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Evidence de compatibilit� : Elise
Non mais vous l'avez vu? L'imb�cile des tropiques? Et �a se dit adulte?
J'ai toujours eu un doute sur les th�ories scientifiques � propos de la destruction des neurones lors de consommations d'herbe, mais l�, je confirme.
J'allais boire un verre au Foyer, petit bar du campus en discutant avec Lily-Rose une compagne de cours, puis allais prendre mon bus.
Une fois mont�e, je regardais � travers la vitre du bus le paysage qui se soulevait comme s'il avait des haut-le-coeur et cherchait � vomir les maisons qui lui passaient sous le nez.
Au loin, je pouvais apercevoir les gens faire signe au bus pour monter, et en scrutant mieux, je crus voir Jean.
Je devais r�ver.
S�rement...
Cette pourriture en pouvait pas monter! Pourtant, plus le bus s'approchait de l'arr�t, plus je le voyais faire signe.
Je pouffais en l'imaginant brassant les deux bras en l'air pour appeller le bus, tel un clown, comme si cela d�pendait de sa vie.
Apparement, il se rendait � l'appartement de Camille...enfin, � notre immeuble.
Heureusement que notre projet de se trouver un petit loft � deux �tait tomb� � l'eau, je n'imaginerais pas un instant traverser l'appartement, qui est mien, et voir l'homme de Camille en train de lui rouler un gros steak.
Je me mis tout � coup � r�ver, oubliant que Jean allait monter dans les bus.
Plus l'id�e qu'il me voie grandissait en moi, plus je sentais mon coeur battre fort et comme une angoisse monter en moi.
Je me m'imaginais alors dans ce fameux loft que nous aurions pu partager, moi en haut de pyjama uniquement, traversant l'appartement, et Jean, �tant venu gentiment d�poser un petit d�jeuner pour Camille qui ronflait � tout rompre dans sa chambre.
Je l'imaginais en train de refemer la porte de sa chambre, se disant qu'il n'allait pas la r�veiller et me surprenant � moiti� � poil, un bol de chocolat chaud entre les mains.
Je l'imaginais bredouiller n'importe quelle stupidit�, et je voyais nos corps se rapprocher, nos paupi�res se baisser et un doux baiser �chang�
Je me revis l�, dans le bus, et posais doucement mes l�vres sur la paume de ma main, pour imaginer ce baiser, laissant une larme nostalgique couler sur ma joue.
Soudain, quelqu'un essuya du bout du doigt ma larme.
Je me tournais vers un gar�on, aux cheveux blonds �bouriff�s et � l'air coquin...un air qui changea en air compatissant .
- Pourquoi pleurez-vous?me demanda-t-il l'air inquiet.
Je lui souris malgr� un petit bout de chagrin qui stagnait au fond de mon coeur...qu'est-ce que ce con pouvait bien me vouloir avec son air de sauveur ultime du bus? Je r�pondis sagement:
- Des stupidit�s de petite fille.
Je n'aimmais pas dutout le que j'avais emprunt� pour lui dire cela, comme si je m'excusais.
- Allons, je vois que vos l�vres ne demandent qu'une chose...
il n'eut pas le temps de terminer que je vis l'arr�t auquel je devais descendre et m'�cria:
- Oh, je suis d�sol�e, c'est ici que je descends! D�sol�e!
Il me regarda me lever cmme le lapin toujours en retard d'"Alice aux pays des merveilles" et me sourit, comme attendri par ce manque de temps soudain.
- Mon pr�nom c'est Antoine!eut-il le temps de me dire avant que je ne saute du bus.
Je regardais le bus partir en me disant que j'aurais peut-�tre d� rester. j'avais saut�, inconsciente, en pasant � jean. Mais lui, il �tait sans doute ma seule chance d'oublier Jean.
- On se reverra sans doute, Antoine...soufflais-je tout bas en me souvenant avoir vu sur ses genoux le sac de la librairie de l'universit�.
En poussant la porte de l'immeuble, je vis dans le hall, Jean, qui s'appr�tait � sonner sur le bouton pour que Camille lui ouvre la seconde porte de s�curit�.
Prise soudainement d'un �lan d'humanit�, je la lui ouvrais et maugr�ais qu'il pourrait ainsi lui faire une surprise.
- Tiens, on se recycle dans le M�re Th�r�sa?me lan�a-t-il
- Ta geule. J'ai pas envie de �a maintenant.
- Fatigu�e?me demanda-t-il en me suivant dans l'escalier en colima�on.
- Non, pas du tout. j'ai pas envie de parler pour le moment.
Un silence respectueux s'�tablit entre nous, en �cho des bruit de pas que nous faisions dans l'escalier en marbre.
- C'�tait qui ce type?demanda-t-il soudain
Je continuais � marcher en me rem�morrant la sc�ne du bus et levant le bras dans le vague, je marmonnais:
- Antoine...
- Qui Antoine?s'enquit-il
- Antoine je sais pas. r�pondis-je s�chement esp�rant qu'il allait enfin me foutre la paix.
- Bon �a va, calme-toi, je demandais au cas o� �a int�resserait Camille
- Ben voyons, dis-je tout bas.
Comme si �a pouvait int�resser Camille.
La seule envie qui me taraudait par rapport � cette fille, c'�tait de lui arracher les yeux, et lui �craser les dix doigts qui la retenaient de tomber dans les gouffres de l'enfer � coup de talonades acharn�es.
Je m'arr�tais devant la porte de l'appartement de Camille et m'appr�tais � appuyer sur la sonnette.
Jean qui �tait encore � l'entre-�tage me demanda d'attendre un peu.
Il se dirigea vers moi et passa son bras pr�s de mon �paule comme pour la prendre, puis son geste s'acc�l�ra et il poussa sur la sonnette.
L'espace d'un instant, son regard me disait qu'il avait envie de me prendre. Maintenant. Et de m'embrasser.
Je m'arr�tais de le regarder comme tarie de ses attentions et continua sur ma route, il m'appela alors, et un petit silence pr�c�da un merci.
Je le regardais avec ironie. Merci pour quoi? Merci pour la porte, ou merci pour autre chose?
- Merci pour la porte. s'empressa-t-il d'ajouter
Je soupirais en me retournant, me disant qu'il n'y avait aucune chance pour nous deux. Aucune. Mais alors l�, aucune.
Tout en remontant l'escalier, je repensais � Antoine.
suite
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