Tergalion
La Foire de Magie - Hymne
Avec acharnement, le Seigneur Tergalion abattit sa masse enchant�e pour la derni�re fois. La sueur lui ruisselait sur son visage, ses mains �taient t�ch�es par son sang et celui des autres, son arme commen�ait � �tre de plus en plus lourde pour ses bras endoloris. Autour de lui s��tendait d�vastation et carnage. Le sable de la plage, autrefois si blanc, �tait maintenant rougi par les d�combres.
La Guerre avait �t� sanglante. Beaucoup plus que toutes celles qui l�avaient pr�c�d�e auparavant. Par contre, son enjeu avait �t� juste. Qu'Eru puisse nous pardonner� Les hommes d'Atalanta avaient voulu prendre Outremer en �tat de si�ge. Ils devaient �tre au courant de toutes les richesses naturelles de l��le - peut-�tre gr�ce � un messager du Royaume� Ils s��taient �lanc�s droit aur but, sans hesitation. D�j�, � la veille du combat, on avait pu apercevoir, au loin, leurs immenses machines de guerre avan�ant rapidement sur les flots. Les habitants d�Outremer n�avaient pu pr�venir l�attaque. Une centaine d�eux, sans arme, se firent massacrer sans piti�. Heureusement, les arm�es de Tergalion, furieuses, ne tard�rent pas � r�pliquer. Bient�t, deux navires ennemis furent submerg�s par les eaux d'Eldamar. Tergalion avait tr�s bien entra�n� ses hommes. Ils vinrent rapidement � bout des Atalantiens.
Une dizaine de ceux-ci prirent la direction de Terra-Nova, en fuite. Samuel rentrait chez lui, insensible � tous les membres et � toutes les t�tes tranch�s durant la bataille. Il ne pensait qu�� Florence et P�n�loppe, les deux femmes de sa vie. Le soleil de midi rendait les champs de bl� aveuglants. Au loin, le chevalier vit sa maison, petit bout de terre dans la vaste plaine. Ragaillardi par cette vision si famili�re, il commen�a � courir � travers le champs. Il s�arr�ta soudain, m� par une mauvaise impression. Le silence. Ce silence�
Il avan�a � pas feutr�s vers sa demeure.
Le vent soufflait sur les saules.
Il ouvrit la porte. Sur la terre battue, le sang�
Les larmes lui br�l�rent les yeux.
Il savait d�sormais par o� les fuyards �taient pass�s. Affam�s, ces hommes avaient p�n�tr� dans la maison. Ils avaient vol� les vivres. Il s'imagina Florence essayant de les en emp�cher, et P�n�loppe sur ses leurs talons. Les Atalantiens le leur fit payer cher. Ils se ru�rent sur elles pour les prendre de force, les humili�rent et prirent leurs enfants. Elles r�sist�rent et ils  les rou�rent de coups. On entendait encore l'echo de leur rire dans chaque mur de la maison. Elles d�c�d�rent suite � leurs blessures. Les mecr�ants s�empar�rent des derni�res richesses se trouvant dans la demeure. Ils y en ressortirent, quelques instants plus tard, l�air innocent mais plus souill�s que jamais� Tergalion vint et vit ce carnage. Eternel recommencement, la mort de Melena n'avait-elle pas suffit ? Ces demi-elfes noirs doivent �tre � l'origine de ces malheurs. Le sang, la violence, le vice, le Mal� etais-ce l'oeuvre de Melkor ou la nature humaine ? Il regarda, �tendus sur le sol, les corps des dix �trangers venus d'Atalanta. Ces hommes avaient eu ce qu�ils m�ritaient. Que peuvent bien m�riter des hommes- si hommes ils �taient - qui avaient d�truit � jamais la vie de l�un de ses meilleurs amis ? Samuel est maintenant fianc� � la Dame H�l�ne, de sept ans sa cadette. Chaque dimanche, � midi, il va pleurer sur les tertres de ses deux autres femmes, dans un champs de Terra-Nova.
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