Vivre.
Vivre.
Siegfried leva une main tremblante, la posa contre la porte fermee de cette chambre ou son Dragon etait peut-etre en train de mourir, caressa le bois tiede comme il aurait souhaite caresser son visage bleme, murmura "Kanon... "deux fois, c'est a dire jusqu'a ce que sa voix ne se brise, et qu'il ne trouve plus que la force de s'appuyer contre la porte, ecrase de douleur.
Il sentit une presence, pensa que Greta avait appele de l'aide et s'ecarta pour laisser la silhouette anonyme passer, ouvrir la porte puis la refermer sans bruit derriere elle.
Il n'avait pas reconnu sa mere.
Il se detourna, alla s'enfermer dans sa chambre.
Il ne pouvait plus rien faire.
Plus rien.
Apres avoir depose Kanon sur le lit, il avait voulu user de ses dons de guerison sur lui, avait stimule son Cosmos.
Celui de Kanon s'etait immediatement reveille, charge de mefiance et de terreur, et lui avait farouchement resiste.
L'avait repousse.
Meme inconscient, Kanon s'etait senti en danger a son contact.
Meme... inconscient...
Les jambes de Siegfried se deroberent sous lui, il glissa contre la porte de cette chambre trop eloignee de celle ou se trouvait son Dragon a l'agonie, se retrouva assis sur le sol, membres sans forces jetes sur le sol comme ceux d'une marionnette desarticulee.
"Seigneur Odin... dites moi ce que je dois faire... dites... moi... "
Murmura-t-il, d'une voix qu'il n'entendit pas, tant le sang battait fort dans ses tempes.
************ **************
La mere de Siegfried avait laisse son fils s'eloigner seul, d'un pas lent et avec cette expression d'intense douleur sur le visage... sachant qu'elle ne pouvait rien pour lui.
Pas encore.
Il lui fallait un peu de temps pour se calmer, se reprendre.
Maintenant, elle mobilisait tout son sang-froid pour diriger Greta et ses compagnes que l'affolement rendait maladroites et febriles.
D'autres serviteurs faisaient la navette entre la chambre et l'une des salles de bains de l'etage, renouvelant l'eau chaude et les pansements qui se teintaient de sang a une vitesse effrayante. Elle ne leur avait donne aucune instruction. Ils s'etaient presentes d'eux meme.
Beaucoup avaient des notions de medecine se bornant plus ou moins aux premiers soins a prodiguer a un blesse, et quelques-uns uns avaient apporte plantes medicinales et "remedes de grand-maman" dont ils usaient eux-memes, et dont les secrets devaient etre jalousement gardes par les Anciens de leurs villages respectifs. Elle les laissait faire en sachant qu'il etait deja trop tard pour appeler un medecin, qui serait de toute facon retarde par la tempete, s'il trouvait meme le courage de se mettre en route.
Si "Kanon" devait survivre a ses blessures, cela allait se jouer cette nuit-la.
Ensuite, il allait y avoir la question de son etat psychologique.
Tandis qu'elle finissait de le faire deshabiller, Heleine examinait chaque blessure, donnant des ordres pour que les plus profondes soient lavees et bandees en premier.
Maintenant, et malgre l'etat lamentable dans lequel elle le voyait, elle prenait pleine conscience de la beaute troublante de cet homme qui semblait impregne d'un parfum etrange jusque dans chaque meche de ses cheveux. Il semblait avoir dans la trentaine, etait robuste mais mince, avec certaines courbes qui etaient un peu plus que seduisantes; Non pas qu'il y ait quelque chose de feminin en lui... non, c'etait plutot... c'etait comme si, chaque contour de sa silhouette avait ete modele par une main aimante. Promesse de beaucoup de douceur, et un enorme potentiel de sensualite.
Pas etonnant que son fils tienne a ce Dragon-la au point de lui laisser sur l'epaule la marque indelebile de sa "propriete".
Elle pouvait sans peine imaginer avec quel emerveillement et quelle application il avait une a une ote les ecailles de la "Bete", jusqu'a mettre a nu et recueillir entre ses mains, son Ame meme.
Restait a savoir si brutalement arracher ces autres ecailles qui carapaconnaient le coeur du Dragon, n'avait pas dechiquete ce dernier.
Heleine vit Greta reunir entre ses mains la chevelure azuree de Kanon pour la lui repousser doucement sur la poitrine, alors qu'un autre serviteur se mettait en devoir de laver les blessures qu'il avait dans le dos. Elle tenait, avec delicatesse, la tete du guerrier inconscient appuyee contre sa propre poitrine...
La jeune femme semblait avoir beaucoup de tendresse pour celui qui avait deboule dans le chateau un jour de tempete comme celui-ci, et posait sur son corps rompu un regard empreint de tristesse qui se refletait dans chacun de ses gestes. Heleine y lut aussi de la fatigue, et faillit conseiller a Greta de prendre un peu de repos. Mais elle devina que la jeune servante etait trop inquiete pour arriver a se reposer dans un moment pareil.
Alors elle se leva, sortit quelques minutes de la chambre pour revenir avec un flacon d'alcool dans lequel elle lui fit discretement tremper les levres.
Si elle ne pouvait la faire se reposer, elle devait au moins trouver un moyen de la soutenir jusqu'au bout, et quel que soit le resultat de leurs efforts.
Comme elle s'y attendait, la jeune femme retrouva un peu de sa vivacite habituelle, ce qui eu un effet tout a fait positif sur Lorelein, qui paraissait-elle aussi extremement affectee par les evenements.
Une fois toutes les blessures de Kanon pansees, et en particulier celles qu'il avait aux poignets, il ne resta plus qu'a le coucher et a le veiller en maintenant la chambre bien chaude et silencieuse.
Heleine se preparait a passer toute la nuit au chevet du blesse, quand elle vit ses serviteurs se liguer pour tenter de l'en dissuader.
Elle jeta un coup d'oeil a son image dans le miroir dispose sur une grande commode de bois sombre a quelque distance de la, et se decouvrit les traits terriblement tires.
Elle n'en avait pas conscience, mais elle etait a bout de forces.
Elle decida de se retirer dans sa chambre pour prendre quelque repos avant se s'effondrer sous les yeux de Greta, qui continuait vaillamment a prendre soin du Dragon, changeant regulierement le linge mouille qui avait ete dispose sur son front brulant de fievre.
Apres un dernier sourire encourageant a l'adresse de la jeune femme, elle se retira donc.
Tout en regagnant sa chambre, elle se demanda dans quel etat elle allait retrouver son Chateau si au matin, on decouvrait le Dragon etendu sans vie entre des draps encore chauds.
*** *** ***
Kanon survecut.
Il etait toujours brulant de fievre, et meme si celles de ses blessures qui etaient les plus graves continuaient a lentement imbiber de sang les pansements, au moins... il etait vivant.
Greta avait fini par s'endormir a son chevet, et Heleine la fit transporter dans sa chambre puis coucher.
Lorelein, que l'on chercha partout pendant quelques temps, fut elle aussi retrouvee endormie, mais dans la salle de bains, adossee au baquet d'eau qui avait servi a laver les blessures du Dragon, et tenant encore entre ses mains un des linges mouilles que sa compagne avait regulierement renouveles.
Elle la fit elle aussi coucher, avant d'aller a son tour s'installer au chevet du Dragon.
Il etait encore six heures du matin, et on ne pouvait pas dire qu'elle ait vraiment reussi a se reposer, mais...
Elle tenait a etre la.
Elle ne savait pas trop combien de temps avait passe, quand elle se rendit compte, alors qu'elle levait le regard de sur le visage de Kanon, que la porte de la chambre etait ouverte.
Debout immobile dans l'encadrement, Siegfried dont elle sut au premier coup d'oeil que lui n'avait pas ferme l'oeil de la nuit.
"Tu as une tete affreuse, mon fils... "
Lui dit-elle doucement.
Puis elle lui sourit, lui fit signe de s'approcher.
"Il dort toujours."
Reprit-elle.
Siegfried s'approcha jusqu'a environ un metre du lit, puis s'arreta.
Alors elle se leva, alla le chercher.
Elle le guida jusqu'au fauteuil ou elle avait pris place, le fit s'y asseoir a son tour.
Puis elle se pencha sur lui, et apres lui avoir depose un baiser dans les cheveux, s'eclipsa.
Elle avait de nouveaux ordres a donner: ceux qu'on respecte l'intimite de son fils et du Dragon de nouveau face a face.
Avec un peu de chance...
Si Odin le voulait bien...
Un ultime miracle pouvait bien encore se produire.
Siegfried se retrouva seul dans la grande chambre ou flottait une odeur de cendres et de sang.
Kanon, profondement enfoui dans les draps et couvertures dont on avait limite le nombre pour eviter d'aggraver ses blessures trop sensibles, n'avait pas bouge de la nuit.
Son souffle quasi-imperceptible, la paleur de son visage que le froid avait brule par endroits...
Il semblait... mort?
Seul le sang frais qui continuait a imbiber ses pansements etait une preuve du contraire.
Et puis il y avait son Cosmos, dont les ondes vibraient au rythme des lents battements de son coeur.
Siegfried eut un hoquet, enfouit son visage dans ses mains.
Il etait vivant.
Vivant.
Mais...
N'eut-il pas mieux valu qu'il meure?
Quand il ouvrirait les yeux...
S'il ouvrait les yeux...
Il le verrait, lui...son bourreau.
Celui qui le conduirait au Jugement Divin, qu'il le veuille ou non, parce qu'ils n'avaient plus le choix.
Et meme s'il ne se reveillait pas, lui, Siegfried, serait oblige de le transporter jusque devant la Statue
d'Odin, de... de...
De le jeter dans le gouffre qui ouvrait sa gueule sombre au pied de la statue, parce que c'etait la l'Epreuve.
Parceque c'etait la, la volonte du Seigneur d'Asgard...
Parceque c'etait la, leur chatiment a tous deux.
Et lui, le suivrait tout de suite.
Mais pourquoi attendre jusque la?
Quitte a mourir... Il preferait encore le tuer de ses mains, son Dragon.
SON Dragon.
SON... Kanon...
Son... amant, son... amour...
Refermer ses mains sur ce cou blanc qu'il se souvenait avoir couvert de baisers, avoir caresse en respirant le parfum de ces cheveux qui lui avaient rendu ses caresses, s'enroulant entre ses doigts, autour de ses bras... Resserrer ses doigts autour de cette gorge tiede ou le sang battait doucement, ou la Vie affluait, vibrait, lui murmurait dans un langage qu'il comprenait, tout ce que Kanon n'osait lui avouer, mais qu'il lisait aussi, et si souvent, dans ses yeux...
Qu'il vivait pour lui.
Qu'il existait pour lui.
Qu'il etait a lui.
Refermer, resserrer ses doigts autour de cette gorge aimee...
Comme maintenant.
Comme il le faisait maintenant...
Serrer!
Sentir la Vie s'eteindre doucement.
Ne t'inquiete pas, Kanon, je te rejoins tout de suite.
Je ... te...
Je t'aime.
Est-ce que tu m'entends?
"... Est-ce que tu m'entends?"
Les yeux de Kanon s'ouvrirent doucement, il leva les mains, les posa sur celles, refermees autour son cou, de Siegfried penche au-dessus de lui.
Siegfried qui pleurait comme un enfant, a longs sanglots enfin liberes.
Les mains de Siegfried se desserrerent, tandis que dans son esprit coulaient des mots tendres, longtemps attendus.
"Je vis pour toi. J'existe pour toi. Je suis a toi. Aime-moi... parce que je t'aime... "
Le Cosmos de Kanon se reveilla brusquement, grandit, s'elargit jusqu'a envahir la chambre, l'emplir d'une bruine d'energie bleutee.
Puis il s'effondra, se retracta et mourut.
Quelque part au fond d'une grotte herissee d'amethystes, l'armure du Dragon des Mers finit de se desagreger, puis se desintegra totalement.
Elle n'avait plus de raison d'etre.
La Sirene qui l'avait surveillee avec inquietude, sut qu'elle venait d'assister a un miracle, et se promit de ne plus jamais inconsiderement copier LaFontaine.(NDLR : Moi aussi... j'ai hooooonte... )
*** *** ***
Kanon caressa les mains de Siegfried, les porta a ses levres, embrassa les paumes puis les poignets de cet homme qui s'etait effondre sur lui, visage cache dans sa chevelure qu'il trempait de larmes.
Il lui faisait mal, a reposer sur lui comme il le faisait, mais en meme temps, il avait tant desire ce poids et cette chaleur, leurs deux coeurs qui battaient l'un contre l'autre, presque au meme rythme.
Il lui passa ses bras autour des epaules, l'etreignit, tourna la tete pour pouvoir respirer ce parfum de seve qui impregnait la chevelure chatain clair melee a la sienne.
Il la caressa, recueillit quelques-unes unes des longues meches pales dans sa main, les embrassa.
Fermant les yeux, il se sentit enveloppe du Cosmos de Siegfried...
Enfin, le Guerrier Divin, qui etait en train de se calmer, se rendit compte que le sang qui imbibait les pansements de Kanon avait traverse ses propres vetements.
Il se redressa, tourna des yeux inquiets aux cils encore luisants de larmes vers le visage de son Dragon.
Il rencontra un sourire.
Leurs levres se chercherent, se souderent.
Appuye sur les coudes, Siegfried embrassa Kanon a plusieurs reprises et avec une douceur nouvelle pour tous les deux, essayant de lui transmettre tout ce que renfermait son coeur douloureux, tout ce qui ne pouvait se dire par des mots.
Comme Kanon en avait autant a son egard, leurs baisers gagnerent peu a peu en chaleur, et leurs langues enroulees l'une autour de l'autre commencerent a jouer.
Mais les mains de Kanon refermees sur les epaules de Siegfried se crispaient de temps en temps de douleur, et Siegfried, avec plus de regrets qu'il n'en aurait jamais, libera ses levres.
Il se rejeta en arriere, caressa d'une main apaisante la joue de son Dragon dont le regard humide fixe au sien trahissait cet autre feu qui s'etait propage a travers son corps.
Geste empli de douceur comme de promesses...
Il commenca a ecarter les draps et couvertures, vit Kanon rougir en se rendant compte qu'il etait entierement nu, mis a part les nombreux bandages et pansements que Greta et ses compagnes avaient soigneusement place sur ses blessures.
Siegfried s'assit au bord du lit pour finir de repousser tout ce qui pouvait bien encore lui cacher le moindre detail du corps de son Dragon.
Sa physionomie s'assombrit quand il eut sous les yeux l'etendue du desastre.
La peau blanche etait brulee, egratignee, bleuie ou rougie par endroits, mais brulante partout. Il n'avait pas besoin de toucher pour le savoir, il sentait la fievre faire rage dans ce corps sans force que la Vie semblait ne pas avoir encore juge utile d'abandonner.
Les levres serrees, il tendit une main tremblante vers l'un des pansements rougis qui laissait deja echapper un long filet de sang.
Il rencontra la main de Kanon, qui tremblait autant que la sienne, mais vint melanger ses doigts aux siens comme pour le rassurer.
Il ouvrit la bouche, murmura d'une voix rauque:
"K... Kanon, je... !... "
La main de Kanon lacha brusquement la sienne, ses doigts volerent jusqu'a ses levres qu'ils empecherent de finir une phrase qui ne devait pas etre prononcee.
"Ne t'excuse pas... Jamais... "
Fit la voix de Kanon, dans sa tete
"N'oublie pas qui je suis... Tu m'as dit que tu m'aimais, c'est deja bien trop pour moi... Je n'espere pas ton pardon, je ne le meriterai jamais, et c'est part de ma punition... Etre aime et aimer sans etre pardonne... Je regrette deja, et je vais avoir toute l'Eternite pour continuer a regretter. Alors, surtout... ne t'excuse pas. Jamais... "
Reprit-elle.
Siegfried, frappe par ces paroles, se retint bien de repondre que la "punition", dans ce cas, allait etre partagee.
Il savait que Kanon avait raison, et respecta sa volonte.
Alors il se tut, mais se pencha pour embrasser une nouvelle fois ces levres dont il se rendit brusquement compte qu'elles avaient un gout de sang.
Il se douta alors de la raison pour laquelle Kanon ne lui parlait que par telepathie: Sa gorge blessee par le froid n'etait plus en etat de formuler un seul son.
Mais bien sur, il etait bien garde de le lui avouer.
Parcequ'il redoutait de le voir s'excuser a nouveau?
Histoire de verifier si son soupcon etait fonde, il se pencha, deposa un baiser sur le ventre nu de Kanon, qui eut un fremissement, rejeta legerement la tete en arriere, le regard flou.
Ses levres etaient ouvertes sur un petit cri qu'il devina a defaut d'entendre...
Vint-il soudainement a l'idee de Kanon qu'il venait de trahir son handicap?
Toujours est-il qu'il sursauta, le regarda avec inquietude
Siegfried murmura, d'un air amuse:
"Interessant... "
Kanon rougit une seconde fois, ouvrit la bouche pour protester, se souvint qu'il ne pouvait pas parler, referma la bouche d'un air contrit.
Siegfried l'entendit marmonner, par telepathie:
"Il n'y a que toi que ca 'interesse'."
Siegfried lui repondit, en detachant bien chaque mot, car il sentait Kanon bien plus "sensible" aux mots reels:
"Tu devrais etre content, pourtant? Car QUI se retenait de crier trop fort, de peur de reveler a tout le chateau que le Guerrier Divin d'Alpha est aussi doue AU LIT que sur un champ de bataille?"
"RHOOOO!!!"
Firent en silence les levres d'un Kanon cramoisi et encore assez en forme pour avoir l'air furibond.
Siegfried rit doucement, se pencha pour aller voler ses levres une nouvelle fois, puis lui dit tout bas, en lui caressant tendrement le visage :
"Allons, ne fais pas cette tete-la. Pourquoi crois-tu que je ne te quitte jamais des yeux tant que tu es dans mes bras? Je ne veux rien perdre... tout graver dans ma memoire... tout ce que tu es, tout ce que tu ressens, toute ta chaleur, tout ton plaisir. Parceque tout cela m'appartient. Parceque ton plaisir est aussi le mien.. Parceque je t'aime... Mais peut-etre attendais-tu d'autres mots?"
Le regard de Kanon etait empli de larmes; Il avait desire des mots, mais n'en avait pas attendu autant. Il ne savait plus s'il etait heureux a en mourir, ou s'il avait honte.
Il secoua lentement la tete, sursauta en sentant une de ses larmes glisser sur une brulure que la neige avait laisse sur son visage.
Siegfried cueillit la fautive sur ses levres, la but avant de hocher la tete en disant, son regard plante bien droit dans celui de Kanon:
"Kanon, regarde-moi et ecoute-moi bien. Tu as exige mon amour, et il est exclusif, sans ombrage et sans detour. N'imagine pas pouvoir revenir en arriere. Il est deja bien trop tard pour cela."
Kanon s'etonna de ne ressentir aucune peur face aux paroles de Siegfried. Mais apres tout, ce qu'il voyait dans son regard, etait tout ce qu'il y avait recherche. Il n'avait pas "reclame" a la legere, ne s'etait bien sur pas non plus attendu a une reponse "legere".
Il avait obtenu ce qu'il avait desire, il ne pouvait plus qu'assumer.
Non, il ne regrettait rien.
Il hocha a son tour la tete, et Siegfried lui sourit en achevant:
"Montre-moi... defais-toi de tout ce qui t'empeche encore de totalement t'offrir a moi... "
Et Siegfried commenca a defaire les bandages qui enveloppaient le corps de Kanon.(NDLR : Ca commence...^^;; )
Lentement, avec precautions mais sans esquisser un seul geste pour tenter d'empecher les blessures de recommencer a saigner.
Kanon ne regardait pas les mains qui s'affairaient sur ses pansements, ne paraissait preter aucune attention a la douleur un instant calmee qui etait en train de se reveiller a chaque plaie decouverte. Il fixait Siegfried avec des yeux mi-clos ou le feu couvait, et sa respiration se faisait de plus en plus profonde tandis qu'il verifiait, sur le visage du Guerrier Divin, tout ce que chacun de ses mouvements trahissaient.
Siegfried le desirait plus que jamais, il avait une facon de le detailler qui lui fit confusement se demander si ca n'etait pas la, le veritable sens de "devorer des yeux"; Partout ou le regard de cet homme le "touchait", il avait l'impression que de multiples aiguilles d'indiscible plaisir s'enfoncaient jusque profondement sous sa peau tellement plus sensible, tellement plus receptive.
"..nnh... "
Fut le seul son que sa gorge arriva a moduler par dessus un soupir.
Il detourna la tete, pas parcequ'il se sentait gene, mais parce que tout son corps se tendait peu a peu et qu'il cherchait instinctivement un endroit ou se raccrocher pour ne pas plus se "noyer".
Mais Siegfried avait fini et a ses pieds gisaient bandages comme pansements qu'il souhaitait ne plus jamais voir envelopper le corps de son Dragon.
Il stimula son Cosmos, se pencha sur l'une des blessures encore vives que Kanon avait au ventre.
Il posa ses levres sur la plaie sanguinolente.
Kanon sursauta, ses yeux s'ouvrirent tout grands, retournerent a la recherche du visage de Siegfried qu'il decouvrit en train de delicatement lecher le sang qui degoulinait jusque sur les draps.
Sous la caresse du Guerrier Divin, la blessure se refermait peu a peu...
Les mains de Kanon agripperent les draps.
Il n'avait pas envie de se cacher, pas envie de fuir ou resister,...
Il avait envie de continuer a lentement devenir fou.
Bientot ne resta-t-il sur sa peau, qu'une pale et fine cicatrice d'un blanc luisant... cicatrice qui s'effacerait avec le temps.
Mais Siegfried inondait son ventre de baisers tandis que ses mains refermees sur ses hanches continuaient a lui transmettre son Cosmos.
Une vague de chaleur qui avait quelque chose de devorant, d'etourdissant, vint etouffer sa fievre, et partout sur son corps ou s'etendaient brulure et meurtrissures, il put ressentir les effets de l'energie vitale de Siegfried.
Ses blessures cesserent de saigner, et cela aurait pu suffire.
Mais Siegfried monta de nouveau sur le lit, le saisit a bras le corps, l'etreignit en poussant son Cosmos jusqu'a ses limites.
La chambre fut en un clin d'oeil remplie de tourbillons de lumiere argentee, elle en deborda jusque par dessous la porte en longues rivieres energie qui envahirent a leur tour le couloir comme elles avaient envahi le corps de Kanon tout entier.
Le Dragon, abasourdi, depasse, se mit a trembler, les larmes lui echapperent tandis que sa chevelure qui semblait avoir vire au blanc etincelant comme chaque atome de son etre, s'elevait dans les airs et se deployait comme deux ailes d'un papillon naissant.
Elle s'allongea, s'allongea jusqu'a ce que Siegfried laisse enfin son Cosmos revenir graduellement a la normale.
La chevelure de Kanon flotta encore quelques instants dans les airs, puis retomba sur le lit. Les longs meandres de sa soie azuree chatoyante se deroulerent jusque sur le sol comme autant de rivieres et torrents, et Kanon sut qu'il avait ete regenere jusqu'a la moindre parcelle de son corps, le moindre atome.
Siegfried avait laisse une nouvelle empreinte au plus profond de lui, et meme si son Cosmos etait mort, il sentait celui du Guerrier Divin battre sourdement dans sa poitrine comme un deuxieme coeur.
Cela aussi s'effacerait, mais jusqu'a ce moment la, il cherirait ce nouveau tresor.
Siegfried, sans le lacher, le recoucha sur le lit.
Il etait epuise, et tout ce qui le soutenait encore, etait la vue de son Dragon qui attendait de nouvelles caresses, qui attendait un achevement.
Patiemment, il verifia les effets de ce qui n'etait plus un simple don de guerison, mais bel et bien un don de regeneration a l'egal de celui dont Hilda elle-meme savait user. Il inspecta chaque centimetre de cette peau douce et chaude qui rosissait sous ses caresses, en eprouva la finesse et la souplesse de ses doigts et de ses levres, la gouta ici et la, mais surtout partout ou il savait pouvoir redecouvrir ce petit gout capable de le rendre a demi fou.
Il en etait encore au beau milieu de son "investigation", quand il se sut completement fou de son Dragon qui avait commence a le deshabiller febrilement.
Et la, il se souvint que, basiquement, il etait lui aussi blesse.
Et couvert de bandages.
Comme l'expression de Kanon se faisait de plus en plus alarmee a chaque pansement decouvert, il lui passa une main derriere la nuque, et histoire de lui faire oublier que c'etaient la les effets de la "Galaxian Explosion", le forca a renverser la tete en arriere.
Puis il se mit en devoir de devorer sa gorge decouverte, goutant avidement aux petits cris qui vibraient silencieusement sous ses levres, tout en le serrant contre lui.
Alors qu'ils se trouvaient l'un face a l'autre, a genoux sur le lit, il lacha sa nuque pour aller le saisir par les hanches, et lui faire ouvrir les jambes de part et d'autres des siennes.
Quand il le sentit presque assis sur ses cuisses, il fit, en constatant que les mains de son Dragon agrippaient toujours les draps, de facon presque convulsive.
"Viens plus pres, passe tes bras autour de moi... "
Kanon lacha progressivement les draps, leva les mains pour aller les lui passer dans le dos.
Comme il les sentait tremblantes, hesitantes, il abandonna la gorge de Kanon pour aller prendre possession de ses levres.
Tandis qu'il lui imposait le genre de baiser que son Dragon n'etait pas pret d'oublier, les mains de Kanon s'agripperent brusquement a lui, et il redoubla d'ardeur, a tel point qu'apres avoir agrippe, Kanon commenca a inconsciemment griffer.
"..hnn... hnn!... hnn... "
Ravi par l'effet que ses "attentions" produisaient sur celui qui ne semblait a present plus du tout se posseder et ne se rendait certainement pas compte qu'il le provoquait carrement, en remuant lentement contre lui comme il le faisait, Siegfried lacha ses levres pour le soulever contre lui, et cueillir l'une des deux petites pointes qu'il avait senti fleurir sur la poitrine de Kanon, alors qu'ils se tenaient colles l'un contre l'autre.
La petite gemme rosee disparut bientot entre ses levres, et il s'appliqua a la remodeler de la langue, tout en la mordillant de temps a autres gentiment.
Kanon, qui semblait a present presque avoir du mal a respirer, se pencha sur lui, en lui entourant la tete de ses deux bras.
Il sentit ses larmes couler sur ses cheveux, lui caressa tendrement le dos de ses deux mains.
Quand il jugea s'etre suffisamment applique sur la premiere, il passa a la deuxieme petite pointe.
Kanon eut un sursaut, ses mains plongerent dans la chevelure chatain clair de Siegfried, mais ne trouverent pas la force de l'aggripper.
Alors que contre son ventre, la preuve du plaisir de son Dragon se faisait de plus en plus brulante, le Guerrier Divin nota le tremblement continu qui secouait, de plus en plus fort, le corps serre contre le sien.
Kanon n'allait pas encore tres longtemps arriver a supporter l'escalade d'un plaisir qui commencait a se faire douloureux.
Alors il le repoussa doucement, l'allongea sur le lit.
Les mains de Kanon dont le regard etait plus qu'une supplique, restaient tendues vers lui...
Tout en caressant tendrement les longues jambes fremissantes ouvertes de part et d'autres de ses hanches, il murmura:
"Kanon... qu'est ce que tu attends de moi?... "
La respiration saccadee de son Dragon, comme sa main droite qui etait allee se crisper sur son ventre contracte, parlaient pour lui. S'il l'avait ose, s'il avait su y etre autorise, s'il n'avait craint de se voir une nouvelle fois traite d'"egoiste", il eut laisse cette main glisser plus bas, vers la douleur grandissante qui reclamait d'etre apaisee, par n'importe quel moyen...
Mais il ne pouvait s'y resoudre, et en attendant, il souffrait.
Eut-il ete capable de parler, qu'il n'eut de toute facon pas trouve la force de demander... ce qu'il "demanda" du regard.
Une fois, une seule fois, il baissa les yeux vers la source de cette douleur intolerable, pour les detourner aussitot, avec un hoquet de honte.
Mais il savait que Siegfried ne bougerait pas tant qu'il ne se serait pas exprime, d'une facon ou d'une autre.
Alors, reunissant toutes ses forces, toute son audace dans un effort pathetique pour repondre a la question de Siegfried, il se redressa sur un coude, tendit une main tremblante.
Posa le bout de ses doigts sur les levres du Guerrier Divin, les caressa brievement.
Puis il retomba allonge sur le lit, se cachant le visage derriere les bras.
Il entendit la voix de Siegfried, grave et tendre, affectueuse:
"J'ai compris... "
Deux mains qui n'etaient que douceur lui firent lever les hanches, glisserent quelque chose de doux et moelleux-un coussin?- sous ses reins, puis, avec autant de chaleur que de fermete, lui ouvrirent les cuisses tout en les lui caressant.
Les epaules de Siegfried vinrent l'empecher de refermer les jambes comme il avait eu le reflexe de le faire, et bien que gardant son visage empourpre cache derriere ses bras, il sut que ce qui venait d'effleurer cette region si tendre et si sensible a la naissance meme de sa cuisse droite, avait ete le souffle du Guerrier aux yeux pales.
Il y eut un autre "contact"qui cette fois, le fit bondir.
Mais les mains qui le maintenaient 'ouvert' le retenaient solidement, et leur pression etait pleine de promesses.
Kanon se laissa persuader, et pour la premiere fois depuis que Siegfried avait commence a l'appeler "son" Dragon, il trouva le courage de cesser de se cacher.
Il baissa ses bras, jeta un coup d'oeil a celui qui etait en train de mordiller l'interieur de sa cuisse.
Pendant une bonne seconde, il resta fige, fascine...
Siegfried, les yeux fermes, quelques meches de cheveux clairs collant a son front et a ses tempes, ouvrit la bouche. Tres lentement, comme s'il se concentrait sur la facon dont il voulait appliquer sa caresse, il laissa sa langue deriver sur ce morceau de peau blanche deja rougie par le torrent de baisers dont il l'avait inondee, et remonta encore plus haut dans la chaleur de son aine.
Ses joues etaient legerement rosies, son expression etait un melange de passion et de desir devorants.
Comme il l'aimait...
A ce moment la, Siegfried ouvrit les yeux, les tourna vers lui.
Leurs regards se rencontrerent, resterent un moment plonges l'un dans l'autre, puis Kanon, comme dans un reve, se laissant guider par une impulsion, se redressa, saisit le visage du Guerrier Divin entre ses mains.
Siegfried se redressa lui aussi, et ils s'embrasserent.
Doucement, savourant chaque seconde, les mains de l'un verifiant la realite de l'autre, sa chaleur.
"Je t'aime... "
Murmura Kanon, de telle facon que Siegfried puisse lire sur ses levres
Siegfried lui sourit, comme pour lui repondre "Je sais".
Kanon se rallongea en entrainant son "Chasseur" sur lui, le vit retourner entre ses cuisses pour terminer ce qu'il avait commence. Mais a ce moment-la, ca n'etait pas ce dont il avait le plus besoin.
Des qu'il le put, c'est a dire des que Siegfried jugea qu'il allait enfin pouvoir commencer a penser a son propre plaisir, il l'invita a remonter le long de son corps apaise, et tout en s'ouvrant de facon a pouvoir pleinement accueillir son amant, lui passa ses bras autour du cou.
Siegfried, tout en se disant que pour ce Dragon-la, il pouvait bien defier Odin en personne, appliqua ce qui etait la source de sa propre douleur, contre la delicate ouverture de ces reins offerts qui attendaient de pouvoir l'apaiser, lui.
Il entra avec precautions dans le doux passage, attentif au moindre fremissement de son Dragon auquel il ne voulait a aucun prix faire mal.
Il le sentit se tendre, mais embrasser son epaule, et fut bientot totalement en lui.
Le sentant respirer par a-coups, de facon irreguliere, il craignit de vraiment lui avoir fait mal sans s'en etre rendu compte, et se rejeta un instant en arriere pour scruter son visage.
Il le vit instantanement rougir et detourner le regard, mais ne vit que plaisir mele de confusion dans son expression.
Alors il lui murmura, en lui caressant la joue:
"Kanon, regarde-moi... Ne te cache pas de moi... "
Kanon fremit, hesita, mais tourna timidement la tete vers Siegfried. Il leva les yeux, par-dessous les longues boucles bleues de sa chevelure qui avait recouvert une bonne partie du lit.
Il etait de toute evidence pret a detourner une nouvelle fois le regard, s'il decouvrait quelque chose de derangeant dans celui de Siegfried.
Il n'y trouva rien de tel. Au contraire.
Le Guerrier Divin lui adressa un sourire qui etait un peu une recompense, puis, prenant appui sur ses mains, commenca a patiemment l'aimer, se retenant de precipiter ses mouvements comme tout son etre le reclamait.
Quelle ne fut donc pas sa surprise, quand une petite voix mal assuree resonna dans sa tete:
"Siegfried, ne... ne me fais pas... attendre... comme ca... "
Il en resta un instant bouche bee, puis vit, a l'expression de Kanon, que la "petite voix" venait bien de lui.
"Des ordres comme ca, tu peux m'en donner autant que tu le voudras... "
Commenta-t-il sur un ton qui etait un peu comme un ENORME sous-entendu, ses instincts de "Chasseur" ayant instantanement repris le dessus.
Kanon, abasourdi, n'eut pas le temps de se demander s'il n'allait pas regretter son hardie initiative.
Il fut, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, fort occupe a essayer d'endiguer les ardeurs d'un Siegfried qui semblait s'etre jure sur l'Honneur AU MOINS, de lui faire perdre la tete au point ou, s'il avait eu de la voix a ce moment la, c'est tout le Chateau qui aurait ete averti de la facon dont lui et Siegfried fetaient sa convalescence. (NDLR: Rhooo!!... A moi aussi, mon naturel reprend le dessus, on dirait.)
Evidemment, rien n'y fit, et il devait par la suite se demander s'il ne devrait pas rendre grace a Odin lui-meme, pour avoir permis qu'il perde la voix sur son Territoire. Quoique ce cher Seigneur d'Asgard aurait pu y penser plus tot, ca aurait evite que certaines servantes aient une version sonore 'Dolby Surround' de ses ... aventures.
Quoiqu'il en soit, voila que l'autre excite s'immobilisait avec sur le visage, l'expression de celui qui vient de pousser les portes du Paradis.
Grand bien lui fasse...
Mais alors que Kanon, exaspere, pensait serieusement a "incendier" le Guerrier Divin en train de reprendre son souffle apres s'etre precautionneusement retire, celui-ci baissa sur lui un regard qui fit bondir son coeur dans sa poitrine.
Avec un sourire rayonnant, le Guerrier Divin sur les epaules et le visage duquel commencaient a perler de petites gouttes de sueur brulante, lui dit sur un ton affectueux:
"Desole, c'est de ta faute, la... Mais a ton tour, maintenant, hein?"
Kanon ouvrit de grands yeux, battit deux-trois fois des cils quand il trouva Siegfried de nouveau en train de l'embrasser.
S'il n'y avait que cela...
Mais les mains du Guerrier Divin etaient de nouveau sur sa poitrine, la lui caressant tout en jouant avec les deux petites gemmes qui avaient vire du rose pale au framboise.
Il se sentit rougir tandis que la langue du Guerrier Divin capturait la sienne.
Puis il devint rouge brique tandis que l'une des mains traitresses se coulait entre ses cuisses.
Il eut bien referme les jambes, mais les hanches de Siegfried l'en empechaient, sans compter cette fameuse main qui interrompit un instant son "activite" pour lui ouvrir en plus grand l'un de ses genoux.
Il eut une serie de petits sursauts, mais ouvrit des yeux ronds limite terrifies quand l'intruse, apres s'etre appliquee sur la region qui avait precedemment fait l'objet de similaires "attentions"... glissa plus bas!!
"Hirk!"
Fut le seul "mot" que la gorge de Kanon daigna prononcer ce jour-la.
Pris de panique, il essaya de repousser Siegfried, tout en remontant plus haut dans le lit.
Comme le Guerrier Divin, refusant de le lacher, l'y suivait meme en appuyant son baiser, il l'attrapa par les cheveux pour tenter de l'eloigner.
Peine perdue.
"HnnnnnnnNNNNNNNNNNHHHHHH!!!!!!!"
Un sanglot finit par lui echapper.
Alors la main intruse se retira, et Siegfried, en caressant les cheveux de son Dragon qui hoquetait de terreur, lui dit
"Allons, calme-toi, j'avais seulement peur de t'avoir blesse... Tu ne veux pas que je "regarde", n'est ce pas?... Alors je n'ai pas le choix... Ahlala, regarde ca, dans quel etat tu es maintenant... c'est fini, je te dis, calme-toi. La prochaine fois, je t'avertirai, d'accord?... Mais ne pleure pas, voyons... ."
"Comment ca, 'NE PLEURE PAS'?! MAIS JE NE PLEURE PAS??!!Et ca veut dire quoi, CA, 'la prochaine fois' ?!"
Firent en silence les levres de Kanon, qui ne savait plus tres bien meme s'il etait furieux ou terrifie.
Siegfried retint un eclat rire, puis lacha tout a coup, d'un air tres serieux:
"Mais ca n'est pas tout ca, je t'ai fait une promesse, non? Et je tiens TOUJOURS mes promesses."
"... ??... "
Se penchant a l'oreille de Kanon, Siegfried reprit, sur un ton enjoue:
"Tu as deja oublie? 'Maintenant, c'est a ton tour.' "
Kanon allait protester, quand Siegfried, assis en tailleur sur le lit, le saisit par un poignet, et le renversa sur le dos, en travers de ses genoux. Comme l'ex-Marinas se redressait en toute hate, il lui passa un bras autour du torse, et l'attira contre sa poitrine.
Il l'embrassa dans les cheveux, le vit se calmer quelques peu et lever un regard mi-interrogateur, mi-mefiant vers lui.
Il lui deposa un second baiser sur la tempe, geste auquel il savait Kanon tres sensible.
Comme il s'y attendait, le Dragon rougit et se mordit les levres
Sous leurs yeux a tous deux, la preuve d'un feu ravive etait en train de se faire jour entre les cuisses blanches du Dragon, qui se plia en deux hativement, toujours aussi peu enclin a vraiment tout devoiler a Siegfried.
Un baiser atterrit sur sa nuque, suivi de plusieurs autres qui coulerent le long de sa colonne vertebrale.
Il frissonna, ses levres s'entrouvrirent sur un soupir que le Chasseur devina.
Il eut bien aime pouvoir se redresser, s'eloigner, fuir ce nouveau piege, mais s'etait plus fort que lui, son corps de nouveau hors de controle attendait la suite.
Siegfried put donc tout a son aise lui mordiller la nuque, couvrir son dos de petites marques rouges... jusqu'a ce que, n'y tenant plus lui non plus, il ne laisse tomber, d'une voix alteree, et a l'oreille d'un Kanon haletant dont les idees n'etaient plus claires du tout:
"Viens... "
Kanon leva sur lui un regard qui fit se demander a Siegfried si d'eux deux, lui meme n'etait pas le plus digne du titre de "Demon". (NDLR: no comment... j'ai pas envie de me prendre une "Epee d'Odin" dans la tete en repondant... )
L'instant apres, il envoyait balader sa mauvaise conscience (NDLR: Ben voyons... ) en voyant son Dragon, qui ne savait PLUS DU TOUT ou il en etait, se retrouver a quatre pattes alors qu'il avait essaye de se redresser puis de se retourner.
Les longues meches bleues de sa chevelure coulaient sur la presque totalite de son corps en en laissant deviner les lignes, voire en en revelant d'autres, et il se sentit au bord du saignement de nez niagaresque(NDLR: Attention, attention, ceci est une metaphore... ).
Kanon n'avait pas du tout conscience du danger quand une grande ombre aux yeux brillants se dressa derriere lui, et ne s'affola pas plus quand deux mains en apparence prevenantes passerent sous son torse pour l'"aider a se redresser".
Quand il se retrouva a genoux sur le lit, jambes ouvertes de part et d'autres de celles de Siegfried qui flattait ses hanches de ses deux mains, il etait seulement en etat de noter cette grele de baisers brulants qui pleuvaient sur son dos, et une douleur insistante, pour ne pas dire insupportable, enfouie quelque part dans les profondeurs de son ventre.
Les mains de Siegfried contournerent ses hanches, glisserent sur ses cuisses qu'elles caresserent longuement avant d'un peu plus les lui ouvrir.
Brusquement, l'une d'entre elles disparut, reapparut sur ses reins, coula plus bas, suivant le doux arrondi d'une chute de reins dont Siegfried etait bien le seul a connaitre la douceur, et qu'il se garda ce jour-la de debarrasser des rivieres de soie azuree qui en redessinaient les reliefs comme pour mieux le tenter.
Il y eut un bref effleurement quelque part sur une blessure secrete...
Oui, ca devait etre une "blessure", puisque ca semblait etre part de sa "douleur"...
Le bref effleurement se repetait... brusquement, quelque chose comme un choc electrique le frappa de plein fouet, et il se tendit de... douleur?
Depuis quand la "douleur" etait-elle si ... agreable?...
Non, "agreable" n'etait pas le mot... "ca" semblait se repercuter comme un long echo, a travers tout son corps... profondement.
Il y avait quelque chose de chaud et sale comme de l'eau de mer, qui coulait sur ses joues...
Qu'est ce que ca pouvait bien etre?...
Au secours...
"Viens... "
Repeta Siegfried, qui avait vu Kanon se tendre brusquement, comme s'il avait ete frappe par la foudre.
Kanon fremit, sembla chercher quelque chose du regard.
Il tourna brusquement la tete vers lui, et Siegfried s'immobilisa, comprenant qu'il avait pousse le "jeu" un peu trop loin.
Il avait completement oublie l'etat psychologique dans lequel devait etre son amant, apres les evenements de la veille.
Il avait soigne son corps, il lui fallait a present l'aider a se "reconstruire".
Comment avait-il pu l'oublier?!
Cependant, il semblait etre ce que son Dragon avait "cherche", et Kanon, se retournant d'un bloc, se jeta a son cou, se collant a lui comme s'il avait peur d'a nouveau le perdre.
D'a nouveau se perdre.
Il l'enlaca, et, tout en lui caressant les cheveux, le prit enfin.
Kanon se rejeta progressivement en arriere, les mains crispees sur ses epaules, la bouche grande ouverte sur un long cri.
Siegfried sentit les larmes lui monter aux yeux.
Il le ramena dans ses bras, l'y serra, murmura a son oreille des mots dont Kanon ne se souviendrait pas, mais qui, a ce moment-la, le calmerent.
Quand il le rallongea sur le lit, le bel homme aux yeux turquoise etait plus qu'une poupee au regard fixe et lointain. Magnifique dans son abandon, mais d'une immobilite effrayante.
Siegfried, tout en continuant a lui murmurer des mots qui etaient comme une tendre litanie, commenca a le "rappeler", patiemment, arpentant son corps comme autant de vagues venant mourir les unes apres les autres sur la greve.
Encore, encore et encore, et Kanon se "reveilla".
Le profond turquoise de ses yeux se raviva, reprit peu a peu sa limpidite, et il leva les mains pour toucher le visage de Siegfried qui avait fini par s'immobiliser au-dessus de lui.
"Kanon... Est ce que tu es avec moi?... "
Lui demanda le Guerrier Divin, dont le ton inquiet finit d'aider Kanon a se reprendre.
Kanon hocha la tete, eut un sourire d'enfant qui brisa le coeur du Chasseur.
Comme il se l'etait promis, comme il le lui avait promis et comme il aimait tant le faire, Siegfried ne se concentra plus ensuite, que sur le plaisir de son Dragon auquel il fit longuement l'amour en guettant chacun de ses soupirs inexprimes.
Sitot la premiere vague passee, la premiere profonde griffure sur son epaule, il se mit en devoir de gagner une autre de ces blessures de guerre, puis encore une autre...
Il ne lacha Kanon que quand il sentit, en ce dernier, le souvenir des evenements de la veille disparaitre definitivement derriere ces deferlantes de plaisir ininterrompu qui etaient en train de reconstruire la notion meme de son existence toute entiere.
Kanon etait de nouveau le Dragon qui existait pour et par son Chasseur.
Mais cette fois, tous deux defiaient quiconque de jamais encore arriver a briser ce lien.
******************** *********************
Siegfried recoucha son amant qui dormait a present a poings fermes, et sortit de la chambre pour aller trouver sa mere, avec laquelle il sentait necessaire une longue, LONGUE discussion.
Il avait a peine fait un pas dans le couloir, qu'il se heurta a Greta et Lorelein, cette derniere cachee derriere sa compagne et le regardant d'un air craintif.
Il soupira, leur dit:
"Je ne sais pas si vous pourrez encore accorder grande confiance a mes paroles apres ce qui s'est passe, mais... Je souhaiterais que vous laissiez Kanon se reposer... sans le deranger. Il est comme neuf, mais a plus que jamais besoin de sommeil, d'intimite. De calme."
Greta et Lorelein se regarderent, puis le regarderent, et de leurs deux visages s'effaca peu a peu la mefiance qu'il y avait tout d'abord lu.
Siegfried ne savait pas qu'elles avaient ete temoins du deferlement energie qui avait envahi jusqu'au couloir quelques heures plus tot, et ne se douta donc pas de l'importance que ce fait avait dans leur revirement d'attitude.
Il ne devait que bien plus tard se rendre compte qu'il etait reste plus de six heures en "tete a tete" avec son Dragon, et en deduire que sa Mere avait du donner des ordres stricts pour qu'ils ne soient pas deranges.
Cependant, en priant pour qu'elles respectent les siens malgre cette sensible et evidente baisse d'estime de sa propre personne chez les deux jeunes femmes, Siegfried s'eloigna.
Ooh, au pire, elles decouvriraient de nouvelles, bien qu'abondantes, " traces " de sa " conversation " avec Kanon... et de longues rivieres de cheveux bleus serpentant a travers pratiquement toute la chambre.
*** *** ***
La Mere de Siegfried attendait son fils, se doutant qu'il ne devrait plus beaucoup tarder a venir frapper a sa porte. La ou Greta et Lorelein avaient vu le deferlement energie qui avait regenere le Dragon, elle l'avait senti, et avait ete touchee par l'extraordinaire somme d'amour, de tendresse, mais aussi de douleur, qui en avait ete l'essence meme.
Si elle ne pouvait plus s'opposer a une situation qu'elle sentait pourtant avoir de grandes chances de tourner a la tragedie(NDLR : C'est pas deja fait ?), il ne lui restait donc plus qu'a veiller a ce que les choses ne s'aggravent pas plus.
Elle allait donc devoir... "aider " ?
Heleine se passa une main sur le visage, soupira.
Elle se voyait bien partie pour devenir la deuxieme "ame damnee "de la Fable.
Conformement a ses predictions, elle n'avait pas attendu dix minutes, que l'on frappa a la porte.
Siegfried entra, elle l'accueillit avec un sourire, une tasse de ce the qu'il detestait, et un :
"Tu as une tete encore pire que tout a l'heure, mon Fils... peut-etre parce que tu as fait de 'l'exercice' au lieu de te reposer? "
Siegfried se dit qu'il n'etait peut-etre pas encore trop tard pour faire demi-tour... et echapper entre autres au the.
Malheureusement pour lui, il se vit alors proposer un fauteuil, et un biscuit.
Il s'assit docilement, jeta un coup d'oeil haineux a la tasse fumante, se prepara a devoir raconter TOUTE l'histoire depuis le debut, prit une profonde inspiration, et...
"Qu'est ce que vous fabriquiez, dans la salle souterraine ? "
Le coupa brusquement Heleine.
Pris par surprise, le Guerrier Divin s'etrangla a moitie alors qu'il n'avait pas encore goute au the, puis lacha sans reflechir :
" De... l' 'exercice' " ? "
Gros silence.
" De... ' l'exercice '... "
Repeta Heleine, d'un air pensif et avant de designer, avec un grand sourire, la tasse qui attendait d'etre bue.
Puis :
" Et... Vous n'avez rien vu de bizarre ? Vous n'avez touche a rien, j'espere ? Ne me dis pas que vous n'avez rien trouve de mieux que d'aller vous vautrer sur l'Autel meme ? "
" l'Hotel ? "
"l'Autel, mon Fils "
" Aah, l'Autel ?... "
" Oui, l'Autel... "
Gros silence.
Siegfried mordit dans le petit biscuit.
Puis, apres avoir machonne quelques secondes, mais d'une toute petite voix, cette fois:
" Heu... je... crois?... qu'on a grimpe dessus... (cronch)... et puis, il y avait un collier... tres joli, le... collier... et(slurp... bheu !!)... il lui allait tres bien, a... heu... a mon Dragon... hem(cronch)."
Heleine se sentit glisser de sur son fauteuil, se rattrapa a ses accoudoirs.
Elle etait en train de lever les yeux au ciel, quand Siegfried acheva, en reposant la tasse d'un air degoute :
" Et il y a eu une espece de... fanfan... fantome? "
Heleine bondit, s'ecria avec vehemence :
" Un fantome?! Tu as dit un fantome?! Un adolescent? Aux cheveux rouges ? Siegfried, c'est tres important !! Ton pere etait hante par cette creature, et on n'a jamais compris pourquoi ! "
" ?! "
Siegfried reflechit un instant, puis decrit ce que Kanon et lui avaient vu, en fouillant dans sa memoire pour se rememorer le moindre detail..
Quand il eut termine, Heleine commenta prudemment :
" Je me demande s'il n'est pas apparu a ton Dragon, plutot qu'a toi. Il ne semble pas se montrer a n'importe qui, et n'a jamais daigne se montrer les rares fois ou je me suis aventuree seule dans cette chambre. Il semblait toujours reagir a la presence de ton Pere... "
" Mais... Mere, vous savez qui il est ?? "
Heleine, comme tiree d'une lointaine reverie, leva de nouveau les yeux sur son fils. Elle le regarda fixement quelques instants, semblant hesiter a parler.
Puis elle murmura :
" C'est un aieul de l'actuel Alberich de Megrez. La couleur de ses cheveux et de ses yeux ne t'a pas frappe?"
Ce fut au tour de Siegfried, d'avoir a se rattraper aux accoudoirs de son fauteuil.
" Un ALBERICH ?! Mais ??... Pourquoi? Comment?? Et qu'est ce qu'il fait ici, a hanter la Demeure des Siegfried ??... "
" C'est une... longue histoire, qui commence avec une partie de chasse a laquelle ton Arriere-grand-pere participait. Disons qu'il est revenu au Chateau avec une prise un peu particuliere... "
Comme Siegfried la regardait avec de grands yeux etoiles style" raconte-moi la suite de l'histoire, Maman ", Heleine soupira, et reprit :
" Un enfant sauvage de peut-etre quinze ans, muet et farouche, agressif comme un troupeau de sangliers... Couvert de boue et de blessures diverses, de la tete aux pieds. A en juger par son etat general et les plaques de sang noirci sur les vestiges des vetements qu'il portait, il avait du errer dans la foret pendant au moins deux bonnes annees, etre apres avoir echappe de tres pres a la mort, ou avoir ete .. Maltraite ? Si j'en crois le journal de ton Arriere-grand-pere, il semblerait que les deux hypotheses soient tangibles. Quoiqu'il en soit, il est certain qu'il soit ce jour-la tombe sur l'un des plus grands secrets de la Famille Alberich. Un secret tragique... Le genre de secret que la mort de ce jeune garcon aurait du permettre de proteger a jamais. Raison pour laquelle ton Aieul a fait construire cette chambre secrete, a scelle ses pouvoirs au moyen d'un collier special, et a fait construire l'autel, qui lui, recele tous les sortileges necessaires pour empecher que les Esprits de la Nature ne se reveillent dans un rayon de plusieurs kilometres. Il avait decide de le proteger de ceux qui penseraient a achever leur oeuvre. Quels qu'ils soient. "
Heleine s'etait levee, et dirigee vers une petite commode dont elle avait ouvert un tiroir secret. Elle en retira un vieux manuscrit jauni constitue d'une pile de feuilles hativement reliees au moyen d'un cordon de cuir en piteux etat, et le tendit a son fils.
Siegfried s'en saisit avec precaution, se demandant si le papier par endroits pourri n'allait pas s'effriter sous ses doigts, et comment il se faisait qu'il s'en degageait la meme odeur que celle qui empoisonnait l'atmosphere, au-dessus de la tasse de the...
"Ton Pere a trouve ces ecrits dissimules derriere l'une des pierres du mur de la fameuse chambre. Raison pour laquelle le papier est dans un tel etat... "
Commenta Heleine, avant de reprendre :
" Au debut, je me suis demandee s'il n'y avait pas un moyen de se debarrasser de ... l'apparition. Mais je pense qu'en lisant cela, tu comprendras pourquoi ton Pere et moi avons finalement decide de la laisser en paix. C'est qu'apres tout, ton Arriere-grand-pere aura reussi a l'apprivoiser... mais pas a dissuader ce malheureux garcon de lui-meme mettre fin a ses jours... "
" Il s'est suicide ?... "
Murmura Siegfried, entre les mains duquel le manuscrit sembla tout a coup se faire bien plus lourd... un peu comme son estomac.
" Oui... Trois ans apres son arrivee ici, il s'est pendu avec la chaine qui etait censee l'empecher de s'aventurer hors de ces murs. "
L'expression de Siegfried s'assombrit tandis que dans sa memoire se ravivait le souvenir de la chaine et du collier assortis, que lui et son Dragon avaient trouves dans la chambre souterraine.
De toute evidence, celle-ci n'avait pas tout a fait ete creee dans le but de tenir les "ebats" de son Aieul a l'abri des regards indiscrets.
Voila qu'il commencait a avoir honte, apres coup...
Si seulement il avait su...
Le voyant se rembrunir en pensant que le meilleur moyen d'expier serait etre de le boire, ce the-de-derriere-la-pierre-du-mur, Heleine crut bon de rajouter, sur un ton anodin :
"Au cas ou tu te poserais la question, ton Arriere-grand-pere avait 32 ans, quand il a " ramasse " cet autre Alberich dans la foret. Et il semble que la beaute fragile de son... protege ?... lui ait inspire une affection bien particuliere ..."
Siegfried rougit en voyant la question" Serait-ce de famille ?"s'inscrire en grosses lettres dans le regard de sa mere.
Feignant de ne pas du tout voir d'ou elle avait bien pu vouloir en venir, il se mit a feuilleter le manuscrit, et tout a coup, se figea, les yeux ronds, le coeur au bord de levres:
" Mais... c'est l'Epee d'Odin?Je veux dire, Balmung, l'arme mythique qui a permis de briser l'anneau des Nibelungen?! "(NDLR : Mais non, Siegfried n'a pas envie de vomir parcequ'il vient de voir Balmung... )
Heleine s'approcha, jeta un coup d'oeil a un croquis tres simple et couvert d'annotations, qui avait ete realise a partir de quelques-unes des rares tentatives de l' "Enfant Sauvage", pour s'exprimer par le dessin.
"J'avais remarque ce croquis, mais comme je n'ai jamais vu l'arme divine... Tu es sur qu'il n'y a pas d'erreur? C'est bien elle? "
"Pensez-vous! Je la reconnaitrais entre mille! Mais comment se fait-il qu'un Alberich, et un enfant qui plus est, sache de quoi elle a l'air?! Meme moi, je l'ai vu pour la premiere fois, pendant la bataille?! "
Et alors que Siegfried, bleme, se demandant de derriere quelle pierre le " petit biscuit " etait lui aussi sorti, tournait machinalement la page, il tomba sur un autre dessin qui lui fit immediatement refermer le manuscrit, comme s'il venait de poser les yeux sur la seule chose qu'il n'aurait a aucun prix souhaiter trouver la. (NDLR : une feuille de the ?)
Heleine, qui n'avait pas eu le temps de voir ce qui avait bien pu choquer son fils a ce point, fouilla hativement dans sa memoire, et se souvint vaguement qu'a cote de Epee Mythique, le jeune garcon dessinait toujours un visage. Sur l'envers de cette page, s'etait trouvee une copie de cet autre dessin.
Et maintenant, elle se souvenait.
La mere et son fils se regarderent, consternes.
Se pouvait-il que le Dragon ait eu un sosie parfait (un autre?!) parmi ses ancetres?!
Quoi qu'il en soit, la venue de celui-ci sur ce territoire commencait a leur paraitre de moins en moins accidentelle.
*** *** ***
Il ne leur servirait a rien de continuer a echafauder hypotheses sur hypotheses.
Siegfried, qui sentait de toute facon la fatigue due a ses blessures et a la formidable quantite energie qu'il avait brulee quelques instants plus tot, peser de plus en plus lourdement sur ses epaules pourtant robustes, prit conge de sa mere et se retira dans ses appartements.
Il allait se rincer la bouche, prendre une pilule pour l'estomac, dormir, et apres, il reflechirait.
Il savait deja qu'il n'aurait aucun mal a persuader Kanon de le suivre au Palais pour reveler sa veritable identite a Hilda et se soumettre au Jugement d'Odin, mais une nouvelle idee lui etait venue a l'esprit. Une idee dont il avait touche deux mots a sa mere...
Odin avait clairement invite "Pandore" ET "Kanon" au Palais.
Le Dragon allait donc devoir y passer deux jours sous chacune de ses deux identites, la ou il eut ete bien plus simple de le mener directement au Jugement.
Ca ne pouvait decidement pas etre une simple fantaisie du Seigneur d'Asgard.
Il devait y avoir quelque chose derriere tout cela.
Siegfried eut l'impression de se retrouver devant un immense puzzle dont LA piece la plus importante se trouvait entre des mains Divines. (NDLR : Les miennes ?... )
Et il haissait les puzzles presque autant que le the.
*** a suivre (Impro 6) ***
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