IMPROBABILITES IV(2e partie)
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Disclaimers : Les personnages de Saint Seiya ainsi que la trame scenaristique appartiennent a Masami Kurumada ainsi qu'aux differentes compagnies chargees de la production et de la distribution du manga, de l'anime, et autres produits derives. L'auteur de la presente histoire, n'en tire aucun benefice materiel ou autre et celle-ci n'a ete ecrite que pour le plaisir des fans de la serie.
Genre : Romance, aventure, challenge de coupling improbable.
Couples :
Siegfried x Kanon
Rating :
NC-17
Auteur :
Esthezyl
Notes : ATTENTION!!
Cette fic n'est pas NC-17 pour rien!! (lol) Lemon!! Passages penibles pour les ames sensibles qui voudraient voir nos deux zebres trouver dare-dare le bonheur ensemble!!
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Kanon, bleme, adosse a l'epaisse porte de bois de la chambre secrete, l'attendait bel et bien. Les bras ecartes et la mine farouche, il semblait meme avoir la ferme intention de lui barrer le passage.

Siegfried s'arreta a quelques marches de lui, et dissimula derriere un masque glacial toutes les arriere-pensees colorees qui avaient brusquement surgi dans son esprit, a la vue de cette porte qu'il n'avait jamais poussee qu'une seule fois dans sa vie, mais qu'il avait souhaite avoir l'occasion de pousser une seconde fois un jour.

Mais pas seul, cette fois.

Jusqu'a ses 20 ans, c'est a dire 6 ans plus tot, les rumeurs vehiculees par les serviteurs et allusions prudentes de ses proches avaient alimente sa curiosite et stimule son imagination. N'y tenant plus, il avait un jour profite de la premiere occasion pour se faufiler discretement dans la chambre interdite, et plus discretement encore, dans le passage secret.

Et la, ca avait ete Siegfried au pays des Merveilles.

Au debut, certes, il n'avait pas bien compris la nature de ce sur quoi il etait tombe.

Puis, tandis qu'il examinait chaque recoin de la salle secrete, quelque chose comme une deuxieme nature s'etait reveillee en lui (NDLR:Y'en a d'autres, c'est le 7e sens... ).

Fascine, pour ne pas dire tout chose, il s'en etait retourne avec quelques regrets, et pendant deux bons jours, il avait inconsciemment fait des yeux de Bambi a tout le monde.

Sans nul doute certains ne s'en etaient-ils toujours pas remis.


Mais voila: le Grand jour etait arrive, il allait pouvoir se montrer digne de son aieul en sonnant la remise a affectation de cette chambre qui semblait n'avoir attendu que lui pendant six longues annees.

Enfin... qui semblait n'avoir attendu que lui ET KANON.

Voui.

Non, parce que, s'il avait le malheur de rentrer une seconde fois dans cette salle tout seul, plus encore que les maledictions de Kanon, ce serait celles de son arriere-grand-pere qu'il aurait a craindre.

Il fallait donc quelqu'un avec lui, et ca tombait bien:Kanon etait un parfait "quelqu'un".

Un "quelqu'un" de reve, comme on n'en trouve pas sous le sabot d'un cheval, et le genre de "quelqu'un" qu'on se reserve et qu'on ne lache plus, si on a la chance de tomber dessus.


Allons, l'heure de prouver qu'il n'etait pas le petit fils de son arriere-grand-pere pour rien, avait sonne; En digne heritier des genes de cet homme inconnu bien que louable, il allait se saisir de son "quelqu'un" et, sans plus tarder, ...
"Siegfried, on fait demi-tour et on remonte, AU PAS DE COURSE et SANS DISCUTER!!"
Aboya tout a coup Kanon, dont la voix refletait a merveilles toute la joie qu'il avait concu de sa visite forcee de la dite "chambre secrete", jusqu'au beau milieu de laquelle il avait roule, etant donne qu'un obscur cretin avait du oublier d'en fermer la porte 6 ans plus tot.

Siegfried fronca les sourcils. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas entendu Kanon lui parler sur ce ton-la.

Au Diable l'evident etat de panique de son Dragon, il n'allait pas se gener pour le remettre a sa place.

"Bien. Soyons clair. Petit un: Je n'ai pas particulierement apprecie de devoir te courser a travers les six etages de ce chateau, alors que je t'avais ordonne, si je ne m'abuse, de ne pas bouger d'un endroit donne. Petit deux: Vu le vetement que tu t'es hate de cacher dans le coin d'ombre a ta droite quand je suis arrive, et qui m'a tout l'air d'etre une tunique trouvee on ne sait ou, je deduis que contrairement a mon second ordre, tu avais l'intention de te changer. Petit trois: Passe encore que tu voles et manges en cachette tous les fruits que tu peux trouver, il va tout de meme falloir que tu apprennes a respecter la demeure d'autrui, et je veux dire par la, la mienne. Je commence a en avoir serieusement... marre!!... de passer derriere toi pour reparer tout le chantier que tu mets. Et petit quatre: tu SAIS que je ne supporte pas de m'entendre donner des ordres, surtout sur ce genre de ton."

Et alors que Kanon petrifie, le regardait avec horreur, il acheva carrement:
"... En conclusion: On va reprendre la seance de dressage ou on l'avait laissee, d'accord?"

Et de descendre les dernieres marches, d'un air menacant.

En se retranchant un peu plus contre la porte, Kanon souffla:
"Je te previens, je n'entrerai pas la-dedans vivant!"
"... que tu dis."

Siegfried plongea brusquement devant Kanon, profita de sa surprise pour lui passer un bras autour de la taille, et en se redressant aussitot, le souleva de terre en le tenant renverse en travers de son epaule comme un vulgaire sac de pommes de terre.

Puis, sans aucun commentaire mais tout de meme passablement gene par fouillis de jupes et jupons encombrant son epaule, il ouvrit la porte de bois et acier ferronne jusque la farouchement gardee par son malheureux prisonnier.

Alors Kanon un instant abasourdi se "reveilla", et en agrippant l'encadrement de la porte de ses deux mains deja moites d'effroi, se mit a essayer de raisonner Siegfried:
"Du calme, calme-toi, on se calme, je me calme aussi, et on discute calmement, hein?!"

Devant le manque de reaction "raisonnable" de Siegfried, qui se mettait meme a essayer de lui faire lacher prise, Kanon essaya d'autres arguments:
"Situnemelachespastoutdesuitecavabarderjetepreviens,yadeslimitestoutdememefautpaspousser,
etdabordjemesenspasbienjaimalalatetejesensquejevaisvomir... "

Alors ce fut au tour de Siegfried d'avancer ses arguments:
"Arrete de t'accrocher aux murs comme ca, tu vas tout arracher. Et si tu arraches tout, je vais me payer la malediction de mon Grand-pere, en plus du sermon de ma Mere a laquelle il faudra entre autres que j'explique ce que je faisais la, avec un type affuble d'une de ses robes, en travers de mon epaule. Alors tu LACHE, maintenant!"
"Et ben non, je lache pas. Plutot mourir, tiens. Et puis si tu permets, je m'inviterai a ton sermon, parce que je sens que pour une fois, c'est moi qui vais pouvoir rigoler un coup. Hinhinhin. "
"Ooh, tu parles, tu parles, mais si tu la connaissais, ma Mere... "
"Effectivement, j'ai pas cette 'chance'... "
"Attends, tu as quelque chose contre ma Mere?"

Et, d'un mouvement brusque, de faire lacher prise a Kanon.

Ce dernier se demanda un instant si le Guerrier Divin n'allait pas le reposer a terre pour mieux lui taper dessus, puis se rendit compte qu'une main qui n'etait assurement pas l'une des siennes, etait en train de fourrager dans les plis de sa robe.

"Mais qu'est-ce que tu fabriques?! Hya?! OWaAah?!"

Petite claque menacante sur les reins, immediatement suivie d'une premiere epaisseur de jupe et de jupons se deployant brusquement dans les airs avant de retomber sur la tete de Kanon, lequel, en realisant les intentions de Siegfried, sentit sa hate de pouvoir descendre de son perchoir, tourner a la question de Vie ou de Mort.

Tandis que Siegfried, sur un ton glacant, murmurait quelque chose comme "La, je te garantis que tu vas avoir du mal a t'asseoir pendant un bon bout de temps, mais pas pour la raison 'habituelle' ", Kanon se debattit et se tortilla de son mieux pour essayer de se tourner, de descendre, en bref, de gener de son mieux les mouvements du Guerrier Divin qui continuait a consciencieusement l' "eplucher".

Finalement et comme, malgre tous ses efforts, il n'arrivait a rien, il se mit a donner de grands coups de poings dans le dos contre lequel il pendait lamentablement tete en bas.

Vu sa position, il ne pouvait pas faire grand mal au Guerrier Divin, lequel lui fit meme l'affront d'un petit reniflement moqueur plus blessant que n'importe quel commentaire.

Alors il se saisit rageusement d'une pleine poignee de ces meches de cheveux chatain clair qui le narguaient, sur la large epaule de l' "autre".

Pendant un instant, il se demanda si son geste serait bien digne de lui. Mais apres courte reflexion, il se dit que ca avait toute les chances de vraiment etre douloureux.

Il rassembla toutes ses forces, et allait tirer, quand une claque cette fois loin d'etre gentillette, atterrit sur le bas de ses reins.

Il lacha un cri, vit rouge. Oubliant carrement qu'il etait Grec, il hurla en japonais(??):
"Na?! Nani yatterunda, omae?! Joudan janai, hontou ni?! Hanase, kono hentai! Hanasetteba?!" (NDLR: Et un peu de japonais pour les pratiquants. Donc, je traduis: "Mais?! Mais qu'est-ce que tu fous?! C'est pas marrant, figures-toi?! Lache-moi, espece de pervers! Mais y va me lacher, l'aut' #$%&?!" Desolee pour la vulgarite, mais mettez-vous a la place de Kanon, quoi Hmm? heu, j'ai cru entendre un " Avec plaisir *^o^* ", la?!)

Puis il tira violemment sur les meches de cheveux qu'il avait reussi a saisir.

Siegfried retint un cri de douleur et une larme, eut un grondement, tourna un oeil flamboyant de colere vers son fardeau, puis frappa une seconde fois, plus fort que la premiere, avant de se diriger a grands pas vers le centre de la chambre en grincant entre ses dents:
"HOooh, toi, attends un peu... "

En voyant la porte a l'encadrement de laquelle il avait tente de s'agripper, s'eloigner de plus en plus de lui, Kanon realisa soudain que, malheur de malheur: Siegfried avait bel et bien reussi a l'entrainer dans cette espece de cave infame qui... que...

Aahh, tout ca, c'etait la faute de cette satanee robe! Voila qu'il se debattait comme une fille, maintenant?! Son frere avait deux ames, et lui etait en train de virer schizophrene, vous parlez d'une famille!

Tiens, il la voyait d'ici, sa prochaine rencontre avec Athena!! Crepage de chignon et coups de sceptre!
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Siegfried sut brusquement ce que devait ressentir le pompier qui decroche un chat hurlant et hysterique du sommet de son arbre.

C'est que le chat en question, il l'avait sur l'epaule, justement.

Et un chat bien nourri, a en juger par son poids.


Tout en se disant qu'ils allaient finir par se retrouver par terre tous les deux, si ca continuait, Siegfried se hata de gagner le massif autel de marbre tronant au beau milieu de la salle, sur la derniere marche d'un petit escalier circulaire grave d'arabesques a demi effacees par le temps.

Une legere brume poussiereuse s'elevait sous ses pas, ce qui lui rappela la premiere fois qu'il s'etait aventure en ces lieux.

Tout etait reste comme dans ses souvenirs...

Juste derriere l'autel, une colonne tronquee a hauteur de sa poitrine, et au sommet legerement biseaute de laquelle avait ete pose bien en evidence, un objet brillant doucement sous une fine couche de poussiere.

Il se souvint s'etre approche a pas prudents, tout en jetant de petits coups d'oeil aux differents meubles a demi dissimules dans l'obscurite, comme aux objets etranges miroitant de ci-dela dans de petites niches murales partiellement voilee de lierre ferronne.

C'etait ce detail qui lui avait alors fait realiser le plus etrange et le plus fascinant: des murs de la salle semblait avoir pousse une veritable foret de metal, troncs de bronze sculptes a demi fondus dans les dalles sombres, branches feuillues d'un mordore luisant s'elancant jusqu'au dessus de l'autel, en dissimulant par la meme occasion un plafond, ou plutot, un ciel invisible.

C'etait toute une foret artificielle et immobile qui avait ete creee dans cette salle secrete, et si Siegfried, pour la premiere fois confronte a un tel decor, ne s'etait pas mis en tete d'enflammer les torches disposees entre les troncs de bronze, il aurait trouve l'ensemble plutot joli??

Mais voila: les flammes, et surtout la lumiere rougeoyante dont elles avaient repeint le decor, avaient transforme celui-ci en Antichambre des Enfers, au point ou meme lui, Siegfried, en avait sursaute de saisissement.

La surprise passee, il avait decouvert d'autres torches plus petites, qui brulaient celles-ci d'un feu bleu apaisant, et avaient habille de nuit bleutee silencieuse les troncs quelques instants plus tot menacants.

Des qu'il avait pu sortir d'un etat contemplatif loin de lui etre familier, il avait repris son investigation, en commencant par cette colonne tronquee qui avait attire son attention quelques instants auparavant.

Encastre dans la pierre, un objet, donc, circulaire et de toute evidence en metal.

Il avait avance une main, effleure du bout des doigts.

Immediatement, quelque chose de difficilement identifiable, comme un murmure ou une caresse muette, avait traverse son esprit a une telle vitesse, qu'il n'avait reussi a en saisir que le fantome d'une impression diffuse et troublante.

Une impression pas desagreable, de fait.

Il avait une nouvelle fois tendu la main, avait desencastre l'objet, avec d'extremes precautions.

Et la, il avait compris avoir affaire a un fin collier d'argent certes terni par le temps, mais d'une finition tout a fait exquise qui temoignait de quelque art ancestral aux mysteres certainement deja perdus ou oublies.

C'etait un peu comme si trois cercles de precieux metal, chacun sculpte avec une patience arachneenne visant a reproduire un enchevetrement de feuilles et lianes bouclees, avaient eux-memes ete enchevetres et soudes, pour etre reduits a un seul cercle de metal d'une epaisseur de trois ou quatre millimetres.

A en juger par le diametre du cercle, ainsi que par ses deux discretes charnieres imbriquees, le collier avait ete realise sur mesure.

Mais sur mesure de quoi? Ou de qui ?

Alors que, tout en se creusant desesperement la cervelle pour trouver une explication a au moins l'une des bizarreries sur lesquelles il venait de tomber, Siegfried laissait son regard trainer a droite et a gauche, il trouva trois indices, qui amenerent sur ses levres un sourire ambigu pas tout a fait innocent.

Il y avait un anneau de metal a la base de la colonne, et les debris d'une chaine parfaitement assortie au collier, brillaient dans la poussiere, tout autour de lui.

Quant a l'autel rectangulaire, en y regardant de plus pres, il etait muni aux quatre coins de fers d'apparence solide, et d'un autre anneau semblable a celui de la colonne.

Siegfried avisa les maillons eparpilles sur le sol, et apres quelques instants de reflexion, se dit que decidement, non, il n'imaginait pas du tout son aieul faire construire une salle pareille, juste pour y tenir un vulgaire toutou bien au chaud(?) et a l'abri des regards.

Quoi qu'en supposant qu'il ait reussi a trainer Cerbere en personne sur les lieux, cela pourrait expliquer l'etat de la malheureuse chaine, purement et simplement reduite en miettes.

D'un autre cote, le collier etait d'un diametre tel, qu'il eut pu etre passe a la rigueur autour d'un doigt d'une patte de l'animal, mais certainement pas autour de son cou.

Ce collier la avait du etre passe autour du cou d'un etre humain.

Le sourire de Siegfried s'etait alors elargi.

Il avait plus sincerement que jamais regrette de ne jamais avoir connu son arriere-grand-pere.
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Kanon avait tout essaye. Ou presque. Il avait hurle, griffe, frappe, a demi scalpe Siegfried, s'etait debattu comme un beau diable, avait appele a son secours toutes les divinites les plus susceptibles d'etre interessees par l'achat de son ame...

Il avait meme essaye de se transformer en Super-Guerrier blond.

Mais il n'avait pas encore mordu.

Il allait se rattraper en vitesse.

De toute facon, au point ou il en etait...

Et GNAP!

Siegfried, tire d'office de sa reverie, lacha un cri, plus de surprise que de douleur a vrai dire, puis tourna la tete pour essayer de voir ce qui venait de se planter avec hargne dans sa hanche droite.

"Mais... il m'a mordu?!!"
Fit-il, justement sur le ton de quelqu'un qui a envie de mordre.

Du haut de son perchoir, Kanon commenta, sur un ton acide et entre deux crachotements degoutes:
"(Eurkh! )Si tu ne me laches pas TOUT DE SUITE, c'est a demi grignotte que je te rends a ta mere... "

Siegfried s'immobilisa, leva les yeux au ciel, rendit au Seigneur Odin tout le lot -bien entame, par contre-, de patience et de calme que ce dernier avait bien pu lui accorder a sa naissance, puis franchit le peu de distance qui les separaient encore, lui et son fardeau, de l'autel.

Sans aucun avertissement, il y jeta Kanon, qui frappa violemment la dalle froide du dos, avant de se hater de rouler de l'autre cote, dans un grand envol de jupons passablement froisses.

Une fois retranche derriere sa retraite providentielle, il grinca:
"Ne t'imagine surtout pas que tu pourras m'approcher tant que je porterai cette... ce vetement ridicule! "
"Ca, ca veut dire que tu vas enlever cette... ce 'vetement ridicule' malgre mon avertissement?"
"Parfaitement! Tu as tout compris! Et dommage pour toi qu'on ne soit pas dans un jeu televise, parce que tu aurais surement gagne une boite de Kleenex, avec cette reponse pertinente."
"Oooh, effectivement, quel dommage. Je ne sais pas ce que c'est que des 'Kleenex', mais ca me manque deja, tu vois."
Rit Siegfried, d'une telle facon que si Kanon n'avait pas deja ete accroupi derriere "son" autel, il en aurait eu les jambes coupees d'effroi.

Sans bien sur savoir qu'avec ses cheveux ebouriffes et son air farouche, il avait plus l'air d'un piaf affame qu'autre chose, il repliqua, avec un bel aplomb pas du tout credible:
"Ne t'en fais pas, je t'en enverrai un plein camion des que j'aurai reussi a sortir de ce trou infame en te laissant bien sur derriere moi, epingle sur ce cher autel auquel tu sembles tant tenir, comme une grenouille sur un plan de dissection."

Ooh, il avait bien la vague impression d'aller un peu loin, mais au point ou il en etait... Et puis Siegfried semblait relativement bien prendre ce flot ininterrompu d'insultes: Il se contentait de le regarder avec des yeux un rien etrecis, a peine froids et juste un petit peu calculateurs.

Bref, pas de quoi s'affoler (NDLR: Ah bon?).

"Tu sais que tu es en train de me donner des idees, la?"
Lui repondait cependant le Guerrier Divin, tout en croisant les bras tranquillement, comme s'ils avaient toute la journee devant eux pour poursuivre cette conversation galante.
"Ah, parce que tu as besoin de moi, pour suivre les pas de ton venere Marquis de Sade? !"

OOOUUUPPSS

Nonon, si ca se trouve, il ne va pas relever l'allusion... viiiite, que j'enchaine avec n'importe quoi, mais surtout, un autre sujet!! Heu... heu... Rhaaaah, qu'est ce que je pourrais bien...

"Pandore, c'est joli, mais Justine, ca t'irait peut-etre mieux... "
Laissa tomber Siegfried, sur un ton si leger, si amical, que Kanon en resta muet d'epouvante.

Devant la reaction de son Dragon, qui n'etait plus que deux yeux ronds effarouches au milieu d'une touffe de cheveux bleus, Siegfried sentit son humeur joueuse commencer a le reprendre.

"Et bien? Et cette robe? Finalement, tu as si peur de m'enerver, que tu as renonce a l'enlever, c'est ca?"

Pour le coup vexe et en colere, Kanon en oublia sa terreur, et tomba droit dans le piege.
Il jappa (NDLR: Kanon... jappe?), de derriere son autel:
"Oh, mais je vais me gener, tiens!!AHAHAHAHAHA!! Regarde ca, tu vas voir comme je vais me debarrasser de ce tas de chiffons, et en vitesse, encore!.... hnn.... hfff ...??... mmgnn!!...???..."

Apres l'avoir regarde se debattre pendant une bonne minute avec sa robe, Siegfried reprit, avec un petit sourire en coin:
"Alors, ca vient? Et pourquoi tu t'echauffes? Je ne t'ai pas demande de me faire un triple axel?"
"Je ne... mgnn... m'echauffe pas, espece... hnnn!!.... d'andouille! J'arrive pas a attraper ces fichus... ces fichuuUUs.... "
"Cordons? Evidemment, ils sont dans ton dos et serres solidement, comme il se doit... "
"Comme il se doit?? Comment ca, comme il se doit??"
"Tu ne t'es jamais demande pourquoi il y toujours au moins deux personnes pour assister celle qui veut passer ou enlever ce genre de robe? C'est pourtant une pratique courante, dans les grandes familles un tant soit peu respectueuses des traditions."
"Je te remercie, mais je n'ai jamais aide Athena a enfiler ses robes, je ne fais pas assez 'soubrette' pour ca. Quand a Julian Solo, il se serait mis en tete de porter des robes, que je l'aurais abandonne avec joie a Poseidon, tiens. HnnNNN!!! GNNNN!!! JE SENS QUE JE VAIS TOUT ARRACHEEER, JE LE SENS D'ICIIIII?!!"
"Ouhla?!"

Et brusquement, Siegfried, qui avait tout simplement saute par-dessus l'autel en s'y appuyant d'une main et en effectuant un petit bond elegant, se retrouva face a Kanon.

Kanon petrifie, qui protesta faiblement:
"Mais... mais c'est pas du jeu? Tu etais sense attendre bien sagement de l'autre cote?"

Puis il rougit, en realisant l'absurdite de ses paroles.

Siegfried, qui dominait de toute sa hauteur un Kanon tasse contre l'autel, laissa cinq bonnes secondes de silence alourdir l'atmosphere.

Puis il se pencha, et en saisissant son Dragon par un poignet, lui dit:
"Leve-toi."

Kanon se retrouva brusquement bel et bien debout, puisque sans attendre la moindre reponse, Siegfried l'avait en fait releve lui-meme.

Et a present il le tenait fermement par un poignet, toute la froideur de son regard, plongee dans le sien.

Consterne, Kanon se mordit les levres.

S'il s'en sortait en un seul morceau- et vivant ou non, parce qu'il se voyait tres bien en arriver a hanter les sombres corridors de ce chateau, si ca continuait-, il jurait de commencer par regler ses comptes avec ses trois bourreaux en jupons.

Quand a Siegfried, tout ce qu'il demandait, c'etait de ne pas le retrouver en Enfer.

D'accord pour bruler pendant toute l'eternite dans un lac de lave apres avoir ete proprement massacre, mais pas pour continuer a se faire harceler jusque sur les bords du Styx!


Voyant la terreur faire peu a peu place a la resignation sur le visage de Kanon alors qu'il lui broyait a moitie le poignet, Siegfried s'en rendit compte

... Qu'il lui broyait a moitie le poignet.

Alors il desserra legerement son etreinte, tout en guettant une eventuelle tentative de fuite.

Et la, surprise: Kanon n'en profita pas pour essayer de se degager.

Au contraire, il le regardait avec l'air de quelqu'un qui attend la suite tout en la redoutant, mais qui ne fera rien pour s'y soustraire.

Siegfried, qui avait pris l'habitude de se mefier, comprit que cette fois, et avec un minimum de pedagogie, il y aurait tres peu de chances pour que les choses virent a l'affrontement.

Ce qui le changeait de l'ordinaire.

Il decida, pour commencer, et avant de passer aux choses serieuses, de recompenser la bonne volonte de celui qui, certainement, etait en train de s'inquieter de savoir s'il avait bien fait son dernier virement assurance-vie.

Il l'embrassa brusquement.

Mais rapidement, juste histoire de pouvoir profiter de l'effet de surprise juste apres.

Comme il s'y attendait, sitot qu'il eut libere les levres de Kanon, il vit ce dernier abasourdi et trouble, au point qu'il fut certain que s'il l'avait voulu, il aurait pu immediatement le renverser sur l'autel.

Au lieu de cela, il le retourna contre l'autel, et en appuyant d'une main sur sa nuque, le fit se pencher legerement en avant. Puis, tout en se collant contre son dos de maniere a presque pouvoir lui deposer un baiser dans le cou, il guida ses bras pour lui faire prendre appui, des deux mains, sur le marbre froid.

Le sentant prendre peur a nouveau, il lui murmura a l'oreille:
"Du calme, laisse toi faire, et tout se passera bien."

"Siegfried?... attends, pas, pas dans cette tenue.... "
Lui repondit Kanon, d'une voix etranglee qui trahissait sa peur de s'attirer de nouvelles foudres, mais aussi celle de se voir arracher les dernieres bribes de fierte qu'il lui restait.

Siegfried, qui pouvait sans peine s'imaginer ce qu'un homme qui n'a a l'origine pas plus d'attirance pour la gent masculine que pour le travestisme, peut ressentir en voyant toutes ses convictions bafouees les unes apres les autres, jugea qu'il ne pouvait pousser plus loin la plaisanterie.

Car s'il s'etait amuse de voir son Dragon transforme en poupee geante par ses trois servantes, cela s'arretait la.

Aussi reprit-il, sur un ton apaisant:
"Je sais... Ne t'inquiete pas... "

Il saisit a pleines mains la lourde chevelure bleue qui cascadait dans le dos de son Dragon, la lui repoussa sur une epaule.

Tandis que les longues meches soyeuses se repandaient sur le marbre en caressant au passage la poitrine oppressee de son captif, il commenca a desserrer les cordons de la robe.

Bientot, il perdait toute notion de temps ou de lieu, chaque centimetre de peau devoilee lui derobant une nouvelle parcelle de raison. Ses mouvements se firent plus lents, plus precis, il laissa ses doigts se hasarder entre les plis de tissu, recherchant plus de chaleur sur une peau qui avait garde les traces des cordons et armatures de la robe.

Quand il s'attaqua au corset, il etait dans un etat second qui lui fit plaquer ses levres contre cette nuque nue dont la blancheur quasi fantomatique miroitait juste face a ses yeux. Il ouvrit la bouche, laissa une canine deriver jusqu'a la naissance d'une epaule

Et la, il sut ce qui lui restait encore a faire.

Kanon, quant a lui, avait pressenti ce qui allait se passer, et eut le reflexe d'essayer de s'eloigner. Mais il etait deja trop tard.

Siegfried, tout en l'immobilisant contre lui, planta brusquement ses dents dans la chair denudee de son epaule. Ignorant le cri etrangle de Kanon qui, sous le choc, avait inutilement griffe des deux mains la dalle de marbre contre laquelle il se retrouvait coince, il mordit plus profondement encore, de maniere a etre sur que les traces de cette blessure-ci ne disparaitraient pas. Kanon, sentant le sang commencer a lentement degouliner sur sa poitrine, tachant de pourpre sa peau comme le velours sombre de sa robe a demi-defaite, oublia jusqu'au rayonnement sourd de la douleur qui se propageait de son epaule a son cou. Il eut l'impression qu'une partie de son ame venait de lui entre volee, voire, venait de se souder a celle de Siegfried. Un torrent fou d'emotions qui n'etaient pas les siennes deferla dans son esprit, noya ses pensees et toutes ses perceptions, mais il ne pouvait pas crier, il ne pouvait meme pas se debattre; S'il y avait quelque moyen d'exprimer cette douleur, cette detresse psychique, il etait certainement hors de portee du simple mortel, puisque de facon tout a fait instinctive, le Cosmos de Kanon se reveilla brusquement, d'emblee pousse jusqu'a l'extreme frontiere de son point de rupture et parfaitement incontrolable.

Heureusement pour lui comme pour Siegfried, sans parler du decor alentours, cette soudaine eruption d'energie ne dura qu'une seconde, pour s'effondrer aussitot et a une vitesse effrayante tandis que Kanon, a demi assomme, plongeait en avant la tete la premiere. Siegfried, aussi "secoue" que celui auquel il venait d'imposer un lien psychique aussi inattendu que violent, n'eut pas le temps de reagir, et avec un bruit sourd que l'on pourrait en outre qualifier de "douloureux"(NDLR: Et peut-etre un peu aussi de "creux" ), la tete de l'ex-Dragon des Mers frappa mechamment la surface de la dalle de marbre.

Cette fois completement assomme, Kanon sombra directement dans les bras de Morphee (pas mecontent du cadeau, d'ailleurs*^v^*), et de fait, s'effondra de sur la dalle de marbre, sur le sol.

Siegfried, qui s'etait appuye d'une main sur l'autel et essayait sans trop de succes de reprendre ses esprits, eut vaguement conscience de quelque chose disparaissant de son champ de vision, pour glisser a ses pieds et y rester inerte.

Il secoua deux-trois fois la tete, baissa les yeux.

Et vit la catastrophe.

Kanon, a demi deshabille, le front couvert de sang, et avec sur le visage l'expression de quelqu'un qui va faire sauter la moitie de la planete a son reveil.

"J'aimerais quand meme arriver a le toucher sans le voir piquer une crise ou tomber dans les pommes, un de ces jours... "
Maugrea-t-il, tout en songeant, deja plus serieusement, qu'il allait avoir un mal fou a calmer la colere de Kanon quand celui-ci reviendrait a lui.

Quoique...
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La salle secrete qu'avait fait construire l'Arriere-Grand-Pere de Siegfried en avait vu de belles dans toute l'histoire de sa carriere de "redresseuse de sujets recalcitrants" mais CA, non, c'etait la premiere fois.

En general, il y avait toujours une personne attachee qui se debattait, hurlait et menacait avant de commencer a changer de ton, accumulant les petits cris et gemissements, pour quelque fois enchainer avec les serments d'amour eternels et enfievres. Tout cela par la seule(?) volonte d'une deuxieme personne qui avait ete toujours la meme, d'ailleurs, en y reflechissant bien.


Et puis il y avait eu l'incident.

Et apres, plus rien.

Le vide total.

Alors, la salle avait commence a s'emm... s'embeter ferme, et apres le enieme recensement de ses populations d'araignees et de mousses diverses, elle avait commence a bouder(NDLR: "C'est trop injuste!" aah, nostalgie... ). Puis elle s'etait endormie.

Alors, la, evidemment, ca la changeait!

Elle voulait de l'animation, elle en avait!

Quand elle avait ouvert un oeil en sentant un Cosmos exploser, elle avait eu l'extreme plaisir de decouvrir une scene familiere.

Enfin, ca, ca avait ete au debut. Parce Que tres vite, elle n'avait plus rien compris du tout.

Le Cirque avait commence quand, comblant tous ses espoirs, le nouveau Seigneur Siegfried avait entierement deshabille, puis hisse et enchaine ce magnifique specimen aux cheveux bleus, sur l'autel.

Ensuite, il etait alle bien tranquillement allumer les torches disposees aux quatre coins de la salle, et avait assiste avec une satisfaction evidente a l'embrasement apparent du decor, transforme en une Antichambre des Enfers tout a fait originale, avec ses cascades de vegetation metallique entierement habillees de reflets flamboyants.

Quant au denomme Kanon, qu'elle avait detaille en se retenant de baver parce qu'elle en connaissait deux qui auraient detale de terreur en voyant tout a coup une substance douteuse commencer a suinter des murs... le denomme Kanon, donc, s'etait reveille.

Il avait ouvert tout grand ses beaux yeux turquoises en se voyant a la fois en Enfer, et dans une situation parfaitement humiliante, puis avait tourne un regard outre et incredule vers Siegfried.

Et la, ce dernier avait commis une ENORME erreur d'appreciation.

Il en avait rajoute.

"Ah, non, ne me fais pas ces yeux-la, tu t'es assomme tout seul, je te signale? "

Trois quarts de secondes plus tard, le captif, tout en tirant sur ses chaines comme un forcene, l'abreuvait de toutes les insultes les plus colorees qu'il connaissait.

Previsible.

Tout comme le fait que, quoi qu'il fasse, il ne parviendrait pas a briser les fers qui le retenaient allonge sur l'autel. L'aieul de Siegfried, tout en les faisant forger, avait donne des instructions pour que lui-meme soit incapable de les endommager.

Et sa force physique d'alors etant superieure a celle de Kanon, tout en etant comparable a celle de Thor, il n'y avait aucune chance pour que le Dragon des Mers parvienne a se liberer. Du moins, par sa seule force physique.

Kanon finit-il par se rendre compte que plus il se debattait, plus il s'entaillait les poignets sur des fers qui, a sa grande surprise et sa plus totale incomprehension, s'obstinaient a tenir bon? Toujours est-il qu'il s'immobilisa, et se mit a fixer d'un air peu amene son poignet droit qui commencait a saigner.

Siegfried l'entendit murmurer:
"Ca, ca se paiera avec le reste."

Alors, ce fut plus fort que lui, il lui repondit:
"De quoi tu te plains? Je t'ai debarrasse de cette robe que tu detestes tant?"

Kanon lui jeta un regard terrible, et gronda:
"Ah, bien sur, et tu t'imagines peut-etre que je vais te remercier?? Et si tu essayais un peu de te mettre a ma place, de temps en temps??Hein??"

Siegfried essaya.

Et le regretta aussitot.

Tout en se hatant d'effacer de sa memoire la vision du fier Guerrier d'Alpha attache tout nu sur un autel, grelottant de froid et de colere, et en se disant que c'etait quand meme curieux, comme ce genre de situation semblait aller naturellement a Kanon (NDLR: seulement a tes yeux, Siegfried, seulement a tes yeux ), il repliqua, sur un ton acide:
"Je te remercie, mais comme je n'ai jamais MORDU quiconque, MOI, ca n'est pas demain la veille que je vais me retrouver enchaine comme un animal sauvage."

Et PAN! Tiens, reponds donc a ca, pour voir?! Pensa Siegfried qui se promettait de faire payer tres cher a Kanon de l'avoir confondu avec un os a moelle.

Kanon ne se gena pas pour lui repondre illico:
"Tiens, c'est marrant, je pensais plutot que toi, tu n'aurais pas besoin de mordre EN PLUS; Vu le caractere que tu te paies deja, il ne fait aucun doute que la moitie de ce brave peuple d'Asgard s'est deja fait vacciner contre la rage, au cas ou... "

Siegfried en resta un moment bouche bee, incapable de comprendre comment Kanon, meme dans une telle situation (c'est a dire enchaine tout nu sur un autel), arrivait encore a garder suffisamment d'aplomb pour continuer a l'invectiver.

Si encore il se contentait de lui tenir tete, mais en plus, voila qu'il le regardait avec l'air goguenard de quelqu'un qui commence a tirer avantage d'une situation de faiblesse?!

Ooh, il allait vous le calmer vite fait !!

Aussi Siegfried rangea-t-il precieusement dans un petit coin de sa memoire sa colere actuelle assortie de son lot d'insulte, pour se diriger tranquillement vers l'autel.

Tout en affichant un leger sourire dont il ne tarda pas a voir l'effet sur un Kanon tout a coup plus tres fier, il alla s'asseoir juste a cote de lui, sur la haute dalle de marbre.

Comme il surprenait une lueur d'anxiete dans le regard turquoise fixe au sien, il prit un malin plaisir a accentuer son sourire, d'une facon qu'il savait etre tout, sauf rassurante.

Le resultat ne se fit pas attendre: Kanon sursauta franchement, avant de balbutier:
"Quoi?! Qu'est ce qu'il y a? "
"... "
" ...?? Si tu as quelque chose a me dire, dis-le moi en face?! "

Siegfried plissa legerement les yeux. Il sentait ses instincts de chasseur le reprendre.

"... Juste une seconde, que je dresse la liste de tout ce que je te dois sans oublier les interets, tres important, ca, les interets... "
Laissa enfin tomber Siegfried, en faisant mine de reflechir intensement, et sur un ton lourd de sous-entendus allant de pair avec l'indeniable "interet" que son regard trahissait pour l'appetissante prise exposee sous ses yeux.

Kanon deglutit peniblement, et fit, d'une petite voix eraillee:
"Li,liste??Liste de quoi??J'ai rien fait, je vois pas de quoi tu parles??"
"Mais bien sur... "
"De toute facon, je ne suis pas en etat de te 'payer' quoique ce soit, vu que ta petite plaisanterie de tout a l'heure m'a donne une migraine de tous les diables."

Tiens, je ne pensais pas qu'il oserait me faire le coup de la migraine?, pensa Siegfried, qui ne put retenir un petit rire moqueur tout a fait vexant.

RHOooh, la hyene, et en plus il se marre?! Se dit Kanon, en revoyant avec colere le moment ou Siegfried l'avait mordu, a demi electrocute et assomme a coup d'autel (tout ca en meme temps!).

Heu??

Oui, enfin bon, il ne devait pas etre tres loin de la verite.

"D'ailleurs, je peux savoir ce que tu m'as fait? J'ai l'impression d'avoir ramasse mon cerveau a la petite cuillere?"
"Ton cerveau? Tiens, c'est amusant, ca, j'aurais cru que tu... "
"PAS UN MOT DE PLUS!!"
"Bon, bon, du calme non, en fait, tout a l'heure, j'ai cree un lien psychique entre nos deux Cosmos."
"??"
"Ce qui veut dire que je vais pouvoir te joindre par telepathie, et cela ou que tu sois. Juste au cas ou tu me filerais vraiment entre les pattes, un de ces jours..."
"Et je peux savoir QUI t'a donne la permission de faire une chose pareille?!"
"Permission?"
"Oui, permission!!"

Siegfried regarda un instant Kanon avec de grands yeux candides, gloussa, puis se plaqua une main sur la bouche pour essayer d'etouffer l'echo d'un eclat de rire deja en train de secouer ses epaules.

"Tu aurais peut etre prefere que je te mette une bague a la patte, mon pigeon?!"
Articula-t-il des qu'il parvint enfin a reprendre son souffle, et juste avant de repartir dans une nouvelle crise de fou-rire en decouvrant Kanon tout rouge et tout fache, avec dans les yeux a peu pres autant d'amour et de reconnaissance qu'il peut s'en rencontrer dans ceux d'un Pitt-Bull dans lequel on vient de shooter.

D'une voix tremblante de rage, Kanon murmura:
"Est-ce que ca veut dire que je vais devoir te supporter par telepathie aussi ?! Ca doit etre de famille, apres mon frere hante par une espece de dingue megalo, c'est mon tour."
"C'est moi, que tu traites de dingue megalo?!"
"Meuh non, voyons, j'oserais pas!"
"Mais en y reflechissant bien, l'autre malade avait lui aussi le feu ou je pense... ", rajouta Kanon dans un grondement, et suffisamment bas pour que Siegfried ne percoive qu'une espece de grommellement hargneux.

Malheureusement pour lui, il oubliait completement le fameux lien psychique, si bien que Siegfried parvint a saisir au vol une bribe revelatrice de sa pensee.

"...hooo... "
Laissa-t-il tomber, glacial.

Petrifie, Kanon souhaita ardemment etre ne amibe ou meduse, c'est a dire, sans cerveau que Siegfried puisse hanter a sa guise.

"Je crois qu'il est temps de passer aux choses serieuses. On va voir lequel de nous deux est le plus digne de ce compliment."

Kanon etouffa un gemissement de desespoir.

Il avait tant bien que mal reussi a gagner du temps jusque la, n'y avait-il vraiment aucun autre moyen de prolonger son sursis?

Ah, si.

Comme s'il n'avait pas entendu les dernieres paroles de Siegfried, il reprit, sur le ton le plus concerne qu'il put:

"Au fait, Greta a dit que ta mere allait rentrer au Chateau cette apres-midi? Si c'est vrai, tu vas te retrouver dans de beaux draps?"
"Draps? Tu parles de draps? Desole, mais aujourd'hui, tu vas devoir te contenter de cette dalle de marbre. Moins confortable que mon lit, mais bon... "

Mais... mais... il ne m'ecoute meme pas??

"Tu, tu te moques de moi, tu n'as tout de meme pas l'intention de, heu... f,faire ca ici??"
"Sisi?"

Avec au fond des yeux quelque chose de pas tres catholique, Siegfried etait en train de se pencher sur lui!

L'ex-Dragon de Mers se metamorphosa quelques secondes en poisson-rouge, a gober dans le vide sans arriver a extraire un seul son de sa gorge. Puis il bafouilla:

"Attends, on peut discuter, je veux dire, entre adultes responsables... "
"Adultes? Ah, mais c'est qu'il y a mille et une facon de communiquer, entre adultes? "
"C'est... C'est tout ce que tu trouves a dire?!!"
"Nooon, je pourrais aussi dire:..... ...... ...... "
" ...??... J'ai pas... entendu... "

Siegfried, les yeux anormalement brillants et un petit sourire en coin, se pencha obligeamment sur Kanon, jusqu'a pouvoir lui deposer ces quelques mots au creux de l'oreille:
"Ouvre les jambes... "

Kanon bondit litteralement entre ses chaines, et, en etouffant un juron, se hata de s'eloigner le plus qu'il le pouvait, de Siegfried de toute evidence incapable de supporter plus longtemps la vision de son Dragon nu et sans defense sous ses yeux.

Et tandis qu'il se debattait avec ses entraves, le Guerrier Divin, sans du tout se presser, se rapprochait lentement de lui. Pendant un instant, sa facon de le regarder tout en progressant petit a petit vers sa proie, eut absolument tout du fauve en pleine chasse.

Mais Kanon se retrouva bientot dans l'impossibilite de plus reculer dans ses chaines tendues au maximum; Alors il leva un regard de bete aux abois qui n'attend qu'une occasion de mordre, vers Siegfried.

Celui-ci le considera un instant d'un air songeur, puis tendit sans facons un bras. Attrapant son Dragon par la taille, il le ramena tranquillement mais fermement, a sa place precedente.

Mortifie, essayant instinctivement de se grouper dans l'ombre que la silhouette de l'homme jetait sur lui, Kanon souffla entre ses dents:
"S'il n'y avait pas ces maudites chaines, je te garantis que... ?!... "

Sa voix se bloqua dans sa gorge alors que Siegfried deposait un leger baiser a l'interieur de sa cuisse gauche, maintenue ouverte et separee de l'autre, par une chaine trop courte. S'il n'avait pas ouvert les jambes sur l'ordre de Siegfried, Kanon n'avait pas pour autant reussi a les fermer plus qu'elles ne l'etaient deja.

Siegfried n'eut aucun mal a se glisser entre elles.

Sans plus "perdre de temps", il glissa une main sous les reins de son captif, les lui fit lever legerement au-dessus de la surface de cette dalle de marbre decidement glaciale.

Habitue a de longs et appliques preliminaires, Kanon oublia un instant sa fureur, et ouvrit de grands yeux etonnes.

Quand il se rendit compte que Siegfried etait en train de fourrager dans ses vetements, quelque part entre leurs deux corps, il protesta faiblement:
"N, non... Attends pas, pas tout de suite??"
"Ah, mais si?! D'ailleurs, aide-moi un peu, tu veux?"
"... ??... Aider?!Comment ca, aider?!"
"Et bien, je ne sais pas, moi, leve un peu plus les reins, par exemple?"

Kanon, incapable de comprendre comment tant de culot pouvait etre reuni dans une seule personne, jeta un regard du style "Mais tu me prends pour qui?!" a son interlocuteur pas du tout impressionne pour autant, et meme enclin a insister lourdement:
"Ca va peut-etre faire un petit peu mal, comme ca, brusquement, mais tu vois, j'ai beau etre un Guerrier Divin, il y a certaines choses que je ne sais pas aussi bien controler que mon Cosmos... "
" C'est quoi, encore, cette excuse bidon?! "
" Ca n'est pas une excuse, c'est la pure verite. Je ne pense pas pouvoir tenir encore plus de 10 minutes... d'ailleurs, c'est reciproque, si je ne m'abuse?"

Et de designer la preuve evidente de l'excitation de Kanon, coincee entre leurs deux corps, avant de profiter de la stupeur de son captif pour lui ouvrir un peu plus les cuisses et s'avancer plus loin entre elles.

"Non, ca c'est, heu... pas ce que tu crois... c'est, c'est... CLINIQUE!!Voila, c'est ca! Ca n'a rien a voir avec ma volonte, je dirais meme plus... mais?? Mais je peux savoir pourquoi tu te marres?!"
"Non, c'est juste qu'au point de vue 'excuses bidon', je trouve que tu te debrouilles plutot bien, toi aussi. "
"Ah, la, tu m'excuseras, mais mes 'excuses' sont plus excusables que les t... AIE! QU'EST CE QUE TU...?!"
"Hmm??Rienrien, fais pas attention, continue... Elles ont quoi, mes excuses?"
"Ne detourne pas la conversation! Qu'est ce que tu fabriques?!Ca fait un mal de chien, arrete tout de suite!!"
"Hmm? Arreter quoi?"
"AIE!!!! Mais, CA!!Arrete CA?!"
" Je ne vois pas de quoi tu parles, et au lieu de te plaindre, si tu essayais de te detendre un peu, je vais finir par te blesser, si ca continue... "
"Le meilleur moyen de ne pas 'me blesser', c'est d'ARRETER, figure-toi!"
"Ah, ca, pas question, j'y suis, j'y reste."
"Comment ca, tu Y es?! JE suis bien place pour savoir que tu n'Y es pas!"
" Effectivement... Mais ca ne saurait tarder... Encore un petit effort... "
" Siegfried, ca s'appelle de l'entree par effraction, ca... "
"Arrete de me faire rire, si je me rate, je te previens, on recommence tout DEPUIS LE DEBUT."
"... "

Gros silence.

Puis:
"...Depuis le debut?"

Hasarda Kanon, d'une toute petite voix.
" Exactement. Ca veut dire: tu REMETS ta robe, pour commencer, et cette fois, je ne perdrai pas de temps a te l'enlever, parce que je me vois mal tenir encore tres longtemps, si tu vois ce que je veux dire."

Kanon ne perdit pas de temps a peser le pour et le contre.

Apres tout, c'etait vrai, plus vite Siegfried en aurait fini, plus vite il pourrait ressortir de cette espece de cave infame. Et aller vandaliser les cuisines du chateau, histoire de prendre suffisamment de kilos, pour ne plus jamais pouvoir entrer dans quelque robe que ce soit.

Il eut un soupir, jaugea Siegfried qui le regardait avec un grand sourire, et, en detournant le regard d'un air excede, laissa tomber:
"Bon. Mais ne t'imagine surtout pas que j'ai cede aux menaces?! C'est juste... qu'il fait froid, alors j'ai hate de sortir d'ici!"

"Mais bien sur. Fais moi confiance pour te rechauffer, dans un premier temps... "
Acquiesca Siegfried avec d'autant plus bonne humeur, qu'il voyait Kanon se redresser sur les coudes pour avoir une meilleure appreciation de la situation(NDLR: Pourtant, elle n'est pas bien compliquee, la situation... ).

"Bon, vas-y, mais je te previens, si tu me blesses... "
"D'accord, d'accord... bon, detends-toi... "
"... "
"Un peu plus... "
"... "
"Mais fais un petit effort, voyons! Je ne vais jamais y arriver, sinon! Aah, c'est vraiment pas pratique, cette position... "
"T'avais qu'a pas m'attacher."

Petite pause.

Kanon et Siegfried se regarderent un instant, pas trop contents ni l'un ni l'autre, puis le Guerrier Divin, a bout de patience, gronda:
" La, ca commence a bien f... OWAAA??!! MAIS CA VA PAS!? Tu pourrais prevenir, au moins?! "
"Faudrait savoir? C'est toi, qui m'a dit de me detendre, si je ne m'abuse."
"Mais pas brusquement, c, comme ca?!Tu as vu le resultat? !Et, et moi qui voulais faire ca en douceur?! Ouhh nononononon, arrete ca... "
"Hmm? Arrete QUOI? "
"Mais CA!!Arrete CA!!"
"... ' vois pas de quoi tu parles?... "

Avec une "legere" impression de deja-vu (NDLR: Ou "deja-entendu"), Siegfried haleta, tandis que Kanon lui emprisonnait les hanches entre ses jambes, d'un air un rien goguenard:
"...mgnn! OK, ca va, tu as... aah.... gagne pour cette fois, je le reconnais, alors...tiens... nnh... tiens-toi tranquille! "
"S'il te plait?"
"Grmbll... S'il te plait. "

Kanon, triomphant, se disant que finalement, il aura bien gagne une bataille dans toute l'histoire (NDLR: Une "bataille"??), offrit en riant ses levres au Guerrier Divin en train de se pencher sur lui pour aller les lui voler.

Et a ce moment la:

Clic!

Quelque chose de froid et metallique se referma sur le cou de Kanon.

Et deux yeux aux reflets glacants se fixerent aux siens, tandis que Siegfried, en relevant la tete sans meme avoir accorde a Kanon le baiser auquel il s'attendait, commentait sechement et sans la moindre honte:
"Tu ne devrais pas sous-estimer ton adversaire, chevalier."

Hirgh... ca y est, il a pete un plomb... et en plus, il m'insulte?!

Estomaque, Kanon begaya:
"Heu, temps-mort, tu veux? Qu'est ce que tu viens de me passer autour d... "

Soudainement pris d'un mauvais pressentiment, Kanon avait tourne la tete vers la colonne tronquee surmontee de son collier ferronne, qui se trouvait alors dans son dos.

Et en voyant que le collier en question n'etait plus a sa place, son souffle s'etait bloque dans sa gorge.

Noon... il n'avait tout de meme pas ose?!

"Et bien si. Et comme je le pensais, ce ravissant accessoire te va a merveille."
Lui repondit Siegfried, ne se genant pas le moins du monde pour lire dans son esprit.

Et de lui passer une main dans le cou, d'un air appreciateur et pour en degager quelques longues meches bleues qui lui ravissaient en partie le spectacle de son 'oeuvre'!

Retenant entre ses doigts quelques-uns de ces rubans de soie azuree luisant doucement a la lueur des torches, il reprit, plus bas:
"Je devrais te remercier: la colere m'a un petit peu refroidi, ce qui fait qu'on en est plus a 10 minutes pres "

Refroidi? Ben voyons. Si TU etais un tant soit peu refroidi, comme tu le dis, PUISQUE TU ES CERTAINEMENT ENCORE en train DE PARASITER MES PENSEES, ESPECE DE %&#$!!, bref, si tu etais un tant soit peu refroidi, DONC, tu ne serais plus en train de prendre tes aises dans le corps d'AUTRUI!C'est a dire dans LE MIEN!!

"...C'est vraiment pratique, la telepathie:Pour une fois que tu hurles sans m'assourdir... "
Se contenta d'ironiser Siegfried, avant de se rejeter legerement en arriere pour se saisir de la chaine qui retenait la cheville droite de Kanon, et debarrasser cette derniere du lourd fer d'acier.

Comme Kanon, y voyant une occasion inesperee de lui balancer son pied si possible la ou ca ferait le plus mal (NDLR: Comprenez: coude, epaule, omoplate hein? non, Kanon n'est pas contorsionniste, pourquoi?), levait fort mal a propos la jambe, Siegfried la lui saisit sous le genou, et lui repoussant ce dernier contre la poitrine, lui fit completement decoller les reins de sur la dalle de marbre.

OUUUPS!!

Gemit interieurement le malheureux captif, sur lequel Siegfried( qui avait oublie de lui mentionner aimer autant le Marquis de Sade que le Kama-Sutra) etait a present en train de s'installer.

"NONNONNONNONONonnonnonnonon... nonnon... no... n...nhh..haa... "

Il ne fallut pas bien longtemps a Siegfried pour faire oublier a Kanon que, basiquement, il ne subissait rien qu'il eut a l'origine desire.

Mais si son Dragon des Mers ne tarda pas a onduler entre ses bras en laissant echapper de petites plaintes rythmees par chaque nouvel assaut, cela ne devait pas plaire a tout le monde.

Tout a coup, Kanon s'immobilisa, tourna de grands yeux etonnes vers Siegfried, et lui dit:
"Comment ca, te le rendre?? Mais tu viens tout juste de me le passer autour du cou??"

Au tour de Siegfried, de s'immobiliser avec de grands yeux etonnes.
"... ??... De quoi tu parles?"
"De quoi je parle? heu, tu te sens bien? Tu viens tout juste de me demander, et pas sur un ton des plus amicaux, en plus, de me rendre 'ton collier'? "
"Moi? Mais j'ai rien dit?!"
"Aaaah, sisisi! J'ai tres distinctement entendu!D'ailleurs, il ne faut pas pousser: robes, colliers... Y'avait pas ecrit 'Poupee Barbie', sur la boite?!"
"Kanon... Qu'est ce que tu racontes?!..Aah, ca doit etre de ma faute, tant de plaisir, ca l'a rendu fou... "
"Dans tes reves, oui?!!Ooh, mais je vais lui en coller une?!"
"Ah, ben, vas-y, essaie pour voir?"
"Vais me gener... ?!!....!!!!!!!!!!!.....WHOUAAAAAHHHHH!!!!!!!"
"Oh, tu peux bien hurler, ces fers, c'est pas du cristal, ca ne risque pas d'exploser."
"GHYAAAAAAAAAAAAAAHHHHH!!!SIEGFRIEEED!!!SIEGFRIEEEED!!"
"Meuh oui, je sais que tu m'aimes... "
"DERRIERE TOI, DERRIERE ...HYAAAAAAAHHH!!!... hirgh... couic ..."
"Hmm?L'a ENCORE perdu connaissance?!Je suis doue a ce p... ??!!!!!!..... WHOUAAAAAAH!!"

Siegfried, qui avait machinalement tourne la tete pour voir ce qui pouvait bien avoir d'aussi effrayant derriere lui, etait tombe nez a nez avec...

Soyons realistes: tout d'abord, des cheveux.

Une masse de cheveux d'un rouge sanglant, entre lesquels percait la colere concentree d'un regard vert translucide on-ne-peut-plus felin.

L' "etre" qui fixait Siegfried avec tant de bienveillance, etait de plutot petite taille, et sa chevelure torrentielle recouvrait de longs voiles de soie ecarlate son corps certes nu et d'une finesse remarquable, mais surtout... transparent.

En bref, il n'y avait certainement pas MOINS vivant que lui.


Alors ce fut instantane, cela depassa meme peut-etre la vitesse de la lumiere:

Tout ce qu'il pouvait y avoir de glorieusement male et dominateur chez le Siegfried de cet instant precis, opera un immediat, discret et fort judicieux repli strategique(NDLR: Tout le monde a saisi l'allusion?), et ce fut certainement la premiere et derniere fois ou le spectacle de Kanon, pourtant etendu sans connaissance sous lui dans toute la splendeur de l'abandon, lui donna envie d'entrer dans les Ordres pendant qu'il en etait encore temps, et surtout avant de se faire prendre "la main dans le sac" par Odin en personne.

Sans du tout savoir qu'il avait alors pour l' "intrus" le regard-type du chat surpris "en pleine meditation sur sa litiere", Siegfried (NDLR: Bienheureux Kanon, qui s'est evanoui ) entrevit plusieurs options possibles pour se tirer de ce mauvais pas:

1. Un deuxieme repli strategique immediat(NDLR: C'est a dire, cette fois, la fuite .)
2. La panique (NDLR: C'est a dire appeler son armure divine et blaster a tout va)
3. Le sang-froid coute que coute(NDLR: style:"Heu, bonjour. Moi, c'est Siegfried, lui, c'est Kanon, vous l'excuserez, il est un peu emotif ...Ah, pendant que j'y suis, ca ne vous gene pas, si je vous tutoie? C'est que je vous trouve tres sympathique, avec vos beaux cheveux rouges, heu... pompier. Au fait, si vous... si t, TU pouvais m'expliquer ce que vous... ce que TU fais chez moi? Et puis, rassurez... ra, rassurE-moi, ce sont mes yeux, ou est-ce que vous.... TU serais vraiment un tout petit peu... desincarne??")
4. Et l'eternuement, parce que ca faisait un petit bout de temps qu'il avait les fesses a l'air.

Sans aucune consideration pour l'epineux et multiple dilemme auquel son vis-avis se retrouvait confronte, l'"etre ", qui avait a bien y regarder l'allure d'un delicieux adolescent, ouvrit ses levres vermeilles et dit, sur un ton qui serait bien a propos qualifiable "d'outre-tombe":
"Rendez-moi mon collier."
"Collier? Quel collier? AAAhh, CE collieeeer?? Sacre Kanon, je lui avais pourtant dit de ne pas toucher a ce qui ne lui appartient pas.... "
"Tu peux me repeter ca?"
Grinca Kanon, qui etait en train de reprendre ses esprits, et n'appreciait que tres peu ce genre de plaisanterie.

Puis il fit, en jetant un regard menacent bien qu'encore embrume a l'"etre" qui continuait de flotter doucement a quelques metres de lui:
"Pourquoi tu me hantes? Je ne me souviens pas de t'avoir tue?"
"Kanon, il y a erreur sur la personne, ca n'est pas TOI, qu'il hante, c'est mon chateau... "
Lui souffla Siegfried, comme si ca pouvait rassurer son Dragon persuade d'etre la cible de toutes les maledictions trainant dans le coin.

"Oh, merci, vaaaachement rassurant..."
Fit Kanon, avec un sourire acide, avant de reprendre:
"Bon, alors, tu te depeches de le lui rendre, son collier?!Je te signale que, PAR TES BONS SOINS, je ne peux pas l'enlever tout seul."
"OK, OK, ne bouge paaas... "

Clic!

Une fois le cou de Kanon libere du precieux anneau ferronne, Siegfried se tourna vers l' "apparition", en lui disant, avec le ton apaisant que l'on prend quand on s'est fait encorner une premiere fois, mais que le taureau semble vouloir remettre ca:
"Voilaaa, je le remets a sa place... Touut doucement, avec precautions... Tres beau collier, vraiment, il doit vous... il doit T'aller a merveilles... ahahaha... haha... hem... Kanon, on ne touche plus a ce collier, n'est ce paaas?..."
"Bah pourkoi?"
"KANOooN!!"
"Hinhinhin... "

Tandis que les deux malheureux guerriers, le poil herisse de terreur et la voix eraillee, petaient le peu de fusibles qui leur restaient, l' "etre" leur passa royalement a cote, chevelure de feu ondoyant dans son dos pale, et apres avoir pendant quelques secondes contemple SON collier de nouveau expose en haut de la colonne tronquee, disparut avec un dernier murmure inintelligible.

Figes sur "leur" dalle de marbre, Siegfried et Kanon se regarderent sans un mot, puis, completement refroidis pour le coup, se mirent en devoir de descendre de leur perchoir.

Tres calmement et tout a fait certains de parfaitement arriver a donner le change, ils se mirent a papoter:
"Bon, alors on sort de la, maintenant?"
"Juste le temps de te detacher... C'est vrai qu'il commence a faire un peu froid, et puis je pense qu'il va bientot etre pour moi l'heure de me rendre au Palais. "
"Attends, tu oublie l'autre poignet... Ah, c'est malin, j'ai tout le bras engourdi, maintenant. "
"Desole, c'est vrai que ca commencait a faire un peu long... fais voir? Aah, c'est un peu rouge, hein... "
"C'est pas grave... "
"...."
"... "
"Dis, si je ressors d'ici comme ca et qu'on nous surprend... "
"Ben, je ne sais pas, moi, repasse la robe, juste pour quelques minutes?"
"Ah, ca, jamais!"
"Mais ce serait JUSTE pour quelques minutes, JUSTE le temps de sortir et de regagner nos chambres?"
"J'ai dit NON."
"Bon, alors reste ici TOUT SEUL, le temps que j'aille te chercher des vetements?"
"Heuuu? Non, attends... bon, mais juste pour quelques minutes, alors... "
"Tu vois, quand tu veux?"
"Ah, ne la ramene pas, en plus, hein... hmm... comment ca s'enfile, ca, deja? "
"Attends, je vais t'aider."
"PAS TOUCHE!"
"Comme tu veux, mais tu as mis le devant derriere, et tu as oublie l'un des deux jupons?"
"Tu m'en diras tant... Hmppf!! Voila, maintenant, j'ai le devant DEVANT, content?... Heurrgll!! MAIS?! Mais qu'est ce que tu fabrikhhh?!"
"Je te relace les cordons?"
"Tu veux me tuer ou quoi?! Serrhh pas comme ca?!Irrggh "
"Ca ira?"
" ...arrgl... ca... ihhhhra... jheuu cro .....hha... "

Comme Kanon commencait deja a tituber vers la porte, Siegfried se hata de le suivre, et au cas ou, passa avant lui dans les escaliers.

Allons, le cauchemar etait bientot termine.


Et ben non.


A quelques marches de la fin des escaliers, Siegfried vit une haute ombre a la svelte et altiere decoupe, se profiler dans l'entree du passage secret. Puis une voix feminine qu'il reconnut tout de suite, l'interpella:
"Siegfried? Inutile d'essayer de te cacher dans un endroit pareil! Tu VAS m'expliquer TOUT DE SUITE comment tu as ose te fiancer en cachette et sans ma permission!?"

Siegfried devint blanc comme un linge.

"M... Mere?!"

*** a suivre ***

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