Oui. J�en ai v�cu des belles. Jason m�a toujours ni� ce qui �tait arriv� � nos parents. Dame H�l�ne et lui m�ont souvent racont� que mes paternels �taient d�c�d�s dans un incendie. Oui, il s�agissait bel et bien d�un incendie� Mais comment aurais-je bien pu savoir que c��tait moi qui l�avais provoqu� ? Comment ? C�est Rioko, la premi�re, qui m'en a parl�. Par inadvertance, selon ses dires. Quand Jason l�a su, il m�a r�p�t� et r�p�t� cent fois que j��tais encore tr�s jeune - 9 ans, que je ne savais pas ce que je faisais. En vain. J��tais inconsolable. Comment peut-on se pardonner d�avoir caus� la mort de ses parents ? C�est � ce moment que tu es apparu, que tu m�as prise dans tes bras et que tu as s�ch� mes larmes. Mcleod, mon doux sauveur� Je ne me pardonnerai jamais de t�avoir pr�f�r� Lucas. Lucas� Beau, jeune, grand, fort� mais il ne m�aimait pas. Il ne me regardait m�me pas ! Il me d�daignait ! Il n�osait m�me pas m�adresser la parole par peur de mon amour- amour � sens unique. Lui, il aimait Briana, une paysanne de Libra. Tout mon contraire, autant c�t� personnalit� que physique. Quel malheur que la jeunesse� Comment ai-je pu �tre aussi sotte ? Je sais, je sais. On ne vainc pas facilement le coup de foudre. Je l�aimais de tout mon c�ur d�adolescente, de toute mon �me. Tout de m�me. Je devais �tre rudement aveugle pour ne pas me rendre compte de son indiff�rence� Encore l�, c�est toi qui m�as fait revenir sur Terre. Tu m�as montr� qui �tait vraiment Lucas, qui il aimait. D�une mani�re rude et sans �quivoque, certes, mais avec la franchise des grands amis. Je me suis aper�ue, alors, que cet amour ne servait � rien, � part de me d�truire. Mcleod� O� es-tu ? J�ai beau �crire ces mots, ces lettres, penser le plus fort que je peux � toi� Je n�entends que le vide. Je ne sais pas si je devrais t�envoyer ce message. Qui me dit que tu me r�pondras ? D�j� trois mois� Tu as peut-�tre trouv� l�amour en une autre jeune femme - bien plus belle que moi - et que vous vous appr�tez � unir vos deux destin�s. Je vous souhaite alors mes meilleurs v�ux, vague � l��me et sourire triste aux l�vres. Sinon, dis-toi, mon ma�tre, que je t�attendrai ici, pour aussi longtemps que ma vie me le permettra. Ce soir, par la fen�tre de ma tour, la nuit semble si silencieuse� La lune ne s��meut plus de mes �tats d��me, de mes larmes. Isil s�en fiche, on dirait bien. Tous f�tent, rient, dansent en Eressea alors que moi, je m�enterre dans ma tour d�ivoire, inaccessible et froide. C�est sur ces mots que je te quitte. Une lettre seulement pour te dire ma lassitude et mon ennui. Reviens-moi bient�t�
De ta Miaka qui t�aime
Miaka de Libertal (Sorci�re �l�mentaire du Feu et Pr�tresse de La Flamme �ternelle) |