IMPROBABILITES V (1e partie)
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Disclaimers : Les personnages de Saint Seiya ainsi que la trame scenaristique appartiennent a Masami Kurumada ainsi qu'aux differentes compagnies chargees de la production et de la distribution du manga, de l'anime, et autres produits derives. L'auteur de la presente histoire, n'en tire aucun benefice materiel ou autre et celle-ci n'a ete ecrite que pour le plaisir des fans de la serie.
Genre : Romance, aventure, challenge de coupling improbable.
Couples :
Siegfried x Kanon
Rating :
NC-17
Auteur :
Esthezyl
Notes : ATTENTION!!
Cette fic n'est pas NC-17 pour rien!! (lol) Lemon!! Passages penibles pour les ames sensibles qui voudraient voir nos deux zebres trouver dare-dare le bonheur ensemble!!
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Meuh noooon...

Elle allait s'en rendre compte, bien sur, pensez-vous...
Pas de quoi s'inquieter: cette branche basse, bien que d'une epaisseur inquietante, etait encore loin.

Elle aurait tout le temps de l'eviter, et meme si Elle ne le faisait pas de son propre chef, son cheval, qui etait un magnifique destrier blanc en outre dote d'une intelligence rare, le ferait certainement pour Elle.


Et puis, tout de meme, il n'allait pas gacher cette delicieuse matinee si agreablement piquante de fraicheur, avec la vision cauchemardesque de Sa Princesse balayee de sur sa selle par une grosse branche pourtant visible a mille lieues, pour aller piquer une tete directement dans la poudreuse, tous jupons deployes et sous les yeux de deux de ses serviteurs horrifies...

Ca, c'etait le spectacle que Hagen lui avait une fois offert(version sans jupons ni serviteurs bien sur), et si dans son cas on pouvait parler de gag (Il en avait hurle de rire jusqu'a se rendre compte qu'il avait a present face a lui un Guerrier Divin fou de rage, en armure, et deja pret a l'attaquer), dans le cas de la Souveraine d'Asgard, cela vaudrait la cour martiale a tout membre de sa Garde ayant eu le malheur de jeter un coup d'oeil a des sous-vetements classes "Top-Secret"... heu, nonon: s'etant revele incapable de prevenir un tel drame.

Mais c'etait, a bien y reflechir, justement le genre de mesaventure qui ne pourrait jamais arriver a la demi-deesse, tant que le Seigneur Odin continuerait a veiller sur sa Fille Bien-aimee, comme sur le territoire d'Asgard tout entier.

Il etait donc stupide, pour ne pas dire sacrilege, de nourrir de telles inquietudes.

C'est ainsi que Mime, qui maintenait son propre cheval un petit peu en retrait et sur la droite de celui d'Hilda galopant devant lui, s'ota tant bien que mal de la tete l'idee farfelue comme quoi sa Souveraine risquait de se retrouver par terre dans moins de cinq minutes. Puis, tout en se disant qu'a la faveur de la fameuse branche, il allait peut-etre avoir la chance de surprendre l'un de ces petits ecarts elegants et silencieux qui donnaient envie de chercher la corne torsadee sur le large front blanc du quasi-miraculeux destrier d'Hilda, le jeune homme jeta un coup d'oeil a sa gauche.

Hagen, blanc comme un linge, etait en train de fusiller la-dite branche d'arbre du regard en se tortillant d'inquietude sur sa selle.

Mime sentit un melange de colere et d'indignation rancunieres venir assombrir son humeur pourtant au beau fixe depuis qu'il avait eu le bonheur de poser les yeux sur la plus magnifique des incarnations de Venus, dans les murs du Domaine d'Alpha.

Il fallait croire qu'un cretin restait un cretin, meme reincarne.

Et ce cretin-la lui retourna un regard style "QU'EST CE QU'IL FAUT QUE JE FASSE, DIS? ! QU'EST CE QU'IL FAUT QUE JE FASSE? !" Qu'il se hata d'ignorer, comme si toute la Betise du monde etait une maladie contagieuse transmissible par simple interet pour un sujet contamine.

Et dire que le sujet en question ne revait certainement plus que de cette etourdissante Odalisque du nom de Pandore, dont il ne faisait pourtant aucun doute qu'elle appartenait deja "corps et ame" au Guerrier d'Alpha...


Enfin si pour ce qui etait du corps, ca lui avait paru evident, pour ce qui etait de l'ame, il ne savait a vrai dire pas trop...


Si ca se trouve, c'etait la que se trouvait l'ultime chance d'attirer l'attention de la Belle... Peut-etre qu'une nouvelle composition sur sa lyre(NDLR: plonplonplon... )?...

Quoique, histoire de mettre toutes les chances de son cote, il pourrait simplement lui interpreter une version "pour cordes" de quelque chose de deja existant, mais efficace.

Le theme de "Titanic", pourquoi pas? Oui, la, il etait sur que son plan ne tomberait pas a l'eau. (NDLR: "Titanic"... a la lyre? !Il est bete, ou quoi? Ou alors, c'est moi?).

Ah mais non, mieux valait choisir quelque chose qu'elle ne connaisse pas.

Vu que la Terre entiere avait litteralement ete submergee par les repetitives bandes annonces pour le fameux film (NDLR: "la Terre submergee?" Ca n'a pas l'air de l'avoir beaucoup traumatise, le coup de la fonte des glaces d'Asgard, et celui de l'autre plombier, la... Comment y s'appelle? Meuh non, pas Mario! Poseidon, voyons!) , elle ne pouvait QUE connaitre. Lui-meme, rien qu'a y penser, il avait deja envie d'ouvrir les bras... mais il allait eviter, hein, il etait a cheval, quand meme...

Hmmm...
Hmmm...

Oh, il aurait tout le temps d'y reflechir, d'ici a la Reception a laquelle l'Invitee de la Pretresse d'Asgard avait ete conviee, et ou elle apparaitrait au bras d'un rival pour le moins coriace.

C'est a dire, Siegfried en personne.

... et alors?!

Il etait sur de son propre charme, il trouverait bien un moyen de l'evincer, l'autre fou de guerre. (NDLR :... N'oublions pas que Mime est un pacifiste doux comme un agneau... pas d'incrustage de lyre dans la tete, avec lui, nononon... -_- ;)


En attendant, il devait trouver, et tres rapidement, un AUTRE moyen pour faire taire ce satane Beta (Il portait bien son nom, tiens )qu'il imaginait sans peine aller se vanter sur tous les toits d'avoir fait une "rencontre predestinee" avec "sa future conquete", et cela, sitot rentre au Palais!

Il ne manquerait plus que tous ses autres compagnons d'arme se tiennent prets a faire impression sur la troublante etrangere, tiens?!


Et sans du tout se demander de quoi il aurait l'air, au bras d'une femme(?) le depassant de deux bonnes tetes, ni meme s'inquieter de la reaction de cette "representation du Heros Legendaire dans toute sa puissance" ayant pour nom "Siegfried", au moment ou il oserait adresser ne serait-ce qu'un regard un peu trop appuye a la belle Pandore, Mime de Veneta se mit a echafauder tout un tas de sombres plans pour arriver a se debarrasser de l'encombrant Hagen. Et du reste de la Planete, si le besoin s'en faisait ressentir. (NDLR: OUHLA... )
*** *** ***

A la fois race, gracieux et rapide comme le vent, Elseve (NDLR: hem... ) etait pour sa precieuse cavaliere, Hilda de Polaris, a la fois un serviteur fidele qui l'avait vu grandir et embellir au fil des annees avec une tendresse toujours croissante, et un inestimable confident auquel Elle avait livre le moindre de ses secrets.

Son attirance pour Siegfried, par exemple.

Et sa souffrance de le voir continuer a se garder de depasser une certaine limite d'actes et de sentiments qui auraient risque, comme elle-meme devait le penser, de la transformer en simple femme amoureuse d'un Heros Legendaire, certes, mais sommes toutes, d'un homme qui au contraire du Seigneur d'Asgard, n'avait rien de Divin ni de Sacre.

Elle avait ainsi souffert pendant de longues annees qui comptaient entre autres la totalite de son adolescence, et Elseve avait fini par la voir renoncer, en desespoir de cause et avec amertume, a son identite meme de Fille d'Eve.


Et pourtant, ce jour-la, sa cavaliere, tout en restant la veneree Pretresse d'Asgard et Fille Bien-aimee du Seigneur Odin, etait bel et bien une femme amoureuse.

Pour Elseve, c'etait un evenement qui relevait du miracle. Il ne savait pas QUI etait a l'origine de ce miracle et osait a peine tirer certaines conclusion qui auraient pourtant pu s'imposer, du fait qu'Elle venait tout juste d'aller rendre visite au Guerrier d'Alpha lui-meme, mais il remerciait deja la Providence, la Chance ou le Sort Quel que soit le nom de cette Force bienveillante qui avait permis que ce jour-la, un coeur de Femme se remette a battre dans la poitrine de sa protegee.


Et tout en galopant de bon train bien qu'avec cette habituelle et surprenante legerete donnant parfois l'impression aux eventuels spectateurs qu'il "volait"au-dessus de la neige, Elseve se promit de tout de meme, des qu'il en aurait l'occasion, allonger un bon coup de sabots a ce satane Guerrier d'Alpha qui franchement, en avait mis du temps a se decider!


Puis il se concentra a nouveau sur le decor enneige qu'il etait en train de parcourir, et cela pour la bonne raison qu'il avait a coeur de cacher l'handicap dont il etait ce jour-la afflige.

Elseve, de race chevaline, insisterons-nous, et broutant du picotin de qualite superieure certes, mais du picotin tout de meme, et cela trois fois par jour... Elseve, donc, avait le rhume des foins. Ou quelque chose s'en rapprochant.

Il devait cette catastrophe a un tout jeune palefrenier certes attendrissant de maladresse, mais dont la derniere d'entre elles, datant d'ailleurs de la veille, avait consiste a lui donner a manger (en cachette et en guise de friandise) une belle touffe d'herbes diverses, sechees par ses bons soins. Elseve, ravi et incapable de resister aux grands yeux limpides et illumines de joie du jeune garcon, n'en avait fait qu'une (heureuse) bouchee. Ca avait ete un veritable regal qui avait eu des suites facheuses, puisque Elseve, habitue a des repas meticuleusement controles, avait developpe une allergie fort genante.

Il avait en permanence les yeux remplis de larmes, et donc la vision completement brouillee. Et puis son museau blanc et delicat, doux comme du velours... Le grattait, le demangeait!!! A tel point que c'en etait a peine supportable. Il avait EN PERMANENCE envie d'eternuer. Mais il ne le pouvait pas. Il etait le fier Elseve, destrier attitre de la Princesse Hilda de Polaris, alors il ne POUVAIT, il ne DEVAIT pas!!... eternuer...

Courageusement, prenant en patience son calvaire malgre un debut de fievre, Elseve se dirigeait donc vers le Palais d'Asgard en esperant arriver au plus vite, histoire d'enfin pouvoir aller se frotter le museau sur les parois de sa stalle, ou partout d'autre ou il le pourrait en etant certain que personne ne le surprendrait.

Pendant qu'il y etait, peut-etre s'acccorderait-il un.... discret!!... eternuement.

Un seul.

Il avait reussi a tromper tout le monde jusqu'a aujourd'hui, ca n'etait pas le moment de laisser une lamentable bevue entacher toute sa carriere!

En parlant de bevue, il y avait une sorte d'ombre sur la neige, a quelques pas de la...

C'etait le moment ou jamais d'effectuer l'un de ces petits bonds elegants si prises par sa cavaliere, toujours etonnee de le voir decoller si legerement du sol pour y retomber avec une incomparable delicatesse. Exactement comme s'il avait en croupe le plus fragile des tresors.

Elseve se prepara donc a bondir.
*** *** ***

Des moments de cauchemar comme celui-ci, Mime et Hagen en avaient rarement vecus.

Voila que brusquement, Elseve avait accelere son allure, et... mais oui!! Il se preparait a bondir pile DANS la branche qui etendait son bras noir et tortueux face a Hilda de Polaris!!

Sans meme prendre le temps de se demander ce qui avait bien pu piquer la monture de la jeune femme, les deux Guerriers Divins epouvantes reagirent.

La branche et le tronc qui la supportait furent reduits a l'etat de cendres microscopiques a l'instant meme ou Hilda ET Elseve, gracieusement en suspension au-dessus du sol, auraient du etre frappes de plein fouet.

Mime et Hagen avaient vise exactement au meme endroit, de facon tout a fait synchrone.

Le resultat etait admirable, on pouvait dire qu'ils venaient de sauver la vie de leur princesse, ou du moins sa beaute delicate.

Quand a Elseve, s'ils l'avaient pu, ils l'auraient reduit en viande pour Hachis Parmentier, au vu de la frayeur monstrueuse que le malheureux animal venait de leur causer, en assimilant la branche a une ombre sur la neige.

Cependant, comme Mime avait litteralement hurle "PRINCESSE HILDA!!" alors que Hagen se contentait d'emettre une espece de couinement etrangle et aigu a la limite de l'ultrason, la jeune femme tourna la tete vers eux, et, fait etrange, les devisagea un court instant, d'un air vaguement interrogateur, avant de simplement leur adresser un de ses doux sourires, puis de tourner une nouvelle fois son regard vers la lande qui etendait a perte de vue face a elle.

EXACTEMENT comme si elle n'avait RIEN remarque!
Pour Mime et Hagen, ce fut le coup de grace.
*** *** ***

Hilda avait entendu trois bruits lointains, le premier tres sourd comme un coup de tambour, le second assimilable a une voix humaine, et le troisieme, un peu comme le jappement d'un Teckel sur la queue duquel on vient de marcher(NDLR: Tout le monde aura devine que j'adoooooore Hagen... ).

Alors elle avait tourne la tete vers ses deux Guerriers qui galopaient derriere elle.

Pendant une fraction de seconde, ca avait ete tres curieux, mais elle avait eu l'impression de voir deux statues de sel aux yeux exorbites, cahotiquement juchees sur les chevaux qu'elle savait appartenir a Mime et Hagen. En y regardant un peu mieux, elle avait reconnu les deux jeunes hommes, et apres s'etre reproche son manque de sens de l'observation, leur avait gentiment souri.

Ensuite, elle etait de nouveau laisse glisser dans le reve eveille qui etait devenu tout son univers depuis qu'elle avait decouvert la fascinante invitee de Siegfried.

Elle lui avait tenu la main un court instant...

Elle avait sonde son regard sous les longs cils de velours noir, avait rencontre opale et turquoise reunies dans une seule et troublante couleur. Elle avait distinctement vu le feu y couver...

Elle n'attendait que la prochaine occasion de s'y bruler.(NDLR: Elle va etre servie... )
*** *** ***

Il y avait une autre "statue de sel" sur le territoire d'Asgard a ce moment-la.

Mais celle-ci s'appelait Siegfried.

Litteralement petrifie dans les escaliers menant a la sortie du passage secret, le malheureux Guerrier Divin d'Alpha faisait alors les frais de toute une suite d'embrouilles qui allaient, il n'en doutait pas, lui couter TRES cher.

Sa propre Mere, digne descendante des redoutables Walkyries a la criniere platine, se dressait face a lui en haut du passage, sanglee dans l' eternel corset d'ecailles d'acier forgees qu'il l'avait toujours vu assortir avec de simples robes d'un blanc eclatant rebrode d'argent.

Le seul ton de ses paroles avait ete une epee brandie ... resolument menacante.

"Siegfried? Inutile d'essayer de te cacher dans un endroit pareil! Tu VAS m'expliquer TOUT DE SUITE comment tu as ose te fiancer en cachette et sans ma permission!?"

Me fiancer? Moi? Et en cachette?? Mais avec QUI??

Etaient les questions sans reponse qui s'obstinaient a torturer l'esprit d'un Siegfried en pleine surchauffe cerebrale.

Kanon, pas dans un meilleur etat, etait tasse en petite boule de tissu chiffonne et cheveux en desordre derriere lui, et attendait que "ca se passe".

Il avait un "Enfer de la chambre secrete" derriere lui, un "Enfer sur pattes" nomme Siegfried devant lui, et un nouvel "Enfer en jupons" qui l'attendait de pied ferme a la sortie du passage.

Il etait cerne, quoi.

Ou qu'il aille, l'Enfer.. quel qu'il soit.

Tout a coup, une voix qui etait celle de Siegfried en train de peniblement se remettre du choc, resonna dans sa tete:
"Kanon?...Tu m'entends? "
"Keski me veut, l'"Enfer sur pattes"?! "
"Bon. Si tu as encore la force de m'insulter, ca devrait aller... dans quel etat est ta robe?"
"MAIS!!Est-ce que c'est le moment de parler chiffons!? C'est toi qui fais la lessive, ou quoi?!"
"Non, ce que je veux dire, c'est : est-ce que tu penses que tu peux encore arriver a passer pour une femme, dans etat ou ta robe est?"
"...c'est une plaisanterie?!"
"Est-ce que tu crois que j'ai du temps a perdre a plaisanter?"
"... pour la robe, ca devrait aller. Pour le reste... "
"Le reste??"
"J'ai l'impression d'etre un poil hirsute, si tu vois ce que je veux dire. Et puis... point de vue maquillage Panda, je crois que je suis au point."
"...??... Je ne me souviens pas de t'avoir beaucoup fait pleurer?! CETTE FOIS... "
"Encore un commentaire comme ca, et ca peut s'arranger? "

"JE PEUX SAVOIR jusqu'a quand il me faudra attendre ta reponse voire tes explications, MON FILS?!"
Explosa a ce moment-la la mere de Siegfried, qui repondait au doux et trompeur nom d'Heleine.

Le Guerrier d'Alpha sentit qu'il lui restait peut-etre au maximum deux secondes pour expliquer a son Dragon ce qu'il attendait de lui. Il se retourna, et, tout en utilisant discretement l'Epee d'Odin pour trancher net les cordons qui lacaient l'arriere de la robe de Kanon, enleva ce dernier dans ses bras.

Ce faisant, il lui souffla en pensee:
"Ne prononce pas un mot, et garde ta tete contre ma poitrine QUOI QU'IL ARRIVE!"

Trop heureux d'avoir recu l'instruction de n'a aucun prix montrer son visage a la mere de Siegfried, Kanon se hata de piquer du nez contre la poitrine du Guerrier Divin, tout en priant pour que, quelle que soit la strategie choisie par ce dernier, ils arrivent effectivement a se tirer de ce mauvais pas.

Ne serait-ce que temporairement.

Quand le Guerrier d'Alpha gravit les dernieres marches pour sortir du passage en tenant "Pandore" serree dans ses bras, il offrait deliberement au regard aiguise de sa mere, le spectacle d'une femme(?) a la mise et a la coiffure si defaites, que deduire qu'elle sortait tout juste d'entre ses bras etait la chose la plus naturelle au monde.

Et pour ajouter au tableau, Kanon tremblait REELLEMENT de honte.

Siegfried attendait de sa mere que celle-ci, en tant que Femme, ne puisse se resoudre a s'en prendre a une autre femme deja a demi morte de confusion.

C'etait une idee toute simple, meme si elle mettait sa "Pandore" dans une situation peu enviable.

L'idee marcha parfaitement.

...si ce n'est l'etrange commentaire d'Heleine, dont l'expression s'etait nettement refroidie a la vue de la peau blanche, a demi recouverte de longues meches bleues, de l' "amante" de son fils:
"Voici donc l' "aventuriere" qui a reussi a prendre mon fils dans ses filets... a moins que ce ne soit le contraire? ma pauvre enfant... Siegfried, depeche-toi d'aller faire soigner cette malheureuse, puis viens me voir dans ma chambre, je pense que nous avons besoin d'avoir une discussion serieuse."

"S... soigner??"
Murmura Siegfried, en ouvrant des yeux d'autant plus grands, qu'a part une trace de morsure a l'epaule normalement invisible a ce moment-la, il ne se souvenait pas d'avoir blesse Kanon autre part. Cette fois-ci.

Mais Heleine venait de se detourner sans daigner repondre, et sortit de la chambre sans un mot de plus.

Siegfried, apres etre reste fige quelques secondes, posa Kanon encore muet d'angoisse a terre, puis passa dans son dos pour avoir la meme vue que celle de sa mere.

NHGYA?!

Ses machoires se decrocherent instantanement de stupeur.

Le dos de Kanon etait en sang!!

Comme il se retrouvait tout juste capable de balbutier "Mais??Mais???"en faisant de grands gestes traduisant parfaitement son desarroi, Kanon se passa la main dans le dos, puis fit tranquillement, en regardant ses doigts taches de sang:
"Ca, c'est ton 'Epee d'Odin' de tout a l'heure, non?"

Un phare a la lumiere salvatrice vint poser une balise d'intelligence dans l'ocean d'incomprehension totale ou nageait Siegfried, et ce dernier se detendit d'un coup, avant de lacher, avec un soupir de soulagement:
"Aah, je savais bien que je ne t'avais pas blesse, cette fois?!"
"Pardon? Tu veux que je te montre mon epaule, peut-etre?"
Siffla alors Kanon entre ses machoires serrees, et en faisant mine de mettre sa menace a execution.

Sentant l'orage tout proche, Siegfried essaya de limiter les degats et se planta en beaute:
"Ca n'est pas ce que je voulais dire. C'est juste qu'avec ca, ma mere s'imagine maintenant que je suis du style a violenter mes... heu, amantes?? "
"Ah, parce que ca n'est pas le cas??"
"Bien sur que non! Pour qui tu me prend?!"
"Pour quelqu'un qui a PERSONNELLEMENT!! experimente plus d'"Epees d'Odin" que tous les autres adversaires du 'Grand Guerrier Divin d'Alpha' reunis!"
"?!... Attends, on m'attaque, moi, je reponds!"
"Ben voyons. J'ai une UNIQUE fois reussi a te mettre une malheureuse micro-claque, et il faut voir le resultat!Tu appelles ca 'repondre', toi?!"

Comme Siegfried gobait dans le vide en essayant desesperement de trouver un moyen de mettre fin a cette conversation "peau de banane", Kanon rajouta, avec un petit air pince, et comme s'il s'agissait de l'une de ses qualites humaines les plus remarquables:
"Moi, on peut bien me mettre une (petite) claque, je ne me transforme pas en Berserk pour autant!"
"Ah bon?"

PAF.

Siefried venait de tester derechef la bonne foi de son interlocuteur.

Mais tout doucement, hein... du bout des doigts.

Kanon, un instant fige de stupeur, sentit le rouge lui monter au visage, et la colere affluer dans sa poitrine. Il serra les machoires et les poings, leva un regard etincelant et durci de haine vers son offenseur. Ce dernier vit le corps tout entier de son Dragon se mettre a trembler, ses levres s'entrouvrir, et se dit qu'il allait probablement etre le premier et le dernier, dans toute l'histoire de l'humanite, a voir un humain cracher du feu par la bouche.

Mais alors, Kanon se rejeta en arriere, les poings sur les hanches, et eclata d'un gros rire pas naturel du tout.(NDLR: "meme pas mal!!")

Puis il se detourna, marcha droit vers l'armoire qu'il avait renverse quelques heures plus tot, et apres avoir souleve les lourds pans de sa robe a deux mains, se mit a lui donner de grands coups de pieds en l'insultant comme un charretier. Quand le bois massif eut cede sous un ultime coup, Siegfried avait compte quatre "gniiiiiiiii!!", et commence a plaindre le malheureux meuble juste coupable d'avoir ete la.

Cependant Kanon, enfin calme, se retournait vers lui. Passablement essouffle, mais avec un grand sourire.
"Tu vois? Pas plus difficile que ca. Prends-en de la graine."

En plus, il avait l'air tres fier de lui.

"Magnifique. Tu peux me la refaire?"
Se contenta de lui repondre Siegfried, en levant une seconde fois la main.

MAIS comment allait-il ENCORE pouvoir expliquer ca a sa mere?!

Etant donne qu'il etait hors de question de mettre sur le dos de son "amante", la transformation de l'armoire de son aieul en tas de petit bois pour la cheminee, il allait definitivement passer pour un sauvage, il voyait ca d'ici!

"Tu as envie de te faire arracher la tete ? "
Lui repondait cependant Kanon, aimablement, avec son plus beau sourire, et sans du tout se douter qu'il risquait de se voir presenter une "note d'hotel" plutot salee a la fin de son "sejour" chez Siegfried.

Petite pause entre les DEUX Berserk.

Puis, avec un soupir, et en se disant apres tout, une armoire etait moins difficile a faire disparaitre qu'un cadavre (est ce que ca coule correctement, un Dragon assomme, garrotte et avec les 'pattes' dans un bac de ciment?), Siegfried avanca:
"Kanon, de toute facon, je parlais de mes AMANTES, et tu ne fais pas partie du lot."

Kanon sentit un frisson glacial courir le long de sa colonne vertebrale.

Il ne put a ce moment-la se raisonner en reconnaissant les mots de Siegfried comme ce qu'ils etaient, c'est a dire une replique hative et maladroite.
"Oh? On joue avec les mots, maintenant? Mais pas moi. Et si je ne suis pas un "amant", qu'est ce que je suis, pour m'etre carrement laisse enchainer et... et laisse faire si souvent?"

Siegfried, las et exaspere, lacha la plus belle enormite de la journee:
" Parceque tu appelles ca 'souvent', toi? Je t'aurais eu dans mon lit chaque soir pendant ces trois semaines, je ne dis pas, mais... "
" ?!! Aah, c'est nouveau, ca?! Il faut faire CA 'a heures fixes', pour etre reconnu comme autre chose qu'un objet de plaisir, avec toi?!"
"JE N'AI JAMAIS DIT !!... Je n'ai jamais dit que tu etais un objet de plaisir."
Souffla d'une voix sourde le Guerrier Divin qui se retenait avec peine de ne pas hurler, tant il s'en voulait de continuer a s'enfoncer comme il le faisait.

Mais alors qu'il s'attendait a une nouvelle pique de son Dragon, il vit ce dernier se taire brusquement en le regardant comme s'il cherchait des preuves de sa franchise sur son visage. Peut-etre les trouva-t-il, car il parut se detendre tres legerement, et son expression s'adoucit.

Il etait de nouveau tout a fait calme, quand il s'approcha de quelques pas, pour hasarder, d'une voix a peine audible:
"C'est deja ca... Alors, qu'est ce que je suis, pour toi?"
"... "
"Qu'est ce que je suis... pour toi?"
"... "

Kanon sourit. Mais ce sourire ne se refletait pas dans ses yeux dont le clair turquoise s'etait assombri puis eteint.

"Oublie ca... c'est probablement la seule question que je n'avais pas le droit de te poser. Tu m'aurais repondu 'un futur execute', que je n'aurais meme pas eu le droit de m'enerver... moi-meme, je sais bien ne rien etre de plus... "

Siegfried, qui avait detourne la tete pour essayer de cacher son trouble a Kanon, ne se doutait pas y etre si bien arrive.

Il ne prit conscience de l'ampleur du desastre, que quand il entendit la porte de la chambre se refermer sur un Kanon sorti aussi silencieusement, qu'il souhaitait a pressent sortir de la vie de Siegfried.

Quand a Siegfried il restait sur place avec coince au fond de la gorge des mots qui n'avaient pas voulu sortir, et sur la conscience, d'autres mots qu'il aurait souhaite ne jamais prononcer.
*** *** ***

Kanon regagna silencieusement sa chambre ou l'attendaient Greta et Lorelein, pas bien a l'aise car sachant mieux que quiconque a quel point la situation s'etait aggravee avec le retour de la Mere de Siegfried sur ses Terres.

Greta s'approcha du Dragon deja en train de methodiquement delacer ce qui restait des cordons fermant l'arriere de sa robe. Elle avait quelques minutes plus tot croise la Maitresse des lieux, cette grande femme autoritaire et dynamique qu'elle respectait et remerciait secretement chaque jour pour ne serait-ce qu'avoir donne naissance a un homme tel que Siegfried.

Elle avait recu d'elle des ordres.

Elle tenait donc pret a l'emploi tout le necessaire pour soigner ce qui lui avait ete decrit comme une "blessure hideuse que l'amante de mon fils a recu au dos".

Un instant, elle s'etait demande avec horreur si la Mere de Siegfried ne s'etait pas presentee devant son fils avec une epee a la main, et n'en avait pas impulsivement use sur "la malheureuse" qu'elle avait surprise en train de seduire le descendant de toute une lignee de Heros.

Mais c'etait ridicule. Si Heleine avait du temperament (pour ne pas dire un fichu caractere), elle etait loin d'etre le genre de personne a commettre un homicide sur un simple coup de sang.

Il ne restait, dans ces conditions, plus qu'une seule personne a suspecter.


Tout en aidant un Kanon curieusement silencieux a se debarrasser de sa robe, Greta murmura timidement:
"Est-ce que je peux vous demander ce qui s'est passe? Votre dos est couvert de sang... "
"Ca n'est rien de grave. Juste une petite coupure."
"Est-ce que c'est notre Seigneur, qui... "
"Rassure-toi, c'etait juste pour arriver a eloigner sa mere, et il n'avait pas l'intention de me blesser."
" ? "
"Il a 'in extremis' tranche les cordons de la robe pour dissuader sa mere de s'en prendre a une 'femme' sortant de toute evidence d'entre ses bras. Et cette blessure n'etait pas prevue."

Greta, TRES loin de se sentir rassuree par les explications de Kanon, s'etait figee, mains crispees sur le tissu de la robe a demi defaite, yeux fixes sur le visage entoure de boucles bleues, de cet homme qui lui repondait sans meme la regarder. L'attitude de Kanon l'horrifiait. Son ton mecanique, son regard lointain, et surtout l'intense.. lassitude? qui impregnait chacun de ses gestes.

Oh, non, ca n'etait pas les sequelles d'une simple fatigue qu'une bonne nuit de sommeil parviendrait a effacer.

Elle avait deja surpris sur bien des visages cette expression-la, alors qu'elle parcourait les decombres de son village natal a demi detruit par le tremblement de terre qui avait sonne la fin de la bataille. Elle avait croise des formes humaines errant en silence dans les decombres, assommees de douleur, hagardes.

Elles vous suivaient si vous les y invitiez, vous repondaient si vous leur posiez des questions, mais il y avait une chose qu'elles ne pouvaient pas faire. Plus faire:

Pleurer.

Et Kanon offrait alors une ressemblance frappante avec l'une d'entre elles.

D'ailleurs, il etait maintenant immobile, fixant comme s'il ne les reconnaissait pas, ses mains levees a hauteur de sa poitrine. Il etait la, a cote d'elle, mais plus AVEC elle.

Elle l'entendit souffler:
" Ecarte-toi, Greta Je vais te salir... "

Lorelein, qui s'etait approchee, jeta un regard anxieux a Greta, puis tendit une main hesitante vers l'Ex-Dragon des Mers petrifie entre elle et sa compagne.
*** *** ***

Pas la plus petite trace de sang.
Pourtant, c'etaient bien ses mains.

Ce devaient etre ces mains que Siegfried avait en horreur.
Ces mains qui leur rappelaient tout le temps, a tous deux, a QUI elles appartenaient.

C'etaient ces mains qui avaient arrache le trident de Poseidon, ces mains donc, qui etaient a l'origine de tout.

Comment avait-il pu toucher Siegfried avec ces mains-la?
Comment Siegfried avait-il pu supporter de laisser ces mains-la le toucher?

Les mains du Dragon des Mers. Il y voyait presque des griffes, longues, acerees, porteuses de mort et malediction.

Il tachait et lacerait tout ce qu'il approchait, avec ces mains-la.

Il ne voulait plus de ces mains-la.

Quelque chose de coupant...

Une epee?

Voila ce qu'il lui fallait.

Une epee.
*** *** ***

Quand Greta vit Kanon brusquement se diriger vers la porte, tout son etre lui cria de n'a AUCUN pretexte, le laisser sortir de la chambre.

Elle essaya de le rattraper par un bras, et vit que Lorelein avait eu un aussi mauvais pressentiment que le sien alors que la jeune fille, toute pale, s'elancait vers la porte en criant, de toutes ses forces:
"SEIGNEUR SIEGFRIED!!"

Siegfried entra dans la chambre.

Kanon, tout en continuant a se diriger vers la porte restee ouverte, lui dit, en lui adressant un sourire eblouissant qui frappa d'horreur les deux jeunes servantes:
"Attends-moi juste une seconde, j'ai la solution a tout."

Siegfried, dont l'expression s'etait assombrie a la seconde ou il avait pose les yeux sur le visage de son Dragon, se placa en travers de sa route.
"Du calme. Ou est ce que tu vas?"
"Prendre une epee."
Lui dit Kanon, tout naturellement et toujours avec ce sourire que tous souhaiterent pouvoir oublier un jour.

Se depechant d'avaler la reponse, Siegfried reprit, le plus calmement qu'il le put:
"Dans cette tenue? ta robe est a demi defaite... "
"Et alors? Si c'etait le genre de chose capable de m'arreter, on ne m'appellerait pas le Dragon des Mers, tu sais?"
Fit alors Kanon en riant et faisant mine de contourner Siegfried.

Ce dernier, choque d'entendre Kanon prononcer son ancien nom de guerre face a lui et sans la moindre hesitation, le saisit au passage par un bras, doucement mais fermement.
"Attends, ca ne presse pas, n'est-ce-pas? Il faut te soigner, d'abord. "
"Mais ca n'est qu'une egratignure? Et puis je n'en ai que pour une petite minute... "
"Allons, ne discute pas. Tu ne vois pas que Greta s'inquiete pour ta blessure? Laisse la te soigner... "

Kanon se tourna vers l'interessee qui retenait son souffle, les mains plaquees sur la bouche et les yeux remplis de larmes. Pendue a sa manche, ongles inconsciemment plantes dans le bras de son amie, Lorelein n'etait plus de son cote, qu'un petit animal affole.

"Greta? Je reviens tout de suite, ne t'inquiete pas. Et puis, tu vois, je ne saigne meme plus... "
"Kanon... et si ma mere te voit comme ca?"
"Mais tu sais, 'ca' va surement lui faire plaisir a elle aussi. D'ailleurs, c'est dommage que ta Princesse soit repartie, elle aurait ete heureuse de voir 'ca', tu sais? "
"Non, je ne sais pas? C'est quoi, 'ca''? Qu'est ce que tu comptes faire?"
S'enquit Siegfried, avec un sourire force cense repondre a celui de Kanon, qu'il avait un mal fou a retenir pres de lui.

Comme il l'avait soupconne, il avait note la presence d'un pale point lumineux sur son front.

C'etait encore la l'oeuvre de l'" Illusion du Phenix", et il commencait a se demander avec inquietude jusqu'a quand la redoutable attaque continuerait a faire des siennes.

Et qu'est ce que l' Autre attendait pour intervenir?!


Mais Kanon faisait la sourde oreille, ne comptant a l'evidence pas lui devoiler ses intentions.

Il se contenta de lui repondre:
"Quelque chose qui va te faire tres plaisir, tu vas voir. C'est pour ca qu'il me faut une epee."

Puis, brusquement, alors que Siegfried, le voyant sur le point de lui echapper, l'attrapait par une main:
"Aah, mais arrete? Je suis encore en train de te salir?!"
"Me... 'salir'?"

Et la, Siegfried comprit a quel point le "cadeau" de Kanon risquait de lui deplaire.

Il fit aussitot signe a Greta et Lorelein de sortir.

Tandis que les deux servantes s'eclipsaient avec la secrete mais ferme intention de rester tout pres, au cas ou les choses se gateraient, Siegfried commenca a entrainer Kanon vers le fond de la chambre, en lui disant:
"Pas de caprice. On va soigner cette blessure, avant tout. Ensuite, tu vas m'expliquer ce que tu comptes faire, avec une epee."
"GALAXIAN EXPLOSION!!!"
"Qu... ?!"
*** *** ***

Greta et Lorelein eurent beaucoup de chance: elles ne se trouvaient pas devant la porte de la chambre quand celle-ci vola en eclats sous l'impact, en meme temps qu'une detonation assourdissante secouait le domaine tout entier.

Par contre, lorsqu'elles se releverent en se tenant le nez et la bouche pour arriver a respirer au milieu des nuages de poussiere et fumee roussies qui tourbillonnaient dans tout le hall, elles virent quelque chose de rouge, plaque contre le mur a demi eclate, juste en face de ce qui avait ete l'emplacement de la porte. La 'chose' commenca a glisser lentement pour tomber sur le sol avec un bruit mat.

Comme la "chose" leur avait paru de forme vaguement humaine, elles s'approcherent, un mauvais pressentiment double d'un debut de panique les poussant a presser le pas tandis qu'elles progressaient a travers les gravats.

Elles s'arreterent pres de la forme entendue sur le sol, et ne trouverent meme pas la voix pour crier.

Leur cauchemar se renouvelait, elles avaient sous les yeux ce qui restait grave dans leurs memoires quand elles se reveillaient le matin apres une nuit entiere a se debattre au seuil de l'Enfer.

Siegfried etait la, sous leurs yeux, sans connaissance et couvert de sang.

Il se souviendrait avoir vu le Dragon des Mers se transformer, l'espace d'une seconde, en digne Jumeau du tout-puissant Saga, incarnation funeste de toutes les forces les plus destructrices.

Un ahurissant deferlement d'energie que la chambre avait semble contenir avec peine, suivi d'une onde de choc phenomenale.

Siegfried avait concentre toutes ses forces pour se constituer un champ de force susceptible de remplacer son armure qu'il n'avait pas eu le temps d'appeler.

Cela et le fait que Kanon ne portait pas la sienne, avait certainement contribue a lui sauver la vie.

Ni lui, ni ses deux servantes a present en train d'appeler de l'aide, n'avaient remarque l'intervention d'un troisieme facteur.

La silhouette transparente d'un adolescent a la longue chevelure flamboyante, qui etait apparu en levitation face au Dragon interdit, et lui avait doucement pose sa fine et pale main sur le front.

Le point lumineux avait instantanement disparu.

Mais pas encore les effets hallucinogenes qui avaient embrume l'esprit du malheureux deja psychologiquement a bout.

Ainsi, Kanon sortit tranquillement de la salle noircie dans laquelle la neige etait deja en train d'entrer par les fenetres volatilisees. Tout en retenant d'une main les longues meches de sa chevelure azuree que le vent glacial malmenait - quand il ne s'engouffrait pas dans les plis de sa robe en piteux etat -, il s'approcha du corps inerte de Siegfried, jeta un coup d'oeil aux deux servantes stupefaites, et leur dit, avec un grand sourire:
"Je pars avant lui au Palais. Dites-lui de m'y rejoindre... une bonne surprise l'y attendra.Au fait, je vais lui emprunter une epee et des vetements propres. Je ne peux pas me presenter devant sa Princesse dans cet etat la."

Puis, en riant:
"Qu'il ne s'inquiete pas, je vais en prendre soin, de ses vetements, et puis, le sang, ca se lave."
"Le sang?"
Balbutia Greta, qui sentit des larmes de terreur comme de desespoir commencer a rouler sur ses joues a la pensee que le cauchemar ne faisait que commencer.

A cote d'elle, Lorelein sanglotait en epongeant de son mieux cet autre sang qui lui, maculait le visage de son Seigneur toujours inconscient.

Voyant les larmes de Greta qui essayait vaillamment de soutenir sa jeune compagne dont les mains et les freles epaules tremblaient de facon incontrolable, Kanon reprit gentiment:
"Allons, il ne faut pas pleurer comme ca, vous allez voir, lui et moi, on va bien mieux s'entendre apres. Et puis vous ne trouvez pas que je l'ai assez sali comme ca?"

C'en etait trop pour Greta. Elle hurla:
"Mais reprenez-vous?! Il ne vous aurait JAMAIS touche s'il avait pense que vous alliez le 'salir' ?! Vous vous rendez compte que si vous allez au Palais maintenant, vous allez le forcer a vous abattre?!"

Et Lorelein de rajouter, entre deux sanglots et au bord de l'hysterie:
" Il ne faut pas... je ne veux pas voir ca... je ne veux pa... as... "

Kanon les considera un instant d'un air songeur, puis laissa tomber:
"Essayez de comprendre? Meme vous, je ne vous salirai plus... "

Puis il se detourna, et les deux jeunes femmes effondrees le virent s'eloigner sans pouvoir le retenir.

Il ne s'etait cependant ecoule que quelques minutes depuis l'explosion, et la mere de Siegfried fit son apparition en meme temps que quelques domestiques qui, craignant qu'elle ne se blesse, s'etaient hates de lui constituer une escorte.

Greta et Lorelein, eperdues, ne se rendirent compte de sa presence sur les lieux que quand elle cria, en se frayant un passage vers son fils gisant sur le sol:
"MAIS PAR ODIN, QU'EST CE QUI SE PASSE, ICI?!"

Elle perdit immediatement la voix a la vue de l'etat dans lequel son fils unique gisait au milieu des gravats.

Mais la ou toute autre Mere eut immediatement sombre dans une crise de larmes hysterique, elle murmura:
"Je peux savoir ce que mon fils a fait a QUEL Dieu, pour que celui-ci vienne se venger jusque sous MON toit?!"

Ca n'etait pas de l'humour, meme si ca y ressemblait.

Aux yeux d'Heleine, la seule chose capable de mettre son fils dans un etat pareil, etait AU MOINS un Dieu, ou cinq chevaliers de bronze du Sanctuaire et un Marinas du Royaume Sous-Marin de Poseidon REUNIS.

Elle n'avait certes pas tort.

Elle mit un genou a terre, adressa un petit sourire apaisant a Lorelein que cela aida grandement a se calmer, puis tout en l'aidant a debarrasser le jeune homme de ses vetements trempes de sang, commenca a donner des instructions.

Tous purent remarquer qu'elle ne demandait l'assistance d'aucun medecin.

Probablement parce que, comme elle l'avait compris au premier coup d'oeil, Siegfried, qui etait juste evanoui, s'en tirerait avec au plus, quelques bleus et bosses sans grande importance.

Les choses commencerent a se compliquer quand Greta fut sommee de donner des explications.

Lorsqu'elle l'avait croisee dans un couloir quelques temps plus tot, elle l'avait trouvee tres agitee, et avait soupconne que ca ait un rapport avec la fameuse "amante"de son fils, que la moitie des domestiques ne semblait MEME PAS connaitre, tandis que l'autre moitie en parlait au MASCULIN!

Elle n'avait pas tarde a se rendre compte que la jeune femme essayait d'echapper a l' interrogatoire en s'affairant comme l'abeille dans la ruche, elle l'avait immediatement convoquee dans sa chambre, sans bien sur oublier Lorelein qui avait l'air aussi "coupable" que sa compagne.

A sa grande surprise, elle n'eut meme pas le temps de poser la moindre question: toutes deux fondirent immediatement en larmes.

Pendant quelques minutes, elle essaya avec bonne volonte de saisir quelques mots au milieu du flot ininterrompu de suppliques et explications embrouillees qu'on etait en train de lui servir, puis, n'y tenant plus, elle tonna:
"CA SUFFIT!! Je pose les questions, et vous me repondez, c'est compris?!"

Comme les deux servantes hochaient precipitamment du bonnet en la regardant comme si elles avaient enfin trouve LA bouee de sauvetage desesperement cherchee pendant trois siecles, Heleine se dit qu'elle avait peut-etre interet a s'armer de tout son calme pour ecouter les "explications" jusqu'au bout.

Elle se promit donc de ne pas exploser au beau milieu.
*** *** ***


Il ne fallut pas longtemps a la mere de Siegfried, pour avoir une idee de la situation.

Celle-ci, a ses yeux, se resumait a une phrase, une seule:
"Ca allait se payer."

Le pire criminel que la Terre ait jamais porte avait SEDUIT et TROMPE son fils, avant de tenter de s'en debarrasser pour avoir le champ libre, et s'en prendre a la Souveraine d'Asgard elle-meme.

Il n'y avait pas plus clair. Pas plus simple.

Et pas plus terrible.

C'etait la Famille de Siegfried toute entiere qui avait ete bafouee, trainee dans la boue, et ELLE, qui en etait l'actuelle representante en l'absence de son defunt epoux, allait devoir prendre les mesures qui s'imposaient.

Heleine posa un regard empreint de pitie glaciale sur les deux jeunes servantes dont l'emoi en disait long sur la facon magistrale dont elles avaient ete manipulees par cet etre au charme veneneux qui avait jure la perte d'Asgard et de son fils, heritier de toute une prestigieuse lignee de Heros.

Elle leur dit, sur un ton qui fut une douche froide du meilleur effet:
"Vous deux, vous restez la, et vous vous tenez TRANQUILLES. D'ici a ce que je revienne, je vous ORDONNE d'oublier jusqu'a l'existence de ce Monstre dont il sera bien suffisant qu'il ait provoque la disgrace, voire la chute, de la famille Siegfried. Etant donne que je compte informer notre Princesse de la facon dont mon fils a trompe sa confiance et celle de son peuple, je vous conseille de vous preparer a devoir trouver de nouvelles places aupres de Maitres qui seront plus dignes de vos services, que ne l'aura ete mon... IDIOT de fils!"

Greta sut vaguement que le bruit sourd, a cote d'elle, avait ete celui de Lorelein tombant evanouie sur le sol.

Elle-meme, assommee d'horreur comme de douleur, se retrouva reduite a seulement pouvoir suivre des yeux la silhouette brouillee de larmes, de la mere de Siegfried sortant de la chambre apres avoir reenfile son manteau de voyage.

Puis le silence vint peser sur ses epaules, et elle se sentit tomber a genoux sur le sol.

Elle souhaita pouvoir trouver la force de prier, ne trouva que celle de pleurer.

Le Monde continuait a s'effondrer...

... Releve-toi...
Fit une voix qui etait a peine un murmure quelque part a la frontiere de ce qui lui restait de conscience.

... Releve-toi...

Cette voix etait douce, apaisante. Elle eut envie de relever la tete...

Deux grands yeux verts emplis de chaleur et de force la fixaient, l'imploraient.

Derriere ces yeux etranges, le decor de la chambre lui apparaissait tres nettement, de meme qu'a travers le corps diaphane de celui qui, a present, lui tendait la main.

Un adolescent dont les seuls vetements etaient un collier d'argent etincelant de mille feux, et une longue chevelure d'un rouge incandescent rivierant comme a l'infini autour de ses membres fins.

Il etait a la fois la, devant elle, et tres loin, infiniment loin, immobile devant une porte de lumiere qu'il ne pouvait encore franchir.

Elle ne saisit pas la main tendue, elle savait ne le pouvoir.


Elle se releva.

L'adolescent lui sourit simplement, puis disparut en s'effacant peu a peu, comme une brume qui se dissipe.

Greta sortit a son tour de la chambre.

Oubliant completement Lorelein entendue sans connaissance sur le sol.

Quelques minutes plus tard, elle se tenait debout a cote du lit de Siegfried.

Ce dernier, dont on avait panse les blessures, etait toujours inconscient bien qu'hors de danger. Epuisee, la jeune femme s'agenouilla a son chevet.
" Vous n'aviez pas jure de le proteger ?... Vous allez le perdre a jamais... "

Laissa-t-elle doucement tomber, avant d'enfin perdre connaissance, la tete posee sur les draps dont se degageait un parfum de seve et d'embruns melanges.

Siegfried ouvrit les yeux.

Dehors, une tempete terrible se preparait, lourds nuages gris assombrissant un debut d'apres-midi qui s'etait pourtant annonce ensoleille.
*** *** ***


Au debut, la monture favorite de Siegfried n'avait pas bien compris a qui elle avait affaire.

Une forme humaine s'etait faufilee par la petite porte communicante qui permettait au personnel du Chateau de rentrer directement dans les ecuries sans avoir a passer par l'exterieur. Elle s'etait approchee de lui dans l'obscurite, uniquement annoncee par un parfum de fleurs sauvages dont il s'etait souvenu avoir surpris l'appetissante flagrance sur les vetements de l'une des servantes qui venait de temps en temps lui rendre visite avec un panier de carottes juteuses, et un sourire toujours affectueux.

'Greta', si sa memoire etait bonne.

Tout en appartenant a cette race de fragiles creatures ne sachant galoper que sur deux pattes, la jeune humaine etait etonnament vive et volontaire, en plus de posseder une 'aura' refletant a merveille son naturel droit et sincere.

Il pouvait bien admettre apprecier sa compagnie, d'autant plus qu'elle paraissait eprouver pour cet autre humain nomme Siegfried, et assez exceptionnel pour qu'il ait accepte de le servir, autant d'affection que de respect mele d'admiration.

Entre fideles serviteurs sachant reconnaitre la droiture quand ils la rencontraient, ils n'avaient pas tarde a sympathiser.

De confidence en confidence, Greta en etait arrivee a se precipiter dans sa stalle pour un peu qu'elle ait quelque chose d'interessant a lui raconter...

Et il y avait de cela a peu pres 3 semaines, elle lui avait confie, avec des yeux petillants de joie, que son Seigneur avait rencontre la Providence a la faveur d'une tempete de neige.

Ces paroles enveloppees de mystere l'avaient d'autant plus intrigue, que dernierement, le comportement de l'heritier de la Famille Siegfried lui paraissait etrange:

C'etait tout juste s'il ne se retrouvait pas oblige d'essayer de deviner leur destination quand son maitre faisait appel a ses services.

Heureusement !! Il savait devoir chaque jour, et a une heure bien precise, se rendre au Palais, puis y attendre tranquillement l'heure du retour dans une stalle qui lui etait attitree.

Mais Siegfried se serait-il mis en tete de se rendre autre part, qu'ils se seraient sans doute perdus tous les deux.

Cela pour la simple et bonne raison que le Guerrier Divin semblait ne plus pouvoir rester en selle dix minutes, sans que ses pensees aillent tout a coup vagabonder dans un endroit qui etait partout, sauf sur Terre.

Et chaque nouvel " allunissage " psychique de son cavalier le plongeait dans des abimes d'angoisse a l'idee de ne pas avoir su, ce jour-la, correctement deviner OU il devait aller, en passant par OU.

Il en etait presque arrive a se demander s'il ne devrait pas, dans un avenir tres proche, " decharger " son problematique fardeau dans la premiere riviere d'eau glacee dont les vertus " rafraichisseuses de cerveau " lui paraitraient suffisantes.


A la faveur de l'enthousiaste bavardage de Greta, il avait fini par comprendre. Effectivement, a bien y reflechir, seul un coup de foudre bien senti pouvait mettre le Guerrier Divin dans un tel etat. Mais quelle coincidence ?!

Lui ET son Maitre semblaient avoir trouve LA predestinee creatures de tous leurs reves les plus fous, a peu pres au meme moment.

(NDLR: Attention, romance a l'eau de rose style "Harlequin" a l'horizon... )

Car lui-ci ne vivait plus que dans un reve eveille depuis qu'il avait entrevu cette...
Cette etourdissante, merveilleuse...
Miraculeuse!! Incarnation du chainon manquant entre la race chevaline et la Mythique Licorne!
"Elseve"...
AAAAhh, "Elseve"!! Mais quel doux nom etait-ce donc la??

Il n'avait apercu que l'espace d'une demi-seconde cette svelte silhouette immaculee, cette robe d'un blanc neigeux lustre, ces yeux bleus comme le myosotis a peine eclos, ces crins torsades dont la finesse etait a elle-seule un miracle... .

Et puis ces longues jambes fines et racees, la courbure gracieuse de cette encolure dont le plus doue des sculpteurs ne saura jamais rendre la perfection, qu'en reve...

Elseve, ma Beaute, mon Miracle...

Je mourrais pour un seul battement de tes longs cils, une seule oeillade!
Jusqu'a l'instant sacre ou tu es venue fouler de tes ravissants sabots, la neige de cette cour sur laquelle donne la fenetre de ma stalle, je n'ai vecu que pour cette rencontre.
Sur mon honneur, mon lignage, ma vie meme, je n'appartiens deja plus qu'a toi... .
Et je SAIS que nous sommes destines a nous revoir et nous "reconnaitre".
Je peux deja entrevoir cet instant beni des Dieux, ou tu me rejoindras dans les voies toutes tracees du bienveillant Destin.
Tout ne sera alors plus que Perfection, et certainement verrons-nous les riantes Muses de la Creation benir notre union...
Centaure, Licorne ou meme Pegase (NDLR: Naaaaaann!!PAS Pegase!!... oups, desolee.)... Ils ne seront que pales chimeres, compares au fruit de nos amours, car de la Perfection ne peut naitre qu'un nouveau Miracle!!
Un nouveau Sleipnir, beni d'Odin meme!!
AAAh, il voyait deja les Divins Messagers du Seigneur d'Asgard saluer de leurs chants glorieux la Venue de...

BAM!!BAM!!BAM!!

DEKOI?!

QUI osait le deranger en plein deli... en plein... heu... pleine 'Vision'... ?!


AAh, c'etait son "intrus".

Il etait en train de s'acharner sur la lourde chaine qui fermait de l'interieur la grande porte des ecuries, ce qui voulait dire qu'il comptait sortir par la, et sur son dos, par-dessus le marche.

Pas de risque qu'il arrive a la briser, surtout a mains nues.

C'en etait meme ridicule, mais il n'allait pas s'etonner de voir l'une de ces fragiles creatures surestimer sa force pourtant derisoire comparee a la sienne; C'etait le propre de l'humain, ca, de se croire...

?!

AAhhh, mais il semble que cet humain-la soit 'un peu plus' fort que ses semblables??

En y reflechissant, meme lui avec ses puissantes ruades aurait mis vingt bonnes minutes, pour arriver a un tel resultat

Quoique, a supposer la magnifique Elseve DERRIERE la porte...

AAAh, Elseve!!
Ma Beaute, mon Ange, ma..

Hem.

Allons, allons, reprenons-nous.

Que penseraient ses congeneres au service des plus grandes familles d'Asgard, s'ils apprenaient que le fier et redoute Schwarzkopf (NDLR: Elseve et Schwarzkopf... mais bien suuur... ) a la robe de nuit plus noire que l'oeil du Demon, etait en train de gambader sur son petit nuage rose comme seul Mon Petit Poney sait si bien le faire?(NDLR:On devrait censurer "Mon Petit Poney", c'est indecent, toutes ces petites croupes pastelles qui sautillent de nuage en nuage... Mais qu'est ce que je raconte??)

En parlant de Mon Petit Poney, il ne savait pas qui etait cet intrus au parfum floral semblable a celui de Greta, mais c'etait a se demander pour qui il le prenait?!

Voila-t-il pas qu'il essayait de l'harnacher, maintenant?!

Est-ce qu'il avait l'air de l'une de ces montures anonymes sans cavalier attitre, je vous le demande?!

SEUL Siegfried en personne, ou a la rigueur sa veneree Mere, dont le caractere bien trempe et la prestance admirable etaient rares chez les femelles de son espece, avaient le droit de le monter!!

Il allait vous le faire decamper en vitesse, cet impudent aventurier!

Mais a ce moment la, un pale rayon de soleil percant avec peine a travers la tempete qui faisait a present rage a l'exterieur, parvint a se faufiler entre deux planches des fenetres fermees de la stalle de Schwarzkopf, et revela a ce dernier le visage de son "impudent aventurier".

Sa peau etait presque aussi blanche que la robe de son "Elseve", mais surtout, ses yeux turquoise etaient EXACTEMENT de la meme teinte que les siens!

Schwarzkopf nota en outre la torrentielle chevelure bleue.

Il se souvint de paroles de Greta, mais surtout, de ses descriptions.
Cheveux et yeux azures, peau d'ivoire, haute taille svelte (NDLR: Greta ne semble pas avoir juge utile de decrire plus... en details?... certains autres 'charmes' particulierement apprecies par notre "amateur de Dragons appetissants", j'ai nomme :Siegfried... )
C'etait donc la, la "Promise" de Siegfried. (NDLR: Je commence a plaindre Kanon... oui, je sais, il serait temps.)

...

Maintenant, il comprenait tout.

Elle portait des vetements masculins, mais ce parfum de fleurs tout feminin et cette beaute surprenante la trahissaient.

Et pour parfaire le tableau, elle semblait posseder une force hors du commun!

Mais quel beau couple etait-ce donc la?!

Allez, il allait la laisser le monter ; Sa ressemblance avec " Elseve " ne devait pas etre pure coincidence, et si Siegfried l'avait choisie, Elle... et bien, il pouvait bien lui faire confiance.

... Meme si, comme il l'entrevoyait, cela devait l'obliger a se lancer dans une de ces redoutables tempetes de neige et de glace propres a ces Terres cruelles.


Tandis que la " Promise de Siegfried " se hatait de sauter en selle, Schwarzkopf nota un deuxieme detail, celui-ci plus difficile a detecter, mais qui acheva de le convaincre d'avoir pris la bonne decision.

Il y avait une tres discrete fragrance, dissimulee derriere le parfum floral dont Greta avait malicieusement asperge la robe que son cobaye prefere lui avait fait le plaisir de revetir quelques temps plus tot...

Un parfum de seve, signe Siegfried en personne, et qui avait fini par impregner la peau comme la chevelure d'un Dragon inconscient de cette autre metamorphose de lui-meme.

Ravi de sa trouvaille, Schwarzkopf dut faire un effort " sur-chevalin " pour ne pas piaffer et caracoler comme le gaillard etalon qu'il se sentait redevenu, pour le coup.

Tout en notant que sa " cavaliere " etait armee d'une epee aux armoiries de la famille Siegfried, Schwarzkopf se laissa docilement sortir de sa stalle.

Bientot, il galopait en direction du Palais, foulant la neige fraiche avec d'autant plus d'entrain, que comme en reponse a ses attentes, sa cavaliere improvisee etait en train de le diriger droit vers l'endroit ou il savait se trouver la belle Elseve, fidele sujette de la Princesse Hilda de Polaris elle-meme.
*** *** ***


Kanon descendit de cheval, jeta un coup d'oeil alentours.

Mais qu'est ce qu'il faisait-la?!

Il ne reconnaissait rien de ce qu'il voyait, ce qui etait pas bien surprenant, puisque la tempete au coeur de laquelle il venait de se decouvrir lui masquait la presque totalite du decor. Ou qu'il regarde, du blanc, du blanc, et encore du blanc...

Il portait une tunique civile verte et or, et un ample manteau de voyage dans les memes tons, mais QUAND DIABLE avait-il passe ces vetements??

Il... avait... Il avait rencontre la Mere de Siegfried, puis... discute avec ce dernier...

Non. Tout ces eclats de voix, dans ses souvenirs brouilles... et cette douleur inexplicable, au fond de sa poitrine... ca n'avait pas ete une simple discussion.

Ils s'etaient querelles?

Mais a propos de quoi??

... Plus il essayait de se souvenir, plus il sentait ses machoires se serrer et ses ongles s'enfoncer dans les paumes de ses mains??

Il avait envie de pleurer, et c'etait bien la premiere fois qu'il ne savait absolument pas pourquoi.

Il devait se calmer, reflechir malgre ce mal de tete terrible qui l'avait saisi quelques minutes plus tot, un peu avant qu'il ne commence a prendre conscience de l'etrangete de sa situation.

...

OU etait Siegfried?

Il l'imaginait tres mal le lacher dans la nature, comme ca...

Se pouvait-il qu'il se soit enfui?

Qu'il ait reussi a s'enfuir?

Mais pour aller ou ?

Et faire quoi ?


Siegfried NE POUVAIT QU'etre en train de le chercher.

Il allait CERTAINEMENT le retrouver.

Et apres ?

...

A quoi s'exposait-il, encore?



A moins qu'il ne fasse completement fausse route?

Le meilleur moyen de le savoir...

...etait de retourner au Domaine.

Oui, c'etait encore la meilleure chose a faire.


Il ne savait pas ou il etait ni comment il etait arrive jusque la, mais pour une raison qu'il ignorait, le cheval noir qu'il avait "emprunte" etait celui de Siegfried en personne, donc avec un peu de chance, il saurait le ramener sans se faire diriger.

Fait etrange -a moins qu'il ne se fasse des idees-, le race destrier s'etait place de maniere a le proteger du vent, et le regardait avec une lueur d'inquietude dans le regard. Il tendit une main vers l'animal, s'attendit a le voir reculer.

Mais ses doigts rencontrerent le museau de Schwarzkopf, et il s'enhardit a le caresser.

Avec un sourire, il murmura, sans se douter que son vis-a-vis allait lui trouver une voix curieusement profonde, pour une "femelle humaine":

"Belle bete... Tu m'as amene jusqu'ici?... Tu veux bien me ramener?"

Comme Schwarzkopf se mettait brusquement a pietiner la neige, Kanon comprit que ses paroles venaient d'etre comprises.


Il se prepara a monter en selle.

Mais en sentant quelque chose le gener, il baissa le regard.

Et vit l'epee.

"... Ces mains... salies... "

Il eut l'impression de recevoir un violent coup a la tete.

"... salies... "

Il se plia en deux de douleur, laissa echapper un gemissement en se prenant la tete a deux mains.

Puis il se redressa lentement, en les regardant.

Ses mains.

Ses mains... salies.
*** *** ***


Schwarzkopf devait se souvenir tres longtemps de cet instant.

La belle inconnue, dont il ignorait jusqu'au nom, etait descendue de selle au beau milieu de la tempete.

Elle avait jete quelques coups d'oeil autour d'elle, comme si elle ne comprenait pas ce qu'elle faisait-la.

Puis elle l'avait regarde d'un air etrange, et alors qu'il se demandait pourquoi elle etait en train de palir de facon effrayante, elle avait tendu une main, lui avait caresse le nez.

Ensuite, elle lui avait fait la surprise de sa vie, en lui demandant de la RAMENER au Domaine.

Il avait reflechi une courte seconde, puis etait s'etait resigne a faire ce qu'elle lui demandait, preoccupe par le mauvais pressentiment que l'attitude de l'etrangere avait fait naitre dans son esprit.

Elle avait fait mine de remonter en selle.

Mais alors, elle s'etait tout a coup saisi la tete a deux mains, avec un gemissement sourd qui avait trahi plus qu'une simple douleur.

A demi mort d'inquietude, le fidele destrier de Siegfried avait vu la 'Promise' relever la tete, puis fixer ses mains d'un air hagard.

Que se passait-il donc?

Pour une raison qui lui echappait, il lisait clairement dans son aura, qu'il n'avait meme pas detecte jusque la!

Quoiqu'il lui soit arrive, la malheureuse avait depasse les limites du supportable, et maintenant, Schwarzkopf le sentait, et il en avait la chair de poule: Cette humaine qu'il avait inconsiderement eloignee du Domaine Siegfried, etait completement detruite a l''interieur

A demi folle de douleur, incapable de resister, de se "reconstruire" toute seule.

Plus il "lisait " en elle, plus il "devinait".

Quelque soient les relations qu'elle entretienne avec le Guerrier d'Alpha, lacher son bras dans son etat actuel revenait a la condamner.

Elle se noyait!
Elle et la "chose" etrange qui se partageait son enveloppe corporelle.


Mais Schwarzkopf n'eut pas le temps de paniquer, ni de se poser plus de questions.


Il vit son "inconnue" degainer son epee en murmurant une suite de mots presque inintelligibles ou le mot "salir" sembla revenir un certain nombre de fois.

Elle souriait?!

Quand le sang commenca a jaillir en longues gerbes ecarlates sur la neige et devant ses yeux epouvantes, Schwarzkopf decida de reagir.

Il se cabra avec un hennissement qui dechira la tourmente et avertit les Dieux qu'il ne laisserait aucun Destin faire des siennes en sa presence, et frappa le Dragon a la tete, d'un coup de sabots visant a proteger d'elle-meme, la "Promise" de son Maitre, meme s'il devait dans une certaine mesure la blesser.

Alors qu'assommee, sa victime s'effondrait dans la neige, Schwarzkopf entendit le galop d'un autre cheval s'approcher.
*** *** ***

Voila de l'aide qui tombait pile au bon moment.

C'est du moins ce que Schwarzkopf pensa, jusqu'a ce que Heleine en personne ne fasse son apparition, et ne jette sur la silhouette etendue entre les sabots du cheval de Siegfried, un regard parfaitement meurtrier.

Elle descendit de cheval, la main crispee sur la garde de son epee depassant d'entre les plis d'un large manteau blanc qu'elle comptait bien montrer tache d'un sang impur, a sa Souveraine inconsciente de l'infame tromperie dont elle avait ete la victime.

Les machoires serrees, elle s'approcha du Dragon sous la tete duquel la neige commencait a se teindre de rouge, tandis qu'il reposait dans la poudreuse malmenee par le vent, comme dans un ecrin de velours blanc commencant a se refermer sur lui.

Sans preter la moindre attention au cheval dont elle se serait rendue compte, si elle avait ete moins folle de rage, qu'il restait deliberement au-dessus de l'ex-General de Poseidon afin de le proteger des rafales de neige, elle degaina son epee.

Du bout de celle-ci, elle ecarta quelques meches azurees qui avaient commence a s'alourdir de givre, afin de pouvoir jeter un premier et dernier coup d'oeil, se jura-t-elle, au visage d'un etre pour lequel elle eprouvait autant de degout que de haine.

Il avait une fois deja provoque la mort de son fils.

Sans nul doute etait-il venu jusque la, pour prouver aux Forces qu'il avait defiees, qu'elles auraient beau ressusciter ses victimes, lui serait toujours capable de les renvoyer dans les Limbes.

Et sinon, que pouvait-il bien avoir en tete d'autre?!


Elle decouvrit pour la premiere fois le visage de Kanon, et ses yeux s'agrandirent de stupeur.
Elle s'attendait a constater sa beaute pernicieuse, ce ne fut donc pas cela qui l'etonna.

Non, ce fut le fait que Kanon etait de toute evidence conscient, qui lui arracha un hoquet de surprise .

Les yeux entr'ouverts entre des cils poudres de neige, il se contentait... d'attendre.

Il aurait pu bouger, voire se relever et lui faire face, elle en fut certaine.

Mais voila: Il ne bougeait pas.

Il respirait lentement, calmement, malgrel' epee dont la lame glacee frolait son cou... et il "attendait".

"Releve-toi"
Lui dit-elle, le tutoyant deliberement, et cela en particulier pour lui signifier le peu de respect qu'elle avait pour lui.

"... "

Elle vit un leger sourire detendre ses levres deja bleuies de froid.

Quand elle comprit qu'il ne comptait ni bouger, ni meme lui repondre, elle reprit:
"Je pensais que n'importe quel homme digne de ce nom se refuserait a mourir face contre terre... mais j'oubliais que j'ai affaire a une bete"

Elle s'attendait a le voir bondir de colere a cette insulte, et elle se tenait sur ses gardes.
Mais rien ne l'avait preparee a ce qu'elle surprit alors sur le visage de la "Bete".

Sa raison, refusant de reconnaitre evidence, s'effaca devant la Memoire et tout son lot de souffrance.

Elle connaissait cette expression.
Elle avait souhaite ne plus jamais la voir sur le visage de quiconque.
Et surtout pas sur ce visage-la!
*** *** ***


Elle portait encore son premier et unique fils, le jour ou un petit garcon vetu de loques sanglantes etait venu frapper a la porte de la "prestigieuse demeure des Siegfried", pour traiter son epoux d'assassin, avant de succomber au froid et a la faim sans que quiconque n'ait eu le temps de faire un geste.

Le Pere de Siegfried, homme de guerre reconnu dans tout Asgard comme l'un des plus grands Heros qui aient jamais existe, avait esquisse un pas vers la depouille de cette nouvelle victime de "hauts faits" dont tout Asgard chantait la gloire, puis son expression s'etait durcie, ses machoires serrees... et il avait fait volte-face pour disparaitre des lieux.
Ca n'avait pas ete de l'indifference.

Ni du mepris.

Du moins pas envers le garconnet mort sur le pas de sa porte.

S'il l'avait pu, il l'aurait serre dans ses bras... S'il l'avait ose, s'il avait estime en avoir le droit, il l'aurait lui-meme mis en terre dans la dignite et le respect... Il aurait expie cet autre crime dans la longue liste de ses "exploits", sur la tombe de l'innocent qui avait fait tout ce chemin pour venir lui cracher au visage.

Mais ses mains porteuses de Guerre et de Mort l'eurent SALIE plus encore, cette pauvre depouille squelettique qui hurlait a la face du Monde toute sa haine des historiens en mal de Heros... et toute celle que lui-meme meritait.

Alors il lui avait laisse, a elle, epouse fidele et aimante portant en son sein le fruit de leurs amours, le soin de serrer contre sa poitrine de mere, le pauvre cadavre encore tiede.

Ultime souvenir d'une etreinte chaleureuse, dont il ne resterait plus a souhaiter que l'ame du garconnet daignerait l'emporter avec lui dans son voyage vers d'autres Terres plus claires et plus douces.

En entendant les pas de son epoux s'eloigner puis disparaitre dans les profondeurs des interminables couloirs de cet immense chateau glacial, Heleine avait compris devoir, une fois de plus, le laisser seul.

Il y avait bien longtemps qu'il n'avait plus aucun secret pour elle; Chacun de ses silences ou brusques voyages parlaient pour eux.

Son malheur avait ete d'etre un homme d'honneur, droit et genereux.

Elle ne craignait plus qu'une chose: de le decouvrir, un jour, brise.

Elle avait vu ses craintes justifiees quand, quelques mois plus tard, un grand dignitaire etait venu lui annoncer son improbable mais bien reelle "mort heroique" sur-le-champ de bataille, avant de lui remettre, en mains propres, la derniere lettre de son epoux...

Certainement le "messager" avait-il pense etre en possession d'un document au contenu aussi "heroique" que le Grand Personnage qui en avait ete l'auteur.

Certainement de grands mots, de grands ideaux dignes de ce guerrier d'ores et deja legendaire.

Mais non.
Rien de tout cela.

Une fois seule, Heleine avait decachete, puis lu, relu, et encore relu le court texte qu'elle avait decouvert.

Et cela, toujours en esperant que la Mort, au moins, aura su apaiser la douleur de son... "Heros" de mari.

"Ma Mie, le tresor que renferme votre doux ventre, verra le jour pare d'un nom et d'une gloire qui seront etre(peut-etre) pour lui, la plus terrible des maledictions.
Si je ne peux esperer votre pardon en meme temps que les faveurs d'une Messagere qui demande ma Vie en echange d'une delivrance longtemps recherchee, je boirai tout de meme ma honte, pour oser vous arracher une promesse.
Notre enfant a devant lui un avenir tout trace, l'Histoire et l'Honneur de notre Pays ne pourra en faire qu'un Heros.
Mais promettez-moi, ma Mie, que vous l'empecherez de jamais trouver a ses blessures un gout apaisant de redemption.
Promettez-moi que jamais il ne me rejoindra dans les sombres territoires vers lesquels je fuis en vous abandonnant."


Heleine apprendrait plus tard que la lame qui avait ete retiree du corps de son epoux avait ete de celles que l'on met entre les mains des enfants que l'on entraine sur le champ de bataille, et qui sont les premiers a tomber pour " l'Honneur du Pays".

Le Defunt Siegfried etait mort les bras ouverts, et un tendre sourire sur les levres.

... Sans nul doute avait-il etreint son assassin avant de rendre l'ame.


Quand la jeune veuve avait replie la lettre et releve la tete, les yeux secs mais un pli dur sur ses levres tremblantes, elle venait de se JURER de respecter les dernieres volontes de son epoux


Malgre cela.

C'etait encore un haut dignitaire en tenue chamarree, qui etait venu frapper a sa porte pour lui annoncer la perte de son...

Deuxieme et dernier tresor.

Son fils.
Son fils unique.

A ce moment-la, une ame de Walkyrie vengeresse etait venue remplacer son ame, brisee en mille morceaux, de femme fragile et aimante.

Elle s'etait retrouvee seule avec la rage au ventre et l'amertume au coeur, ne sachant vers qui se tourner ni qui accuser.

... N'osant maudire Odin en personne, dont elle avait toujours cru en la Misericorde comme en la Justice.

Une seule et unique nuit avait suffi a tracer entre ses pales sourcils, une profonde ride de douleur qui etait aussi une blessure de guerre plus respectable que bien d'autres.

Trahie mais point brisee, elle avait fui ses Terres armee de l'Espoir et la Force farouches qui seules, peuvent amener un etre humain a se lancer dans la quete eternelle de quelque chose qui n'existe peut-etre meme pas.

De savoir son fils ressuscite ne l'avait pas detournee d'un but pourtant obscur.

Odin lui-meme se serait-il dresse en travers de sa route, qu'elle n'eut probablement pas fait demi-tour.

Mais voila...

Elle avait fait une AUTRE rencontre qui elle, l'avait poussee a rebrousser chemin.

Elle n'avait pas une seule seconde doute de ce qu'elle avait vu ni entendu.

Il y avait d'abord eu un chant, tres doux et a peine audible.

Elle avait fait arreter sa caleche, avait chemine a pas lents a travers la neige, jusqu'a se retrouver sur une haute falaise dominant la mer.

Plus que la magie de cette voix qui s'etait faite de plus en plus proche, de plus en plus claire, c'etait son coeur qui l'avait guidee jusqu'au bord de l'avancee rocheuse.

Un pressentiment un peu comme un visage qui sort de l'obscurite.
Tendre la main, l'effleurer du bout des doigts, et decouvrir une a une toutes ses convictions perdues, a travers chaque trait.

Heleine, qui avait perdu foi en toute chose, avait besoin d'un ultime miracle.


Et quel autre nom donner a ce qui se presenta alors a ses yeux?

... Kanon, lui, eut repondu: " Thetis ". Et certes pas avec un grand sourire.

Mais pour Heleine, la Guerriere a la cuirasse d'ecailles flamboyantes avait endosse un role de messagere qui sans meme la regarder, lui chanta une legende tragique aux troublants accents de verite:

"Le Dragon porteur de Maux et de Malheurs
Se fourvoya un jour dans un monde blanc de tempetes.
Sur sa route se dressa le Heros, le Chasseur,
Qui volontiers eut pris sa tete.
Cependant le Sort est joueur:
Pas une seule ecaille sur la Bete,
Mais une peau d'ivoire ou le regard s'arrete.

De la Lame prete a frapper, glisse alors la Haine stupefaite,
Et son contraire, ou sa consoeur, ou sa jumelle,
Armee d'un piquet et d'une chaine,
S'empresse de prendre possession de la scene.

"A quoi donc sert de Tuer, quand on peu Dresser?" dit-Elle,
Se moquant eperdument du bon sens, encore nomme Raison,
A qui elle a claque la porte au nez, aussi bien qu'a ses sermons.

Bien sur, la Bete se debat avec rage,
Appelle sur le Heros tous les orages,
Menace, tempete et jure,
Ne voyant en son Vainqueur, qu'une autre pature.

Mais rien n'y fait, et lasse et amere,
Elle finit, en desespoir de cause, par se laisser faire.

C'est alors que se profile un nouvel Enfer!
La voix ou gronde le tonnerre, murmure et apaise!
La main dont pleut les eclairs, flatte et caresse!
Les Dieux meme ecoutent et se taisent,
Car ce qui resonne doucement au bout de la laisse,
Mais ne serait-ce pas la un ronronnement d'aise?!

Ainsi, Chasseur et Chasse se decouvrent un matin lies,
Par une nouvelle chaine etrange, de sa propre existence effrayee.
Le Mystere, la question a se poser,
Est de savoir si le Heros, au lieu d'une en sauver,
Deux Ames, n'en aura pas damnees."


Chaque mot, chaque phrase, avaient ete un voile leve sur une Verite a la recherche de laquelle Heleine s'etait lancee a corps et coeur perdus.

Il ne lui avait pas fallu longtemps, pour identifier le "Chasseur" dont il etait question, et voir dans le "Dragon", le veritable responsable de la "double damnation" qui semblait etre la cruelle morale de cette fable.

Si le "Corbeau et le Renard" n'avait jamais fait couler le sang, cette fable-la allait etre une premiere exception.


Alors qu'elle rebroussait chemin, elle avait croise la Souveraine d'Asgard en personne, et une nouvelle enigme etait profilee dans l'horizon de ses soucis. Cette enigme, pour couronner le tout, semblait avoir pour nom "Siegfried", et ressembler a son fils de facon frappante!

Elle qui croyait le connaitre de fond en comble, et cela pour la bonne raison qu'elle l'avait eleve seule, le decouvrait affuble d'une... "fiancee" DE LONGUE DATE qu'elle etait censee elle-meme bien connaitre, et qui, par-dessus le marche!!! Ne trouvait rien de mieux que de s'inviter CHEZ ELLE, uniquement EN SON ABSENCE!!

Entre le "Dragon" et la "mysterieuse demoiselle", elle avait pressenti que ses nerfs allaient etre mis a rude epreuve.


Elle ne s'attendait tout de meme pas a trouver son fils completement obnubile par une fausse "demoiselle" qui etait autre que... le "Dragon" en personne!!!(ET un HOMME, je vous dis, un HOMME!!)

Si encore elle avait pu esperer voir son fils reprendre ses esprits en sa presence?!
Mais pensez-vous?!
Ils s'y etaient mis a DEUX, pour la rouler dans la farine?!

Et on s'etonne qu'elle soit folle de rage?!

Ah, mais non, elle oubliait le tout dernier coup de theatre, la cerise sur le gateau:

Le Dragon, qu'elle avait miraculeusement reussi a coincer, etait en train d'essayer de lui faire croire qu'il etait de la meme "race " que son defunt mari: une victime torturee, amoureuse de la Mort dont elle recherche l'ultime etreinte!!


...

RIEN QUE POUR CA!!
RIEN QUE POUR CA!!!

Elle allait l'EPARGNER, tiens!!(NDLR: C'est marrant, comme tout le monde pete les plombs, dans cette fic... heu, non, "marrant" n'est pas le mot... _ _;)

Et puisqu'il y tenait tant, a son role de martyr, elle allait vous le trainer et enfermer dans la plus glaciale geole du Domaine, pour vous le cuisiner a petit feu jusqu'a ce qu'il ressemble enfin a ce qu'il etait vraiment: le Demon sans honte ni fierte, qui ne sait plus que se trainer a genoux pour reclamer la mort comme chatiment merite!! Et pas comme "ultime delivrance", non mais, de la gue... FIGURE!! de qui se fout... MOQUAIT-on, a la fin?!!


Elle allait en profiter pour montrer a son fils comment ca se DRESSE, un Dragon, tiens!(NDLR: ENCORE?!!..OO;)

Elle n'etait pas a la tete de la Famille Siegfried pour rien, et il etait temps qu'elle le prouve!
*** *** ***


Schwarzkopf vit la Mere de Siegfried prendre sa tete des plus mauvais jours, et se prepara a devoir defendre la "Promise" de son Maitre avec sa vie, s'il le fallait.

Si celle-ci pouvait d'ailleurs lui faire le plaisir de se relever, ca lui faciliterait la tache, mais comme elle semblait vouloir rester vautree dans la neige...

Heu...

Indefini... ment, ...

... ???!!!

M... MAIS?!


La chevelure de la "Promise" etait en train de changer de couleur?!!


Au regard qu'Heleine avait maintenant pour le Dragon, Schwarzkopf sut qu'il ne revait pas.

La chevelure azuree de la creature etendue dans la neige fonca peu a peu, jusqu'a prendre la teinte uniforme d'un beau noir luisant.

Puis, tandis qu'Heleine muette de saisissement reculait d'un pas, l'"Autre" se redressa, et tourna ses prunelles d'encre vers elle.

Il la regarda un instant, lut dans ses yeux la haine qui obscurcissait son jugement, y vit de meme sa propre image deformee, celle d'une Bete monstrueuse qui n'a definitivement plus rien d'humain.

Siegfried seul connaissait son existence, et jamais il ne le remercierait assez pour l'avoir traite comme un etre humain a part entiere, tant il avait redoute de se voir "identifie" comme il l'etait a present.

Cette femme, elle, ne l'ecouterait pas. Elle etait aussi "renfermee sur elle-meme" que Kanon avait pu etre jusqu'a il n'y avait pas si longtemps.

Mais il ne lui restait pas beaucoup de temps avant que la conscience de Kanon ne reprenne le dessus, et il n'avait revele son existence que dans un seul but: Il "sentait" que Siegfried etait quelque part dans cette tempete, pas si loin, et il devait arriver a le diriger jusqu'a ces lieux avant qu'il ne soit trop tard.

Il n'avait pas de Cosmos, mais il savait avoir, tout pres de lui, un autre moyen de signaler sa presence.

Il se tourna vers Schwarzkopf.

Le destrier dont la robe etait d'un noir aussi profond que sa chevelure, recula immediatement, piaffant, les yeux exorbites de terreur.

Mais l'"Autre" savait instinctivement que s'il n'arriverait pas a communiquer avec Heleine, il en etait autrement pour le bel animal dont il percevait tres nettement l'extraordinaire intelligence.

Il se leva brusquement, lanca ses bras degoulinants de sang autour du cou puissant de l'animal.

Schwarzkopf essaya immediatement de se cabrer, mais eut la seconde surprise de sa vie en se sentant solidement maintenu a terre.

Et alors, il percut en la "creature" a la chevelure noire, quelque chose qu'il n'avait jamais senti que chez son Maitre en personne.

Sous le coup de la surprise, il se calma un peu, s'autorisa a reflechir plutot que de tenter une seconde fois de se degager, entreprise qu'il pressentait, de toute facon, vaine.

"Cette creature est de la meme... "race"... que mon Maitre??"

Car pour Schwarzkopf, il y avait deux "races" bien differentes dans le "Genre Humain".

Ceux qui etaient comme Siegfried, et... les autres.

C'etait tres simple, et ce fut la simplicite de ce raisonnement qui permit que l'"Autre" recoive de Schwarzkopf, l'aide qu'il attendait.

Car voila ce que pensa ensuite la monture de Siegfried:
"Dans ce cas, je ne devrais m'etonner de rien."

L' "Autre", voyant que Schwarzkopf ne cherchait plus a s'enfuir, le lacha.

A ce moment la, Heleine fit, d'une voix alteree et en pointant son epee vers lui:
"Sorcier... "

Il lui jeta un rapide coup d'oeil, vit qu'il lui restait peut etre moins de deux secondes avant de se retrouver aux prises avec elle. Alors il saisit a deux mains la tete de Schwarzkopf, et, en lui plantant son regard droit dans le sien, lui dit, sur un ton urgent:
"Siegfried n'est pas loin, va le chercher!!"


Schwarzkopf comprit immediatement, et se lanca au grand galop dans la tempete.

Peu importaient les elements qui se dechainaient contre lui.

Par tout ce qu'il avait de sacre, il ALLAIT trouver son Maitre et le ramener, quoi qu'il lui en coute!

La Promise de Siegfried, quelle que soit sa race ou le mystere de son identite, avait les yeux les plus tristes qu'il lui ait jamais ete donne de voir, et cela, que sa chevelure soit bleue ou noire.

Elle etait en danger, et sur son honneur, il allait la sauver!!
*** *** ***

L'"Autre" evita tant bien que mal les assauts d'Heleine, jusqu'a ce que, comme il le craignait, la conscience de Kanon ne reprenne le dessus.

Et ce fut Kanon, qui se decouvrit a demi etendu dans la neige, epee de la Mere de Siegfried plantee dans son avant bras leve devant son visage.

S'il mit hativement le "blanc" dans sa memoire, sur le compte d'un semi-evanouissement du a l'hemorragie de ses poignets, il ne comprit par contre absolument pas pourquoi il etait en train d'essayer de se defendre, alors qu'il se souvenait avoir decide de se laisser... achever?

UNE SECONDE!...
LUI?...
..se laisser achever?

...

Mais oui, il se souvenait bien s'etre prepare a mourir de la main de cette femme qui continuait d'ailleurs a s'acharner sur lui comme si elle avait affaire au Demon en personne??

Mais ca ne lui ressemblait pas.

Et puis, pourquoi avait-il donc les poignets dans un tel etat ? On aurait dit qu'ils avaient rencontre la lame d'une epee ?!

Il... ne s'etait tout de meme pas fait ca lui-meme ?...

Ca y est, il etait schizophrene?!
OU... completement fou??

Mais en y reflechissant bien... c'etait peut-etre encore la meilleure... option...
Se laisser tuer...

Apres tout, c'etait peut-etre dans l'ordre des choses.

Il ne savait plus.
Il ne comprenait plus rien.

Siegfried?
Ou etait Siegfried?

Lui, saurait le guider...

Il se mordit les levres en voyant Heleine de nouveau sur lui, son arme prete a frapper.

Il ne POUVAIT pas se defendre.

Elle etait la Mere de Siegfried, il ne pouvait pas prendre le risque de la blesser.

Une vague de panique l'envahit, le submergea completement

"SIEGFRIED!!!"
Hurla-t-il en pensee, au moment ou il se sentait faire face malgre lui a la lame vengeresse dont il ne savait plus s'il voulait l'eviter ou la laisser l'achever.

Il se sentit baisser sa garde, et a travers ses larmes de desespoir, l'eclair argente plongea droit vers sa poitrine.

*** a suivre (2e partie)***

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