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| Nous allons parler beaucoup de nucléaire ici,
avec une longue séquence consacrée à la dissuasion
et une autre à la N.M.D. américaine.
Sur le nucléaire, nous parlerons de celui ci:
Sur la NMD nous parlerons:
C'est technique mais important et otut de même très uintéressant!
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| 1)
la dimension nucléaire dans les politiques de défense
Les essais indiens et Pakistanais ainsi que la menace de prolifération vers des Etats "voyous" ressuscite aujourd'hui l'hypothèse d'un emploi de la bombe après une période de "l'équilibre de la terreur" fondée sur le "non emploi en premier": la bombe n'était pas une arme destinée à servir "comme les autres". Toutefois, de 1945 à 1953, il y a eu une doctrine d'emploi, et un emploi effectif par les Etats Unis contre le Japon. Ce qui a conduit de l'emploi à la dissuasion, c'est la dé-sanctuarisation des Etats Unis. En 45, les USA sont les seuls à avoir la Bombe. Si l’URSS a rattrapé les USA en 1949, le territoire de ces derniers reste hors de portée de l'URSS faute d'un vecteur, tandis que, depuis l'Europe de l'Ouest, les bombardiers américains peuvent atteindre le coeur économique de l'URSS. Néanmoins, la mise au point de la bombe H par Sakharov et la première explosion de celle ci à Semipalatinsk (Kazakhstan) effraie les Etats Unis, eux même très impressionnés par les progrès de leurs propres armes. Déjà le test "Baker" d'une charge de 100 kilotonnes en 1946 sur des navires réformés dans le Pacifique avait causé des victimes faute d'une mesure exacte de la puissance de la charge. Le premier test de leur bombe H, deux mois après les Russes, (test "Union"à Bikini.) révèle la puissance de cette arme "à fusion": la bombe d'Hiroshima déployait une puissance de 15 kilotonnes (15.000 tonnes d'équivalent TNT). La bombe H, elle, atteint 2 mégatonnes: à peu près 140 fois la bombe d'Hiroshima. Lancée sur le Japon ou l'Europe occidentale occupée, cette arme est déjà susceptible de tuer des centaines de milliers de soldats américains. Aussi Marc Arthur, lorsqu'il menace d'employer la bombe atomique contre la Chine à la fin de la guerre deCorée, est-il limogé sur le champ. Avec le lancement de Spoutnik I
en avril 1957, tout change. Les USA se sont contentés, au milieu
des années 50, de leurs
1.2) l'escalade des moyens: la MAD Les Etats Unis se lancent à la poursuite de l'URSS dans le spatial pour démontrer qu'ils ont, eux aussi, la capacité de fraper où il leur plait et dans des délais très bref. La maîtrise technologique d'outils géants comme les fusées Saturn, capables d'emporter des satellites de plusieurs tonnes, démontre que l'Amérique peut elle aussi d'emporter la bombe H. On assiste au cours des années qui suivent à une escalade des arsenaux: en effet, l'objectif est de disposer d'assez de moyen pour pouvoir, après une première frappe de l'ennemi, disposer d'assez d'armes survivantes pour lui infliger des dégâts insupportables. Il ne suffit donc pas d'avoir de quoi le détruire: il faut avoir dix fois cette capacité. C'est donc la course aux lanceurs, avec la construction, dès les années 60, des grands ICBM (Inter continental ballistic missiles) au sol. Il faut ensuite "durcir" les armes, les rendre plus difficile à détruire: c'est la construction des bombardiers furtifs, celle des SNLE, croisant discrètement sous l'océan arctique. Le résultat a un nom, la "Mad": "mutual assured destruction". L'assurance de se suiscider en attaquant l'autre oblige les super grands à cantonner leur agressivité, et à afficher leur intention de "non emploi en premier". Les politiques anticommunistes agressives côté américain (rollback après le containment) se tempèrent; côté soviétique, il est clair aussi que la rivalité a ses limites: Khrouchtchev répond aux ambitions belliqueuses de Mao, qui traite l'Amérique de "tigre en papier", que "ce tigre en papier a des dents atomiques". La désanctuarisation des Etats Unis, illustrée par la crise de Cuba (déploiement puis retrait d'une vingtaine de fusées IRBM soviétiques sur l'île, avec la capacité de frapper les villes du sud et de l'est des Etats unis), est le fait marquant de la période. Après le retrait des fusées, l'URSS accélèrera la construction de ses fusées stratégiques et surtout, sous Brejnev, celle des sous marins lanceurs d'engin de la classe Typhoon, emportant jusqu'à 60 missiles pourvus de 5 têtes chacun (contre 18 sur les SNLE français de la classe "Redoutable") Dans le même temps, les deux supergrands s’inquiètent de la prolifération de l’arme nucléaire : RU (bombe A en 1951, H en 1957), France (bombe A en 1964, H en 1968), Chine Populaire (bombe A en 1964, bombe H en 1967). Ces petites puissances sont très dangereuses dans l'équilibre de la terreur parce que leurs forces ne leur permettent pas de disposer d'une puissance de réplique crédible: aussi y a t-il,; aux yeus de l'URSS surtout, un risque très grand de voir ces "petites forces" employées en premier, précipitamment si l'on peut dire en raison de la peur de leurs détenteursde se voir privés par une frappe préemptive de cette capacité d'ultime riposte. 1.3) la démultiplication des forces dans les années 70-80 et la "riposte graduée" Conséquence du non emploi en premier, les supergrands comme les "petites" puissances ont voulu en parallèle aux systèmes intercontinentaux stratégiques déployer des armes nucléaires préstratégiques dites "de théatre" (d'opérations) destinées à intervenir en amont de la frappe anticité, et crédibilisant ainsi la détermination de chacun à monter jusqu'aux extrêmes: ces armes , essentiellement anti-forces et non anticités, et destinées à frapper des armées en mouvement ou des lignes arrières -essentiellement en centreEurope- vont s'insérer dans une logique dite de riposte graduée: tu attaques mes intérêts vitaux aux armes conventionnelles, je réponds avec des IRBM (missiles ballistiques à portée intermediaire) sur tes arrières. Tu continues à progresser en détruisant mes arrières aux IRBM, je passe à la bombe à neutron sur tes troupes. Si tu continues encore, je déploie mes systèmes stratégiques anti-cités et c'est l'apocalypse. Côté soviétique, c'étaient les fameuses SS20, capables d'anéantir les installations américaines et les ports d'Europe occidentale en cas de conflit. Côté OTAN, c'étaient les Pershing, destinées à frapper en arrière des lignes russes dans le saillant de Thuringe en RDA, et plus profondément de désorganiser les grandes lignes de communication du pacte de Varsovie au travers de la Pologne (bataille de centre-Europe). S'y ajoutaient les armes dites "tactiques", dite d'ultime avertissement, essentiellement destinées à bloquer des forces en progression sur le théatre centre Europe, sans trop de dégats matériels collatéraux:. C'est par exemple le missile Hadès pour la France, de courte à moyenne portée, susceptible de détruire des forces russes en progression à travers l'Allemagne, et utilisant, notamment, la "bome à neutron", à faible effet de souffle, mais à forte capacité irradiante localement. Cette arme est peu destructrice mais très meurtrière: elle annonce l'imminence du déploiement des ICBM stratégiques. Dernier aspect de cette course, les Etats ont déployé la technique du MIRVage de leurs vecteurs intercontinentaux (Multiple impact reentry vehicle). En effet, les supergrands ont tôt commencé à déployer des armes antimissiles. Pour contrer ce risque et maintenir à leur missile leur force dissuasive, les puissances noucléaires ont donc multiplié les têtes emportées par un missile intercontinental. Celles ci se séparent au moment ou, après une trajectoire exoatmosphérique, elles entament leur rentrée dans l'atmosphère. C'est en effet à ce moment là que, du fait du frottement, la tête du missile devient la plus repérable et donc "facile" à intercepter. La séparation en 2 à 20 charges réduit les espors d'interception. Elle multiplie, à nombre de vecteurs constant, la probabilité de frapper l'adversaire. On arrive ainsi, avec le développement massif des armes de théâtre,
à une élévation du risque d'engagement nucléaire
limité. La crise des euromissiles des années 80, résultant
du déploiement par l'URSS des fusées IRBM SS-20 en Europe
centrale avec, en riposte, la mise en place des fusées Pershing2
par l'OTAN, a constitué le point culminant de cette montée
des arsenaux. Les capacités nucléaires ont par la suite été
réduites par les accords START mais on voit bien ici ( période
81-88) de ce s facilités nucléaires courte (SNF) et moyenne
portée (INF)
Il ne reste aujourd'hui en Europe que moins de 800 charges OTAN, de
faible valeur militaire, mais conservées comme "place holders" pour
pouvoir, en tant que de besoin, redéployer des armes de théatre
sans déroger aux accords START.
1.4) état courant des arsenaux mondiaux Etats-Unis début 1996:
8680 têtes nucléaires
Russie (début 1996): 6781
têtes
forces nucléaires
britanniques : moins de 600
forces nucléaires françaises
: 512 têtes
1.5) détail des systèmes de forces 1.5.1) la dissuasion française Depuis les origines de sa politique de dissuasion la France a maintenu sun arsenal limité. Dès la fin de la guerre froide, elle a renoncé au développement de certains programmes (missiles stratégiques sol-sol S45), et avancé le retrait de deux systèmes (missiles Pluton, bombes AN-52). Puis, elle a révisé à la baisse ses programmes nucléaires, qu'il s'agisse des systèmes mer-sol (SNLE de nouvelle génération), air-sol (Mirage 2000N et ASMP) ou sol-sol (missile Hadès).
-La France disposait en 1995 de 5 sous-marins lance-engins: 4 de type Le Redoutable et 1 de la classe L'Inflexible. La différence entre le nombre de cinq sous-marins et le nombre de missiles (64 au lieu de 80) s'explique par le fait que le CEA n'a produit pour des raisons de coût (2 milliards de FF le lot) que 4 lots de 16 missiles M-4, bientôt remplacé par les missiles M-45 (TN-75) à 6 têtes de 100 Kt très furtives et durcies associées à des aides à la pénétration améliorées. Le Triomphant (SNLE NG) est entré en service actif fin 1996, suivi de 2 autres. Si en 2001, le gouvernement devait refuser la commande prévue à ce moment d'un quatrième SNLE/NG, la France ne disposera plus en permanence en mer que d'un seul SNLE en patrouille, au lieu de deux actuellement. Le missile tactique Pluton n'a pas été remplacé malgrté les voeux de l'armée de Terre de conserver, comme les autres armes, des moyens de destruction massive. Gelé en 1991 par Mitterrand, c'est le 22 février 1996 que le président Chirac annonçait le retrait définitif du missile Hadès pour des raisons financières et géostratégiques. Les Mirage 2000N sous commandement de la Force aérienne stratégique (FAS) sont déployés à Luxeuil dans l'est du pays et à Istres, dans le sud-est. Ils sont armés, comme les Mirage IV et les Super-Etendard, du missile air-sol moyenne portée (ASMP) à tête nucléaire. Quarante-deux ASMP auraient été alloués pour les trois escadrons. Il a été prévu d'augmenter la dotation des trois escadrons de Mirage 2000N en passant de 25 à 30 appareils par unité, constituant dès lors une force stratégique aéroportée de 60 Mirage 2000N. S'y ajoutent 24 Super-Etendard de la marine aménagés pour l'emport de l'ASMP. Enfin le site nucléaire du plateau d'Albion qui coûte quelque 342 millions de FF par an pour la seule maintenance, ne pouvait être modernisé. Sachant que les sous-marins nucléaires lance-engins sont le coeur de la dissuasion nucléaire française, la seconde composante étant l'armement nucléaire air-sol, le plateau a été fermé. 1.5.2. forces américaines missiles enterrés Suite au traité START les USA ont démantelé leurs ICBM Minuteman II et ne conservent que la version III avec une simple mono-tête provenant des MX (en voie de démantèlement suite au Traité START-2) Ces missiles son déployés à Grand Forks (Dakota du Nord) Malmstrom (Montana) Warren (Wyoming), et Minot (Dakota du Nord). L'Air Force Space Command (AFSPACECOM) a étudié la possibilité d'utiliser une partie des Minuteman III dans un rôle conventionnel. Les MX Peacekeeper seront démantelés dans le cadre du Traité START-2. SNLE Les 192 SLBM Trident sont déployés sur 8 sous-marins nucléaires lance-missiles balistiques de la classe Ohio à raison de 24 missiles par submersible (base de Bangor / Etat de Washington) pour la flotte du Pacifique. Au fur et à mesure du déploiement de nouveaux sous-marins Ohio et tenant compte des accords START-2, les Etats-Unis ont organisé le retrait fin 1994 des trois derniers SSBN des classes Franklin et Lafayette. Il est prévu de réduire progressivement la capacité d'emport de 8 à 4 têtes sur chaque missile Trident embarqué sur les Ohio afin de tenir compte du Traité START-2. forces aériennes L'USAF entreprend actuellement de reconvertir
ses bombardiers nucléaires en vecteurs aptes également au
lancement des armements conventionnels principalement pour le tir à
distance. Seul un B-1B a été adapté à l'emport
de 20 missiles de croisière (8 internes et 12 externes). L'USAF
adapte actuellement mais avec difficulté 95 B-1B à des capacités
conventionnelles (GPS, avionique, armement). Les B-1B sont stationnés
à Grand Forks AFB (Dakota du Nord), Ellsworth (Dakota du Sud), Mc
Connell (Kansas) et Dyess (Texas). Sur les 95 appareils, deux sont utilisés
pour les tests aériens. L'avenir reste le bombardier B2. quoique
le nombre projeté soit passé de 132 à 75 puis de 75
à 20, à livrer à la cadence d'un appareil tous les
quatre mois Selon le texte du memorandum sur l'attribution des têtes
nucléaires impliquées dans le Traité START-2, la Russie
et les Etats-Unis ont fixé le nombre de têtes transportées
par avion, soit 20 (B-52H) et 16 (B-1B et B-2). Ce nombre de charges
nucléaires reste théorique. En réalité, les
bombardiers ont une capacité d'emport inférieure dans la
mesure où les stocks en têtes nucléaires sont inférieurs
à la capacité unitaire théorique. En outre, en cas
de vol de pénétration à basse altitude, les exigences
opérationnelles entraîneront une diminution du nombre de bombes
emporté.
1.5.3) forces russes Seule la Russie conserve des forces nucléaires: les autres républiques armées de l'ex URSS ont ratifié le TNP. En Ukraine, les 46 missiles SS-24 (Pervomaysk) et les 130 SS-19 (Pervomaysk et Khmel'Nitskiy) ont été désactivés, et les têtes nucléaires progressivement transférées par train en Russie. Les dernières charges nucléaires, dont les codes ont toujours été aux mains des décideurs politiques russes, seront transférées en Russie fin 1998; Kiev a négocié en 1995 la vente à la Russie des bombardiers stratégiques dont elle disposait en échange de pièces détachées et de combustible. L'Ukraine disposera encore de bombardiers TU-22M Backfire conventionnalisés. Elle a enfin détruit les silos ICBMfin 1999. Toutes les têtes nucléaires stratégiques déployées en Bélarus ont été transférées en Russie fin 1995. Le dernier des 81 missiles SS-25 déployés à Lida et Mozyr a été transféré en Russie le 25 juillet 1995 pour une incorporation dans le potentiel stratégique des forces ICBM russes. Le dernier missile SS-18 a été transféré du Kazakhstan vers la Russie au printemps 1995 et les dernières têtes nucléaires ont suivi le même trajet à la mi-1995. Quant à leurs silos situés à Dezhavinsk et Zhangy-Tobe, ils ont été rendus inutilisables par destruction à l'explosifs. Enfin les derniers bombardiers stationnés au Kazakhstan ont été transférés en Russie début 1994 tout comme les ALCM stockés à Semipalatinsk (la base de test géante, également grand centre de tir). La Russie a ratifié le Traité Start-1 le 4 novembre 1992 mais avait un moment conditionné l'échange des instruments de ratification avec les Etats-Unis à celle des trois autres Etats concernés (Bélarus, Ukraine et Kazakhstan), y compris la ratification du TNP. L'Ukraine a ratifié le Traité Start-1 le 3 février 1994 et le TNP le 16 novembre 1994. Le parlement biélorusse fit de même respectivement le 3 février et le 22 juillet 1993. Le parlement kazakh a ratifié le Traité Start-1 le 2 juillet 1992 et a ratifié le TNP le 14 février 1994. Le nombre de têtes correspond au nombre maximum autorisé par les Traités SALT et START. Certains modèles d'un même type peuvent porter un nombre inférieur de charges nucléaires. Les données chiffrées concernant le nombre de têtes ne tiennent pas compte des stocks de réserve. La puissance énergétique des têtes nucléaires stratégiques de l'ex-URSS ne peut être estimée avec précision. La Russie a cessé de produire de l'uranium militaire et doit fermer ces trois réacteurs plutonigènes d'ici à 1997-1998. missiles enterrés Les 188 missiles SS-18 sont déployés en silos dans 4 complexes différents: Aleysk, Dombarovskiy, Kartaly et Uzhur. Ces missiles sont actuellement progressivement mis à la casse. Les SS-19 sont déployés à Tatishchevo (110 silos) et Kozelsk (60 silos). Les SS-24 sont déployés à Krasnoyarsk (12 lanceurs sur rail), Tatishchevo (10 en silos), Bershet (12 sur rail) et Kostroma (12 sur rail). Ils sont répartis pour 36 unités sur rails et 10 en silos. Actuellement, seule la production de SS-25 est maintenue. Ils sont déployés à Irkutsk, Kansk, Novosibirsk, Yoshkar-Ola, Nizhniy Tagil, Yur'ya, Teykovo et Vypolzovo. Les 180 SS-11, 40 SS-13 et 40 SS-17 ont été désarmées. Le 20 décembre 1994, la Russie a testé sur le site de Plesetsk, dans l'Arctique, un “nouveau” missile ICBM Topol M (code OTAN SS-X-29), variante fixe du missile SS-25, entièrement conçu et produit en Russie alors que les sept types de missiles dé-ployés auparavant en URSS étaient fabriqués essentiellement en Ukraine et conçus par des spécialistes provenant des diverses républiques de la CEI. Selon le plan décennal d'armement nucléaire stratégique, la Russie aurait prévu de ne déployer qu'un seul type d'ICBM, le SS-25 mobile sur route, à hauteur de 900 unités (au lieu des 1.300 autorisées par le traité START). En 2005, les forces nucléaires stratégiques terrestres seront composées du missile mobile monotête sur roues Topol SS-25 (60%) et d'une version en silos (modèle Topol M) à hauteur de 40%. Les SNLE Les sous-marins Yankee-1 armés de missiles
monotêtes ont été tous retirés, tout comme
les Delta I et II. Actuellement, les missiles SLBM sont embarqués
sur 26 sous-marins SSBN de 3 classes (Delta III, IV et Typhoon) répartis
pour 17 dans la Flotte du Nord (péninsule de Kola) et 9 dans la
Flotte du Pacifique (Rybachi). Restent aussi des ICBM embarqués
par 16 à bord de 13 SSBN de la classe Delta III, par 20 à
bord de 6 SSBN de la classe Typhoon, par 16 à bord de 7 SSBN
de la classe Delta IV.
Force aérienne Les bombardiers Blackjack russes partagent leur
temps entre les complexes d'essais de Zhukovsky au sud de Moscou et la
base aérienne Engels près de Saratov. La dimension aérienne
est plutôt réduite en Russie.
2) la nouvelle politique de défense américaine et la NMD 2.1) la défense redevient centrale 2.1.1) un discours politique défensif plus ferme, des moyens renforcés Dans son « discours sur l'Etat de l'Union » dejanvier 1999, le président Clinton a exprimé officiellement la nouvelle position des Etats-Unis : « Alors que nous oeuvrons pour la paix, nous devons également faire face aux menaces contre la sécurité de la nation, notamment celles, croissantes, que font peser les groupes terroristes et les nations hors-la-loi. Nous défendrons notre sécurité chaque fois qu'elle est menacée, comme nous l'avons fait cet été lorsque nous avons frappé le réseau de terreur d'Oussama ben Laden [en Afghanistan et au Soudan]. » L'administration Clinton a dès 99 lancé plusieurs mesures qui semblent conforter la tendance à l'action unilatérale. La plus importante est l'augmentation de 112 milliards de dollars des dépenses militaires dans les six prochaines années : elles devraient ainsi passer de 274 milliards de dollars en l'an 2000 à 331 milliards de dollars en l'an 2005. C'est la première augmentation de ce type depuis le début de la décennie 1980. Le président Bush a poursuivi le mouvement en l'amplifiant, mais pas très sensiblement. Si une partie de ces fonds supplémentaires est allouée à l'augmentation du salaire des militaires et à une intensification de l'entraînement, l'essentiel sera affecté à la modernisation de l'armement. Les dépenses d'acquisition de matériel militaire devraient ainsi passer de 49 milliards de dollars en 1999 à 75 milliards de dollars en 2005 . Tous les services profiteront de cette augmentation, mais c'est la « projection de forces », c'est- à-dire la capacité à se déployer sur n'importe quel théâtre extérieur qui en bénéficiera le plus. Pour renforcer la marine américaine, le Pentagone va acquérir 47 navires de guerre entre 2000 et 2005, parmi lesquels 16 frégates antimissiles, 11 navires de combat amphibies, 5 sous-marins d'attaque et un porte-avions nucléaire. Pour faciliter le transport de soldats vers des théâtres éloignés, l'aviation va commander plusieurs dizaines d'avions-cargos C-17. Et, afin de garantir la supériorité américaine en matière d'information, de communication et de renseignement, le Pentagone va étendre son infrastructure militaire dans l'espace. Le développement d'un système de défense antimissiles (NMD) constitue la deuxième grande mesure annoncée cette année. Alors que M. Clinton n'avait que modestement financé la recherche sur les armes antimissiles, des sommes considérables y seront consacrées : 6,6 milliards de dollars supplémentaires seront alloués à la recherche sur le système de défense nationale antimissiles entre les années 2000 et 2005, soit un total de 10,5 milliards de dollars. Le président Reagan avait, le premier, proposé la mise en place d'un système antimissiles dans l'espace, surnommé « guerre des étoiles » par ses adversaires. La plupart des démocrates, dont M. Clinton, s'étaient déclarés opposés à cette initiative, susceptible de provoquer une riposte de Moscou. Le président semble donc adopter le projet républicain, quitte à sacrifier le traité qui interdit de tels systèmes de défense. Il est en effet peu probable que Moscou accepte cette remise en cause des engagements pris par Washington. Cela pourrait menacer d'autres accords portant sur la réduction des armements stratégiques, notamment les accords Start I et Start II (lequel n'a toujours pas été approuvé par le Parlement russe) . Une troisième décision importante a été annoncée le 22 février 2000 : l'interdiction, pour des raisons de sécurité nationale, de la vente d'un satellite de communications à la Chine. Bien que celui-ci soit destiné à un usage civil (l'extension du réseau de téléphones mobiles en Asie), les experts américains craignaient que les militaires chinois ne l'exploitent, comme dans le passé, à des fins stratégiques. Désormais, la vente de technologie spatiale à Pékin sera soumise à de sévères restrictions. Cela confirme l'opinion assez large au Congrès selon laquelle la Chine et les Etats-Unis sont voués à devenir des adversaires politiques et militaires au cours du prochain siècle. Le président avait jusqu'à présent affirmé que, grâce aux échanges bilatéraux, notamment commerciaux, les relations sino-américaines étaient appelées à s'améliorer. M. Bush hérite donc d'une convergence entre républicains du Congrès et démocrates sur le sujet, symbolisée lors de la précédente législature par le sénateur Sam Nunn (D). Il y a eu des considération de petite politique (profiter de la faiblesse de Clinton en le poussant sur le terrain de la Défense, mais plus profondément, il y a une conviction chez les stratèges américains que l'environnement international devient plus inquiétant. Si, au début des années 90, ils pensaient que l'avenir serait plus dégagé et les problèmes d'instabilité réglés par des négociations internationales, cet optimisme s'est dissipé. M. George Tenet, directeur de la Central Intelligence Agency (CIA), a reflété cette appréhension le 2 février 99 devant le Congrès : « Dans ce dernier bilan du XXe siècle, je dois vous dire que les citoyens américains ainsi que leurs intérêts sont menacés sur de nombreux fronts. » Ces menaces auraient pour origine le terrorisme et les conflits régionaux, mais aussi les nouvelles données de la situation internationale, notamment « le fait que des pays hostiles aux Etats-Unis disposent de plus en plus largement d'une technologie avancée qu'ils utilisent avec facilité et rapidité ». Une telle perception influence la politique américaine depuis maintenant 2 ans. D'une part, elle pousse les Etats-Unis à s'alarmer de toute action des autres puissances, particulièrement la Russie ou la Chine. D'autre part, elle conduit les Américains à s'en remettre à leurs seules forces armées plutôt qu'aux institutions internationales pour défendre leurs intérêts à l'étranger. D'où, comme on l'a vu, l'augmentation du budget militaire, l'élaboration d'un système de défense nationale antimissiles et le refus de vendre à la Chine des technologies avancées. 2.1.2) une doctrine militaire en pleine évolution Cette conception commence aussi à façonner la doctrine militaire des Etats-Unis. Alors que leur stratégie mettait l'accent sur la préparation d'une « guerre de coalition », c'est-à-dire la participation des forces américaines à des opérations militaires multilatérales, elle se concentre maintenant sur un recours unilatéral aux forces nationales. Le département de la défense a d'ailleurs expliqué dans son rapport annuel de 1999 : « En tant que seule nation capable de mener des opérations à grande échelle intégrées [c'est-à-dire polyvalentes] sur des théâtres très éloignés de ses frontières, les Etats-Unis occupent une position unique (...). Pour conserver leur suprématie, les Etats-Unis doivent entretenir des forces toujours prêtes à intervenir, polyvalentes et capables de mener une vaste gamme d'opérations et d'activités militaires. » Pour le rapport annuel 1999 du Department of Defense, les Etats-Unis doivent être capables de projeter leurs forces armées dans les régions en conflit et d'y surmonter toute forme de résistance. Cette capacité « permet aux Etats-Unis de maîtriser [les crises étrangères] et d'y répondre même lorsqu'ils n'ont pas de présence permanente dans la région et n'y disposent que d'une infrastructure limitée ». Le ministère de la défense semble par ailleurs déterminé à assurer indéfiniment la supériorité américaine sur tous les adversaires potentiels. A cet effet, le Pentagone s'apprête à investir au cours des cinq prochaines années plusieurs milliards de dollars dans le développement des technologies militaires avancées, tels les nouveaux armements et les systèmes de surveillance. Une telle dépense serait « essentielle pour s'assurer que les forces de demain continueront à dominer tout l'éventail des opérations militaires (meme source) ». Tels sont les principes sur lesquels s'appuie l'actuel développement militaire américain et dont tous les aspects - acquisition de nouveaux navires de guerre et d'avions-cargos, importance accordée à la projection des forces dans les régions en crise ainsi que mise au point de nouveaux armements et systèmes de surveillance - doivent renforcer la capacité de l'Amérique à conduire à l'échelle mondiale des opérations militaires de forte intensité. Puissance mondiale ayant partout des intérêts économiques à défendre, les Etats- Unis se jugent directement concernés par le maintien d'une « stabilité » planétaire qu'ils sont les seuls à pouvoir garantir. La maison blanche estime depuis 2 ans, et c'est nouveau, quil faut utiliser les forces armées chaque fois que des "intérêts supérieurs américains" sont en jeu. Dans un passé récent, aucun président américain n'avait exposé une conception aussi ambitieuse. Les Etats-Unis semblent ainsi avoir pris une nouvelle orientation dans leur politique internationale. On comprend mieux l'ampleur de l'action sur les Balkans, la constance de la pression sur l'Irak. 2.2) un projet stratégique:
la NMD
2.2.1) contexte général Le lancement du programme de défense du territoire de Etats-Unis contre les missiles balistiques est maintenant acquis. Il consacre l'effort du programme de défense antimissiles du territoire (National Missile Defense - NMD), engagé depuis plusieurs années déjà. L'administrationClinton, fortement poussée par le Congrès, avait relancé ce programme à la suite, notamment, du constat établi en juillet 1998 par une commission indépendante, présidée par l'ancien secrétaire d'Etat à la défense Rumsfeld, soulignant l'émergence, à brève échéance, de menaces nouvelles liées à la prolifération balistique. Le tir d'un engin balistique par la Corée du Nord, le 31 août 1998, venait donner corps aux conclusions de cette commission et replaçait la défense antimissiles au coeur du débat sur la politique de défense aux Etats-Unis. Quelques mois plus tard, le Congrès approuvait à une très large majorité le National Missile Defense Act du 22 juillet 1999, stipulant que serait déployé, aussitôt que techniquement possible, un système de défense antimissiles destiné à protéger le territoire national américain d'une frappe balistique limitée. Ce programme a complété la phase préliminaire d'analyse stratégique, financière et technique. Par ses ambitions -répondre à une frappe balistique limitée- ses caractéristiques techniques -l'utilisation d'intercepteurs terrestres- et son coût financier, de l'ordre de 60 milliards de dollars sur quinze ans, le programme de défense antimissiles du territoire se distingue nettement des projets imaginés au cours des années 1980, dans le cadre de l'initiative de défense stratégique (IDS). Il possède des éléments de parenté avec les systèmes de défense antimissiles de théâtre (Theater Missile Defense - TMD) couvrant des zones plus réduites et dont le développement a déjà atteint un stade relativement avancé. En dépit des débats sur la maturité technologique du programme ou sur son impact budgétaire, le principe de la défense antimissiles du territoire recueille aux Etats-Unis un large assentiment, fondé sur une sensibilité particulière aux risques liés à la prolifération balistique, particulièrement du fait des " Etats parias " (rogue states), dont la sensibilité à la logique de la dissuasion, qu'elle soit conventionnelle ou nucléaire, suscite des doutes ou des interrogations. Au moment où les Etats-Unis se voient reprocher une certaine distance à l'égard des démarches multilatérales visant à renforcer la sécurité internationale -on pense, en particulier, au refus du Sénat d'approuver le traité d'interdiction complète des essais nucléaires- la détermination affichée par les autorités américaines pour mener à bien le programme de défense antimissiles du territoire alimente un vif débat international. Il apparaît en premier lieu que le déploiement de la NMD contreviendrait aux dispositions du traité américano-russe ABM (Anti-Ballistic Missiles) de 1972, pièce majeure pour la stabilité stratégique internationale, qui impose aux deux parties une stricte limitation de leurs systèmes de défense antimissiles et que la Russie se refuse pour le moment à renégocier. Deuxièmement, de nombreux commentateurs voient dans la NMD un facteur de relance de la course aux armements et de blocage des discussions multilatérales sur le désarmement et la non-prolifération. Un débat se développe au sujet des incidences des programmes de défense antimissiles sur les équilibres stratégiques dans les zones directement concernées par la prolifération balistique, à savoir le Moyen-Orient et l'Asie. Ce projet suscite également des interrogations au sein de l'Otan où la question de la défense contre les missiles balistiques pourrait, à l'avenir, se poser plus ouvertement et créer certaines divergences entre alliés. Il faut examiner trois choses: - quels sont les principaux aspects du programme NMD en le resituant dans l'ensemble des programmes de défense antimissiles menés depuis plusieurs années aux Etats-Unis et en analysant les différents enjeux politiques, militaires et industriels qui en font aujourd'hui un nouvel impératif politiquepour la défense américaine ; - Qulles sont les implications stratégiques de ce programme sur le dialogue américano-russe, la politique de désarmement et de lutte contre la prolifération, les équilibres régionaux et l'Alliance atlantique ; - Quelles sont ses conséquences pour la France, au regard de sa doctrine militaire et de ses positions en matière de désarmement, mais aussi de ses propres réflexions en matière de défense antimissiles. 2.2.2.) la NMD dans la politique de défense américaine La défense contre les missiles balistiques est loin de constituer une préoccupation récente aux Etats-Unis puisque les recherches et les projets se succèdent depuis plus de quarante ans. 122 milliards de dollars y ont été consacrés, dont 60 pour l'IDS de Reagan. Par ses ambitions, ses implications technologiques et son coût, laNational Missile Defense (NMD) diffère cependant très sensiblement de l'Initiative de Défense Stratégique lancée en 1983 par le Président Reagan. Elle se veut plus limitée dans ses objectifs et donc plus réaliste quant à ses perspectives de mise en oeuvre effective. Les missiles balistiques constituent les vecteurs privilégiés des armes de destruction massive, nucléaires, bactériologiques ou chimiques, et se caractérisent par leur capacité de frappe à distance très supérieure à celle d'un avion ou d'un missile de croisière grâce à leur vitesse très élevée (de 1 à 5 kilomètres par seconde), qui permet une durée de vol extrêmement brève, et à leur trajectoire, qui se déroule en majeure partie dans l'espace exoatmosphérique, à une altitude comprise entre 100 et 1 000 km. La défense contre les missiles balistiques exige donc des propriétés très différentes de celle contre les avions ou les missiles de croisière, puisqu'il s'agit d'être en mesure, dans des délais très brefs, de détecter, de suivre puis d'intercepter des cibles extrêmement rapides, qui peuvent de surcroît se disperser lors de leur rentrée dans l'atmosphère. Les Etats-Unis, comme l'Union soviétique, s'étaient depuis longtemps préoccupés de mettre au point des systèmes de défense antimissiles qui sont toutefois rapidement apparus d'un intérêt restreint face à des arsenaux nucléaires très développés, puis ont été sérieusement limités dans le cadre de la doctrine de la " destruction mutuelle assurée ". La prolifération balistique, touchant des Etats envers lesquels la dissuasion nucléaire n'apparaissait pas aussi déterminante, a relancé l'intérêt de ces programmes. Amorcées aux lendemains de la seconde guerre mondiale, après que l'Allemagne eut lancé ses missiles V2, les recherches sur la défense antimissiles aux Etats-Unis ont été activées à partir de 1957. C'est en effet au cours de cette année, qui vit également le lancement par les Soviétiques du satellite Spoutnik, que fut lancé le programme de défense antimissiles Nike Zeus, devenu quelques années plus tard Nike X, et destiné à tenter de répondre à la menace provenant d'un arsenal nucléaire soviétique en rapide progression. Ce projet est abandonné en 1964 pour des raisons tant technologiques que financières. Le programme de défense antimissiles sera repris à partir de 1967 avec le projet Sentinel du Président Johnson, présenté comme devant protéger le territoire américain d'une attaque chinoise. Alors qu'à partir de 1966 les Soviétiques commencent à déployer leurs propres défenses antimissiles autour de Moscou, le Président Nixon réoriente en 1969 le programme Sentinel, rebaptisé Safeguard, en vue de défendre les silos de missiles stratégiques américains. Le déploiement n'est alors envisagé que sur deux sites de lancement. La signature, le 26 mai 1972, du traité ABM (Anti-Ballistic Missiles) entre la Russie et les Etats-Unis marque une étape très importante dans l'évolution des programmes de défense antimissiles. Conscients des risques liés au développement parallèle des défenses antimissiles et des arsenaux nucléaires, les deux parties s'engagent à renoncer à une protection globalede leur territoire ou d'une région particulière de ce territoire, seuls deux sites de défense ABM étant autorisés, l'un pour la protection de la capitale, l'autre pour celle d'une base de missiles sol-sol, ces systèmes de défense ne pouvant par ailleurs être basés en mer, dans l'air, dans l'espace ou sur des plates-formes terrestres mobiles. En 1974, un protocole additionnel réduira le nombre de sites autorisés de deux à un seul pour chacune des parties. Sur cette base, les Soviétiques ont mis en oeuvre un système de défense antimissiles balistiques autour de Moscou reposant sur un réseau de satellites d'alerte, plusieurs radars et un ensemble d'intercepteurs dotés de charges nucléaires. Les Etats-Unis avaient, pour leur part, commencé à déployer, à partir de 1975, leur système Safeguard sur le site de Grand Forks (Dakota du Nord) abritant des silos de missiles sol-sol intercontinentaux. Toutefois, les doutes pesant sur l'efficacité du système face aux missiles soviétiques à têtes multiples et l'analyse des effets que produirait la détonation des charges nucléaires de l'intercepteur comme du missile intercepté conduisent le gouvernement américain à décider l'abandon du projet en janvier 1976. Il faut attendre le discours dit de la " guerre des étoiles ", prononcé le 23 mars 1983 par le Président Reagan, pour voir spectaculairement relancé le thème de la défense antimissiles du territoire américain. En présentant l'Initiative de défense stratégique (IDS), le Président Reagan remettait en cause la notion de " destruction mutuelle assurée ", qui fondait la doctrine de dissuasion nucléaire, et proposait un bouclier spatial qui rendrait les armes nucléaires " impuissantes et obsolètes ". L'IDS avait en effet pour ambition de protéger les Etats-Unis d'une attaque massive de plusieurs milliers de têtes nucléaires soviétiques. En janvier 1984 était créée l'Organisation pour l'initiative de défense stratégique (SDIO) en vue de rassembler et de regrouper tous les programmes de recherche menés par le département de la Défense. Il est difficile de décrire précisément les systèmes envisagés dans le cadre de l'IDS tant ont été rassemblés sous cette appellation un grand nombre de programmes de défense antimissiles. Le concept de déploiement défini en 1988 prévoyait une première phase censée parer l'attaque de la moitié des missiles SS-18 soviétiques, grâce à divers types de capteurs à terre ou dans l'espace et à deux types d'intercepteurs, l'un basé à terre et l'autre dans l'espace (Brillant Pebble). Le système devait ultérieurement être complété par d'autres capteurs ainsi que par plusieurs autres moyens de destruction des missiles ennemis, notamment un laser spatial, un laser basé à terre et un canon à très haute vitesse. L'IDS marque une étape importante dans les programmes américains de défense antimissiles avec l'abandon du concept d'interception indirecte par des missiles dotés de têtes explosives, à l'instar des défenes ABM déployées autour de Moscou pourvues de charges nucléaires, et le choix de techniques d'interception directe par collision (concept hit to kill) exigeant un degré de précision beaucoup plus élevé. Caractérisée par l'utilisation de technologies spatiales et la recherche d'une destruction précoce des missiles durant leur phase de propulsion, l'IDS a constitué un important moyen de pression américain sur l'Union soviétique en vue de la conduire à négocier dans le domaine du désarmement. Plus de 26 milliards de dollars auraient été consacrés, dans le cadre de l'IDS, à des programmes de recherche dont les retombées, dans le domaine de la défense antimissiles comme dans d'autres secteurs technologiques, ont été très conséquentes. Dans un discours prononcé le 29 janvier 1991, le Président Bush, tirant les conséquences de l'évolution du contexte stratégique et des évaluations menées par la SDIO, annonçait la fin de l'IDS et le lancement d'un nouveau programme axé sur la défense contre une frappe balistique limitée, accidentelle ou non autorisée. Le programme GPALS (Global Protection Against Limited Strikes) devait permettre de répondre à une menace de 200 têtes nucléaires. Composé, dans sa configuration initiale, de 750 intercepteurs basés à terre sur le site de Grand Forks, de 1 000 intercepeurs basés dans l'espace, de satellites d'alerte et de radars, ce système devait protéger l'ensemble des Etats-Unis, y compris Hawaï et l'Alaska. Tout en comportant des éléments spatiaux pour la surveillance et les communications, le programme s'éloignait toutefois du concept de bouclier spatial et reposait plus largement sur une défense basée à terre. En 1991 toujours, le Congrès adoptait le Missile Defense Act qui entérinait l'idée d'une défense circonscrite à la protection des Etats-Unis contre des frappes balistiques limitées et fixant des objectifs dans trois secteurs différents : - la défense antimissiles de théâtre (Theater Missile Defense - TMD), - la défense nationale antimissiles (National Missile Defense - NMD), - la recherche sur les intercepteurs spatiaux de destruction par énergie cinétique ou rayonnement dirigé (programme Brillant Pebbles). La loi préconisait cependant une renégociation du traité ABM afin de préserver la stabilité stratégique. L'élection du Président Clinton marque, dans un premier temps, une rupture assez nette, les négociations entreprises avec la Russie pour redéfinir le traité ABM et permettre le déploiement du système GPALS étant abandonnées et la priorité étant donnée à la défense contre les missiles de théâtre (TMD). Au demeurant, en mai 1993, la SDIO, créée par l'administration républicaine, est transformée en Ballistic Missile Defense Organisation (BMDO), signifiant que les préoccupations stratégiques passaient au second plan après la défense contre les missiles à courte portée susceptibles de frapper les troupes américaines engagées sur les théâtres extérieurs ou des alliés des Etats-Unis, notamment en Asie et au Moyen-Orient. La National Missile Defense (NMD) entre alors dans une phase de veille technologique, les objectifs de déploiement étant abandonnés. 2.2.3. Les aspects "défense de théatre" dans la NMD Dans une conférence de presse prononcée en mai 1993, le Secrétaire d'Etat américain à la défense, M. Aspin, déclarait : " ... nous n'avons plus besoin de l'important programme d'armes spatiales que prévoyait Ronald Reagan. Saddam Hussein et les missiles Scud nous ont montré qu'il nous fallait une défense contre les missiles balistiques pour nos forces sur le terrain. Cette menace est immédiate... C'est pourquoi nous avons fait de la défense contre les missiles balistiques de théâtre notre priorité absolue, afin de gérer les nouveaux dangers de l'après-guerre froide et du monde post-soviétique. " L'appellation défense antimissiles de théâtre (TMD) recouvre plusieurs types de systèmes susceptibles de protéger des zones de rayon variable. On distingue schématiquement la défense de point, destinée à protéger des unités ou des aires de superficie limitée, et la défense de zone, protégeant des régions plus vastes et exigeant de ce fait des moyens spécifiquement destinés à la menace balistique. L'étendue de la superficie protégée dépend de l'altitude d'interception qui elle-même conditionne le type de systèmes à mettre en oeuvre. Sont ainsi développés des systèmes dit " couche basse ", voués à la protection des points sensibles, et des systèmes dits " couche haute " couvrant des zones plus larges. Dans les deux types de système, on compte des composantes terrestres et navales, le concept d'opération prévoyant une combinaison des différents systèmes et de leurs composantes en fonction de l'objectif recherché. Les Etats-Unis sont aujourd'hui de loin le pays le plus engagé dans les programmes de défense antimissiles de théâtre, même si la Russie, avec le missile S-300, Israël avec l'Arrow, mené en coopération étroite avec les Américains et déployé depuis quelques mois ou encore la France et l'Italie, avec la perspective d'une capacité antibalistique sur le missile Aster, ont développé de tels systèmes. Destinés à la défense de point, les systèmes antimissiles de théâtre " couche basse " (lower tier) ne font pas obligatoirement appel à des innovations technologiques majeures et peuvent dériver de systèmes sol-air moyenne portée conçus pour la défense antiaérienne. L'utilisation du Patriot PAC-2 en Israël et en Arabie Saoudite contre les missiles irakiens Scud fait aujourd'hui l'objet d'une évaluation sévère. Une analyse du General Accounting Office considère que 9 % seulement des interceptions tentées peuvent véritablement être considérées comme ayant atteint leur buta) Les systèmes " couche basse " : Patriot, MEADS et Navy Area Defense System Trois systèmes de défense de point " couche basse " sont aujourd'hui en développement : le Patriot PAC-3, le MEADS et la Navy Area Defense System. Le Patriot Advanced Capability-3 (PAC-3) développé par l'armée de terre, dont le déploiement doit s'échelonner d'ici 2001, diffère très substantiellement, dans sa conception, du PAC-2 et repose sur un ensemble radar de surveillance et de poursuite de l'objectif, une station de contrôle de l'engagement assurant la conduite du tir, des rampes de lancement mobiles et un intercepteur par collision directe. Le PAC-3 a pour mission d'intercepter des missiles balistiques tactiques comme des missiles de croisière. Il vise de nombreux marchés à l'exportation, en particulier aux Pays-Bas, en Allemagne et en Grèce, d'autres pays comme Taïwan, la Corée ou certains Etats du Golfe ayant également manifesté leur intérêt. Les Etats-Unis souhaiteraient faire du Patriot PAC-3 le système de référence en matière de défense aérienne élargie. Il pourrait constituer l'élément central du système de défense élargi à moyenne altitude MEADS (Medium Exended Air Defense System). Le programme MEADS a été lancé en 1995 à la suite d'un mémorandum d'entente signé par l'Allemagne, la France, l'Italie et les Etats-Unis, dans le cadre d'une agence OTAN chargée de gérer la coopération. Ce programme, dont la France s'est très rapidement retirée, a pour but de défendre troupes et installations contre toute une gamme de menaces : missiles balistiques tactiques, missiles de croisière et avions. Il s'agit en quelque sorte de combler le vide existant entre les systèmes portatifs contre aéronefs (tels que le Stinger) et les niveaux plus élevés de défense antimissiles. Système mobile monté sur véhicule et conçu pour offrir une couverture à 360° défendant une zone d'un rayon de 8 à 10 km, il semble devoir se résoudre à une évolution du PAC-3, qu'il pourrait remplacer à terme, tout comme les missiles Hawk mis en oeuvre par le Marine Corps. La mise en service opérationnelle n'est pas envisagée avant 2009. Le système naval de défense (Navy Area Defense System) est un autre système de défense dans la couche basse de l'atmosphère comparable au PAC-3 qui sera intégré aux croiseurs et destroyers Aegis de l'US Navy. Les systèmes de TMD " couche haute " (Upper tier) sont destinés à intercepter les missiles dans la haute atmosphère, ou hors de l'atmosphère à mi-course ou en début de phase descendante. Ils permettent de défendre des zones dont le rayon est compris entre une centaine et quelques centaines de kilomètres.b) Les systèmes " couche haute " : les programmes THAAD et NTW Le programme de défense ponctuelle de théâtre à haute altitude (Theater High Altitude Area Defense - THAAD), réalisé par l'armée de terre, est destiné à constituer le niveau supérieur d'un système de défense contre les missiles de théâtre basé à terre. Il repose sur quatre éléments : des lanceurs montés sur camion, des intercepteurs dotés d'un vecteur de destruction par énergie cinétique, lui-même pourvu d'un guideur infrarouge pour la phase finale d'interception, un système radar assurant la surveillance, la poursuite de l'objectif, la conduite de tir et la communication avec l'intercepteur en vol et enfin un système de commandement et de conduite des opérations destiné au traitement des données et à la formulation des instructions. Après un début difficile, marqué par l'échec de nombreux essais d'interception, le THAAD a réussi pour la première fois à détruire, suite à un coup direct, une cible simulant un missile Scud le 10 juin 1999. Après un autre essai réussi au mois d'août, le programme confié à Lockheed-Martin, est entré en phase de développement pour un déploiement prévu en 2007. Le système opérationnel tactique de la Marine (Navy Theater Wide - NTW) vise pour sa part à permettre, à partir de plates-formes navales, une interception de missiles aux différentes phases de sa trajectoire. Il s'agit d'une adaptation aux besoin " couche haute " du système Navy Area prévu pour la " couche basse ". Il est développé depuis 1999 avec le Japon pour les travaux de recherche. Cet accord est généralement considéré comme témoignant de l'intérêt du Japon pour une défense antimissiles de théâtre " couche haute ", particulièrement depuis le tir nord-coréen d'août 1998. Il convient également de mentionner le programme Arrow mené en coopération par les Etats-Unis et Israël, qui est destiné à l'interception de missiles balistiques tactiques. Lancé à partir d'un véhicule mobile, il est opérationnel depuis cette année dans l'armée israélienne. Alors que la quasi-totalité des programmes de défense antimissiles reposent sur des intercepteurs à énergie cinétique, les Etats-Unis conduisent également des programmes de recherche sur l'utilisation de la technologie laser pour détruire les missiles assaillants.Le système laser aéroporté (Air Borne Laser-ABL)développé par l'US Air Force est conçu pour frapper le missile assaillant durant sa phase de lancement. Il s'agirait d'équiper sept Boeing 747 d'un laser à haute énergie d'ici 2006. L'ABL permettra d'attaquer des missiles de 300 km de portée à partir d'un avion volant à 12 000 mètres. Deux autres systèmes laser sont en outre à l'étude : le système laser tactique à haute énergie (THEL), étudié dans le cadre d'une coopération américano-israélienne et destiné à détruire des objectifs à courte et moyenne portée, et le système de laser spatial (Spatial Based Laser - SBL), mis en oeuvre à partir d'une constellation de satellites afin de détruire tous types de missiles de théâtre. Destinés à intercepter le missile adverse durant sa phase de propulsion, ces systèmes lasers seraient à même de neutraliser tout tir de missile balistique quelle que soit sa cible. Sont par ailleurs développés des programmes de satellites d'alerte et de radar concernant à la fois la défense de théâtre (TMD) et la défense du territoire américain (NMD).c) Les systèmes complémentaires : les lasers aéroportés ou spatiaux 2.2.4. la nouveauté de la NMD: la défense du TERRITOIRE Le Congrès, aiguillonné par sa majorité républicaine, a été au coeur de la relance du projet de défense nationale antimissile à partir de 1998. Quelque peu délaissé par la nouvelle administration démocrate installée en 1993, le thème de la défense nationale antimissile a été rapidement repris au Congrès après l'arrivée d'une majorité républicaine, tant au Sénat qu'à la Chambre des Représentants, à l'issue des élections de 1994.a) Le rapport " Rumsfeld " et le tir d'un missile nord-coréen : un tournant décisif dans la volonté de protection contre la menace balistique Historiquement attachés à l'édification d'une défense antimissiles, nombre de Républicains voient dans d'éventuelles défaillances du système de contrôle des armes stratégiques russes et surtout dans le développement de la prolifération balistique de nouveaux arguments en faveur de l'investissement dans de tels programmes. Dès 1995, plusieurs initiatives parlementaires émanant du camp républicain sont prises au Congrès en vue du déploiement, à partir de 2003, d'un système de défense nationale antimissile reposant sur plusieurs sites de lancement terrestres. Si elles n'aboutissent pas, ces initiatives conduisent néanmoins l'administration à majorer les crédits alloués aux programmes de recherche de la BMDO. La pression croissante du Congrès contraindra en 1996 l'administration Clinton à se rallier à un compromis envisageant dans un premier temps le déploiement, à l'horizon 2003, de 20 intercepteurs terrestres destinés à stopper la frappe limitée de " rogue states " ou un tir accidentel russe. Baptisé " trois plus trois ", ce plan prévoyait une première phase de trois ans consacrée aux études et aux essais devant permettre de passer, en cas de conclusions positives, à une seconde phase de trois ans préalable au déploiement. L'idée était alors d'évaluer chaque année, à partir de 2000, l'opportunité d'un déploiement qui aurait pu intervenir en trois ans seulement. Deux événements majeurs survenus en 1998 vont remettre en cause ce compromis et amplifier la pression politique en faveur de la NMD. Au mois de juillet 1998, une commission bipartisane mise en place par le Congrès et présidée par M. Donald Rumsfeld, ancien Secrétaire d'Etat à la Défense du Président Ford, remettait ses conclusions sur l'évaluation de la menace balistique à l'encontre des Etats-Unis. Contrairement aux estimations des services de renseignement, qui écartaient toute concrétisation de la menace avant 2010, la commission Rumsfeld déclarait que des " rogue states " comme l'Iran et la Corée du Nord avaient la capacité de déployer dans un délai de cinq ans des missiles balistiques à longue portée et de les mettre en oeuvre en ne laissant aux Etats Unis qu'un faible préavis d'alerte. Présentée quelques semaines seulement après les essais nucléaires indiens et pakistanais, l'analyse de la commission Rumsfeld s'est trouvée immédiatement crédibilisée par le tir d'un engin balistique nord-coréen à trois étages, de type Taepo Dong 1, le 31 août 1998. Renforçant les avocats d'un protection contre la menace balistique, ces événements ont entraîné une double réaction. Le 20 janvier 1999, le Secrétaire d'Etat à la défense, M. William Cohen, redéfinissait la position de l'administration sur le programme NMD. A la suite de l'expertise technique conduite sous l'égide d'un groupe présidé par le général Welch, l'objectif de déploiement était repoussé de 2003 à 2005. En revanche, le programme passait en phase de développement et d'acquisition et se voyait doté de financements supplémentaires, le budget initial de 4,9 milliards de dollars pour la période 1997-2003 étant porté à 10,5 milliards de dollars pour la période 1999-2005. Parallèlement, le Congrès adoptait à une écrasante majorité (97 voix contre 3 au Sénat et 345 voix contre 71 à la Chambre des Représentants) le National Missile Defense Actprévoyant que serait déployé, aussitôt que technologiquement possible, un système de défense antimissile destiné à protéger le territoire national américain d'une frappe balistique limitée, qu'elle soit accidentelle, non autorisée ou délibérée. La Maison-Blanche renonçait à opposer son veto en échange de l'adoption de deux amendements démocrates, l'un mentionnant la nécessité de ne pas nuire aux négociations de désarmement et l'autre assujettissant le programme aux autorisations budgétaires annuelles. Ainsi étaient définies de nouvelles bases pour la mise en oeuvre du programme NMD. En signant le National Missile Defense Act le 23 juillet 1999, le Président Clinton définissait les quatre critères sur lesquels il fonderait sa décision de déployer ou non le système de défense antimissile :b) Les nouvelles échéances du programme NMD - l'évaluation de la menace, - la faisabilité technologique du système, - son coût, - et divers éléments de sécurité nationale tels que l'impact de la NMD sur le contrôle des armements, les relations avec les alliés européens ou du Pacifique, les relations avec la Russie et la Chine et les autres objectifs de non-prolifération des Etats-Unis. Le programme NMD se trouve actuellement dans une phase préliminaire au cours de laquelle ont été prévus trois essais d'interception d'un missile balistique. Le premier de ces trois essais, réalisé
le 3 octobre 1999, a été concluant puisque le véhicule
d'interception terminal
(extra atmospheric kill vehicule - EKV)
destiné à équiper l'intercepteur, lancé depuis
les îles Marshall dans l'Océan Pacifique, est parvenu à
intercepter et à détruire par impact direct la tête
militaire d'un missile intercontinental
Minuteman tiré à
quelque 7 000 km de là depuis la base de Vandenberg en Californie.
En revanche, l'interception a échoué au cours du deuxième
essai conduit le 18 janvier 2000, semble-t-il en raison d'une défaillance
du système autodirecteur infrarouge de l'EKV, quelques secondes
avant qu'il n'atteigne sa cible. Un troisième essai, initialement
programmé au printemps, puis repoussé à deux reprises,
est actuellement prévu poua été réalisé
avec succès le 7 juillet 2000. Il s'agissait du premier essai
intégrant l'ensemble des éléments du système,
le lanceur demeurant toutefois un modèle de substitution. A présent,
on entre dans la phase des essais réels.
c) des objectifs modérés et une menace limitée mais nouvelle
A l'appui de son programme de NMD, l'administration américaine évoque la montée du danger représenté par les " rogue states " tels que la Corée du Nord ou l'Iran qui seraient capables, au cours de la présente décennie, de mettre au point des missiles balistiques intercontinentaux susceptibles de frapper le territoire des Etats-Unis en délivrant des armes de destruction massive, nucléaires, biologiques ou chimiques. S'agissant de la Corée du Nord, l'administration considère que bien qu'infructueuse, la tentative, le 31 août 1998, de placer un satellite en orbite à partir du tir d'un missile à trois étages Taepo Dong 1, est révélatrice des progrès accomplis par ce pays en matière de missiles à longue portée, notamment en ce qui concerne la séparation des différents étages et les technologies de guidage et de contrôle. Elle s'appuie sur le rapport du National Intelligence Council réalisé en septembre 1999 selon lequel, transformé en missile balistique intercontinental, le Taepo Dong 1 pourrait délivrer à l'encontre des Etats-Unis une charge militaire légère, insuffisante pour porter une arme nucléaire mais adaptée à une charge radioactive ou chimique de quelques kilogrammes. Selon le même rapport, le Taepo Dong 2, doté d'une portée de 3 500 à 5 500 km, pourrait être prochainement testé, probablement dans les premiers temps comme lanceur d'un véhicule spatial. Un Taepo Dong 2 à deux étages pourrait atteindre l'Alaska et Hawaï avec une charge de plusieurs centaines de kilogrammes, et la moitié ouest des Etats-Unis avec une charge plus légère. Le même missile, doté de trois étages, pourrait atteindre n'importe quel point des Etats-Unis en portant une charge de plusieurs centaines de kilogrammes, c'est-à-dire potentiellement nucléaire. L'administration estime que ces capacités pourraient devenir effectives à partir du milieu de la décennie. Elle souligne les moyens dont dispose la Corée du Nord en matière d'armes chimiques et biologiques et considère que l'arrêt des capacités de production actuelles sur le site de Yong Byong depuis 1995 ne garantit pas qu'elle ne pourrait construire une ou deux armes nucléaires à partir de matières extraites précédemment, bien que cette dernière hypothèse n'ait pas été non plus démontrée. Toujours selon les mêmes analyses de renseignement, l'Iran poursuivrait son programme balistique avec l'aide de technologies nord-coréennes et russes. Après avoir testé le Shahab 3 d'une portée de 1 300 kilomètres, l'Iran pourrait ainsi être dotée, avec le Shahab 4, d'un missile de portée intermédiaire (2 000 km) vers 2002-2004 puis, avec le Shahab 5, d'un missile intercontinental (3 000 à 5 500 km de portée) dans la seconde moitié de la décennie (2005-2008). Le développement de la portée de ces missiles pourrait être envisageable avec une forte assistance étrangère. Dans l'esprit de l'administration, le développement des capacités de ces deux pays, ainsi que celles de l'Irak ou de la Libye, induit un risque pour l'intégrité du territoire américain, ces Etats risquant d'être moins sensibles au jeu traditionnel de la dissuasion que ne l'était l'Union soviétique et susceptibles de ne pas s'attacher aux dommages qu'ils subiraient en retour s'ils attaquaient les Etats-Unis. Ces derniers pourraient alors faire l'objet d'un chantage, l'éventualité d'une frappe balistique sur leur territoire pouvant par exemple servir de moyen de pression pour stopper leur intervention dans un conflit régional, en Asie ou au Moyen-Orient. Telle qu'envisagée par l'actuelle administration, la NMD est fondamentalement limitée dans ses capacités, puisqu'il s'agit de stopper une attaque de quelques dizaines de têtes tout au plus lancées par un " rogue state ". Les capacités du système se situent en effet nettement en dessous de la dimension des arsenaux russe, britannique et français. Tel n'est pas le cas pour l'arsenal intercontinental chinois, doté de 20 têtes nucléaires, mais la NMD n'a pas officiellement vocation à parer une attaque d'une puissance nucléaire reconnue, scénario qui entre dans le cadre du schéma classique de la dissuasion. De même, l'hypothèse d'un tir accidentel d'un missile russe n'est plus officiellement évoquée. Limitée par le nombre de têtes qu'elle peut intercepter, la NMD se voit néanmoins assigner la protection de la totalité du territoire américain, c'est-à-dire des 50 Etats, Alaska et Hawaï compris, cet objectif impliquant des contraintes spécifiques en matière de localisation des sites de lancement. EVOLUTION DES PROGRAMMES
2.2.5. Les composantes du programme NMD : des technologies éprouvées Tel qu'actuellement envisagée, l'architecture de la National Missile Defense reposerait sur cinq composantes : des radars d'alerte rapide, un radar à large bande (dit à " bande X "), une constellation de satellites de surveillance et des intercepteurs basés au sol.a) Architecture du système et principe de fonctionnement Les Etats-Unis utilisent actuellement 5 grands radars d'alerte rapide disposés sur leur territoire ou dans des pays étrangers, afin de déceler les tirs de missiles balistiques. Ces radars, situés en Alaska, au Massachusetts, en Californie, à Thulé au Groenland et à Fylingdales au Royaume-Uni (Yorkshire) seront améliorés afin de pouvoir repérer les têtes assaillantes de manière suffisamment précise pour guider les intercepteurs. Les 5 radars d'alerte rapide améliorés (Upgraded Early Warning Radars) auront donc pour mission de détecter et de suivre les missiles lancés en direction des Etats-Unis. Dit " en bande X ", en référence à la fréquence (10 GHz) à laquelle il opère, le radar à large bande possède une très haute résolution lui permettant d'observer la forme et les autres caractéristiques de la tête assaillante. Plus précis que les radars d'alerte rapide, il devra être en mesure de distinguer la tête du missile de leurres ou de débris apparus lors de la séparation des différents éléments du missile, mais aussi d'évaluer la réussite ou l'échec de l'interception. Le radar " en bande X " doit être construit à Shemya, aux îles Aléoutiennes, à l'extrême ouest de l'Alaska, dans le Pacifique nord. Un prototype installé à Kwajelein, atoll des îles Marshall, est utilisé pour les essais d'interception du programme NMD. Limité dans un premier temps à un seul exemplaire, le nombre de radars " en bande X " pourrait ultérieurement être notablement augmenté avec 3 exemplaires supplémentaires (en Alaska, au Groenland, puis au Royaume-Uni) tout d'abord, puis 5 autres installations sur les côtes Est et Ouest des Etats-Unis et éventuellement en Corée du Sud. En revanche, le rattachement à la NMD du radar en bande X Globus II dont la construction est projetée en Norvège septentrionale à Vardoe, est écarté, ce radar devant être consacré à l'étude des débris spatiaux. Les Etats-Unis disposent déjà d'un réseau de satellites d'alerte antimissiles balistiques. L'actuelle génération de satellites d'alerte (Defense support program), dont la cadence d'observation est assez lente, doit être remplacée par des satellites dotés de senseurs infrarouge (Space Based Infrared Systems - SBIRS) permettant une détection plus précoce des tirs de missiles. Deux systèmes sont en cours de développement, sous la responsabilité de l'US Air Force : - le SBIRS-High, qui devrait prendre le relais des satellites actuels en 2008, est un système de 5 satellites en orbite haute, soit géostationnaire, soit, pour la couverture de la région du pôle Nord, elliptique, ayant pour mission de déceler les tirs de missiles, - le SBIRS-Low, envisagé à partir de 2010, compléterait le réseau avec une constellation de 24 satellites en orbite basse, améliorant très sensiblement les capacités de détection en suivant le missile tout au long de sa trajectoire et en guidant les intercepteurs vers les têtes assaillantes. Eléments centraux du système de défense antimissiles, les intercepteurs basés au sol (Ground based interceptors) se présentent sous la forme d'un missile à trois étages dont le dernier est constitué par un " véhicule d'impact " (Exoatmospheric Kill Vehicle) destiné à détruire par collision la tête assaillante. Devant protéger l'ensemble du territoire des Etats-Unis à partir d'un site de lancement tout d'abord, puis de deux sites ultérieurement, les intercepteurs disposeront d'une vitesse très élevée leur permettant d'atteindre, dans l'espace exoatmosphérique, leur cible dans un délai inférieur à 15 minutes. Se séparant du lanceur après sa sortie de l'atmosphère, le " véhicule d'impact " sera guidé à partir des informations fournies par les systèmes d'alerte et de surveillance mais il disposera de sa propre camera infrarouge pour se diriger vers sa cible et de fusées lui permettant de manoeuvrer. Il pourra frapper la tête assaillante à une vitesse de 15 km par seconde (54 000 km/heures). Dans la phase ultime du programme NMD, un nombre total de 250 intercepteurs est envisagé, réparti sur deux sites. Un tir de deux intercepteurs est prévu pour chaque tête assaillante, avec, si nécessaire, une seconde salve de deux intercepteurs en cas d'échec du premier tir. L'ensemble de la NMD implique un système de gestion des communications, du commandement et du contrôle de l'engagement (Battle Management, Command, Control and Communications). Il intégrera le quartier général de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD), situé à Cheyenne Mountain, dans le Colorado, ainsi qu'un centre secondaire situé sur le site de lancement. Les données issues des radars et satellites d'alerte et de surveillance seront analysées pour déterminer la nature de la menace, identifier la ou les têtes assaillantes et définir les conditions de lancement des intercepteurs. Les informations continueront à être exploitées durant la course de l'intercepteur et transmises à ce dernier. Le système de commandement et de contrôle déterminera également si une seconde salve s'avère nécessaire. Le concept d'opération de la NMD comporte trois phases : - dans un premier temps, les systèmes d'alerte repèrent le tir du missile balistique et suivent sa trajectoire. En schématisant, on pourrait dire que les satellites, surtout avant la mise en service du SBIRS-Low, permettront la détection de la phase de lancement, les radars d'alerte améliorés repérant les missiles dans leur phase descendante, alors que le radar " en bande X " doit suivre avec précision la trajectoire de la tête assaillante et la distinguer des leurres ou débris divers, - deux missiles intercepteurs sont lancés pour chaque tête assaillante et bénéficient, durant leur course, des informations recueillies en permanence par le centre de gestion de l'engagement ; le véhicule d'impact possède sa propre capacité de détection infrarouge et peut dévier de sa trajectoire pour se diriger vers sa cible ; il détruit la tête assaillante par impact direct (concept hit to kill). - après
évaluation du tir,
notamment grâce au radar " en bande X ", et en cas d'insuccès
de la première salve, une seconde salve de deux intercepteurs
est lancée (principe shoot-look-shoot) ; toutefois, en cas
de délai insuffisant pour procéder en deux temps, le tir
d'une salve unique de quatre ou cinq intercepteurs peut être envisagé.
Le calendrier de déploiement de la NMD a évolué avec le temps.b) L'échelonnement du déploiement dans le temps Le calendrier initial, établi en 1996, prévoyait une montée en puissance de la NMD échelonnée entre 2005 et 2011 et distinguant trois phases : - la phase 1 (capability 1 - C1), à l'horizon fin 2005, visait la mise en service opérationnelle d'un système comportant 20 intercepteurs situés en Alaska, la mise à niveau des 5 radars d'alerte rapide existants, la construction du radar " en bande X " à Shemya aux îles Aléoutiennes et la mise en oeuvre de système de gestion de l'engagement ; cette première étape devrait permettre de parer l'attaque de quelques têtes assaillantes dotées d'aides à la pénétration simples, - la phase 2 (capacility 2 - C2), à l'horizon fin 2010, consistait à passer de 20 à 100 intercepteurs sur le site de l'Alaska, à mettre en service trois nouveaux radars " en bande X " (en Alaska, au Groenland et au Royaume-Uni), ainsi que le réseau satellitaire d'alerte SBIRS-High et SBIRS-Low ; la phase 2 permettrait de stopper quelques têtes assaillantes dotées de contremesures sophistiquées ou quelques dizaines de têtes dotées d'aides à la pénétration plus simples, - la phase 3 (capacity 3 - C3), fin 2011, verrait l'achèvement de la NMD avec la construction d'un second site de lancement au Dakota du Nord, portant à 250 le nombre total d'intercepteurs, la construction d'un radar d'alerte et de cinq radars " en bande X " supplémentaires ; cette phase donnerait au système la capacité de stopper quelques dizaines de têtes assaillantes munies d'aides à la pénétration complexes. L'administration a sensiblement revu ce calendrier à la fin de l'année 1999, envisageant une phase 1 " élargie " permettant, dès 2007, le déploiement de 100 intercepteurs en Alaska, le passage à la phase 2 ne jouant que pour le nombre de radars " en bande X " et l'augmentation du nombre de satellites SBIRS-Low. Toutefois, le déploiement initial de 20 intercepteurs en Alaska est maintenu dès 2005. 2.2.6. une "facture" acceptable Il est difficile d'identifier précisément le coût du programme NMD pour deux raisons : - tout d'abord la NMD s'inscrit dans la lignée de précédents programmes de défense antimissiles dont elle bénéficie en partie, certains développements étant en outre communs avec d'autres projets, - d'autre part, la complexité de l'architecture du système et les fluctuations du calendrier rendent assez aléatoires les évaluations qui varient selon les organismes : Pentagone, Congrès, experts. . Les estimations du Pentagone Selon les documents remis à votre rapporteur par la Ballistic Missile Defense Organization (BMDO), le coût de la NMD se répartirait comme suit : - 15 milliards de dollars pour la phase 1 élargie, de 2000 à 2007, - 29 milliards de dollars pour la période 2007-2011, - auxquels il faut ajouter 7 milliards de dollars dépensés entre 1993 et 2000. Se fondant sur un budget global de la défense de l'ordre de 300 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, la BMDO estime que le coût du programme NMD ne dépasserait pas 1 % de l'effort de défense américain. . Les estimations de l'office budgétaire du Congrès L'office budgétaire du Congrès a effectué en avril dernier une évaluation précise du coût du programme, en considérant la période 1996-2015. Le tableau ci-dessous résume les conclusions de cette évaluation. Le coût de la NMD sur la période 1996-2015 selon l'office budgétaire du Congrès
L'office budgétaire du Congrès, qui retient toutefois une période plus large que le Pentagone, aboutit donc à une évaluation de l'ordre de 60 milliards de dollars jusqu'en 2015, incluant le satellite SBIRS-Low, financé par l'armée de l'air, qui participe au programme NMD mais aurait sans doute été développé en tout état de cause. Quelle que soit l'estimation retenue, il s'agit donc d'un programme coûteux, bien qu'en deçà des dépenses envisagées pour les programme F-22 et surtout Joint Strike Fighter (JSF). Mais il demeure dans les possibilités d'un budget d'investissement de la Défense en progression qui bénéficie pleinement des excédents dégagés par les finances publiques américaines. 2.3. l'enjeu stratégique de la NMD 2.3.1. Un processus difficilement compatible avec le traité ABM Le traité ABM, dont le texte est reproduit en annexe, a été signé le 26 mai 1972 par MM. Nixon et Brejnev en même temps que les accords SALT 1 sur la limitation des armes stratégiques offensives. Il a été amendé en 1974, puis précisé en 1997 par des accords d'interprétation qui ne sont cependant toujours pas entrés en vigueur. En son état actuel, c'est-à-dire depuis l'entrée en vigueur, en 1976, du protocole signé en 1974, le traité ABM repose sur les principales dispositions suivantes : · chaque partie s'engage à limiter les systèmes antimissiles balistiques (ABM) conformément aux dispositions du traité, · chaque partie s'engage à ne pas mettre en place de système ABM pour la défense de son territoire et à ne pas fournir la base d'une telle défense, · le déploiement d'un système ABM n'est autorisé que sur un seul site ( le nombre de sites autorisés, fixé à deux en 1972, ayant été ramené à un seul par le protocole de 1974), se situant dans un rayon de 150 kilomètres autour de la capitale nationale ou autour des silos de lancement de missiles balistiques intercontinentaux, · le site choisi peut être modifié une seule fois, · un tel système ABM, ou l'un de ses composants, ne saurait être basé en mer, en l'air ou dans l'espace, ni sur des plates-formes terrestres mobiles, · il ne saurait comporter plus de 100 lanceurs ABM et 100 missiles intercepteurs, chaque lanceur ne pouvant lancer plus d'un missile intercepteur, · les radars ABM doivent être situés sur les sites de défense ABM autorisés, de nouveaux radars d'alerte avancée n'étant envisageables qu'en périphérie du territoire de la partie concernée et orientés vers l'extérieur. · le transfert à d'autres Etats ou le déploiement hors du territoire national de chaque partie des systèmes ABM ou de leurs composants est prohibé. A partir de 1992, s'est engagé, entre Etats-Unis et Russie, une négociation visant non à modifier le traité, mais à établir une " démarcation " dans son champ d'application, l'objectif étant de permettre un déploiement de défenses antimissiles de théâtre. Ces discussions n'ont abouti que plusieurs années plus tard, un accord étant signé le 26 septembre 1997 à Helsinki entre les présidents Clinton et Eltsine. Cet accord, qui n'est toujours pas entré en vigueur, comportait plusieurs volets : - un mémorandum désignant la Russie, l'Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan comme Etats successeurs de l'Union soviétique, - un protocole sur les défenses antimissiles de théâtre " basse vélocité ", autorisant le déploiement d'intercepteurs de vitesse inférieure à 3 km/seconde et 3 500 km de portée ; cet accord permettrait aux Etats-Unis de déployer des systèmes PAC-3, THAAD et Navy Area, - un protocole sur les défenses antimissiles de théâtre " haute vélocité ", couvrant les intercepteurs d'une vitesse supérieure à 3 km/ seconde et interdisant l'essai de tels systèmes contre des missiles dépassant les 5 km/seconde et les 3 500 km de portée, ainsi que le déploiement ou l'essai de composants basés dans l'espace ; les Etats-Unis considérent que cet accord couvre leur système Navy Theater Wide. La compatibilité de la NMD avec le traité ABM fait l'objet de plusieurs controverses dans le débat interne américain tout comme dans les discussions américano-russes. Sans entrer dans le détail d'un débat juridique complexe ni déclarer d'emblée, à l'instar de certains analystes républicains, que le traité ABM est caduc depuis la disparition de l'URSS, on peut retenir trois points essentiels : - le programme NMD comporte plusieurs éléments qui semblent directement contraires aux dispositions du traité ABM, - l'administration américaine propose donc à la Russie plusieurs amendements au traité, - certaines décisions relatives à la NMD, si elles demeuraient très limitées, pourraient cependant être mises en oeuvre sans attendre cette révision. Premièrement, plusieurs éléments du programme NMD paraissent directement contraires au traité ABM. C'est le cas de l'objectif même de la NMD, à savoir la protection de l'ensemble du territoire américain, le traité ne permettant que celle d'une région particulière, précisément définie. C'est le cas également du nombre de sites envisagé, fixé à deux dans la dernière phase du programme alors que le traité n'en autorise qu'un seul. Les Etats-Unis ont en outre déclaré comme site ABM leur base de lancement de missiles balistiques intercontinentaux de Grand Forks, au Dakota du Nord, alors qu'ils souhaitent construire leur premier site de lancement en Alaska. Cette localisation était la seule à même de couvrir l'intégralité du territoire américain, incorporant les régions excentrées de l'Alaska et l'Etat de Hawaï. Or l'Alaska n'abrite ni la capitale nationale, ni un site de lancement de missiles balistiques intercontinentaux, et ne peut donc accueillir une défense ABM en l'état actuel du traité. Serait également contraire au traité le déploiement de plus de 100 lanceurs sur un seul site. Le traité ABM comporte également plusieurs stipulations relatives aux moyens d'alerte et de surveillance qui paraissent incompatibles avec le schéma de déploiement de la NMD, qu'il s'agisse de la mise à niveau des radars d'alerte rapide situés dans les pays étrangers (Royaume-Uni, Danemark) et, a fortiori, la construction, dans ces pays, de radars " en bande X ", ou encore des satellites " SBIRS-Low " dotés d'une capacité de trajectographie et de discrimination qui les feraient entrer dans le champ des composantes spatiales d'une défense ABM proscrites par le traité. Deuxièmement, l'administration américaine a entrepris avec la Russie une négociation sur la base de propositions d'amendement au traité ABM. La démarche suivie par les Etats-Unis ne consiste pas à rechercher d'emblée une modification du traité ABM autorisant le déploiement de l'ensemble de la NMD, telle qu'envisagée dans sa phase finale, mais vise à procéder à des révisions par étape en se limitant, dans un premier temps, à modifier les obstacles au déroulement de la première phase de programme, c'est-à-dire la construction d'un radar " en bande X " et d'un site d'intercepteurs en Alaska. Bien que les propositions d'amendement américaines n'aient pas été rendues publiques, elles ont été évoquées dans la presse et porteraient sur les points suivants : · le traité autoriserait le déploiement d'un système limité de défense nationale antimissiles, qui constituerait une alternative, et non un complément, au site ABM autorisé par le traité, · les radars de longue portée existants pourraient être intégrés à la NMD et chaque partie pourrait déployer un radar ABM supplémentaire sur son territoire, · un système de vérification destiné à renforcer la confiance entre les parties serait mis en place. Troisièmement, l'absence d'accord américano-russe sur les amendements du traité ABM ne gèle pas toute avancée de la NMD. En dehors de l'hypothèse du retrait unilatéral du traité, prévu avec un préavis de six mois par son article XV, si l'une des parties invoque " des événements extraordinaires " ayant compromis ses intérêts supérieurs, l'administration américaine peut ainsi poursuivre les études ou les essais, y compris de systèmes nouveaux, préalablement à la décision de déploiement. Elle pourrait également décider le démarrage des travaux destinés à la construction du radars " en bande X " sur l'île de Shemya en se limitant aux infrastructures de base (socle en béton, barres métalliques). Une telle option conservatoire, considérée comme compatible avec le traité ABM par les juristes du Pentaagone, bien que l'interprétation prévalant jusqu'alors excluait tout début de construction d'éléments d'un système ABM, présenterait pour l'actuelle administration l'avantage de respecter son calendrier en repoussant à une date ultérieure la conclusion d'un accord avec la Russie. Les premiers travaux pourraient donc être engagés au printemps prochain sur cette île dont les conditions climatiques sévères n'autorisent que quelques semaines de travail par an. 2.3.2. Les incertitudes sur l'issue du dialogue américano-russe La Russie a pour l'instant refusé d'envisager la révision du traité ABM souhaitée par les Etats-Unis, sans que l'on puisse pour autant écarter toute évolution ultérieure de sa position. Le refus russe de modifier le traité ABM a été exprimé très nettement à plusieurs reprises et, en dernier lieu, lors de la visite officielle du Président Clinton à Moscou du 3 au 5 juin dernier. Lors de l'approbation par le Parlement russe de l'accord de réduction des armes stratégiques START II, le Président Poutine a subordonné l'application de cet accord à la renonciation des Etats-Unis à la modification et, a fortiori, à la dénonciation du traité ABM. Il a également conditionné cette entrée en vigueur à la ratification, par le Sénat américain, des protocoles, signés en septembre 1997 à Helsinski, le premier repoussant l'application de START II au 31 décembre 2007 et le second opérant une " démarcation " dans le champ d'application du traité ABM afin d'en exclure les défenses antimissiles de théâtre. Ce dernier protocole est manifestement incompatible avec les exigences américaines actuelles puisqu'il confirme, a contrario, que la NMD ne peut être déployée sans contrevenir au traité ABM. Ce refus de la Russie s'appuie sur deux types de considérations : - les unes d'ordre général et relatives à la contestation de l'utilité de la NMD et aux risques de course aux armements inhérents à son déploiement, - les autres, beaucoup plus directement liés à ses propres impératifs de sécurité. Au rang des critiques d'ordre général, la Russie fait valoir que la présentation américaine de la menace n'est pas conforme à la réalité et qu'en tout état de cause, l'hypothèse de l'agression délibérée des Etats-Unis par une " rogue state " est peu plausible. La Corée du Nord, aux prises avec des difficultés économiques considérables, ne lui semble pas pouvoir développer un programme balistique ambitieux, ni se risquer à défier les Etats-Unis par une attaque balistique. La Russie souligne par ailleurs le rôle joué par le traité ABM en faveur de la stabilité stratégique et le risque important de " nouvelles spirales de la course aux armements ", selon l'expression employée par le ministre des affaires étrangères, M. Ivanov, qu'entraînerait le déploiement de la NMD. Mais la Russie redoute également les conséquences de la NMD sur son propre système de défense, et notamment sur la crédibilité de la dissuasion nucléaire. En effet, elle considère que le système limité proposé par l'administration américaine pourrait être perfectionné avec le temps et dépasser les caractéristiques actuellement envisagées, ce qui pourrait, à terme, affaiblir les capacités de son arsenal nucléaire par ailleurs en voie de réduction. Dans l'hypothèse d'un désaccord persistant sur la révision du traité ABM et d'un déploiement unilatéral de la NMD par les Etats-Unis, la Russie a fait connaître son intention de prendre des " mesures en retour ". Ces dernières pourraient concerner le relèvement de son propre système de défense antimissiles ou la conduite d'une politique nucléaire militaire plus ferme. Si les difficultés économiques actuelles nourrissent des doutes sur les capacités russes à entretenir et, a fortiori, à développer son arsenal nucléaire, une dénonciation du traité ABM pourrait conduire la Russie à ne pas appliquer les accords START II, par exemple en ne démantelant pas ses missiles à têtes multiples, ce qui lui permettrait de maintenir davantage de têtes nucléaires. En dépit de cette position de principe, qui pourrait perdurer jusqu'à l'élection du nouveau président américain, l'éventualité d'un accord russo-américain ne doit pas être écartée. La Russie pourrait en effet maintenir son refus jusqu'à l'obtention, de la part des Etats-Unis, de contreparties suffisamment substantielles. Ces derniers auraient ainsi déjà proposé de reprendre le programme d'observation RAMOS (Russian-american observationnal satellite), le partage de renseignements ou une coopération pour la remise à niveau des radars d'alerte avancée, autant de mesures qui ne semblent pas, pour l'instant, susciter l'intérêt des Russes. La Russie pourrait également tenter d'obtenir satisfaction sur ses demandes, dans le cadre de la négociation d'un accord START III, en vue d'abaisser à 1 500, au lieu des 2 000 à 2 500 envisagées en 1997, le nombre de têtes de chacun des deux arsenaux nucléaires. Ce niveau est en effet plus compatible avec les possibilités financières de la Russie et lui permettrait donc de réduire ses coûts de maintien en condition tout en préservant la parité avec l'arsenal américain. Elle pourrait enfin chercher à lever, dans ce futur accord START III, l'interdiction des missiles sol-sol à têtes nucléaires multiples prévue par START II. Déliée de son obligation de démanteler ses têtes multiples, elle aurait ainsi l'opportunité de diminuer plus rapidement le nombre de ses missiles pour alléger sa contrainte financière sans réduire dans la même proportion le nombre de ses têtes nucléaires. 2.3.3.Les incidences sur la politique chinoise et sur les équilibres régionaux en Asie et au Moyen-Orient Le projet NMD a suscité une très vive réaction de Pékin qui y voit une atteinte directe à la crédibilité de sa dissuasion nucléaire. La doctrine nucléaire chinoise est en effet fondée sur le non-emploi en premier, les forces nucléaires n'étant destinées, d'après le discours officiel, qu'à constituer une capacité de riposte devant dissuader une éventuelle attaque nucléaire. Aussi la Chine n'a-t-elle développé qu'un petit nombre de missiles stratégiques intercontinentaux. Ces missiles à tête unique, dont le nombre ne dépasserait pas 20, fonctionnent de surcroît avec un carburant liquide ne leur permettant pas d'être lancés avant un délai minimal de mise en condition. De fait, la NMD, y compris dans sa phase initiale, anéantirait la capacité de dissuasion nucléaire de la Chine vis-à-vis des Etats-Unis puisque le nombre de missiles intercontinentaux chinois serait insuffisant pour saturer la défense antimissiles américaine. L'hostilité de principe de la Chine est considérablement renforcée par des préoccupations plus immédiates tenant à l'éventualité du déploiement de défenses antimissiles de théâtre en Asie de l'est. En effet, de tels systèmes pourraient réduire l'efficacité des missiles balistiques de portée intermédiaire, inférieure à 5 000 km, que la Chine a développés, modifiant ainsi son rapport de force stratégique avec Taïwan ou le Japon, si ces derniers venaient à bénéficier d'un " bouclier " américain. Derrière la dénonciation de la NMD, la Chine vise donc certainement plus encore les programmes de TMD qui pourraient être déployés dans la zone et y amoindrir ses moyens de pression. La Chine tire donc argument des programmes américains de NMD et de TMD pour annoncer, à titre de réplique, un renforcement de ses forces nucléaires. Un tel renforcement est, en réalité, déjà en marche depuis plusieurs années, la Chine étant la seule des cinq puissances nucléaires reconnues à développer son arsenal, principalement dans deux directions : les missiles mobiles et l'emport de têtes multiples par les missiles stratégiques. La perspective d'un renforcement des capacités balistiques et nucléaires chinoises, qu'il intervienne en réaction aux programmes américains de NMD et de TMD ou que ces derniers servent à justifier une option prise antérieurement, est incontestablement un facteur majeur dans l'évolution des équilibres régionaux en Asie. La réaction de la Corée du Nord face à la NMD est également un élément important, en particulier si elle cherchait à sophistiquer davantage encore ses capacités balistiques en vue de forcer les défenses antimissiles américaines. Aussi n'est-il pas exagéré de penser que les conditions d'une course aux armements en Asie sont réunies, les programmes américains de défense antimissiles intervenant moins comme l'élément déclencheur que comme un facteur d'entretien de ce processus. L'acquisition d'un système de défense antimissiles de théâtre par la Corée du Sud semble actuellement exclue. La question se pose plus directement pour Taïwan et pour le Japon, fortement sensibilisé à la menace balistique depuis le tir nord-coréen du 31 août 1998. Le Japon s'est ainsi engagé, en août 1999, sur le développement avec les Etats-Unis du système de défense naval Navy theater wide(NTW) . Cette décision a suscité néanmoins un vif débat interne, les opposants à la TMD craignant une déstabilisation des équilibres régionaux. En Asie du sud, la politique chinoise ne saurait laisser l'Inde sans réaction et pourrait également, par contrecoup, influencer la politique nucléaire du Pakistan. L'Inde pourrait ainsi se diriger vers deux voies possibles : l'accélération de son propre programme nucléaire et balistique ou l'acquisition de systèmes de défense antimissiles, par exemple auprès de la Russie. Ici encore, les programmes américains de défense antimissiles ne sont pas étrangers à une logique de course aux armements. Moins directement intéressé que l'Asie, le Moyen-Orient voit ses équilibres également concernés par les programmes de défense antimissiles. Il semble cependant que la NMD participe moins que les programmes de défense antimissiles de théâtre à l'évolution du contexte régional. Rappelons qu'Israël s'est fortement engagée dans la TMD en développant avec les Etats-Unis le programme Arrow, dont une première brigade expérimentale est déjà en service, et en envisageant l'acquisition de Patriot PAC 3. Israël et les Etats-Unis développent également conjointement le laser antimissiles THEL (Tactical High Energy Laser). D'autres alliés des Etats-Unis, particulièrement des pays du Golfe, pourraient être intéressés par l'acquisition de défenses antimissiles de théâtre alors que plusieurs pays arabes, ainsi que l'Iran, pourraient en retour se tourner vers l'acquisition d'un système russe de défense antimissiles de théâtre. La défense antimissiles prend donc une importance croissante au Moyen-Orient, encourageant parallèlement la poursuite des programmes balistiques en cours, particulièrement en Iran. 2.3.4. Les conséquences
pour l'OTAN et la France
a) pour l'OTAN
Bien que la réaction des alliés des Etats-Unis participe de l'environnement stratégique, constituant lui-même l'un des quatre critères au vu desquels l'exécutif américain doit prendre la décision de déploiement, la consultation menée au sein de l'OTAN a davantage donné le sentiment d'une simple information des alliés que de la sollicitation de leur avis. Il faut tout d'abord rappeler qu'outre les Etats-Unis, 3 des 19 pays de l'OTAN sont directement concernés par la NMD : - le Canada, qui se trouverait de fait protégé par la NMD et qui est intégré dans le commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD) ; le NORAD constituera l'une des composantes de la NMD, en charge notamment de l'analyse des données provenant du système de surveillance et de la gestion du commandement et du contrôle de l'engagement, - le Royaume-Uni et le Danemark qui abritent sur leur territoire, respectivement dans le Yorkshire et au Groenland, des radars d'alerte rapide dont les capacités seront améliorées pour participer, dans le cadre de la NMD, à la détection et au suivi de la course du missile assaillant ; dans ces deux pays pourraient également être construits, au cours d'une phase ultérieure, deux radars " en bande X " supplémentaires. La situation particulière de ces trois pays du fait de leur implication dans la NMD n'est pas spécifiquement évoquée à l'OTAN, les consultations portant sur la problématique générale du programme. De ces consultations, il se dégage que plusieurs pays alliés ont manifesté leurs interrogations et leurs réserves. Celles-ci portent principalement sur les points suivants : . la réalité de la menace, étant entendu que l'existence de capacités balistiques supposerait une intention agressive pour se concrétiser en menace, . l'adaptation de la NMD comme réponse à cette menace, . les risques inhérents à une remise en cause du traité ABM, . les risques de relance de la course aux armements, particulièrement en Asie, . l'affaiblissement de la solidarité transatlantique, le projet américain laissant l'Europe vulnérable face aux armes de destruction massive. Lors de la session ministérielle du Conseil de l'Atlantique-Nord tenue le 24 mai dernier à Florence, la quasi-totalité des alliés ont manifesté bien plus d'interrogations que de signes de soutien, même si aucun d'entre eux n'a contesté le droit absolu des Etats-Unis de décider souverainement du déploiement de la NMD, ou souhaité interférer dans le dialogue américano-russe sur le traité ABM. Au total, si le Royaume-Uni et le Canada manifestent une attitude nuancée, l'Allemagne, l'Italie, la France mais aussi les Pays-Bas ont fait part de leurs réserves. b) pour la FranceLa France a pris une position de principe réservée sur la NMD. Il importe de mesurer quelles pourraient être les conséquences de ce programme sur nos concepts de défense, s'il était mené à son terme, et d'évoquer notre propre implication dans les programmes de défense antimissiles. La France, par la voix notamment du Président de la République, s'est inquiétée du risque d'éventuelle remise en cause du traité ABM qui serait de nature à conduire à une rupture des équilibres stratégiques et à une relance de la course aux armements. Elle a donc développé un certain nombre d'interrogations et de réserves portant : - sur l'évaluation de la menace, en fonction de l'évolution des programmes balistiques et de la prolifération des armes de destruction massive, mais aussi compte tenu de degré de détermination des " rogue states " à réellement vouloir tenter de menacer les Etats-Unis, - sur les effets d'une remise en cause du traité ABM en matière de contrôle des armements stratégiques, - sur la réaction de la Russie, de la Chine et des pays proliférants au déploiement de la NMD, - sur la perte de crédibilité qui pourrait résulter de ce déploiement pour les instruments de lutte contre la prolifération. La France considère que la garantie ultime de la protection de son territoire national réside dans la dissuasion nucléaire. Sans nier l'expansion des capacités balistiques dans certaines régions du monde, elle se refuse à effectuer un lien automatique entre l'existence de ces capacités et celle d'une menace, qui suppose une intention agressive. Elle estime que la réduction des tensions régionales et la conclusion d'accords de désarmement et de non-prolifération constituent le meilleur moyen de réduire d'éventuelles menaces qu'en tout état de cause, nos forces nucléaires seraient en mesure de dissuader si elles se portaient sur notre territoire national. Dans ces conditions, le déploiement de la NMD affecterait-il la crédibilité et l'efficacité de notre dissuasion nucléaire ? On peut affirmer que la NMD n'entraînera pas d'impact direct sur la crédibilité de notre dissuasion nucléaire. Le projet américain en lui-même ne pourrait arrêter que quelques dizaines de têtes nucléaires, soit un niveau nettement inférieur à celui des forces nucléaires françaises, et si son déploiement provoquait un relèvement du niveau des défenses antimissiles russes, celui-ci ne serait pas non plus de nature à remettre en cause l'efficacité de nos missiles stratégiques. En revanche, il n'est pas douteux que le déploiement de la NMD, a fortiori si le système devait ultérieurement dépasser les capacités limitées jusqu'à présent envisagées par les Etats-Unis, affecterait indirectement le concept même de dissuasion qui verrait son champ en partie rétréci. Il ouvrirait la voie à une évolution prenant plus largement en compte les moyens défensifs aux côtés des armes offensives. La défense antimissiles apparaîtrait alors comme un complément nécessaire à la dissuasion nucléaire, apportant une réponse à des menaces non couvertes par cette dernière. Un tel contexte ne remettrait pas en cause l'utilité
de notre dissuasion nucléaire, toujours pertinente pour la garantie
de nos intérêts vitaux, mais il impliquerait néanmoins
une réflexion sur l'adaptation éventuelle de notre doctrine.
Cette reconnaissance de l'intérêt de disposer de défenses actives capables d'intercepter des missiles assaillants ne concerne pas la protection du territoire national puisqu'à moyen terme, la France estime ne pas pouvoir être atteinte par les missiles de portée intermédiaire développés en Asie, seules les quatre puissances nucléaires reconnues possédant des missiles capables d'atteindre le sol français. Elle s'applique en revanche à la protection des troupes déployées sur les théâtres extérieurs susceptibles d'être menacés par des missiles à courte portée. Sur le plan des réalisations, l'implication
de la France demeure modeste depuis son retrait du programme
MEADS
et l'arrêt des réflexions sur l'alerte avancée. Seul
reste d'actualité le programme de missiles sol-air futurs au sein
duquel pourraient être développées des capacités
antibalistiques. Reste le missile Aster, développé par Aérospatiale-Matra
et Alenia,conçu dès l'origine pour intercepter des missiles
balistiques tactiques et qui peut, moyennant des adaptations mineures,
être doté de cette capacité si cette spécification
est exigée. Ce missile constitue le coeur du programme franco-italien
FSAF (Famille sol-air futur) destiné à la défense
localisée contre tous types d'aéronefs et de missiles aérobies.
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