IMPROBABILITES VII (1e partie)
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Disclaimers : Les personnages de Saint Seiya ainsi que la trame scenaristique appartiennent a Masami Kurumada ainsi qu'aux differentes compagnies chargees de la production et de la distribution du manga, de l'anime, et autres produits derives. L'auteur de la presente histoire, n'en tire aucun benefice materiel ou autre et celle-ci n'a ete ecrite que pour le plaisir des fans de la serie.
Genre : Romance, aventure, challenge de coupling improbable.
Couples :
Siegfried x Kanon
Rating :
NC-17
Auteur :
Esthezyl
Notes : ATTENTION!!
Cette fic n'est pas NC-17 pour rien!! (lol) Lemon!! Passages penibles pour les ames sensibles qui voudraient voir nos deux zebres trouver dare-dare le bonheur ensemble!!
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Encore un petit effort...

GNNNNNNNNNN!!!

Miracle! Il avait ENFIN reussi a se debarasser du haut de sa tunique!

(Pouf, pouf, pouf...)

Et, chronometre en main, lui, Guerrier Divin qui pouvait se vanter de battre la lumiere elle-meme a la course... avait mis tres exactement: sept minutes, vingt-trois secondes et douze centiemes pour venir a bout de ce $%(%!! de bout de tissu.

Pourquoi tout ce temps?

Mais parceque son Dragon, particulierement impatient de voir *ce qu'il y avait* sous le vetement pre-cite, n'avait rien trouve de mieux que de fourrer sa tete sous celui-ci des qu'il l'avait vu se soulever un petit peu?!

Prodigieusement gene par les mouvements de *l'Intrus* qui furetait en gloussant entre sa tunique et sa chemise, il avait brievement tente de l'en chasser, jusqu'a ce qu'il ne se rende compte que, les bras passes autour de sa taille, Kanon s'y etait installe, pelotonne, et n'avait aucune intention d'abandonner la chaleur de son nouvel endroit de predilection.

Oh, tant qu'il ne se mettait pas en tete d'y stocker sa provision de noisettes pour l'hiver...

Mais l'heure n'etait pas a la plaisanterie, et Siegfried avait fini par se resoudre a retirer son fameux haut de tunique, tout en se demandant (avec une vague inquietude) comment Kanon allait reagir.

Et comme il vallait mieux ne pas attendre la reaction en question, il s'etait mis en tete de battre ses records de vitesse pour enchainer avec sa chemise.

1,
2,
3...

GO!!!!!!!!!!!

Et ben, c'etait pas gagne.

Sitot un premier vetement ote et, par voie de consequence, la lumiere revenue autour de lui, Kanon s'etait redresse comme un ressort, et...

(Non, je n'ai pas eu le temps de...)
- ..mmmmhn!!!...
(...prendre ma respiration!!!)

Sa bouche collee a la sienne, Kanon s'evertuait - avec brio d'ailleurs, il faut bien le reconnaitre -, a lui rendre en une seule fois, TOUT ce qu'il avait retenu de ses lecons en matiere de baiser.

Et il fallait croire qu'il pourrait bientot aller s'installer aux cotes du Vieux Maitre des Cinq Pics pour discuter enseignement et pedagogie (NDLR: Je vois le tableau d'ici...^_^;), parceque si la tete lui tournait, a present, ca n'etait plus *seulement* a cause du manque d'air.

Il etait en train de virer au bleu, mais foi de Guerrier Divin et surtout, de maitre en la matiere, il n'allait pas rater une pareille occasion: c'etait le moment ou jamais d'enseigner a cet eleve si studieux, cette ultime technique ancestrale (NDLR: et interdite par Athena...) qu'il avait denichee dans...

?!

L' *ennemi* , le sentant essayer de reprendre le dessus, avait brusquement change de tactique, et, detachant sans prevenir ses levres des siennes, s'etait mis en devoir de le couvrir de petits baisers partout ou il pouvait decouvrir suffisament de place pour.

Ses levres, bien sur, mais aussi ses joues, ses tempes, son front, son cou, la naissance de son epaule juste a la frontiere de la chemise, enfin bref, partout.

C'etait une nette atteinte a l'equilibre de ses sens, surtout que Kanon, qui riait entre deux baisers, s'etait de nouveau colle a lui, son corps (faut-il le rapeller?) entierement nu irradiant de chaleur contre le sien, bras, jambes, poitrine, ventre d'albatre doucement nacres, si fermes mais si tendres et surtout, si chauds sous les doigts qu'ils electrisaient presque et dont ils appelaient sans treve la caresse, chevelure... qui n'etait encore qu'un piege de plus, par son parfum, sa texture, ses longues ondulations si tranquilles et si trompeuses, sa facon ehontee, presque scandaleuse de mettre en valeur une chute de reins tout en douceur, harmonie de courbes sur lesquelles la lumiere jouait comme pour mieux le tenter, l'amener a tendre la main pour verifier la realite de cette blancheur laiteuse qui s'incrustait dans ses retines, les brulaient presque.

Siegfried se voyait submerge, ses sens commencaient a supplanter sa raison, et c'etait loin d'etre desagreable, c'etait meme irresistible; Il ne pouvait s'empecher d'avoir envie d'oublier la maudite chemise, pour saisir et le renverser immediatement sous lui ce Dragon plus provoquant que Tentale tandis qu'il lui prenait doucement les mains pour les lui amener sur ses hanches arrondies, qu'il detronait tout les plus insidieux Opiums par les parfums conjugues et - etait-ce juste une impression? - demultiplies de sa peau et de ses cheveux, qu'il lui faisait ostensiblement respirer en se frottant plus etroitement a lui, en lui entourant le cou des voiles saphir de ce torrent de soie qu'il avait pour chevelure...

Sans meme qu'il en ait decide ainsi, les mains de Siegfried commencerent a se faire plus audacieuses, et alors qu'elles exploraient avec de moins en moins de retenue et de patience - mais tout de meme en prenant soin d'eviter les Ecailles trop sensibles - le corps du Dragon qui s'offrait a leurs investigations avec un evident plaisir, le Chasseur faillit bien se reveiller de son *leger* sommeil.

Seulement, voila:

Le Chasseur, de son autre nom 'Lupus Noctabilis Pervertus' , est une espece mysterieuse dont on sait peu de choses, mais surtout une qui est aisement verifiable: on ne l'a jamais vu habillee.

Et bien oui. Un Lupus habille, c'est de la Fiction, une abberation, en un mot, ca n'existe pas.

Donc, retour case depart.

Avant tout, se deshabiller.
Coute que coute.
(NDLR: Courage, Siegfried!!)

C'est donc un Siegfried au supplice, qui se debattit frenetiquement et de longues minutes avec ses vetements tout en essayant de repousser son Dragon qui s'etait scotche a lui et ne semblait pas DU TOUT enclin a laisser plus d'un centimetre cube d'air s'infiltrer entre eux.

C'etait donc bien le comble de l'ironie, puisque bien qu'il ait a l'origine ete *somme* de, heu... faire la chose(??) - ici, maintenant et tout de suite- , il n'arrivait meme pas porter la main au premier bouton de sa chemise, et se prenait a redouter la prochaine provocation de ce qu'il se plaisait pourtant a habituellement appeler sa - proie preferee- .

- Non, Kanon, attends une seconde, juste le temps de... Mais!! Decolle-toi un petit peu de moi, comment tu veux que... Kanon, j'ai beau etre assis, si tu continues a t'appuyer de tout ton poids sur moi comme ca, je vais tomber, la?! je vais tomber, je vais... !! ....et ben voila, je suis tombe... Bon, on va peut-etre pouv... Non, arrete, je te dis?!Ne me grimpe pas dessus en plus?! Mais, tu m'ecoutes?Tu m'entends? ALLO??!!KANON?!!
- Mhouarf... (NDLR:...)

D'un seul coup, Kanon venait de se laisser tomber sur Siegfried; Dresse sur ses avant-bras, il le contempla une longue seconde d'un air affame, lui adressa un sourire qui etait une autre provocation en plus d'une invite, et avec un petit grognement satisfait de lui-meme, se pencha pour aller lui passer un grand coup de langue sur l'oreille!

Dire que pour Siegfried, ce fut la cerise sur le gateau, serait un plaisant euphemisme.
Non, pour lui, la cerise pesait 3 kilos, et etait remplie de poudre a canon.

Apres le geste de Kanon, il lui resta a peu pres autant de raison, que dans de pareilles circonstances, il doit rester de gateau apres le passage de la *cerise* .

Kanon, brutalement saisi a la gorge par la main droite de Siegfried, vola de sur celui-ci pour aller atterir sur le sol, puis y etre plaque solidement par le Guerrier Divin pour lequel renverser la situation n'avait pas meme necessite une seconde.

Siegfried, dont les yeux d'un bleu pale a l'extreme n'etaient plus que deux fentes luisantes, laissa tomber, d'une voix tres grave et tres profonde, aussi glaciale que ses mains, refermees sur les poignets de Kanon, pouvaient etre brulantes:
- Kanon, tes provocations sont assez efficaces, je le reconnais... Mais si tu tiens *tellement* a me faire de l'effet, je crois que quelques directives s'imposent...

Un lent sourire se dessina sur les levres de Siegfried.
- Ne bouge pas.

Il se releva.

Kanon, parfaitement immobile, quelquechose comme un melange d'espoir et de peur au fond de ses grands yeux turquoises, suivait chacun de ses mouvements

Debout, surplombant le Dragon avec ses deux jambes ouvertes de part et d'autres de lui, Siegfried murmura, comme pour lui seul:
- Hmm... Oui, d'ici, j'ai une bien meilleure vue... Mais ca pourrait etre mieux.

Ne pas etre tout a fait satisfait n'empecha pas Siegfried de longuement le detailler, comme s'il ne se doutait pas que dans l'etat ou etait Kanon, le plus insupportable etait bien de devoir rester totalement immobile.

- Ecarte tes cheveux... , lui dit-il, parcequ'il se sentait las d'essayer de distinguer a travers les epais rubans de soie bleue, ce qui stimulait le plus son imagination bien qu'il n'y ait plus un centimetre carre de la peau de Kanon qu'il ne connaisse pas par coeur.

Sa Proie, sans hesiter une seconde, s'executa, et avec les deux petites gemmes rosees qui avaient presque reussi a percer les rideaux de sa chevelure posee sur sa poitrine, apparut en plein jour ce que le desir et l'attente avait rechauffe jusqu'au delire, laissant fremissant, presque douloureux et deja ruisselant du nectar de l'Impatience.(NDLR: une seconde, je vais prendre une douche froide, et je reviens.)

A ce spectacle, les idees de Siegfried perdirent toute leur logique d'enchainement, et se mirent a ne plus reposer que sur son seul sens de la vue.

Tout ce qu'il voyait etait devenu son univers, plus rien d'autre ne comptait ni meme, n'existait.

La gorge seche, il murmura:
- Seigneur, si ca continue, je vais me transformer en monstre a tentacules...
(NDLR:Siegfried, la douche est libre...)

Mais comme aucun Chojin n'a jamais eu et n'aura jamais sa place dans la mythologie nordique, Siegfried se contenta de continuer a devorer son Dragon du regard, comme s'il avait peur de le voir se volatiliser d'un instant a l'autre, ultime miracle dont il aurait jamais ete le temoin.

Mais qui eut pu lui reprocher ces quelques secondes de contemplation?

Tout ce qui s'exposait sous ses yeux, dans toute sa splendeur et dans le plus parfait abandon qui plus est, lui appartenait.

C'etait plus fort que lui. Brusquement, il se mit a faire l'inventaire.

Mais la respiration de Kanon s'etait acceleree, et il commencait a voir dans ses yeux qu'il n'allait pas encore bien longtemps pouvoir supporter de simplement rester la, comme ca.

Non pas que son regard appuye, sa facon de le devorer des yeux, le genat... Non, il avait l'habitude, et pour etre franc, ca ne lui deplaisait pas tant. Seulement, c'etait ce brasier qui couvait sous sa peau pale, et qui menacait de bientot tout a fait se ranimer...

C'etait ce dechainement sensoriel qu'il craignait le plus, parcequ'il savait desormais que s'y ajoutait quelque chose de proche de la douleur, et plus proche encore de la folie.

Le regard de Siegfried s'etait adouci, probablement parcequ'il avait commence a lire de la detresse dans le regard de ce Dragon qui avait, quelques instants plus tot, tout tente pour essayer de le faire sortir de ses gonds.

Fragile.
Fragile et desarme, et tellement dependant de lui.

C'etait tel qu'il le voyait a present, lui avec son regard d'eau, tellement, tellement... sondable.
Que pourrait-il jamais encore arriver a lui cacher?

Siegfried se pencha en tendant les bras, et Kanon, en se redressant lentement, alla a sa rencontre. Tout en l'aidant a se relever, il l'enlaca, bras etroitement passes autour de sa taille. Ils etaient presque de meme taille, mais Siegfried fit expres de le soulever de terre, et tout en l'embrassant tendrement, avanca de quelques pas, lentement, comme si ce qui lui importait le plus etait surtout de prolonger le baiser qu'ils echangeaient.

La cuisse droite de Kanon s'etait instinctivement levee pour aller toucher la hanche de Siegfried, mais n'eut pas le temps de la rejoindre; Doucement, Siegfried deposa Kanon dans le fauteuil qu'il avait quitte quelques instants plus tot, pour aller se pendre a son cou et quemander ses caresses.

Se decouvrant de nouveau installe sur le siege ou Siegfried l'avait installe au sortir du bain, Kanon, un debut d'inquietude comme une ombre planant au fond de ses prunelles, jeta machinalement un coup d'oeil un peu perdu vers le lit, puis leva un regard interrogateur sur Siegfried. Comme ce dernier le regardait sans un mot, un leger sourire flottant sur ses levres, il hasarda, d'une toute petite voix:
- Siegfried?... Tu sais, je, je crois que...que je ne vais pas encore... bien longtemps... pouvoir tenir?...

Les yeux de Siegfried s'etrecirent un tout petit peu tandis que son sourire se faisait plus tendre encore.
- Je sais. Ne t'inquiete pas. Prends tes aises, je n'en ai que pour quelques minutes.

Quelques minutes?
Quelques minutes pour faire quoi?
Il... Il ne va tout de meme pas me laisser seul ici?
Meme, meme pour quelques minutes, je ne...

Kanon commencait a serieusement paniquer, quand apres l'avoir un instant regarde avec cette meme expression indechiffrable mais toujours son doux sourire aux levres, Siegfried... commenca a se deshabiller.

Tranquillement, calmement, mais sans s'attarder plus qu'il ne le faudrait pour autant. Rien que de tres naturel. Du moins dans la gestuelle.

Kanon se raidit dans son fauteuil.

Mais...heu...une seconde!!

# Premierement, il faisait plein jour.
# Deuxiemement, il etait la, a peut-etre...deux metres de lui ? Tout pres, quoi?! Et en pleine lumiere, donc!!
# Troisiemement, oui, c'etait vrai qu'a force, le corps nu de Siegfried, pas plus que le sien, ne l'intimidait plus ni ne l'effrayait.MAIS!!! Ca n'etait pas une raison!! Du moins, pas une raison valable?! Et puis, il n'avait rien demande, lui?!
#Quatriemement, MAIS QUE QUELQU'UN L'ARRETE?!
#Cinquiemement, MAIS QUE QUELQU'UN L'ARRETE?!!

- ...Kanon?...
Fit tout a coup Siegfried, en ouvrant de grands yeux.

Au moment ou il avait (a peine) deboutonne le troisieme bouton de sa chemise, il avait vu son Dragon, rouge brique jusqu'aux oreilles, faire un bond sur son fauteuil pour se retourner et s'agripper au dossier du siege en tendant le cou vers la fenetre qui se trouvait derriere lui.

Il n'eut pas le temps de lui poser la moindre question.
Brusquement, Kanon s'ecria, comme s'il venait d'avoir fait une decouverte capitale:
- Oh, tu as vu?! Il NEIGE?! Qu'est ce que c'est beau?! Par contre, tout ce blanc, c'est certainement mauvais pour les yeux. Je sais pas pour les tiens, mais les miens, ca a pas l'air comme ca, mais y sont fragiles, donc je vais fermer le rideau, hein?

La seconde suivante, il etait debout, et *se jetait* sur les rideaux pour les fermer.

Une fois ceux de la fenetre se trouvant derriere le fauteuil, clos, Siegfried l'entendit rajouter, avec le naturel d'un acteur de films de serie Z:
- Ah, y'en a d'autres, la-bas aussi! On sait jamais, hein?! Allez, hop!

En un clin d'oeil, Il faisait si noir dans la chambre, que meme un chat se serait paye les meubles.

De nouveau installe dans son fauteuil qu'il avait eu, soit dit en passant, un petit peu de mal a retrouver, Kanon acheva, en se voulant tres convaincant et tres naturel:
- Ah, parfait! J'aime bien le blanc, mais le noir, c'est encore mieux, hein... c'est si...si...si, heu, reposant, oui, c'est ca, reposant, et...et...et... (hem) Mais je t'en prie, ne te gene pas pour moi, fais ce que tu as a faire?

Siegfried ne pouvait pas le voir, mais devinait le sourire sur le visage d'un Kanon dont le ton laissait maladroitement transparaitre le soulagement.

Lui, par contre, ne riait plus du tout.

Mais c'en etait presque vexant?!
...Aah, il le prenait comme ca?

Siegfried, avec ce calme qui semblait ne plus vouloir le quitter, et meme un certain flegme, alla rouvrir, un a un, les rideaux que Kanon avait fermes.

Quand il revint a sa place precedente, baigne par la lumiere d'un blanc eclatant qui affluait de nouveau dans la chambre, il trouva son Dragon, plus blanc encore, et groupe dans son fauteuil comme un petit (petit?) animal accule dans un coin, face au Predateur cruel et sans merci.

Sans le moindre egard pour l'evidente epouvante de cet homme que les Dieux meme n'avaient su effrayer, il se concentra de nouveau sur ces fameux boutons a defaire.

Il allait bien finir par arriver a l'enlever, cette satanee chemise?!

Tandis que ses mains descendaient peu a peu le long de la ligne de boutons ornes du blason des armees d'Asgard, d'une chemise militaire qui faisait partie de son uniforme de General en Chef des Armees, Siegfried surveillait son Dragon... qui semblait s'etre decouvert un soudain interet pour le decor de la chambre, pourtant on-ne-peut plus sobre.

En bref, il regardait partout, SAUF a deux metres droit devant lui.

Si ca se trouve, il avait tort d'insister?

Pourtant, apres avoir ete longuement contemple, il aurait cru que de pouvoir lui rendre la pareille lui aurait fait plaisir. Et puis, il devait bien se l'avouer: Il aurait ete ravi de voir le regard de son Dragon se teinter peu a peu de desir face a lui.

Il avait oublie que Dragon rimait avec glacon. T_T;

Siegfried soupira, baissa les yeux sur sa chemise pour verifier jusqu'ou il en etait arrive, vit qu'il lui restait encore les trois derniers boutons.
Quand il releva machinalement les yeux, il se rendit compte avec stupeur que le regard de Kanon etait braque sur sa poitrine a moitie decouverte.

Sous l'effet de la surprise, ses mains s'immobiliserent sur un bouton a moitie defait.

Leurs regards plongerent l'un dans l'autre, celui de Kanon incertain mais courageux, celui de Siegfried... surpris, seulement surpris.

- ...Continue?...
Murmura Kanon, tres bas.

...?!...
Quelle etait cette ... chaleur, au fond de son regard?
C'etait bien ce qu'il avait souhaite y lire, mais...

...Et ses ecailles?
Ou en etait-il?
Si ca se trouve, elles y etaient pour quelque chose, dans son changement d'attitude?

Siegfried commenca a s'inquieter.

- Kanon?... Tes ecailles...est-ce-que...
- Continue...
Le coupa Kanon, en se reinstallant normalement dans son fauteuil.

Siegfried haussa un sourcil.

Bien, si c'etait lui qui le lui demandait... Il n'y avait a priori pas de danger qu'il perde brusquement le controle de lui-meme.

Apres tout, il devait mieux que lui savoir *ou il en etait*.

Siegfried defit le dernier bouton, leva une nouvelle fois le regard sur Kanon.

Comme il ne lisait rien de plus dans son regard, il enleva sa chemise, et se retourna une seconde pour la lancer sur son lit.

Pour une raison qu'il n'arrivait pas a saisir, il se sentait bien plus tendu qu'il ne l'aurait pense.

Peut-etre avait-il peur de voir Kanon le fuir...

Il etaient cense tout s'etre accepte l'un de l'autre, mais en y reflechissant bien, Kanon s'etait toujours montre plus ou moins intimide les fois ou il a avait ose le toucher.

Un peu comme s'il avait eu peur de se bruler.

Il refit face a Kanon.
Ce dernier... le detaillait!

Il n'y avait pas d'erreur.

Son regard glissait lentement sur sa poitrine nue, retracant les contours de chaque muscle endormi sous sa peau ici et la lezardee de cicatrices, dont certaines etaient recentes.

Tres, recentes...

Son regard etait indechiffrable, malgre ce 'feu' toujours present, et, de facon paradoxale, une... ombre.
Ca n'etait pas la premiere fois qu'il la lui voyait.
Kanon n'aimait pas le voir blesse, surtout quand ces blessures avaient rapport avec sa propre personne, ce qui etait comprehensible.
C'etait aussi le cas pour ses cicatrices.

Kanon avait une fois embrasse celle qu'il avait au ventre, sans rien dire.
Puis il avait essaye de lui cacher son expression, ce qu'il ne lui avait pas permis de faire.
Ca n'etait pas tant qu'il ait specialement eu besoin de sonder son regard a cet instant precis, mais il tenait a ce que Kanon ne puisse rien lui cacher. En aucune circonstance.
De toute facon, il mentait si peu, et si mal...

Cependant, le regard de Kanon, qui avait voyage a travers sa poitrine, remonta vers son visage, et leurs yeux se rencontrerent a nouveau.

De nouveau:
- ...Continue?... , lui dit-il.

Ce coup-ci perplexe, Siegfried avanca d'un pas.
Il ouvrit la bouche pour demander une nouvelle fois a son Dragon si tout allait bien, mais se retint de justesse.

Il lui avait demande de continuer, il allait continuer.

Il commenca a defaire sa ceinture. (NDLR: et la, on entre dans une zone de Warp...)

Quelques instants plus tard (NDLR: Qu'est ce que je vous disais? Je suis forte, hein?), il etait entierement nu, et sans pour autant s'en glorifier, il savait que son corps bien proportionne, souple et aux muscles lisses comme ceux d'une statue grecque, aurait ravi plus d'un sculpteur.

Meme en pleine lumiere, il defiait quiconque de lui trouver la moindre imperfection, mis a part ses cicatrices, et cette etrange tache de naissance dans son dos, bien sur.
Par contre...

Comment dire (NDLR: Oui, comment dire??...), il ferait certainement un excellent modele, certes, mais ca ne voulait pas dire pour autant que cet instant *precis* soit le plus approprie pour s'attaquer a une oeuvre a sa gloire, parceque...

Disons qu'une statue d'Appolon dans cet *etat-la*, si on en avait retrouve une ou que ce soit dans le monde, ca se saurait.

Quoique...si ca se trouve, c'etait comme le nez du Sphinx...

?!!...

Ouh,nononononononon, on se calme.
Siegfried, pense a autre chose, pense a autre chose, parceque ca, c'est mauvais pour ton moral...

Ben tiens, par exemple, pense a Kanon et a son fauteuil que tu ne vas certainement pas tarder a te manger...

Et Siegfried tourna un oeil inquiet vers Kanon.

...
Hein??
Mais non? Il n'avait l'air ni outre, ni degoute, ni effraye, ni...

- C'est a moi, tout ca?...

...?!

- Parceque ca me plait beaucoup...

...!!

Kanon etait un peu rouge, mais il lui souriait.
Mieux, il se levait, et venait a sa rencontre!

- Je peux toucher?...
Lui demanda-t-il, toujours en souriant.

- Mais je t'en prie, fais comme chez toi?...heu?...

Mais qu'est ce qu'il venait d'obscurement bafouiller, la?

Surement une c....ie, parcequ'a present, Kanon se retenait de rire.

Alors que Siegfried essayait de retrouver contenance, Kanon commenca a lui tourner autour a pas lents, sa longue chevelure azuree le caressant au passage, tout comme ses doigts qui avait commence par le froler comme si de rien etait, mais s'enhardissaient peu a peu.

Quant a Siegfried, comme il n'arrivait pas a tout a fait se debarrasser de ses inquietudes, il se mit bientot a chercher les Ecailles entre les boucles ondulantes, ce qui etait aussi un moyen de se garder de *toucher* a son Dragon qui deambulait nu et resplendissant sous ses yeux, demarche souple toujours aussi silencieuse, parfum envoutant le suivant partout en s'enroulant autour du Chasseur comme pour mieux l'enchainer.

Mais Kanon venait de s'arreter derriere lui.

Il sentit ses mains se poser doucement sur ses epaules, glisser vers ses bras, hesitantes, malhabiles. En en observant une du coin de l'oeil, Siegfried se rendit compte que de temps en temps, elle se detachaient vivement bien que tres brievement de sa peau.

Exactement comme si Kanon avait peur de se bruler.

Il attrapa cette main qui menacait a present de tout a fait se detacher de lui, et, avec douceur, la pressa bien a plat contre son bras, sous sa propre main.

Derriere lui, la respiration jusque la calme de Kanon, se precipita le temps de quelques secondes.

Siegfried comprit que son Dragon se forcait a la reguler.

Alors il attendit quelques temps, avant d'entrainer la main de Kanon dans un lent voyage jusqu'a son epaule.Quand il la lacha, l'autre main de Kanon retraca le meme periple sur son autre bras, et bientot, ses deux mains furent de nouveau sur les epaules du Guerrier Divin.

Kanon semblait en apprecier la force et le dessin, et les flatta quelques instants.

Tout a coup, Siegfried se rendit compte que Kanon etait en train de lui repousser ses cheveux sur la poitrine, et il y eut un...contact doux et chaud, sur sa nuque.

Celui de ses levres.

Siegfried ne saurait jamais comment il reussit, a ce moment-la, a se contenir.

Quand a Kanon, il devait l'avoir senti tresaillir, car il se rejeta vivement en arriere, et sembla rester fige derriere lui pendant quelques secondes... aux abois, certainement.

Mais comme aucun Chasseur ne se profilait a l'horizon, il reprit son exploration, avec toujours autant de lenteur et de circonspection.

Quand il fut satisfait de son inspection de son dos, il laissa le bout de ses doigts gagner ses hanches, et au bout de quelques temps, osa, mais tres progressivement, y poser ses paumes.

Alors Siegfried deposa ses mains sur les siennes, et, avec douceur mais persuasion, les lui fit lentement glisser jusque sur son ventre, ou il les caressa brievement avant de les guider jusqu'a sa poitrine.

A present, Kanon etait colle poitrine contre son dos, ses bras enroules autour de lui.
Il pouvait le sentir respirer, il pouvait meme percevoir les battements de son coeur...

ET, SEIGNEUR, IL BATTAIT BEAUCOUP TROP VITE!!!

Le Guerrier Divin eut a peine le temps de se retourner, pour recevoir le malheureux Dragon a demi assomme de douleur dans ses bras.
- MAIS!! Pourquoi est-ce-que tu ne m'as rien dit?!!
- Ca vient... de se declencher ...maintenant... rien vu venir...pas..de fievre....

La tete de Kanon partit en arriere, et Siegfried fut certain qu'il avait perdu connaissance pendant une seconde ou deux.

Mais Kanon se reprit tout de suite, pour souffler:
- ...??!!...ca fait plus mal, mais...ca brule, Siegfried...dans le dos...et partout...

Siegfried jeta un coup d'oeil dans son dos, et lui repondit, d'une voix blanche:
- Pas etonnant, tes ecailles sont presque incandescentes! Et ta fievre est en train de monter a une vitesse vertigineuse!...' jamais vu une chose pareille?!...
- La...fievre??... Siegfried?...ca va...recommencer?...mais pourquoi??...non, pas, pas une seconde fois?!...

La voix de Kanon se brisa, et en le voyant se mettre a tout a coup trembler de peur, Siegfried se releva vivement en le tenant dans ses bras, et alla le deposer dans le fauteuil.

- Ca suffit, cette fois, on va prendre le mal a la racine.

Gronda-t-il entre ses dents, et juste avant de transmettre une petite partie de son energie vitale a Kanon, dont les forces s'amenuisaient a vue d'oeil.

Cette fois, il n'avait pas touche a ses ecailles, donc, les choses devraient rentrer dans l'ordre rapidement.

En fait, ils avaient trop attendu, et le phenomene, pour un temps en etat de veille, s'etait reveille avec un regain d'intensite et un petit bonus , sous la forme d'une fievre de cheval.

Comme s'ils avaient besoin de ca.

- Desole, Kanon, ca va etre un petit peu... expeditif, mais tu sais maintenant comme moi que le plus vite vaut le mieux.

Kanon hocha la tete pour lui signifier qu'il comprenait, et qu'il le laissait faire.

Sans meme perdre de temps a le transporter jusque sur son lit, Siegfried s'agenouilla devant le fauteuil, glissa ses deux mains sous les genoux du Dragon et lui repoussa les jambes vers la poitrine jusqu'a ce que ses cuisses ouvertes reposent contre sa propre poitrine tandis qu'il se penchait sur lui.

Kanon, qui ne savait plus tres bien ou il en etait et semblait respirer difficilement, les joues empourprees et le regard vague, lui noua machinalement les bras autour du cou, et lui sourit a travers sa semi-inconscience.

Seigneur, c'est deja plus rassurant de le voir a demie dans les vapes...Si jamais il recommencait a se tordre de douleur, je vois mal comment je pourrais, en plus, le prendre.

Bon, c'est la derniere ligne droite.

Et, sans perdre une seule seconde le visage de Kanon des yeux, Siegfried commenca a laisser ses hanches couler doucement entre les jambes de son Dragon.

Seulement, ca aurait ete trop simple.

Cinq minutes plus tard:

S (tres bas):- Kanon, on a un probleme.
K (sur son nuage): - Pro... bleme?...
S (livide):- Ben oui.
K (dans la brise):- ...quoi? ...
S (toute petite voix):- Heu... comment dire... j'y arrive pas.
K (neuneu):- ... Je sais pas, moi... fais exploser... ton Cosmos?...
S (abomine):- ...?! ... Mais bien sur. Non, le probleme, il vient de toi!
K (theatral):- ... Et oui, surprise! : je suis ...un homme...
S (crise de nerfs) :- Tais toi et ecoute-moi!... je ne sais pas ce qui se passe, mais tu es trop... trop... e... e,etroit ... (ca y est, je l'ai dit)...
K (completement beurre): - Pourtant, je suis plus vierge??Normal, je l'ai jamais ete, je suis Gemeaux...et hypopo...hypopocampe??...Cheval des Mers? Dragon des mers?Ornitorynque?...(enjoleur) Dis, qu'est ce que je suis, pour toi, Siegfried?...
S (muet d'atterement): - ...

Sans un mot de plus, Siegfried lacha Kanon, et, le plantant sur place, se retira quelques temps dans salle de bains.

Apres peut-etre cinq minutes, il revint sur les lieux, ou le Dragon continuait a delirer tout seul, expliquant a un interlocuteur invisible que "franchement, il n'y avaient que les chiens, qui se promenaient tout nus avec un collier". (NDLR: Quizz: qui est l' 'interlocuteur invisible'? Ceux qui ne trouvent pas peuvent relire 'Improbabilites' depuis le debut... ^v^ ;)

Siegfried avait un baquet d'eau froide dans une main, et une sorte de petit objet arrondi et de couleur rose, dans l'autre main.

Il envoya le contenu de son baquet a la figure du Dragon, qui l'avait vu venir mais se contenta de passivement se boucher le nez (NDLR: ...)puis re-perdit connaissance pour s'etre ebroue trop violemment.

Enfin capable de s'offrir un petit moment de calme, Siegfried en profita pour se livrer a une petite mais decisive operation connue de lui seul, et quand Kanon, cinq minutes plus tard, reprit conscience dans un etat a peu pres normal, il n'eut cette fois aucun mal a achever ce qu'il avait precedement et pendant cinq vaines minutes, essaye de faire.

Degoulinant d'eau glacee, l'ex-General balbutia, en cherchant le regard de Siegfried, qui s'obstinait a eviter le sien tandis qu'il entrait avec precautions en lui:
- Siegfried?...je ne...je ne sais pas trop...hnn... ce qui s'est passe, mais...
- ...
- Siegfried?... Tu, tu es en...en.. colere?

Le ton etait inquiet, mais il n'y avait aucun doute, c'etait bien *son* Dragon, en -a peu pres- pleine possession de ses moyens.

Soulage, Siegfried releva la tete, sourit sans non plus trop de conviction, mais repondit avec douceur :
- Ca n'est pas grave, et puis...concentre-toi, plutot...Dis-moi, si je te fais mal...
- ...??... d'a-d'accord...

Mais Kanon faisait une tete de chien battu (ou de chat mouille), et il n'avait pas envie de le voir tout prendre sur lui, alors que les torts etaient partages, et qu'en definitive, il n'avait pas plus ete blesse qu'insulte.

Il se pencha sur lui, lui caressa brievement les levres des siennes, et apres avoir croise son regard rempli d'espoir, se mit en devoir de l'embrasser deja plus profondement.

Il s'etait entierement engage en lui, mais ne bougeait pas, lui laissant le temps de s'accoutumer, guettant ses reactions.

Il lui ecarta de sur la poitrine les longues meches de cheveux mouilles qui y collaient, et fit de meme pour celles qui retracaient les contours de son visage et de son cou, degageant completement son visage.

- Comment vont tes Ecailles?
- Elles me brulent encore un petit peu, mais c'est supportable. Et puis, j'ai bien moins chaud que tout a l'heure.
- Ca devait etre une crise. Il faudra se mefier et ne pas perdre de temps, a l'avenir.

Kanon se tut pendant quelques secondes, puis murmura doucement, le regard perdu mais extremement doux, tout comme son sourire:
- Mais moi, je ne regrette rien...
- ...?
- J'ai enfin compris que ca n'etait pas une question d'habitude ou d'audace, pas plus que de courage. C'etait une question de sentiments.

Siegfried comprit enfin de quoi il parlait, et malgre lui, retint son souffle, attendant la suite.
- Les sentiments etaient la depuis longtemps, mais il y a encore tellement de barrieres a detruire et d'obstacles a franchir; J'ai toujours l'impression que ce que je desire le plus va s'evanouir avant que je n'aie pu le toucher... Pourtant, ca a ete si simple, finalement. Il m'a suffi de tendre la main. Et tu etais la, accessible et bien reel.
- Bien sur. Et je le serai toujours, tant que tu resteras a la portee... de mon coeur, bien a l'abri dans le petit tiroir de mes emotions les plus precieuses.

Kanon, qui ne s'etait pas attendu a une telle declaration, en resta quelques secondes sans voix. Puis les larmes se mirent a rouler sur ses joues en cascades, entrainant sur leur passage les goutelettes d'eau qui y avaient subsiste, ruisselant de sa chevelure trempee.

Un chat -un chaton?- mouille, il n'y avait pas de doute.

Il avait d'ailleurs hate de l'entendre ronronner a nouveau.

Donc, au travail (enfin, facon de parler).

Siegfried saisit le visage de Kanon entre ses grandes mains puissantes, caressa sa peau bleme trop froide a son gout, se pencha pour gouter a ses larmes, et y trouva un parfum proche de celui de ses cheveux, car doucement sale.

- Ne pleure pas. Ne pleure pas et oublie tout, Kanon. Pour l'instant, tu es dans mes bras...

Il lui glissa une main dans le dos, effleura la premiere Ecaille qu'il y rencontra.

Le corps de Kanon se tendit aussitot comme un arc, et il lacha un cri.

Sous les doigts de Siegfried, l'Ecaille si parfaitement polie et deja un peu tiede commenca a se rechauffer, et il devina qu'elle devait aussi s'etre illuminee.

Contre ses hanches, les jambes de Kanon tremblaient legerement, par petits a-coups; Son regard n'etait plus que brume azuree parsemee d'eclats de cristal, et ses levres ouvertes sur un cri, une plainte, un appel au secours, voire une supplique muette qui n'etait destinee qu'a lui, etaient comme un fruit mur qui n'attend que d'etre vole.

Et bien, Chasseur rimait avec Voleur?

Il pouvait donc bien etre Voleur! (NDLR: Siegfried, 'congelateur' aussi, ca rime... Aaah, les meandres de la logique Sigfreudienne...)

Il se hata donc d'aller derober l'objet de sa convoitise, tout en serrant contre lui ce corps plus doux, et tendre, et accueillant qu'il ne l'avait jamais ete.

La voie ou il s'etait engagee etait tout un monde de douceur, de chaleur qui promettait toujours plus de delices... et tenait ses promesses, si bien qu'il se fit un devoir de recompenser tant de bonne volonte par un regain d'ardeur, arrachant successivement a la gorge du Dragon, toutes les notes existant sur la gamme du Plaisir et de la Folie, tandis que sur son corps qui se teintait de rose delicat aux endroits ou la chaleur se faisait la plus tenace, se formaient peu a peu de minuscules goutelettes d'eau etincelantes, bien distinctes au milieu de celles que sa precedente 'douche forcee' avait laissee.

La tete renversee en arriere, sa poitrine animee des soubresauts d'un souffle trop rapide qu'il n'essayait meme plus de reguler, le Dragon, sur la gorge duquel la bouche de Siegfried courait comme s'il avait ete a deux doigts de mordre dans la blancheur d'une peau tentatrice, se laissait mener a la guise du Voleur, encore appele Chasseur, qui le connaissait aussi bien que s'il l'avait faconne dans l'argile blanche la plus precieuse.

Lorsque des levres avides s'emparerent d'une des deux pales gemmes de sa poitrine, petites amethystes roses qui n'avaient eu que le tort et le bonheur a la fois, de rester trop longtemps et impuniment exposees, il redressa la tete avec un cri qui avait les accents du desespoir le plus dechirant, mais qui n'etait que pur ravissement.

Le temps commenca a egrener de longues secondes de silence seulement trouble par un crescendo de petits cris ponctuant chaque nouvel assaut, chaque nouveau choc de la chair mouillee contre la chair brulante, chaque pas sur le long escalier de l'affolement des sens, vers un achevement qui n'etait que lumiere et legerete, mais semblait reculer toujours plus devant leurs doigts tendus et impatients.

Ses ongles plantes dans le dos de Siegfried, Kanon attentif a ce que ses Ecailles surchauffees lui faisaient decouvrir de nouveau a propos de son propre corps enflamme, poussa le Chasseur a precipiter sa course, pour mieux se saisir de sa Proie qui avait tant a lui offrir, mais qui etait aussi curieuse de ses propres limites.

Repoussant plus pres de sa poitrine les jambes de son Dragon enfievre et a demi fou de plaisir, Siegfried glissa plus loin ses hanches puissantes entre les cuisses d'albatre grandes ouvertes, plantant plus profondement encore cette dague dans son fourreau de velours, et saisissant au meme moment et a travers les brumes de sa propre folie, le cri du Dragon repousse dans ses derniers retranchements.

Alors il le saisit par les hanches pour le maintenir etroitement contre et sur lui, et, stoppant net ses mouvements, alla chercher son regard.

Il rencontra deux foyers de flammes bleues dansantes sous les longs cils d'ebene, deux joyaux impossibles dont il songea avec orgueil qu'ils etaient nes de leurs passions a tous deux, mais surtout de sa connaissance parfaite de ce corps qu'il retenait contre le sien.

*Tu m'appartiens*, pensa-t-il, et s'il ne l'avait pas deja suffisament prouve, il allait le faire sur le champ.

Kanon, qui avait capte sa pensee, fremit en anticipant une seconde avant qu'elle ne se declenche, la tempete qui allait de nouveau s'abattre sur lui et le ravager comme il n'avait jamais ose souhaiter qu'elle le fasse.

Avec la brusque reprise de la Course du Chasseur, une explosion de lumiere noya jusqu'a la plus elementaire de ses pensees, et il se laissa de nouveau entrainer dans ce jeu de chasse-poursuite infernal, scandant seulement le seul mot qu'il soit encore en etat de prononcer:

- Siegfried!!...Siegfried!!...Sieg...fried!!

Il y avait bien longtemps que le Dragon ne se possedait plus, quand, tout en continuant a jouer avec ses ecailles trop sensibles, Siegfried s'epancha une premiere fois en lui, au terme d'un galop effrene qui les laissa essoufles, ruisselants, le souffle brulant et difficile, mais la poitrine gonflee et la tete encore dans les etoiles. A deux doigts de la suroxygenation, ils se donnerent quelques temps pour recuperer, puisqu'ils n'etaient de toute facon plus en etat de bouger un doigt.

Siegfried s'etait effondre sur Kanon, qui avait pourtant deja assez chaud comme ca, et qui tremblait de haut en bas comme une feuille, sa chevelure repandue sur tout le fauteuil comme sur son propre corps las, et ses longues jambes blanches jetees sur les accoudoirs de droite et de gauche.

D'une facon, heureusement que Siegfried le recouvrait, parcequ'on ne pouvait pas dire que ce soit une position tres... decente.

Mais il n'en avait cure. Tout ce qui lui importait, pour le moment, etait d'arriver a ne serait-ce que reprendre son souffle, ce qui s'annoncait etre une entreprise hardue.

- Kanon? Ca va? Tu es...toujours... en vie?
Souffla Siegfried, sortant avec peine de son etat comateux pour s'inquieter de lui.
- ...HAaa... ... HAaa... ... HAaa...
- Je vois. Ou plutot... j'entends...

Tout commentaire eut ete parfaitement superflu, et il preferait de toute facon se concentrer sur le recouvrement de ses forces, pour la suite.... parcequ' EVIDEMMENT, il n'allait pas s'arreter en si bon chemin.

Kanon ne l'aurait de toute facon pas laisse s'echapper avec *la moitie du travail de fait*, etant donne que si sa fievre s'etait quelques peu attenuee, le probleme etait encore loin d'etre regle.

Comme si c'etait pour lui devenu une habitude, il lui transmit une petite partie de son energie vitale, pour l'aider a se remettre.

Une bruine de cristaux bleutes vint envelopper le corps de Kanon, qui frissonna d'aise et souffla, en levant sa main droite gantee de lumiere pale a hauteur de ses yeux:
- C'est agreable, surtout avec ma fievre... Mon Cosmos n'etait que lumiere, mais le tien est a l'image d'Asgard...
Puis, plus bas, avec quelque hesitation, comme s'il craignait de se faire remettre a sa place:
- J'aimerais tellement, un jour, gagner le droit d'aimer ce pays...
- Si tu dis cela, c'est que tu l'aimes deja. Et je ne pense pas que tu aies besoin de permission. En tous cas, tu n'as pas besoin de la mienne.
- Tu ne te sens pas insulte?
- Ne dis pas de betises. Le Dragon des Mers a appris a aimer entre mes bras, c'est un miracle dont tout le monde reconnaitra la valeur.

Kanon sembla mediter quelques temps cette reponse, puis fit, d'une voix prete a se briser:
- Tu sais, Siegfried... Tu sais, dans le passe, j'aimais Saga... Je l'aimais tant... Comment a-t-on pu en arriver la...
Kanon se redressa dans le fauteuil, tandis que Siegfried, plus interesse par ses paroles qu'il ne voulait se l'avouer, l'encourageait du regard.
- Je ne sais pas ce qui a pu tuer l'amour, en lui comme en moi... j'ai certes toujours ete considere comme son clone, mais comment aurais-je pu lui en vouloir? Tout ce que je desirais, c'etait rester pres de lui. Quand nous avons ete vendus au Sanctuaire, j'ai cru que nous allions etre separes, et si je m'accrochais a lui de toutes mes forces, lui en faisait autant pour moi? Alors, pourquoi?...Je crois que tout a bascule quand il a ete question de faire de lui un Chevalier d'Or; Je l'ai vu... changer... j'ai entendu son Maitre lui dire et repeter qu'il n'etait pas n'importe qui, qu'on comptait sur lui, qu'il avait des capacites quasi-divines... Je l'ai senti s'eloigner peu a peu. Avant meme ma haine, je crois que c'est l'Orgueil, qui l'a gache.

Le Guerrier Divin d'Alpha, qui ne pouvait ni approuver ni mettre en doute les paroles de Kanon, se retint de les commenter. Pas contre, un detail l'avait frappe, dans ce flot de paroles douloureuses.

Lui et son frere avaient ete VENDUS au Sanctuaire??
Comment ca, VENDUS??

Il lui fallait en savoir plus, meme si ca n'etait pas vraiment le moment.

- C'est bien possible. Je ne peux pas te repondre, je n'ai pas toutes les donnees en main... Par contre, tu viens de me dire que toi et toi frere aviez ete ... vendus? Par vos parents?
- Non? Mais... tu ne sais rien?
- ?
- Nous avons ete voles pour notre Cosmos deja actif, puis vendus. Comme tant d'autres enfants qui se sont retrouves sous la tutelle du Sanctuaire. Dans notre cas, c'est notre premier Maitre, un voleur d'enfants notoire, qui nous a trouves je ne sais pas ou d'ailleurs, et a touche la prime offerte. C'est aussi le premier homme que mon frere a tue.

Siegfried en resta bouche bee d'horreur.

Ca n'etait pas possible, ca ne pouvait pas etre possible, c'etait...

...!!!...

Mais comment le Sanctuaire, sous ses airs respectables de protecteur du Monde, pouvait-il tolerer, voire ...*encourager*?? de telles pratiques?!

A Asgard, un Maitre pareil eut ete execute sur-le-champ, et les enfants voles, bien sur immediatement rendus a leurs parents?!

Et Kanon lui avait debite tout cela comme si c'etait on-ne-peut-plus naturel?!
...Voila qu' il venait de mettre le doigt sur le pire, dans toute cette histoire.

Pour Kanon, C'ETAIT naturel.

Il ne s'etait jamais explique cet etrange decalage entre ses valeurs et celles de son Dragon, mais maintenant, il avait la cle en mains.

Par Odin, dans ces conditions, le Sanctuaire allait continuer a inonder le Monde de 'Monstres' pendant encore longtemps!

Allez essayer d'enseigner la valeur d'une vie humaine, a un enfant qui a ete *vole, puis vendu*?!


- Siegfried? Qu'est ce qu'il y a?
S'enquit tout-a-coup Kanon, ne comprenant pas pourquoi son vis-a-vis lui faisait la meme tete que celle d'Ikki quand il avait decouvert le pot-aux-roses.

Ah, il savait, ca devait etre a cause de ce qu'il venait de lui reveler a propos de son frere.

- Mais tu sais, ca n'etait pas par vengeance? La derniere epreuve pour l'obtention de l'Armure d'Or etait un affrontement avec ce meme Maitre, et vu la puissance de mon frere, ca devait arriver? Si c'est ca qui te gene...

Non, ca n'est pas *ca* qui me gene, Triple Buse?!
Et j'irais meme serrer la main de ton frere, s'il etait encore vivant!

Mais est-ce qu'il ne se rend vraiment pas compte de la gravite de ce qu'il vient de me reveler?!
Ne realise-t-il vraiment pas qu'a travers lui, son frere, et ce qu'ils ont fait, le Sanctuaire n'a fait que recolter ce qu'il avait seme?!

ODIN!!
Je ne sais plus ou j'en suis?!
Aidez-moi a y voir clair?!!

Royale indifference d'Odin, style"Demerde-toi!" (NDLR: Toutes mes excuses...T_T;), et cela malgre ce regard implorant alors tourne vers lui, c'est a dire le ciel,... c'est a dire le plafond de la chambre.

Kanon, qui scrutait lui aussi le plafond en se demandant ce que Siegfried avait bien pu y voir d'aussi ' beatifiant' , se dit que de toute facon, ca n'etait pas lui, le Dragon des Mers, qui y trouverait la Grace, et reprit:
- Non, et puis au cas ou tu t'inquieterais, tout ca, c'est du passe, ca ne me fait plus rien.

Ah, ca, encore heureux, parceque j'ai pas trop envie de te voir reveiller un second Dieu sur le Territoire d'Asgard?! , eut envie de lui retorquer un Siegfried exaspere de voir que decidement, ils n'etaient pas du tout sur la meme longueur d'ondes.

- Par contre, tu vois... la, tout de suite, y'a quelque chose d'autre qui m'obsede...
Continuait cependant le Dragon, les joues roses et le regard mutin.

Ah, c'est vrai, j'allais oublier?! Et ben, ca tombe bien, parceque j'ai besoin de me defouler, moi, maintenant!!

Et Siegfried, les yeux etincelants, attrappa Kanon, qu'il souleva dans ses bras pour le porter jusqu'a la salle d'eau.

- Par contre, on va continuer sous la douche, parceque si le savon seche, on est mal barres. Enfin, surtout toi.
Marmonna-t-il, tandis qu'il franchissait la porte de communication au pas de charge et apres l'avoir ouverte d'un grand coup de pied rageur.

L'ex-General avait ete sur le point de lui demander "pourquoi il etait en colere, a la fin?!" , quand un detail, dans les paroles de Siegfried, lui fit ouvrir de grand yeux (NDLR: A son tour. Ben oui, je ne fais pas de jaloux.)

- Le, le QUOI? QU'EST CE QUI, risque de secher??
- Ben, le *savon*?
- Le SAVON?? QUEL savon??
- Le savon tout neuf, au 'the a la rose'- , de ma Mere -qu'elle soit benie-.
- Et, et je peux savoir quel est le rapport entre ce savon au... 'au the a la rose tout neuf de ta Mere, et qui risque de secher'... et MOI??

La, Siegfried s'arreta, baissa le regard sur son Dragon qui souhaitait ardemment voir ses soupcons non fondes.

Il voulait des precisions?
Il allait en avoir.
Il allait se faire un reel plaisir de les lui donner, et avec force details, parceque brusquement, il se sentait d'envie de faire du zele.

- Mais voyons, Kanon. Comment crois-tu que j'aie enfin reussi a *entrer* en toi, alors que j'avais peine en vain pendant cinq bonnes minutes?
- ??????!!!!!!!!!!!
- Tu n'avais vraiment rien remarque? Meme avec toute cette ...MOUSSE?
- ...mou...' MOUSSE ' ??!!...
- Hahaha, c'est qu'a force d'aller et v...

PAAF!

Siegfried venait de se prendre un cou d'etoile a cinq branches sur la joue droite, et commenca a compter celles qui dansaient devant ses yeux tandis que Kanon, furax, sautait a terre pour s'inspecter.

- OH, LE %&#$ !!!
Rugit-il, en se decouvrant degoulinant d'une fine mousse rose dont le parfum delicat commencait a lui monter au nez *en plus de la moutarde*.

- Mais tu es completement fou?! Comment est-ce que je vais me debarrasser de... Et regarde moi ca?! Je laisse des bulles de savon sur mon passage?! Il en vole de partout?!
- Je vois, je ne vois meme que ca, et c'est plutot joli....
- Oh, tu peux te marrer, je t'interdis de m'approcher tant que je n'aurai pas lave tout ca?!
- Mais fais donc, fais donc... tu te rinces pendant que je me rince l'oeil, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, tu ne trouves pas?
- Mais tu vas en prendre une autre, tu sais?!
- Pas tout de suite, fais-moi un prix de gros, tu veux?
- Pourquoi, parceque t'en as encore beaucoup d'autres comme ca, des idees *lumineuses*?!
- Peut-etre pas lumineuses, mais parfumees, oui. Parcequ'apres le savon, on pourrait essayer le miel, par exemple?
- !?
- Tu prefererais la creme?
- ?!!
- Ah, je sais:le sirop d'erable!!
- SIEGFRIED!!!!

L'homme dont les yeux bleu pales etaient en train de prendre un eclat particulierement gourmand a la pensee du *festin* qu'il allait s'offrir, arreta de justesse la main du Dragon, qui avait vise sa joue gauche. S'emparant de l'autre main qui lui promettait un coup au moins aussi violent que celui auquel il venait d'echapper, il tira brusquement Kanon devant lui, presque contre lui.

Se penchant a son oreille, il lui murmura, dans un souffle brulant:
- Reflechis un peu, Kanon. Est-ce que tu as envie que je te fasse *mal*? Ton corps a du un petit peu se modifier, parceque tu es plus *etroit* qu'avant, ce qui ne serait pas pour me deplaire, si je n'arrivais tout simplement pas a t'offrir ce que tu me demandes.
- Mais?! Je ne te demande...
- Rien?...Vraiment? Et comme ca? le coupa Siegfried, dont la joue droite toujours brulante demandait decidement une petite compensation... et en nature, si possible.

Et d'aller effleurer une ecaille particulierement exposee et vulnerable entre deux rubans azures...

Le resultat ne se fit pas attendre: D'un bloc, les genoux de Kanon se deroberent sous lui, et il s'effondra contre Siegfried en gemissant:
- Non...Tu n'as pas le droit...
- Oooh, que si! Et etant donne que je suis bien le seul a avoir ce - droit-la- , je compte bien en profiter. De toute facon, crois-tu vraiment avoir le choix? De quelque facon que ce soit, il va bien falloir qu'on en finisse avec cette fameuse fievre, non?
- C'est du chantage, ca?!

La replique teintee de colere de Kanon dut 'refroidir' Siegfried en train de perdre la tete. Il relacha les deux poignets tremblants et deja brulants de fievre qu'il tenait toujours, et laissa tomber doucement:
- ...Non. Excuse-moi. Je suis alle trop loin.

Kanon sursauta.
Puis un souvenir lui revint en memoire.
"Ne t'excuse jamais, pas face a moi" , se souvint-il lui avoir dit.

Quelle betise.
Quel egoisme.

Avoir du mal a supporter de voir cet homme droit et integre s'abaisser face a lui, c'etait une chose.
Tenter de le faire agir contre sa morale, ses valeurs, sa nature, en etait une autre
...N'avait-il tout simplement pas tente de se punir en *se servant* du Guerrier Divin?

Il s'etait trompe, meme si cela partait d'un sentiment que tous deux etaient en mesure de comprendre.

Quelle ironie: C'etaient pourtant la les premieres - belles paroles- qu'il ait essaye de prononcer, celles du repentir...

Pourquoi donc ratait-il tout ce qu'il entreprenait?
Il se degoutait deja suffisament, pourtant...

Siegfried voyait l'expression de son Dragon s'assombrir de seconde en seconde, son regard se faire fixe, lointain, et terriblement las.

Il ne savait pas ce qui etait en train de lui passer par l'esprit, mais le mieux a faire etait certainement de ne pas le laisser s'enfoncer plus profondement dans sa melancolie.
Il mit un genou a terre, alla cueillir ses levres par en dessous et ce faisant, le vit sortir de ses sombres reveries avec un sursaut de surprise.

Apres un petit battement de cils qu'il trouva tres sensuel, les grands yeux turquoises allerent rencontrer les siens, s'y attacherent.

Pris d'un doute, il renoua leur lien psychique l'espace d'une seconde, et...

RHAAaaa, ca y est, ca recommencait... T_T;

Il laissa echapper un petit rire, commenta:
- Tu sais que je te trouve tres divertissant, avec toutes tes prises de tete inutiles?
(NDLR: La phrase qui tue...)

Cette fois vexe, Kanon voulut repliquer que s'il lui plaisait de se prendre la tete, meme *inutilement*, ca ne regardait que lui, mais fut coupe par un baiser qui le renversa sur le sol.
- mmmmhh!!! , grogna-t-il, pour signifier a Siegfried que s'il pensait echapper a son savon (NDLR: Savon a quoi?! savon a quoi?!), il se trompait lourdement.
- mmmmmmmmhh...
Lui repondit Siegfried, qui relevait le defi.

Quand l'ex-General eut completement oublie pourquoi il etait en colere, et meme, ce qui etait a l'origine de ce baiser qui n'en finissait plus, Siegfried libera ses levres, satisfait de lui et de son eclatante victoire.
- Bon, j'ai gagne, donc je reclame mon prix.
- ...gagne?...prix?...
- Allez, ZOU, sous la douche!!
- ...hein??...hein??..-
- On discute pas! C'est tout droit!
- ...mais??...mais??...
- Pas de 'mais', et arrete de faire ton troupeau de chevres, j'ai dit: TOUT DROIT!
- ...tout droit...tout droit....
- ...Aah, tu vois, quand tu veux?
- ...Tout droit, mais jusqu'a ou?...
- Mais...jusqu'a l'antre du LOUP, bien sur!!WHAHAHAHAHAHA!!
- ...!!...Siegfried...Tu te sens bien?
- Je ne me suis jamais senti aussi bien de ma vie! D'ailleurs, si je devais reprendre une citation: - La raison du plus fort est toujours la meilleure:Nous l'allons montrer tout a l'heure.

Et d'ouvrir l'eau en grand, d'un tour de poignet!

Un Dragon tout mouille et tout chaud, rien de tel pour se mettre en appetit!

Kanon, abasourdi, se prit derechef un jet d'eau si glacee en pleine figure, qu'il lacha un hurlement, et se mit a sautiller de froid sur place tout en debitant un chapelet d'insultes assorties de grands coups de pieds visant les jambes de son - tortionnaire- .

- Pu(biiip) de sal(biiiiip)de mer(biiiiip!!), tu parles d'un loup?! Ca, tu vas me le payer, espece de descente de lit pelee 'made in Lamartine' !!!

Lamartine?? O_O;
Et pour quoi pas La Noireaude, non plus??

Un instant coit, Siegfried balbutia, en essayant d'eviter les coups:
- Je sens que je vais t'offrir la... aie!!... collection integrale des oeuvres de LaFontaine. Mais attends, ca n'est pas ce que tu crois... aie!!..., je me suis juste trompe de robi... aiyeuuhh!!...

Un coup plus vicieux que les autres atterit sur son mollet droit, et il se dit que c'etait sa punition divine pour avoir rate son effet, et en beaute s'il-vous-plait.

Quand il eut fini de masser son mollet endolori, il leva les yeux, et se retrouva confronte a un Dragon aux cheveux en bataille, soufflant, crachant, miaulant (??), et plaque dos contre le mur de la douche.

- Kanon...
- C'ETAIT, FROID!!!!
- Je t'assure, ca n'etait pas mon intention...
- ...

Sans le quitter des yeux, Kanon eut un petit eternuement feroce (NDLR:- atchi!!- Comme mon Hamster...), ce qui sembla faire empirer sa mauvaise humeur.

Que faire pour le calmer?
Ses ecailles n'etaient meme plus a sa portee...

Quelques secondes passerent, pendant lesquelles les deux hommes se regarderent en chiens de faience, seulement separes par l'eau froide qui continuait a couler a grands jets glaces.

Mais bien sur!
Soigner le mal, par le mal.

Siegfried s'avanca vers Kanon, qu'il vit tout de suite reagir en se ramassant sur lui-meme, menacant, soufflant, tout herisse.

Seulement, le Guerrier Divin... s'arreta pile sous le jet glacial de la douche.

En un clin d'oeil, l'eau lui avait plaque ses cheveux chatain pale sur le visage et dans le cou, cascadant sur ses epaules puissantes et sa poitrine large, ruisselant le long de ses jambes bien campees sur le sol. Il savait que malgre son appartenance au peuple des Neiges eternelles habitue au froid et a toutes les rigueurs de l'hiver, l'eau qui formait comme une chappe de glace sur ses membres *immobiles*, finirait par en voler la chaleur, et qu'a la longue, ce serait sa temperature corporelle qui allait commencer a graduellement baisser.

Ses muscles s'engourdiraient, son coeur commencerait a battre plus lentement, puis surgirait un debut de lethargie... tres previsible, et au final mortelle, pour un homme - normal- du moins.

Il etait bien connu que meme les meilleurs nageurs ne pouvaient tres longtemps resister a une brutale immersion dans une eau a temperature en dessous de zero.

Sa vie a lui, Siegfried de Dholl, Guerrier Divin d'Alpha, n'etait bien sur pas en danger (d'autant plus que, hein, une petite poussee de Cosmos de temps en temps, et il pourrait tenir des mois), seulement, de la a dire que l'experience, au bout de quelques heures, ne se revelerait ni desagreable ni sans consequences, voire sequelles...

Si encore, l'immobilite etant la pire des options face au froid, il s'etait juge autorise a bouger? Mais cela lui aurait ote toute chance de persuader Kanon qu'il etait en train de subir bien pire que lui... juste pour le regagner.

Glaglaglagla...
Etre natif d'Asgard ne veut pas dire qu'on aime le froid pour autant...
Et par Odin, au Diable sa bonne education!! Franchement, ce qu'il pouvait se les geler, au sens propre du terme?! (NDLR: Esthezyl, toute en elegance et raffinement....)

Dix longues minutes plus tard.

Glaglaglagla...brrr....
A, Atchaa!!
Snif...

Encore dix minutes plus tard.

Mon Dragon, regarde comme je souffre heroiquement pour Toi?!
Regarde mon courage, mon abnegation, mon sacrifice, ma Lutte Sacree pour la Justice et l'Amour et j'en passe, et je sens que je suis en train de peter un plomb, ca doit etre le froid, ca...

hmm??

MAIS, MAIS C'EST QU'IL SE MARRE, LE CHAMEAU?!

Siegfried allait sortir de sous sa cascade glacee, furieux de voir que Kanon, hilare, etait en train de se payer sa tete, quand le Dragon, se calmant brusquement, lui fit signe de ne pas bouger.

Siegfried lui trouva une lueur diabolique dans le regard, tandis qu'il s'approchait de lui en le regardant par en dessous, yeux etrecis de malice, levres fendues dans un sourire carnivore.

Une main aux longs doigts fins se tendit vers lui, se posa sur sa poitrine glacee, qu'elle caressa lentement tandis qu'une voix sucree comme un doux poison mortel parvenait a ses oreilles incertaines:
- Tu as froid, Siegfried?... Tu as si froid que ca? Tu m'as l'air transi... Est ce que tu as envie que je te... *rechauffe*?...

Siegfried, comme hypnotise, sous l'effet d'un venin puissant qui anihilait jusqu'a sa volonte, hocha la tete sans meme vraiment s'en rendre compte.

*Seigneur... Seigneur!! Si le Diable avait ce visage et cette voix-la... Qu'adviendrait-il de mon Ame?!*

Un murmure langoureux s'echappant de levres de velours pourpre qui ne pouvaient avoir ete crees que pour le baiser...
- Ooh?... Tu as donc envie que je te *rechauffe*... Mais... *Comment* devrais-donc m'y prendre?... Je n'en ai aucune idee, vraiment?... Siegfried?

Oh, cette voix... ces... yeux...

- Siegfried...dis-moi comment je devrais m'y prendre?... Explique-moi... (NDLR: Ben...ferme l'eau, deja?...GHYAa?! Mais qu'est ce que c'est que cette avalanche de massues?!)

Le Guerrier Divin venait sans doute de vendre son Ame a ce Diable aux cheveux bleus qui riait en recueillant sur sa langue d'un rouge presque choquant, l'eau qui degoulinait sur sa poitrine... a meme celle-ci...
Il laissa tomber, d'une voix rauque:
- Retourne-toi...

Kanon eut deux battements de cils, et une rougeur qui contrastait etrangement avec son sourire provoquant, commenca a s'etendre sur ses joues.
Mais il s'executa, avec une lenteur qui semblait toute calculee, sa chevelure se balancant autour de ses hanches avec paresse, de droite a gauche, puis de gauche a droite... attirant son regard, lui faisant deviner tout ce qu'elle cachait comme a dessein.

- Penche-toi...Appuie-toi au mur....
La voix de Siegfried etait un grondement, un feulement, une menace a peine voilee.

Le Predateur etait de retour. (NDLR: et Esthezyl se demande si elle a bien fait de mettre du 'Ai no Kusabi' en fond sonore...T_T;)

Le Dragon posa doucement ses mains contre les dalles de marbre froid, les bras tendus; Sa poitrine inclinee etait animee d'un souffle regulier peut-etre plus profond qu'il n'aurait du l'etre, alors que sur son dos et ses reins tambourinait le jet de la douche, toujours aussi glacial.

- Enleve tes cheveux de sur ton dos.

D'une main, Kanon rassembla sur sa poitrine cette masse de voiles bleutes qui s'etait completement collee a son dos, rivierant, comme guidee par l'eau qui faisait de meme, sur sa peau nue.

Ses Ecailles apparurent sous les yeux de Siegfried, qui les decouvrit presque chauffees a blanc, luisantes comme quatre galets que l'eau et le soleil caresseraient en meme temps. Les gouttes d'eau qui les frappaient semblaient se changer en prismes bleutes avant de retomber en pluie de minuscules perles sur ses reins, phenomene qu'il ne put s'empecher d'observer quelques secondes. Ne sachant plus ou se trouvait la frontiere entre ce que ses yeux croyaient voir, et ce qui etait vraiment un phenomene unique, il fut presque sur qu'il pourrait en saisir une...

Il avanca une main, mais renonca au dernier moment, pour aller la refermer sur une hanche au dessin arrondi en parfaite harmonie avec celui de sa paume, et reprit tout bas, mais de maniere a ce que sa voix perce tout de meme le rideau d'eau qui deformait le moindre son, et en effacait d'autres:
- Cambre toi plus... leve les reins a ma rencontre...

Le Dragon eut, il en fut certain, un fremissement. Son visage penche entre ses bras lui etait dissimule par ces derniers, et par un rideau de meches bleues poudrees de petites gouttes d'eau. Cependant, ses epaules tremblaient tres, tres, legerement.

Essayait-il de reprimer ce tremblement, de le lui cacher?

Pourtant, ces levres...
Ces yeux...

Cette...voix.

- J'ai dit: Cambre-toi plus.

Une petite claque seche sur cette hanche si douce.

La, le Dragon venait de sursauter, il n'y avait pas de doute.

Tiens donc...

Un sourire detendit les levres de Siegfried, et il fut heureux que Kanon ne puisse pas le lui surprendre.

Cependant, sous sa main, les reins du Dragon s'etaient leves lentement, tandis que son dos s'arquait progressivement.

Il lui ouvrit un peu plus les jambes des siennes, deplaca sa main en la faisant glisser jusqu'a l'une de ces deux dunes blanches exposees a son regard, la caressa brievement; Puis il posa son autre main sur sa voisine.

Kanon n'arrivait plus a se contenir; Son corps tout entier tremblait de facon visible, comme ses genoux sous lui.

Et de nouveau, sa respiration s'etait faite irreguliere, precipitee.

Pourtant, il ne cessait pas ses efforts desesperes pour ne rien lui laisser deviner.

Malgre ses ongles qui avaient commence a griffer les dalles.
Malgre la fievre devorante qui l'avait saisi a nouveau.
Malgre l'eclat toujours plus vif de ses ecailles.

Et surtout, malgre cet autre detail plus flagrant encore...

Lui passant avec douceur une main entre ses cuisses ouvertes, Siegfried alla capturer l'ultime preuve de son emoi.

- ...?!...nhHAAaa?!! ...a,ah!,aah...

Sans du tout se formaliser du cri de stupeur du Dragon qui avait fait un bond a son contact, il commenca a caresser avec patience son heureuse trouvaille, tout en flattant les Ecailles etincelantes du bout des doigts.

- Sieg...?!...n, non, att...at..a, aAAah, aah,...nnh...

Kanon secoua deux-trois fois la tete, remua faiblement les hanches pour essayer de lui echapper, ce qui eut l'effet contraire de celui qu'il esperait, etant donne que non seulement Siegfried eut le bonheur de sentir ses fesses douces et fermes venir se presser contre son ventre, mais qu'en plus, la blancheur fantomatique de ce corps splendide qui essayait de lui glisser entre les doigts comme un poisson, acheva de persuader le Guerrier Divin que decidement, il ne saurait y avoir de creature plus heureuse au Monde, que le Chasseur.

Cette Proie-la etait SA Proie.
Il ne lui servirait a rien de se debattre, et plus vite elle le comprendrait, plus vite il pourrait y gouter avec toute la satisfaction d'une Chasse menee de main de Maitre.

Bien sur, la voir se tremousser comme ca etait un veritable plaisir des yeux, mais bon, dans la vie, il n'y avait pas QUE les yeux.

Tout en accelerant le rythme de sa caresse sur un Dragon qui, de plaisir, en oublia presque instantanement qu'a l'origine, il avait tout de meme eu l'intention de faire cesser cette delicieuse torture avant que sa raison ne le quitte, Siegfried, qui avait fini par comprendre comment elles pouvaient le servir au mieux, flattait les Ecailles par petites touches legeres.

Il accordait la premiere caresse avec la seconde, les faisait se poursuivre l'une l'autre en accelerant la cadence, en bref, il n'eut aucun mal a rendre Kanon a demi fou, en un temps record.

La lance de chair pale sur laquelle ses doigts jouaient ne tarda pas a... baisser les armes, abandonnant au creu de sa main le nectar brulant de sa defaite.

Essouffle, vaguement decu de n'avoir pas su resister un peu plus longtemps, Kanon sentit ses forces l'abandonner. Son buste plongea en avant alors que ses doigts glissaient sur le mur de dalles trempe sans pouvoir s'y raccrocher; Ses jambes tremblantes ne pouvaient pas plus longtemps le soutenir non plus, et ce fut bien grace au bras de Siegfried, dont il se rendit compte qu'il le ceinturait a hauteur de la taille, qu'il ne s'ecroula pas.

Siegfried l'accompagna avec prevenance jusque sur le sol, mais une fois qu'il le vit a genoux, il le saisit a la nuque, et lui plaqua le haut du corps a terre, d'un mouvement brusque, irresistible... Puis il entra en lui, pesant de tout son poids sur ses reins leves, le recouvrant tout a fait.

Tout le savon visible avait depuis belle lurette ete lave par l'eau, mais il devait bien en rester un petit peu tout de meme, et puis... l'eau aussi, pouvait aider.

Kanon, quand a lui, avait du mal a realiser ce qui etait en train de lui arriver.

Il y avait ce poids, sur son corps dont il se refusait a imaginer la posture, et puis surtout, il y avait quelque chose comme une dague de feu, qui s'enfoncait avec peine et lenteur, en lui.

Le *remplissant* peu a peu jusqu'a des profondeurs insoupconnables, l'ecartelant sans pour autant qu'il ne ressente autre chose qu'une immense, une etourdissante, chaleur.

Non, aucune douleur, ou si peu, ou si... negligeable.

Oui, negligeable etait le mot le plus juste.

Il ne pouvait pas crier, ne pouvait plus se debattre, seulement retenir son souffle, et poser son front brulant sur le sol si frais, en gemissant, en haletant faiblement.

C'etait lui, son Chasseur, Siegfried, et ses mains qui venaient de se refermer sur les siennes l'encourageaient, tout comme ses levres sur sa nuque, et ces mots d'amour qu'il lui repetait encore et encore.

- Kanon, Mon Dragon...Mon Amour, mon seul Tresor... Accepte-moi, accueille-moi... Ouvre-toi pour moi...

Il repoussa la lourde chevelure imbibee d'eau qui lui cachait son profil, posa ses levres sur son oreille, l'embrassa tendrement.

Cela lui donna le courage de relever la tete, de la tourner vers lui, de le rassurer d'un regard, d'un sourire courageux.

Non, il n'avait pas mal.

Oui, il etait heureux de le sentir en lui.

Oui, ces larmes etaient des larmes de bonheur.

Oh, oui, il l'aimait, il l'aimait tellement...

Un elancement dans le bas de ses reins lui apprit que ses Ecailles venaient de reagir, d'une facon qu'il ne put verifier ni tout de suite, ni par lui meme.

Seulement, il realisa tout a coup que Siegfried venait d'entierement glisser en lui, et vit l'etonnement, puis la joie se peindre sur son beau visage grave.

Il semblait... que ses Ecailles aient decide que ce Guerrier Divin etait bel et bien le Chasseur, et aient eu envie de sacrer leur union.

Tout en songeant que bien que faisant partie de son corps, les quatre pierres precieuses semblaient avoir une volonte propre, un peu comme une... armure?, Kanon se redressa sur les coudres pour permettre a son Chasseur de se redresser lui aussi.

Il y eut deux grandes mains encadrant ses hanches, puis la lame brulante commenca a se retirer des trefonds de son corps, pour y replonger aussitot.

Il ferma les yeux, eut un soupir.

Toutes ses sensations etaient decuplees, il avait meme l'impression que son ouie s'etait faite plus nette et plus percante.

Dans son enveloppe humaine, le Dragon venait d'ouvrir un de ses yeux d'Opale.

*** a suivre(2e partie) ***

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