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Fiche 3: Quel statut pour Jérusalem?
 
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    Excellent travail d'Anne Baverel. A imiter pour les autres. Afin de voir "physiquement" où se situent  les problèmes, jetez un coup d'oeil à la carte du Grand Jérusalem , à celle des populations de la ville et à celle de la Vieille Ville.
     

    Terre triplement sainte, Jérusalem cristallise les passions. Cette sacralité est  toutefois instrumentalisée à des fins politiques. En tant que capitale, elle est revendiquée simultanément par  Israël et le futur etat palestinien.   

    Un enjeu religieux : l’enchevêtrement des mémoires (juive, musulmane, chrétienne), économique: la viabilité du futur Etat palestinien, (pb de continuité territoriale, blocage des territoires palestiniens), sécuritaire, avec des pb connexes (réfugiés palestiniens, colonies juives de peuplement)

    I- Théoriquement placée sous administration internationale, J. a de fait le statut d’un territoire occupé

    A-  Un statut de ville internationale qui n’a jamais été mis en oeuvre

    1- Théoriquement placée sous administration internationale
    En prévision de l’expiration du mandat britannique sur la Palestine, la résolution 181 (II) de l’AGNU en date du 29 novembre 1947 prévoyait l’établissement de deux Etats, juif et palestinien, liés par une union éco et un statut international spécifique pour Jérusalem administrée par les Nations Unies (notion de corpus separatum). 
    + plan de partage de 1949

    2- Mais ce statut n’a jamais été mis en œuvre
    La guerre de 1948 provoque la partition, dont prend acte l’armistice du 3 avril 1949 (Israel/Jordanie) : 
    Jérusalem-Ouest est occupée par Israel, Jérusalem-Est par la Jordanie. La Knesset proclame J-Ouest capitale d’Israel en 1950, mais ni la France, ni les Etats-Unis, qui maintiennent leur représentation diplomatique à Tel Aviv, ne la reconnaissent (à la différence des seuls Costa-Rica et Salvador).
    - Jérusalem-Est (qui inclut la Vieille Ville), est annexée en 1967 à l'issue de la guerre des six jours. L' annexion -dans les frontières du "grand Jérusalem, qui débord largement les limites administratives de 1948, est inscrite dans la loi fondamentale israélienne (Constitution) en 1980 (Jérusalem unifiée, « capitale éternelle » de l’Etat d’Israel)   .
     

    B- En Droit International, la situation juridique de J est de facto celle d’un territoire occupé
    Le droit international a pris acte de cette situation, au moins pour Jérusalem-Est. 
    - La résolution 242 du CSécu en date du 22 novembre 1967 (sous Chap VI, d’où à mettre en œuvre à l’issue d’un processus de négo) réclame le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés » et la « reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque Etat de la région (…) à l’intérieur de frontières sûres et reconnues» 
    - Les obligations de l’Etat d’Israel en tant qu’occupant  sont définies par la 4e Convention de La Haye de 1907 sur les lois et usages de la guerre et la 4e Conv de Genève sur la protection des civils en temps de guerre, dont l’art 49 interdit de transférer des éléments de pop civile. En conséquence, les implantations encouragées par le gouvernement israélien de colons juifs à Jérusalem-Est constituent une violation du droit international.
    - Dès lors, «  toutes les mesures prises par Israel pour modifier le caractère physique, la composition démographique, la structure institutionnelle ou le statut des territoires palestiniens occupés depuis 1967, y compris Jérusalem, n’ont aucune validité en droit » (résolution du CSécu 465 du 1er mars 1980, réso 252 de 1968) Mais s’agit-il de la Ville Sainte tq définie en 1947 ou seulement de J-Est ? 

    Pour autant, si J (au moins JEst) est en DIP un territoire occupé, ce n’est qu’en 1969 (réso 2535 de l’AGNU) que les Nations Unies reconnaissent le droit des Palestiniens à l’autodétermination. D’où un conflit de souveraineté.

    II- Un statut final encore en devenir

    A- contraintes  et perspectives : 

    Il est difficile de traduire par un partage territorial des revendications identitaires inconciliables. Cela pose la question des modalités d’exercice de la souveraineté, totale ou partielle, d'où des propositions tant classiques (partage territorial) qu'originales (partage fonctionnel) pour sortir de l'impasse.
     
    -  Les exigences palestiniennes : les Palestiniens ne veulent pas d’autre statut politique que celui de  l’Etat-nation pour Jérusalem-Est, Gaza et la Cisjordanie (souveraineté palestinienne sur J-Est rattachée au reste de l’Etat). 
    - L’hypothèque israélienne : contraintes de la vie politique israélienne (montée des groupes religieux qui ne transigeront pas sur Jérusalem, quasi-impossibilité de dégager une majorité à la Knesset  pour modifier les lois d’annexion (Loi fondamentale d’annexion de 1980 (valeur constit., art.1er : « J. réunifiée est la capitale d’Israel », lois ordinaires de 1967  « intégration administrative » de la J. arabe sous contrôle israélien et de 1994). Les Israéliens proposent par ailleurs un "tour de passe-passe" qui consisterait à rebaptiser Al Qods (nom arabe de J.) le faubourg palestinien d'Abou Dis (qu in'est pas dans les limites du "grand Jérusalem). Les Palestiniens y sont opposés, ce qui n'empêche toutefois  de garder ce point en mémoire: l’Autorité palestinienne est déjà en train de construire son Parlement à Abou Dis.

    B- Quel compromis territorial ?

    Les options : internationalisation de la Ville sainte ou des seuls Lieux saints (irréaliste ?), corpus separatum dans un grand Jérusalem incluant Bethléem, souveraineté partagée, souveraineté conjointe
    - Les scénarii d’internationalisation apparaissent peu réalistes, à l’exception peut-être d’un éventuel régime international spécial pour les Lieux saints qui n’irait vraisemblablement pas jusqu’à remettre en cause la souveraineté israélienne . Depuis 1967, les autorités musulmanes du Waqf jouissent d’une autonomie de gestion considérable  sur le Mont du Temple (esplanade des Mosquées) et d’une manière générale, le droit d’accès est minutieusement garanti aux Lieux saints3. Mais si on ne touche pas à la souveraineté israélienne demeure le pb de leur gestion (qui contrôle le libre accès, la sécurité ?) et les Palestiniens refusent de se cantonner au libre-accès.
    -A l’inverse, il semble utopique d’instaurer un système de prérogatives partagées sur des populations mélangées. Un statut autonome hybride ne satisferait au fond personne. D’où la nécessité de délimiter les frontières. 
    -Les réflexions actuelles semblent davantage s’inspirer du Projet Yossi Beilin et Abou Mazen (1999) : Jérusalem capitale de deux Etats avec deux municipalités et un élargissement des frontières au Grand Jérusalem

      
    L’état des négociations
    Principal acquis, le statut de Jérusalem, laissé en suspens à Oslo, n’est plus un sujet tabou. 
    - Les accords d’Oslo4 laissaient de côté la question de Jérusalem, qui ne devait être abordée que lors des négo sur le statut final amorcées à l’automne 1999.
    - accord de Wye Plantation, 1998, puis accord de Charm-El-Cheikh, 1999 (lancement des négo sur le statut avec comme date butoir pour un accord global le 13 septembre 2000, date prévue pour la proclamation unilatérale d’un Etat palestinien avec J-Est pour capitale )  
    - le sommet de Camp-David a achoppé en juillet 2000 sur la question de Jérusalem. Des 
    négo secrètes auraient abouti à des résultats tangibles sur les frontières et le nouvel Etat palestinien.
    Le sort de Jérusalem demeure néanmoins subordonné à la conclusion d’un accord global incluant, au-delà de la constitution d’un Etat palestinien viable, les questions des réfugiés palestiniens et des colonies de peuplement. Pour l’heure, négo tjs ds l’impasse. 
     
     

 

 
 
 
 
 
 
 
 

 

   
       
       

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