tête chère qui ensevelit mon passé, en son
présent
Espoir d'avenir qui retient
Dans la paume de sa main mon coeur.
"Murmures de Femme" |
Étranger
Je te cherche dans les visages
Toi que je connais
Depuis toujours...
Je te cherche
Je me cherche en toi...
Ta douleur est mienne...
Et le poids de tes inquiétudes...
Je le connais aujourd'hui...
Je le vis dans la retraite
Qui s'impose...
Tu me crois heureuse... Étranger de mes rêves?
Me crois-tu joyeuse et lointaine
Dans mes édens artificiels?
Pourtant, toi, tu sais la profondeur de mes gouffres
Et les démons de mes nuits...
"Tristitia"
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Je chante mon chagrin qui se
dissipe
Et réalise que la vie
N'est vie
Que par ses peines;
Et qu'un amour qui s'en va,
Amertume qui nous ronge,
Regrets de nos songes
Qui nous laissent ébahis...
S'efface
Et se remplace d'autres songes,
D'autres choix,
D'autres voix,
D'autres nuits
Qui pieusement
S'enlacent l'espace d'une nouvelle vie.
"Murmures de Femme"
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Il reste à mes lèvres des mots
Que mon coeur, en silence,
Prononce;
Des promesses de bonheur,
Qui à mon existence,
s'annoncent;
Des doigts qui s'enlacent dans
la pénombre,
Et mes yeux
Fixés à tes yeux, ta voix, ton ombre!
"Murmures De Femme"
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J'étouffe.
Trop de brouillard
Dans cette salle enfumée...
Empestée....
Trop de bruit
Et trop de silence...
Et ce cri strident à l'arrière de ma conscience....
Ce cri;
Comment le retenir?
"Murmures de Femme"
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Jérusalem
Il est des
villes d’ou
jaillit la foi,
Où la
nature entonne en chœur
Ses
alléluias;
Il est des
villes où même les
murs
Deviennent
lieux de prières
...
Et de
conflit;
Il est des
villes saintes;
Il est Jérusalem
Parmi les villes éternelles
Qui
transcendent le plan
terrestre;
Mythique
Jérusalem,
La plus
sacro-sainte des villes,
Qui abrite les lieus bénis
Toutes
confessions confondues,
Berceau des
doctrines humaines,
Mère de la
compassion,
Mère de la
dévotion,
Terre de
miracles et de
mission divine
Qui a
rayonné dans l’humanité entière;
Jérusalem
Ville
d’amour,
Ville de
paix,
Ville du
conflit sacré,
Je t’aime.
Je pense
à
toi,
Jérusalem,
Et je
pleure, et je pleure,
Et d'en plus finir je pleure encore.
Jérusalem
Je prie,
Mon cœur en
pèlerinage
bondit vers
toi
Jérusalem;
Gloire
à
cette terre qui a vu naître
La
délivrance,
Qui a vu
naître celui qui avait
dit:
"Aimez
vous les uns les autres"
Dans le
plus beau des
discours d’amour.
Jérusalem
Qui a vu
grandir l’enfant Jésus,
Ville de
tous les enfants,
Du respect
de l’enfance,
Tu ne
mérites pas de voir
L'enfant Mohamad al
Dorra,
Fils d'un père bouclier,
Et toutes
les souffrances
Qu’on
inflige au peuple de Palestine.
Qu’est il
advenu de toi
Jérusalem ?
Ville de la
sagesse
Ou ville de
toutes les folies
Serais tu
devenue ?
Quel mal,
quel fléau, quelle démence,
Quel démon
méchant
T’a-t-il
atteint de sa lance venimeuse ?
Serais tu
devenue un hôpital
psychiatrique géant ?
Ville de
lumière,
Ville
martyre,
Ville des émigrés sur leur propre
terre,
Ville
d’unité,
Tu ne
mérites pas l’injustice;
Tu ne
mérites pas le trépas ;
Guéris toi…
Pourquoi
t’ont-ils choisie Jérusalem,
D’un rêve
insipide réapparue;
Voilée de
souffrance et de résistance,
Toi qui fut
toujours radieuse
dans ton silence
Et tes
prières,
Entourée
d’anges et de mystères ;
Qu’es tu
devenue ?
Ville de
délivrance clouée sur
ta croix,
Tu subis
ton supplice couronnée
d’épines;
Bien aimée
ville de ma
foi
Ville de toutes les fois
Ville des
apôtres
Qui t’ont
laissée pour aller prêcher!
Toi,
orpheline de leurs paroles,
De leur
amour,
Tu restes
seule là à te défendre.
Ôtes ce
haillon de guerre,
Boucherie
humaine qui traîne
D’immenses
troupeaux résignés ;
Déchires ce
manteau noir et cette
muselière…
Qu’est ce
que ta guerre ?
Est-ce un
besoin d’expansion territoriale ?
Est-ce un
besoin d’extermination raciale ?
D’épuration
ethnique ?
Ou un pur
sadisme ?
Des hommes
qui ont trop aimé
Ont une
descendance en manque
De sang et
de barbarie;
Conflit
éternel du bien et du mal.
Chez toi se
réunissent,
Se
déchirent,
S’entretuent
Les cultes d'amour et de promesses;
N'y a
t'il plus que Judas?
Serait-ce que
Les prophètes ne cohabitent jamais
Avec les traîtres...
Je
t’implore Jérusalem,
Recolle tes
morceaux brisés,
Rappelle
tes prophètes,
Ramène tes
disciples,
Ressuscite
tes miracles,
Inspire ton
peuple orphelin,
Il en a
besoin…
Rouvres tes
livres,
Reviens de
ton long éloignement,
Reviens de ton exil;
Crois en la
délivrance,
Tous tes
maux seront guéris…
Récite ton
mea culpa, repentie;
Et là,
Demande à
Dieu pardon
De l’avoir
couronné d’épines au lieu de
lauriers,
De l’avoir
traité d’usurpateur,
D’avoir
blasphémé !
De l'avoir forçé à boire de ce calice.
Mais certes,
Son royaume n'est pas de ce monde...
Sûrement pas
De ce monde là!
Deux mille
ans suffisent;
Le peuple
de Palestine
N’a-t-il
pas fini son chemin de croix ?
Oublies le
Nord et le Sud,
L’Est et
l’Ouest;
Oublies ton front de défaite,
Tes yeux qui quémandent la pitié;
Regardes
vers les cieux;
Dieu, les
anges et les prophètes reviendront,
Et qu’«
Ainsi il en soit ».
"Tristitia"
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Je suis Libanaise du
Sud
D’un pays vert
Où jadis
Nul
ne demandait à l’autre
Une
dénomination,
Une
race,
Une
religion.
Puis il y eut la guerre…
Dans mon sang coule
L’eau fraîche de nos sources,
Et
de l’huile d’olive …
Je suis du Sud
Du
pays du labeur
Du
pays de Qana
Du
pays de Tyr et de Sidon
Du
pays de l’amour
De
la résistance
De
l’unique victoire Arabe
Et
de la vie.
Je viens d’une terre
Fertile et bonne,
Comme les sourires
De
nos grand- mères
En
prière…
Je suis du pays du miracle premier
De l’eau
Qui se transmue en vin,
Dont l’odeur
Enivre la pierre,
Et dont le bois
réchauffe
Les
cœurs autant les corps,
Et dont la brise
murmure
Un
chant mélodieux,
Et
des vers interdits ;
Je suis du pays des veuves en noir
Qui chantent des hymnes de gloire,
Du pays de ces mères,
Heureuses,
Qui
pleurent
Et attendent au bout de la nuit
Fières,
Le
retour de leurs fils
Martyrs ;
Je suis du pays de la
paix,
Berceau de civilisations,
Qui
lutte
Pour
le droit naturel
A
la survie.
Ma terre tourmentée
La
beauté insolente de l’aube
Qui
se lève
Sur
nos frontières en
danger,
L’or
pourpre du coucher
Qui
se reflète
Parmis les branches
De
mes oliviers,
C’est mes grands défis,
Mon
mérite noble,
Mon
honneur,
Et
ma majesté.
"Tristitia"
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Comprends moi
Comprends moi ;
Scrutes les douleurs qui m’indisposent,
Et les mains glacées qui me tourmentent ;
Comprends l’étendue de mes regrets ...
Et trouves y la clé
De mon gouffre rapace ;
Comprends l’emprise du chagrin
Qui me vole le sommeil,
Me submerge d’ennui et me dégrise.
Comprends moi ;
Réchauffes
mes étincelles et mes flocons,
Et ce néant qui me ronge ;
Comprends mes langages symboliques,
Décodes
et réapprends les moi ...
Subtilement ;
Comprends la déliquescence
Qui me décompose, m’engloutit ;
Délivres moi ... de moi.
Comprends moi,
Etre fait d’astres, de lumière et d’énergie,
Qui survit dans un monde amer,
Léthargique,
Taciturne et ténébreux ;
Comprends mes lamentations de veuve,
Mes larmes de mère,
Et mes joies d’enfant ;
Comprends les secrets funèbres
Des mes solitaires soupirs ...
Et de mes doléances ;
Apaises
moi.
Comprends moi
Inquiètes
toi de ma désinvolture,
Subis mes incompréhensibles murmures,
Approches
toi,
Caresses
mes plaies,
Souris face à mes accusations,
Aimes
moi,
Je
t’aimerai.
"Tristitia"
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Je t’aime et je
t’attends
Tes aspérités ne me blessent pas ;
Tes angles sont doux
Comme des courbes félines ;
Tes névroses,
Je les comprends
Mon frère humain,
En ce soir de pourpre,
Je t’aime et je
t’attends…
Ami dont le fracas de mes pensées
Incite à davantage
m’aimer ;
Même si j’ai ce goût âpre,
Bizarre mélange
De sève et de fiel,
De boue et de cendre,
De sadisme et de
tendresse,
Tu m’aimes et tu
m’attends.
Je te sens marcher
Près de moi ,
Me
toucher de ce regard
Long et lent,
Cher observateur calme et aimant
Ton effusion de douceur
Touche mon cœur
Solitaire et apeuré;
Tu
regardes descendre le soir,
Et tu t’apitoies
Sur cette vision
cadavérique
Que j’ai de l’univers ;
Tu
me rassures ;
Tu m’offres ta sincérité ;
Tu vois à travers
Ma carapace austère,
Ma rage,
Mon indifférence,
Et ma vanité dérisoire
et frivole ;
Tu me désaltères
Avec tes émotions
subites,
Scandaleuses et
authentiques…
Je te mène vers des
sourires plus gais ;
Tu m’offres ta joie de
vivre.
On s’aime et on s’attend.
"Tristitia"
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Le
bonheur
Dont je décris l'ampleur...
Cette béatitude que je raconte
Onirique réflexion
Fondamentale a mes aspirations
chacun l'imagine a sa manière
Selon ses désirs, ses espoirs,
Ses propres représentations...
Mon bonheur a moi... C'est toi...
Ma béatitude... ma félicité... c'est toi...
Mon plaisir... C'est toi...
Mon délire ... C'est toi...
Et quand une éphémere tristesse
Obscurcit ton regard
Mon âme se voile de deuil...
El le bonheur au galop s'en va...
O inconstant bonheur
Réconcilie le temps de nos ardeurs
A tes inconstantes humeurs
Récite tes hymnes a mon coeur
Sans te lasser...
Promets moi ton éternité
Loin de la troublante menace
De tes passages fugaces!
Légitime droit,
légitime présence
Je te conjure...
Je t'invoque...
Reste.. coule...
dure... doux bonheur....
Je calme mes
ardeurs...
Mes enthousiasmes, mes tempêtes, mes ferveurs...
J'anticipe, je suppose, Je m'expose...
Et j'attends...
Et je persiste a insister
Que mon bonheur c'est toi...
"Tristitia"
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Ashtart, Mon Ancêtre
Ashtart, bercée d'incantations primaires
Venus, au firmament de mes visions...
Enrobée d'astres, et de sensuels délices,
Vêtue d'une lance et de constellations...
Triomphante...
Mère et péripatéticienne...
Je t'envie...
Je t'envie ta Phénicie...
Ses monts, ses cotes, et ses plaines...
Sa pourpre qui saigne... et ses disciples d'alphabet...
Glorieuse dispensatrice de lumière
Et de fertilité
Je t'envie les nectars de vie
Dans les temples de Byblos...
Je t'envie les colonnes éternelles de Baalbek...
Je t'envie cette immortalité...
Je t'envie les Cèdres du Liban
Et toutes ses forets enracinées dans tes entrailles...
Irréfutablement héritière de ta terre
Des vestiges de la plus belle des civilisations,
A regret de ne t'avoir qu'ancêtre,
Je chante tes louanges des siècles plus tard...
Et je t'envie chaque grain de sable
Sur les plages de ma Phénicie
Que l'on ruine encore Ashtart,
Et moi la,
En rouge et noir, je te pleure...
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