IMPROBABILITES IV (1e partie)
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Disclaimers : Les personnages de Saint Seiya ainsi que la trame scenaristique appartiennent a Masami Kurumada ainsi qu'aux differentes compagnies chargees de la production et de la distribution du manga, de l'anime, et autres produits derives. L'auteur de la presente histoire, n'en tire aucun benefice materiel ou autre et celle-ci n'a ete ecrite que pour le plaisir des fans de la serie.
Genre : Romance, aventure, challenge de coupling improbable.
Couples :
Siegfried x Kanon
Rating :
NC-17
Auteur :
Esthezyl
Notes : ATTENTION!!
Cette fic n'est pas NC-17 pour rien!! (lol) Lemon!! Passages penibles pour les ames sensibles qui voudraient voir nos deux zebres trouver dare-dare le bonheur ensemble!!
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Kanon sentit son sang se glacer dans ses veines en reconnaissant Hilda, deja en train de descendre de son cheval face aux portes principales du chateau. A ses cotes, deux Guerriers Divins dont il ne se souvenait pas vraiment des noms, mais auxquels il pouvait tout de meme associer deux des 7 armures legendaires d'Asgard. Le Cheval Fou porteur de tempetes glacees et brulantes, et le guerrier a la Lyre, assassin raffine au doux visage adolescent.

Le premier cachait une veritable tete brulee derriere un masque militaire, et le second semblait collectionner les masques, au risque de ne plus savoir lui-meme ou etait son veritable "soi".

Ca, c'etait avant la bataille.

Odin seul savait ce que pouvait a present bien cacher de nouvelles angoisses et blessures a l'ame, ces deux enveloppes charnelles un petit peu plus qu'humaines.

Quoi qu'il en soit, ces deux-la etaient aussi dangereux l'un que l'autre, cela ne faisait aucun doute.

La main de Kanon se crispa un peu plus sur le montant de la fenetre a laquelle il s'etait appuye pour ne pas glisser sur le sol, les jambes coupees a la vue de la (enieme...) catastrophe venue s'ajouter sur la liste de toutes celles qui s'etaient succedees depuis qu'il avait eu le malheur de pointer son nez a Asgard.

Ou de croiser la route de Siegfried? Au choix

Il jeta un regard lourd de ressentiment a l' "autre", la, etendu bras en croix sur le lit et ronflant d'autant plus bruyamment qu'il avait passe toute la nuit a rattraper en beaute la copieuse perte de temps qu'avait ete une semaine entiere a lui tourner autour sans le toucher.

Et cela uniquement pour l'amener a s'offrir.

Vous parlez d'un piege. A croire que Siegfried n'avait que ca a penser.

En attendant, Kanon y etait tombe droit dedans, dans le piege!

Le resultat? Siegfried, jusque dans le lit duquel il avait tout d'abord ete traine de force, etait devenu la seule personne dans l'Univers a laquelle il avait fini par s'attacher de son propre gre.

Ce qui ne l'avancait pas a grand chose. Au contraire.

Car second resultat: Il en etait a present a se creuser desesperement la tete pour trouver un moyen rapide et sur d'echapper a une confrontation avec la Souveraine d'Asgard et ses deux gardiens sans avoir a abattre dans son sommeil cet homme qu'il redoutait tout en commencant malgre lui a en apprecier la compagnie (NDLR: la COMPAGNIE ! Seulement la compagnie...Qu'est ce que vous allez imaginer la ... -_-;)

Premiere chose certaine: Il savait, pour en avoir fait l'experience, que fuir etait la derniere chose a faire; Il ne voulait meme pas penser au traitement que Siegfried lui reserverait s'il recidivait. Car il le retrouverait, c'etait sur. Cela lui prendrait tout le temps qu'il faudrait, mais il le retrouverait. Et alors la...

(>.<)

Kanon laissa echapper un gemissement de terreur au souvenir de cet instant terrible ou, alors qu'il fouinait innocemment a droite et a gauche a la recherche de quelque chose a grignoter (Une pomme! Mon royaume-mon armure? - pour une pomme! Mais il n'aurait pas non plus crache sur quelque issue secrete; Apres tout, il etait bien dans un chateau ancestral, non?), il etait tombe sur la collection INTEGRALE des oeuvres du Marquis de Sade en version traduite, dans l'immense bibliotheque du chateau.

NOooN, tout mais pas ca ? !...ni ca!! Quant a ca, rien que d'y penser...

OOOh, il le savait, ce qu'il allait faire?! Il l'avait, finalement, la solution a tous ses problemes?! Il allait s'emparer de ces maudits bouquins pour les jeter dans la premiere cheminee venue!!

Voila, pas plus dur que ca! AHAHAHAHA!!Il etait genial, il le savait!

C'etait vrai, quoi: le grand Dragon des Mers, il n'allait quand meme pas laisser une fichue pile de livres lui gacher la vie, non plus, hein?!...

...
Heu?

Kanon se rendit compte qu'il venait de se prendre la tete a deux mains.

Allons, ca n'etait pas le moment de faire une fixation sur les pretendues lectures de son satyre d'hote!

On reprend donc: Hors de question (et inutile) de chercher a fuir.

Alors que faire? Siegfried allait certainement etre prevenu sous peu de l'arrivee de sa Princesse sur ses terres, pour ne pas dire, sur son pallier, et lui, Kanon, se voyait tres bien traine jusque face a la jeune femme a la longue chevelure argentee et a ses deux gardiens furibonds, par un Guerrier Divin d'Alpha tout fier de sa "prise" dont il se ferait un plaisir de demontrer la docilite tout recemment inculquee (NDLR: et de quelle facon, je vous le demande?!).

Kanon sentit ses cheveux se herisser sur sa tete a la vision cauchemardesque de ce satane pot de colle Asgardienne le forcant a se prosterner tout en lui assurant tout bas que plus il aurait l'air de regretter ses actes, plus il aurait des chances de mourir sans trop, trop, avoir ete torture avant.

Rhaaah, l'HORREUR!!.

Un peu plus, et il en oublierait sa resolution de ne pas tenter d'abattre Siegfried pendant qu'il le pouvait encore.

Non, parce que, plus il y reflechissait, et plus la situation lui semblait sans issue:

Son armure du Dragon de Mers avait ete reduite en miettes, et a supposer qu'elle soit encore intacte, elle ne se laisserait certainement jamais revetir par un homme qui etait plus une parfaite incarnation du Mal. Il aurait donc a se defendre avec ses poings nus. Et a la seconde ou il se retrouverait oppose a Hilda, Siegfried se retournerait contre lui. Cela ne faisait aucun doute.

Que faire, donc?!

MAIS QUE FAIRE?!


Kanon commencait a d'autant plus paniquer, qu'il entendait le remue-menage provoque par l'arrivee d'Hilda, envahir le chateau etage apres etage en se rapprochant peu a peu de cette chambre dont il se retrouvait prisonnier, quand il se rendit compte que la porte etait ouverte, et que Greta, la tete passee par l'interstice, etait en train de lui faire de petits signes de la main.

Il ouvrit de grands yeux, s'approcha d'elle d'un air interrogateur.

Que pouvait-elle bien lui vouloir?

Et brusquement, alors qu'il etait encore a deux bons metres d'elle, elle s'elanca vers lui, et le saisit par un poignet d'un air impatient.
"Mais depechez-vous, voyons! Le temps nous manque!"
"??!"

Et il se retrouva entraine hors de la chambre, par une Greta dont les deux compagnes (et complices, a n'en pas douter) qui l'attendaient a l'exterieur, se haterent de passer derriere lui pour le pousser vers la chambre voisine.

Que pouvaient-elles donc bien avoir en tete?

Il les devisageait avec stupeur, quand Greta reprit, sur un ton grondeur:
"Vous auriez pu vous habiller, tout de meme, au lieu de rester plante devant la fenetre comme ca?! Si je n'etais pas venue vous chercher, vous y seriez encore! Mais depechez-vous, voyons?! Imaginez que vous tombiez nez a nez avec notre Princesse, dans cette tenue?!"

Effectivement, Kanon n'etait habille que d'un simple et unique drap, qui trainait d'ailleurs royalement par terre( l'un des draps du lit "King Size" de Siegfried... y'en a qui se privent de rien...).

Surprenant le grand sourire de Lorelein qui trottait pres de lui, il se rendit compte que son epaule droite et sa poitrine a demi denudee portaient suffisamment de traces de la nuit, pour que n'importe qui soit en mesure d'en tirer quelques conclusions evidentes.

Il se mordit les levres, et s'enveloppa jusqu'au cou dans le large drap, tout en esperant que son visage n'ait pas tourne au rouge brique, comme il le redoutait.

Enfin, la porte de cette chambre qu'il ne connaissait pas, se referma sur lui et ses trois "guides".

Immediatement, il se vit encercle.

"Vous n'avez pas envie de vous faire executer, n'est ce pas? !"
"Et vous savez que notre Seigneur ne va pas avoir d'autre choix que de vous livrer."
" Parce que si le Seigneur Siegfried essaie de vous proteger, il risque a la fois son titre, sa vie, et son honneur. Ne serait-ce que par egard pour nous, il ne peut pas commettre une telle erreur."
"Vous savez aussi que vous ne pouvez pas fuir, ni vous defendre."

Et la, court, mais lourd silence avant que toutes les trois ne lachent en conclusion, et sur un ton ne souffrant aucune replique:
"Donc, laissez-nous faire!!"


AU SECOURS!!!!!!!!
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Siegfried se reveilla juste a temps pour voir Kanon entraine hors de la chambre par une Greta toute excitee.

Nul doute qu'il le retrouverait habille de soie, cheveux nattes et attaches par un nouveau ruban d'ici une heure. La derniere fois que Kanon etait tombe dans une embuscade de ses trois servantes, il en etait ressorti pomponne et parfume comme le toutou a sa memere. Sauf que ca n'etait pas au toutou en question que Siegfried avait cette nuit-la reve d'arracher vetements et petits cris de plaisir indecents...

Avec un sourire de delice anticipatoire, le Guerrier Divin d'Alpha se mit en tete d'aller guetter l'instant precis ou ses servantes relacheraient le malheureux.

Non, parce que c'etait toute une loooongue semaine d'abstinence, qu'il avait a rattraper!

Sur son honneur, il ne serait jamais dit que le Guerrier Divin d'Alpha aurait perdu une seule occasion d'aller taquiner du Dragon.

Et en riant d'aise, Siegfried se dirigea vers la fenetre donnant sur une cour curieusement bruyante, de si bon matin.

Siegfried fixa pendant une bonne minute, et avec des yeux ronds hallucines, la cour de son chateau transformee en ruche tombee de l'arbre. Serviteurs et gardes meles et hurlants courant en tous sens comme autant d'abeilles folles, donnaient au decor des allures de panique totale comme il n'en existe qu'au premier jour de Revolution ou d'Apocalypse (NDLR: non, l'auteur n'a vecu aucune apocalypse Ah, vous non plus?)

Et Siegfried cherchait des yeux le sombre cretin ayant fait tomber la ruche de son arbre c'est a dire la raison d'une telle panique, quand un de ses majordomes fit litteralement irruption dans sa chambre, sans frapper, son uniforme de travers, et parfaitement echevele.

Sans meme remarquer qu'il venait de surprendre son Seigneur integralement nu et debout face a une fenetre PARFAITEMENT TRANSPARENTE donnant sur l'exterieur, l'intrus et futur balayeur de stalles Seigneuriales hurla litteralement:
"Momomo, Monseigneur!! La Princesse Hihi, Hihi, Hilda!!!! ...est annoncee dans le Grand Salon!!!"

Siegfried crut que son coeur allait lui sauter hors de la poitrine, et vira instantanement au gris cadaverique (NDLR: ca, c'est le foie ).

Ca n'etait pas possible? !

Pourquoi aujourd'hui, pourquoi pile maintenant? !

Il n'etait pas pret, il ne pouvait pas... il, il...
Une seconde?!!!

OU...

OU ETAIT KANON? !!

Horrifie, il entrevoyait deja la seconde ou il allait decouvrir la tete du Dragon des Mers detachee de son corps et ayant roule jusqu'aux aux pieds d'une Souveraine d'Asgard aux mains tachees de sang, quand a la suite du majordome au bord de la crise de nerfs, deboulerent dans la chambre un veritable troupeau de serviteurs n'ayant qu'une seule idee: le rendre presentable avant de l'entrainer, de force s'il le fallait(!), jusque face a la demi-Deesse qu'il etait hors de question de faire patienter une seule fraction de seconde de plus!

Et Siegfried, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, se retrouva lave, coiffe, et habille de frais.

Puis il fut bien oblige de se presenter face a Hilda et a ses deux compagnons d'armes un rien surpris par l'etat dans lequel leur arrivee avait plonge le domaine tout entier.

Recuperant miraculeusement ses moyens, il salua sa Souveraine, qui eut pour lui ce doux sourire qu'il lui connaissait depuis sa plus tendre enfance.

Assise dans un large fauteuil qui avait ete tout expres rapproche de l'immense cheminee sculptee aux armoiries de la Famille Siegfried, elle si fine et si fragile emplissait le fond de la salle plongee dans une douce penombre, de sa seule presence. A bien y regarder, elle se detachait pourtant sur un halo de flammes oranges qui la faisait paraitre plus pale et frele que jamais...

Il n'eut pas besoin de beaucoup s'approcher pour lire sur son visage les indices d'un reel epuisement, apres ce qui avait du etre un voyage a cheval extenuant.

Mais, egale a elle-meme, elle tournait vaillamment vers lui ce beau visage aux traits nobles et au travers duquel transparaissait une ame droite et pure. Ce visage dont la seule vue suffisait generalement a apaiser toutes les tempetes de son coeur trouble.


Ce jour la, il se surprit, pour la premiere fois de sa vie, a eviter son regard.

Ce fut plus fort que lui. Tout a coup, il sut qu'il etait en train de fixer le tapis de fourrure sous ses pieds, comme s'il constituait le seul detail reel du decor.

Il ne voulait pas y croire, essayait en vain de se persuader que le responsable de trois guerres divines, dont il avait fallu qu'il fasse par-dessus le marche son amant, et SA Princesse, pour laquelle il avait donne et donnerait encore sa Vie et plus, etaient reunis sous le meme toit.

Sous son toit.

Qu'il se passe quelque chose, et toute la responsabilite lui en reviendrait.
Et le fait etait qu'il ne pouvait pas ne rien se passer.
Il en avait l'intime conviction.
**** **** ****

Quel etait donc cet homme bleme, qui fixait desesperement le sol, face a elle?
Pourquoi evitait-il son regard?
Cette voix... Cette voix desincarnee qui semblait avoir du mal a traverser l'espace pour parvenir jusqu'a elle, alignait banalites apres banalites, sur un ton absolument monocorde.

Cette voix etait-elle vraiment celle du plus grand Guerrier d'Asgard, du fier Heros Siegfried?

Hilda, atterree, ne se rendit meme pas compte que Siegfried venait de s'enquerir de la raison de sa visite.

Elle s'etait levee lentement, tout en le fixant, et les deux autres Guerriers Divins qui l'avaient escortee jusqu'a ces lieux et qui se tenaient legerement en retrait, avaient de fait ete eux aussi saisis par un tel malaise a la vue de ce Siegfried qu'il ne reconnaissait pas, qu'ils n'avaient meme pas percu son geste.

Ca n'est que quand elle esquissa un pas vers le Guerrier d'Alpha, que Mime sursauta, comme sortant d'un reve, puis reporta immediatement son attention sur elle. Quand a Hagen, il passa de l'hebetement a la panique, et se mit a scruter tour a tour Hilda et Siegfried avec l'espoir de comprendre quelque chose a la situation(NDLR: Ne te fatigue pas, Hagen ).


Hilda s'approcha de Siegfried, lui prit une main dans les siennes, et tout en cherchant son regard, murmura:
"Siegfried? Que se passe-t-il?"


Siegfried releva la tete.

Il avait trop de choses sur le coeur, trop de choses sur la conscience, il ne supportait pas l'idee de cacher quoi que ce soit a cette jeune femme qui avait su dominer sa fatigue pour se lever et marcher jusqu'a lui.

Mais d'un autre cote, que pourrait-il bien lui dire? Lui-meme ne comprenait pas comment il avait pu en arriver la, pourquoi il avait choisi de ramener Kanon chez lui au lieu de l'abattre sur place comme il aurait ete son devoir de le faire.

Et passe encore de lui avoir laisse la vie sauve, mais comment pourrait-il jamais justifier la suite? Toute la suite?

Il n'avait aucune excuse valable, pas assez d'imagination ou de courage- voire d'audace- pour en construire une de toutes pieces, imaginait tres mal que sa Princesse puisse comprendre ce qui avait bien pu se passer dans sa tete, la ou lui-meme avait renonce a chercher la moindre explication logique... et pour couronner le tout...

La seule pensee que sa Princesse puisse se douter de la moitie du quart de ce qui... de ce que... de la facon dont lui et Kanon avaient...

Avaient...

Enfin bref, quoi qu'il arrive, hors de question de laisser deviner quoi que ce soit.
Alors?

Au mieux...

Reveler la presence de Kanon en evitant tout detail superflu, et le livrer a la justice d'Asgard?
Il pouvait d'ici voir ces yeux turquoise s'agrandir d'horreur incredule, puis se teinter de colere humiliee.
Il ne croyait pas au Pere Noel, il savait que son "captif", se sentant trahi, ne se generait pas pour faire un scandale, abandonnant toute fierte pour mieux blesser la sienne.

Certainement redeviendrait-il ce bloc de froideur auquel il s'etait tout d'abord heurte, avant de se retourner contre lui pour exiger sa vie en tant que prix d'une confiance bafouee.

Kanon avait beau etre le criminel le plus recherche de la Planete, Siegfried commettrait lui aussi un crime en le ravalant brusquement au rang d'objet de plaisir dont on se debarrasse a la premiere occasion, alors que Kanon n'etait plus a present qu'une masse d'emotions instables recherchant desesperement a prendre forme humaine.

Siegfried se sentit parvenu au bord du gouffre

Il lui avait promis, comme il s'etait promis a lui-meme, de ne pas l'abandonner dans cet etat-la... comment pourrait-il le trahir?

Comment pouvait-il meme y songer?
Et comment pourrait-il continuer a vivre apres cela?
Il n'etait pas comme Kanon, il avait une conscience, lui (!)...

Il avait besoin de temps.
Du temps pour reflechir, et peut-etre, au mieux, amener Kanon a sincerement regretter ses actes et se livrer.

Ce a quoi son Dragon etait loin d'etre pret, soyons realistes; Un enfant qui a mis le feu a la maison de ses parents en jouant avec des allumettes, voila a quoi son attitude lui faisait penser.

Sens des responsabilites? 0%.
Cas de conscience? 0%
Remord? Allons donc -_-;

Il ne faisait aucun doute qu'il recommencerait si on lui en donnait l'occasion.
Ce qui lui tenait pour l'instant le plus a coeur etait de comprendre la nature du changement qui avait commence a s'operer en lui.
Et c'etait deja beaucoup.

Refermees autour de la main du Guerrier d'Alpha, celles d'Hilda lui parurent brulantes.

Pourquoi donc avait-il fallu que sa Princesse lui fasse le coup de la visite-surprise, au moment meme ou il commencait a savoir comment le "tenir", son Dragon? .

Pourtant, il ne lui aurait fallu qu'encore un peu de temps...
Juste encore un peu...
Non, il ne pouvait pas tout gacher maintenant!

Et Siegfried choisit de continuer a se taire.
***** ***** *****

Siegfried, tout en essayant de faire l'impasse sur le persistant etau qui oppressait sa poitrine, se redressa, plongea son regard bien droit dans celui d'Hilda, et se prepara a devoir, pour la premiere fois de sa vie, lui mentir.

En un quart de seconde, il sut qu'elle etait en train de lire le futur mensonge dans ses yeux.
Sa voix se bloqua net dans sa poitrine.
Il se sentit sur le point d'exploser.
Il se sentit sur le point de tout lui avouer.
"Je ne peux pas me taire plus longtemps. Princesse Hilda, je... "

Toutes ses forces l'abandonnerent brusquement; Il sentit qu'il allait tomber a genoux pour tout avouer, et recommanda par avance son ame a toute Divinite qui voudrait bien prendre le risque de s'en charger


Greta entra dans la salle.


Elle vit Hilda serrant entre ses mains l 'une de celles de son Seigneur, et tous deux se tenant devant l'atre de la cheminee dans la situation typique dite "couple qui vient de se retrouver apres une longue separation".

Toute rouge, vaguement irritee (NDLR: Bah pourkwa?), la jeune servante balbutia:
"Ah? ! P... Pardonnez-moi, Monseigneur, j'ai frappe et j'ai cru vous entendre m'autoriser a entrer ? Mais, heu... Je vous derange, n'est ce pas?"

Greta, qui avait par contre longuement ecoute a la porte N'Y AVAIT PAS frappe, et N'AVAIT entendu PERSONNE l'autoriser a entrer..
Seulement, de cela, nul ne s'en douterait jamais, tant les evenements, a l'interieur du Grand Salon, avaient obnubile tout le monde.

Mais Siegfried restait bouche bee, interdit, coupe au beau milieu de son elan dramatique.

Incapable de reagir, il vit Greta (en profiter ehontement pour) reprendre:
"Mademoiselle Pandore m'envoie pour vous demander si la promenade a cheval que vous lui avez promise devra etre reportee."
"??"

Mademoiselle Pandore???

"Mademoiselle m'a aussi chargee de vous dire qu'elle vous attend dans le Petit Salon, ou elle compte se reposer et commencer a lire l'un des ouvrages dont vous lui avez parle hier. "
"??"
"Mademoiselle espere pouvoir vous saluer avant l'arrivee de Madame votre Mere cette apres-midi."

Et Greta, apres une rapide reverence, s'eclipsa aussitot, refermant derriere elle la porte de la salle.

Siegfried, petrifie, incapable de meme trouver la force de penser, commencait a confusement avoir un mauvais pressentiment, quand Hilda, tout de meme un peu destabilisee, lui dit avec un gentil sourire:
"Siegfried, nous t'attendons ici. Cela ne se fait pas de faire attendre une Dame, tu devrais te depecher d'aller la saluer."

Siegfried hocha la tete, sourit de facon tout a fait mecanique, et se dirigea au pas de charge vers la porte.

Mais qu'est-ce que c'etait encore que cette histoire? !
Ca y est, il avait de nouveau les nerfs en pelote!
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Greta, embusquee derriere la porte du Grand Salon, guetta l'instant precis ou son Seigneur en sortait, pour lui glisser :
"Mademoiselle Pandore est une amie etrangere de Madame votre Mere, elle ne parle pas notre langue, et a la sante fragile."

Siegfried ouvrit la bouche, la referma, emit une espece de petit grondement-gemissement de mauvaise augure, et allait positivement incendier sa jeune servante, quand celle-ci se metamorphosa brusquement en grande actrice dramatique. Elle ouvrit de grands yeux, leva theatralement les mains au ciel avec un petit cri etouffe, puis, en prenant une petite mine mi-affolee mi-grondeuse, le contourna a la hate pour se diriger a toute vitesse vers l'escalier derriere lui.

Il l'entendit s'exclamer:
"Mademoiselle? ! Vous ne devriez pas vous promener toute seule dans ce grand chateau glacial, vous allez attraper mal? !"

...Mademoiselle??

Siegfried se retourna.
Et tomba fou amoureux.

C'etait Kanon, il n'y avait aucun doute la-dessus.

Ces boucles bleues a la fois rebelles et soyeuses, bien qu'en partie relevees et disposees avec gout autour d'un visage dont elles adoucissaient encore les contours, ne pouvaient appartenir qu'a lui.

Comme ces yeux magnifiques legerement soulignes de turquoise, et le rouge delicat de levres qui n'avaient pas eu besoin d'etre peintes.

Epaules d'une largeur par trop peu feminine dissimulees sous un grand chale assorti a une longue robe de velours et dentelle noires dont les drapes superposes masquaient habilement des mains qui n'auraient manque de le trahir, il se tenait en haut des marches avec cette prestance feline que Siegfried lui connaissait si bien, et son habituelle aisance a se mouvoir dans l'espace comme un chat a la demarche feutree, se metamorphosait en grace troublante a chaque fremissement de lourd velours nuit sur les larges dalles de marbre glace.

Une panthere noire devenue Femme (?)

Le souffle court, Siegfried en avait tout net oublie son irritation, comme cette angoisse tenace qui lui avait pourtant donne envie d'abandonner honneur et vie pourvu d'en finir rapidement.

Tout en soupconnant le port d'un corset au vu de l'extraordinaire minceur de cette taille naturellement cambree, et y voyant la raison pour laquelle les joues de la "creature" qui lui faisait face etaient aussi delicieusement teintees de rose et son expression empreinte de douleur contenue, il se mit a consciencieusement graver dans sa memoire chaque detail d'une scene digne de ses reves les plus fous.

Kanon en robe.

Et splendide, par-dessus le marche!!

Merci, Greta!! (NDLR: Merci, Greta!! *^^*)


Kanon, en evitant soigneusement de le regarder, commenca a descendre les marches.

Cela, tout en recitant interieurement toutes les plus belles insultes et maledictions qu'il connaissait, tant il avait de mal a respirer a cause de cet instrument de torture nomme "corset", dont ses trois bourreaux en jupons, desesperant d'arriver a le faire rentrer dans une robe qui allait peut-etre lui sauver la vie, avaient fini par lui imposer le port.

Si encore il n'avait eu qu'a le porter, mais POURQUOI avait-il fallu qu'elles le lacent si etroitement? ! Elles s'y etaient mises a trois, pour tirer comme des forcenees sur les cordons jusqu'a ce qu'il soit virtuellement impossible de plus les raccourcir? !

Il fallait voir dans quel etat il etait maintenant: a demi asphyxie, epuise, et faible au point de ne pouvoir marcher sans prendre appui sur quelque chose.

Il avait rase les murs en s'y accrochant presque, avait descendu un escalier en etant certain de perdre connaissance a chaque marche, s'etait repose un nombre incalculable de fois, juste pour reprendre son souffle...

Et il se retrouvait a devoir descendre un second escalier.

Que quelqu'un lui fasse une seule remarque, se permette un seul sourire a la vue de sa tenue, et il sentait qu'il allait... pleurer.

Oui, pleurer. Et ensuite, il se saisirait de la personne en question, lui ferait manger jusqu'a la derniere feuille cette redoutable Integrale des oeuvres de Sade (Ca y est, il l'avait trouve, le moyen de s'en debarrasser!), avant de lui refaire posement le portrait et de l'achever. Puis il se jetterait lui-meme du haut du toit de ce maudit chateau apres y avoir posement mis le feu et devie Meteo sur Asgard, tant qu'a faire(NDLR: private joke. C'est du FF7.Y'en a qui comprennent?).

Tout en se retenant de ne pas demolir a coups de poings cette fichue rampe qu'il n'arrivait pas a saisir a cause de ces &%#$ de manches dont les pans de velours lui couvraient presque toute la longueur des mains ( sans parler de la dentelle qui froufroutait a droite et a gauche), il se jura d'en outre provoquer une quatrieme guerre dans le seul but de parvenir a abattre ce fleau naturel nomme Greta.

Celle-ci, qui l'avait rejoint et se donnait un malin plaisir a l'aider a descendre les escaliers, etait tout sourires, comme ses deux acolytes retranches dans l'ombre d'une porte, yeux brillants quasi-vampiriques obstinement fixes sur sa malheureuse personne.

Et l'autre ahuri, en bas, qui le devorait des yeux d'un air beat...

Il allait sauter directement a bas des escaliers pour plus vite aller se claquemurer dans le "Petit Salon", si ca continuait?!
Ca commencait a bien faire, franchement


"Siegfried? Que se passe-t-il?"
Fit tout a coup une voix derriere le Guerrier d'Alpha.

Hilda, qui avait ete surprise de le voir se figer dans l'encadrement de la porte du "Grand Salon"alors qu'il etait cense en sortir, et plus surprise encore de l'y voir y rester absolument immobile pendant 1 longue minute, yeux fixes sur quelque chose qu'elle, ne voyait pas.

Alors elle l'avait rejoint.

Intriguee par l'expression de son visage, entre celle du chasseur qui a repere une proie, celle du Satyre qui vient de surprendre une Nymphe assoupie au bord de son lac, et celle du petit garcon qui voit une Fee sortir de son livre d'images, elle decida de satisfaire sa curiosite, et franchit le seuil du Grand Salon, passant devant un Siegfried pour le coup aux affres de l'horreur.

Elle tourna son regard vers l'escalier.

Et tomba amoureuse. (NDLR: TADAAAAM!! Vous ne vous y attendiez pas, a celle la, hein? !BWAHAHA!!)

Plus encore que l'extraordinaire beaute de cette femme qui descendait les grands escaliers avec une grace incomparable, bout des doigts fremissants effleurant la rampe comme par megarde, plis de tissu sombres aux reflets luisants argentes caressant les marches a chaque mouvement, c'etait tout ce qu'elle put (crut )lire dans sa physionomie comme dans son maintien, qui fit battre son coeur comme elle sut qu'il n'avait jamais battu pour quiconque.

Cette femme aux yeux turquoise limpides avait une veritable aura; Et aux yeux de quelqu'un d'aussi sensible qu'Hilda, cette aura etait un puits sans fond, une tempete de souvenirs brouilles reposant au centre d'un cyclone d'emotions diverses et aussi violentes les unes que les autres. Elle lut la fragilite qui impregnait cette haute silhouette altiere, comme elle devina violence cachee, caprice, egoisme propres a l'enfant qui ne sait exprimer son amour. Elle percut ce parfum dangereux et sauvage qui ennivre et seduit, mais aussi une paradoxale et touchante innocence, une faiblesse.

Quelque chose d'eperdu et naif...

Cette femme, d'ou qu'elle vienne, quel que soit son passe, etait le plus doux des poisons.
Elle s'en sut victime et accepta son sort.

Au vu de l'expression de Siegfried, elle etait d'ailleurs pas la seule.
Et elle ne serait pas la derniere

Hagen et Mime, qui l'avait suivie et se tenaient a present a ses cotes, n'avaient plus d'yeux que pour la belle etrangere, semblant guetter chacun de ses gestes tout en esperant croiser son regard.

Mais Elle, qui s'etait immobilisee, gardait les yeux fixes sur les marches.
Hilda se rendit compte qu'Elle tremblait doucement, la vit se troubler toujours plus chaque seconde.
Alors elle reagit:
"Siegfried? Voudrais-tu nous presenter a cette Dame?"

Siegfried etait a present blanc comme un linge.
Il ouvrit la bouche, un son inarticule sortit de sa gorge; Enfin, il se passa une main tremblante sur le front, en balbutiant:
"Mademoiselle Pandore, une amie etrangere de ma Mere. Elle... ne parle pas notre langue. "

A ce moment la, Greta, qui se tenait pres de "Pandore", gravit quelques marches pour se hisser a sa hauteur, et lui glissa 2-3 mots a l'oreille.
Sursaut et subite rougeur de la belle etrangere, qui se hata de repondre tout aussi bas, mais avec une certaine vehemence.

Voici ce qu'il se dit entre la malicieuse comedienne et sa poupee preferee:
"Vous allez devoir saluer notre Princesse... "
"De quoi? ! Pas question, ne te mele pas de ca, je retourne dans ma chambre!!"

Peine perdue.
En redescendant les marches pour revenir a sa place precedente, Greta declara gaiement, et sans laisser a Kanon le temps de fuir:
"Si vous me le permettez, je peux traduire vos propos. Mademoiselle brule de pouvoir echanger quelques mots avec notre Veneree Princesse Hilda de Polaris."

Il y eut alors deux sujets masculins (dont un pas trop reconnaissable) pour vouer la jeune servante a tous les Diables.


Hilda, absolument ravie, s'avanca de quelques pas tandis que la malheureuse Pandore, discretement poussee par une Greta feignant le devouement le plus total, se voyait lentement mais surement entrainee jusqu'en bas des escaliers.

L'incident se produisit alors qu'il devait bien rester a Kanon une quinzaine de marches a descendre.

L'air lui manquait deja, mais a la semi-asphyxie s'ajouta le poids de la robe. Ca n'etait pas un probleme en soi, habitue comme il etait a porter une armure autrement plus lourde; Seulement, ce poids etait reparti de facon inhabituelle, et lui etant deja dans un etat d'epuisement croissant, se laissa surprendre.

Il eut un etourdissement, sa main chercha la rampe sans la trouver, et alors qu'il se penchait legerement en avant pour essayer d'amener le plus d'air possible dans sa poitrine oppresse, il se sentit tomber.

Hilda vit "Pandore" devenir brusquement bleme, et commencer a perdre l'equilibre sans trouver la force de se rattraper a quoi que ce soit; Elle eut un petit cri, mais se reprit et s'elanca en avant pour essayer de prevenir une chute imminente.

Alors prit-elle pleine conscience de la taille stupefiante de celle qui, les yeux fermes et une expression douloureuse sur son beau visage entoure de boucles soyeuses, etait sur le point de lui tomber, non pas dans les bras, mais bel et bien dessus!

Elle n'aurait pas la force de... !!

Elle n'etait de fait qu'a cinq ou six marches de Kanon, quand Siegfried, surgi de nulle part, et Greta qui etait in extremis passee devant sa "protegee", la rattraperent juste a temps.

Apres un soupir de soulagement et avec sourire bienveillant, Hilda fit, en voyant Pandore certes effondree, mais au moins, a l'abri dans les bras de Siegfried:
"Vous devriez vous reposer, Mademoiselle. Vous me semblez epuisee... "

Kanon, furieux contre lui-meme et contre tout le monde d'ailleurs, faillit repliquer vertement quelque chose du style:
"Epuise? ! Et bien oui!! Et s'il n'y avait que cela, mais en plus, j'ai mal partout! Et par la faute de qui, je vous le demande? !"

Mais alors qu'il ouvrait la bouche pour cracher tout le venin qu'il avait en reserve, Siegfried se releva en l'enlevant dans ses bras!

Mais ca va pas? !Calme ta joie, espece de sauvage? !

Instinctivement, il lui passa un bras autour du cou, avant de se demander avec effroi si cela ne s'etait pas vu, que Siegfried venait de soulever un corps aussi lourd que le sien.

"Je vais raccompagner Mademoiselle dans sa chambre... "
Dit cependant Siegfried, impassible.

Comprenant que cette rencontre avec la "belle etrangere" avait toutes les chances de rester la premiere et la derniere, Hilda gravit en toute hate les escaliers pour aller se saisir, a travers les plis de velours noir de manches decidement bien longues, d'une des mains de "Pandore".
"Venez nous rendre visite au Palais! Le Samedi de cette semaine est un jour de fete populaire, et vous etes la bienvenue, Mademoiselle. J'attendrai avec impatience de pouvoir vous rencontrer a nouveau!"

Puis elle rajouta, en se grondant d'avoir montre si peu de reserve en public:
"Mais si vous ne deviez pas encore etre remise, faites le moi savoir. Je viendrai alors vous rendre visite... si, si vous y consentiez bien sur..."

Hilda, de plus en plus honteuse de son elan irreflechi vers cette "personne" qu'elle ne connaissait pourtant pas, se permit un dernier sourire timide, avant d'enfin liberer la main qu'elle avait tenue serree entre les siennes tout ce temps.


Kanon, quand a lui, regardait d'un air effare cette femme dont il avait cause tous les malheurs, et qui venait, s'il ne s'y trompait pas, de le traiter comme sa(!) future plus grande amie.

Voire, de lui faire la plus ardente des declarations.
Declaration de quoi?
Il n'avait pas trop envie d'y penser.

Bah, apres tout, qu'y connaissait-il, en matiere d'amitie feminine?
Et puis, hein, il etait epuise, alors...
Ca n'etait pas maintenant qu'on allait lui demander de reflechir, quand meme? !

hmm?

Tiens, Siegfried etait en train de le porter jusqu'en haut des escaliers.
D'un pas sur et rapide, voire un peu precipite.
Il en fait, une tete, dites donc...
Vu d'en bas, ca devait faire un peu style "Autant en emporte le vent"
Heu...
C'etait quoi, la suite a cette fameuse scene, d'ailleurs?!

O_O;

!! > o <;;;

Ooooooohhh, meeeeeeeeeeee...de!! J'avais oublie que j'etais en robe moi?!
Et c'est tout juste s'il n'est pas en train de me baver dessus, l'autre obsede?!

OSKOUUUUUUUR!!


"Siegfried, ca va , tu peux me lacher, la, plus personne ne nous voit."
"... "
"Siegfried, j'ai dit que tu pouvais... mais, heu... allo??.. On va ou, comme ca?! Lache-moi, j'ai dit?!SIEGFRIED, C'EST PAS DROLE?! MAIS LACHE-MOI, ESPECE DE... ?!"

Siegfried deposa enfin Kanon sur le sol.

Puis il lui dit, sur un ton d'outre tombe et avec un regard lourd de sous-entendus:
"Toi, tu ne perds rien pour attendre "
" ?!... Mais, mais j'ai, j'ai rien fait, moi?!"
Protesta Kanon, de nouveau dans le role de la souris face au chat, et en se tassant contre le mur du couloir dans lequel ils se trouvaient a present.

"Sans blagues?! Alors explique moi ce que tu fabriques dans une des robes de ma Mere?!"
"Une des robes de... ?! (Gloups) Mais! Je ne le savais pas?! C'est pas moi, c'est vrai, on m'a force!! Je me suis brusquement retrouve habille comme ca?! "
" 'veux pas le savoir. "
Gronda Siegfried, en se penchant sur lui pour lui passer une main derriere la tete et defaire, d'un mouvement, l'attache de ses cheveux. Ces derniers se deployerent aussitot sur la poitrine, dans le dos et sur les epaules de Kanon, qui ne pourrait jamais imaginer a quel point ce spectacle le desservit dans sa tentative pour calmer Siegfried.

Le Guerrier Divin, ses deux avant-bras poses contre le mur autour de Kanon, au niveau de sa tete, lui souffla tout bas, a l'oreille:
"Je t'interdis d'enlever cette robe avant mon retour.Tu as bien compris? Pandore... "

Kanon tressaillit, sentit ses jambes se derober sous lui, puis glissa sur le sol, c'est a dire au milieu des volumineux drapes de velours meles de dentelle, de sa longue robe.

Siegfried contempla un instant cette splendide rose de velours noir gisant tous petales ouverts, a ses pieds, avant de se retourner et de s'eloigner.

Juste le temps d'inciter(de facon tres diplomatique bien sur) Hilda a abreger sa visite, et il aurait tout le temps devant lui pour regler ses comptes avec tout le monde.
***** ***** *****

Hilda ne se fit pas prier pour retourner au Palais; Elle etait venue en quete d'explications a l'etrange conduite de son ami et confident de toujours, et elle pensait avoir trouve ce qu'elle cherchait.

L'explication avait pour nom "Pandore".

Il ne lui avait pas fallu longtemps pour identifier ce qui rayonnait litteralement des yeux de Siegfried quand il posait les yeux sur sa "belle inconnue".

Un melange d'Adoration (??) et de Desir fous.
C'en etait meme genant.
Il allait devoir apprendre a dissimuler ses sentiments, ne serait-ce que par egard pour son entourage.

Quoique, elle etait mal placee pour le juger.

Autant trouvait-elle attendrissant d'avoir pu etre temoin de la transformation de son Guerrier Divin d'Alpha en amoureux transi a peine capable de soutenir une conversation normale, autant s'en voulait-elle d'avoir "agresse" la belle inconnue comme elle l'avait fait.

Elle aurait a se rattraper la prochaine fois qu'elle la rencontrerait.
Car elle la reverrait, elle n'en doutait pas un seul instant.

Mime et Hagen, encore assommes par la splendeur de cette femme que Siegfried avait, sans l'ombre d'une hesitation, enlevee dans ses bras avant de faire une sortie theatrale digne des plus grands Love-Stories de l'Histoire, ne se rendirent pas compte que leur compagnon d'armes et Superieur les avait litteralement jetes dehors a la suite de leur Princesse.

A vrai dire, s' ils n'avaient jamais eu la moindre raison de le detester, cela risquait de changer sous peu.

Comment avait-il pu leur cacher l'existence, sous son toit, d'une telle Venus?! (NDLR: Et la, l'auteur se marre, mais se maaarre... )

Ils n'etaient pas prets de le lui pardonner.
Sans en venir pour autant a la lui disputer, il y avaient certains plaisirs des yeux qui... que... enfin, hein, bon.
Non mais.
**** **** ****

Kanon, inquiet de savoir combien de temps il lui restait avant de voir la fureur(entre autres) de Siegfried lui tomber dessus ALORS QU'IL N'AVAIT RIEN FAIT???!!! L'avait discretement suivi, retournant carrement jusqu'en haut des escaliers, et se tenant prudemment dissimule dans une ombre providentielle.

Il avait vu Siegfried entrer dans le Grand Salon, et avait eu la stupeur de le voir en ressortir aussitot, accompagne par ses visiteurs de toute evidence prets a s'en retourner.

Mais... mais.... non, c'est pas vrai, ils ne vont pas me faire ce coup-la?!

Il avait ensuite vu Siegfried FLANQUER dehors Mime et Hagen, avant de faire refermer les portes de l'entree principale, et de congedier tous les serviteurs presents.

Greta et ses compagnes s'etaient bien sur eclipsees depuis longtemps, mais en voyant Siegfried les chercher du regard, il sut qu'elles ne perdaient rien pour attendre.

...!!!
Mais il n'allait quand meme pas s'inquieter pour ces empoisonneuses?!
Non, parce qu'il sentait son tour arrive, la?!

Il venait tout juste de commencer a s'inquieter pour son propre sort, quand Siegfried se retourna brusquement pour braquer ses yeux droit sur le coin d'ombre ou il avait eu l'ephemere folie de se sentir en securite.

Il ne l'entendit pas, mais il vit ses levres murmurer:
"Kanon... "

Puis soudain, d'une voix de stentor qui le fit sursauter puis reculer dans l'ombre, yeux ecarquilles et souffle coupe net (NDLR: la, imaginez une souris en robe de velours noir, le poil herisse et les yeux ronds comme deux roues de moulin):
"Ne bouge pas de la!!"

Et Siegfried marcha droit vers l'escalier, les poings crispes et le regard etincelant.

Kanon lacha un cri, se sauva immediatement, a toute vitesse.
Quelque soit le sort que Siegfried puisse bien lui reserver, il etait hors de question de rester dans une tenue pareille.

A la limite, d'accord pour se laisser taper dessus; Il commencait a avoir l'habitude et il s'estimerait heureux si cela suffisait a calmer Siegfried... MAIS si se faire massacrer, c'etait OK (...oui, enfin, dans certaines mesures quand meme...), par contre, PAS en robe!

Jamais de la vie!

Et Kanon, tout en ramassant ses jupes pour courir plus vite, commenca a grimper les escaliers les uns a la suite des autres. Sans bien sur se demander ce qu'il ferait une fois arrive sur le toit.

Siegfried, quand a lui, ne se pressait pas du tout.

Il etait ne dans ce chateau, en connaissait les moindres recoins; Il voyait mal comment Kanon pourrait bien lui echapper.

Alors il prenait son temps, goutant avec satisfaction les joies de cette nouvelle partie de chasse, et savourant par avance le moment ou il allait se le coincer, son gibier prefere.

De toute facon, ca ne saurait tarder; Kanon etait trop aveugle par la panique, pour prendre le soin d'eviter les gueridons flanques de leur vase fleuri qui se retrouvaient inevitablement sur sa route, etant donne qu'il y en avaient au moins trois dans chaque couloir. Il laissait donc sur sa route des traces evidentes, sous la forme de vases et gueridons ayant joyeusement vole dans le decor avant de finir en autant de flaques d'eau, debris de cristal ou porcelaine, et fleurs pietinees agonisantes.

C'etaient Greta et ses compagnes, qui allaient etre contentes, tiens.

Elles qui se donnaient tant de mal pour essayer d'egayer ce grand chateau obscur...

>_<

AAAhh, mais il n'allait pas compatir, tout de meme? !
Rien que de penser au coup qu'elles avaient ose lui faire ?
Franchement, elles auraient pu choisir autre chose que l'une des robes de ma mere...
Comment ca, c'etait pas le plus grave?! Il avait un veritable probleme de conscience sur les bras, lui, maintenant ?!!
Quoiqu'apres tout, il suffirait de...

...de deshabiller Kanon

...tout simplement.

....vouivouivoui.


Et tout en ramassant distraitement une tapisserie ancestrale de valeur inestimable mais bel et bien en train de tremper dans l'eau d'un enieme vase emiette, avant de la raccrocher telle qu'elle, c'est a dire degoulinante et salie, a son mur, Siegfried entendit avec un plaisir non dissimule quelque chose de lourd et metallique s'abattre sur le sol, avec le fracas de quarante casseroles de fonte lachees d'une hauteur d'a peu pres deux metres, sur des dalles de marbre qui n'allaient certainement pas s'en tirer indemnes.

Ca, ca veut dire qu'il est passe devant l'armure de mon arriere grand- pere, et a accroche la hallebarde en passant Et vu de quelle chambre cette hallebarde barre le passage...

Je sens que je vais m'amuser.

Siegfried, qui s'amusait deja comme un petit fou, pressa le pas.

Ce serait bien plus "educatif" pour Kanon, s'il arrivait a le coincer dans cette chambre-la.


Kanon, a bout de souffle, s'adossa a la porte de cette chambre inconnue dans laquelle il venait de s'enfermer, et tout en essuyant d'un revers de la main son front baigne de sueur, fit le point sur la situation.

Il avait aux trousses un Siegfried fou de rage, sur le dos, l'une des robes de la Mere de ce dernier (D'ailleurs, il donnerait cher pour voir la tete d'une femme capable de mettre au Monde un tel excite, tiens; Sans compter qu'elle devait etre immense, puisque d'un point de vue longueur, cette robe avait ete pile a sa taille), et face a lui, le decor poussiereux d'une chambre de toute evidence abandonnee depuis de longues annees, mais qui lui avait fait la faveur d'avoir une porte epaisse munie de verrous solides.

Comme quoi, il avait de la chance, dans son malheur.

Il avait donc verrouille la porte a quadruple tour, avant de trainer jusque devant elle, et tout en soulevant des nuages de poussiere dignes d'une tempete du Sahara, tous les meubles deplacables. C'est a dire un lit, deux commodes, une chaise et un de ces petits gueridons inutiles, semblable a ceux qu'il avait envoyes dans le decor pendant sa fuite (a se demander s'il ne s'etait pas mis a faire expres, au bout d'un moment).

Puis il contempla, tout fier de lui, sa barricade.

Il avait tout empile devant la porte, il fallait le faire.

Non pas que cela generait enormement Siegfried, mais ca lui prendrait peut-etre un quart de seconde de plus, pour forcer ce passage-la. Et Kanon avait besoin du moindre quart de seconde, pour enlever au plus vite cette satanee robe avant que l'autre cauchemar ambulant ne debarque. Comme il le pensait lui-meme.

Alors Kanon se mit a farfouiller a droite et a gauche, a la recherche de vetements de rechange. Deuxieme eclaircie dans le sombre ciel de ses soucis: Il etait dans une chambre d'homme, donc, il avait quelques chances de trouver quelque chose a se mettre sur le dos sans encore passer pour un clown.

Kanon ouvrit une armoire qui avait ete trop massive pour etre deplacee.

Cinq secondes plus tard, il fixait avec stupeur et atterrement une tunique- de plutot bel effet d'ailleurs- qu'il avait depliee et qui lui apparaissait de cinq a six fois TROP GRANDE POUR LUI!!

MAIS QU'EST CE QUE C'ETAIT QUE CETTE FAMILLE DE MONSTRES?!

Vexe et degoute, il envoya la tunique valser par-dessus son epaule, avant de se saisir d'un autre vetement qui ne tarda pas a rejoindre le precedent.

Kanon sentit ses nerfs craquer, et se mit a vider l'armoire a toute allure, envoyant des dizaines de vetements "taille Geant Vert" voler aux quatre coins de la salle.

Enfin, il tomba sur quelque chose d'a peu pres convenable.

Encore une tunique, noire et rebrodee d'argent. Il allait flotter dedans et avoir les pinces a l'air, mais c'etait mieux que rien; Et puis, avec l'une des larges ceintures, la, il reussirait bien a se donner l'air a peu pres presentable.

Tout en grommelant qu'il ne "ferait pas ca tous les jours", Kanon referma avec fracas la lourde porte de l'armoire.

A ce moment la:

"Kanon?! Qu'est ce que c'est que tout ce boucan, depuis tout a l'heure?! Qu'est ce que tu fabriques, la-dedans?!"
Fit la voix de Siegried, derriere la porte de la chambre.

Catastrophe!!

Kanon recula d'un pas, puis d'un autre, scruta le decor de la chambre avec l'espoir de trouver une quelconque issue.

Et la seulement, se rendit compte qu'il n'y avait meme pas de fenetre!!

Alors, ce fut parfaitement pueril, mais il se cacha dans l'armoire a present vide, et attendit avec angoisse, serrant contre lui cette tunique providentielle qu'il n'avait meme pas eu le temps de passer.

Et brusquement, il se souvint:

Mais je suis toujours en robe, moi?! O_O;
Re-catastrophe!!

On se calme.

Si ses souvenirs etaient exacts, il avait des lacets croises dans le dos, du cou jusqu'a la taille; Il n'aurait qu'a les defaire, faire glisser la robe a ses pieds, puis enlever ce maudit corset avant de revetir la tunique. S'il s'y prenait suffisamment bien, il avait peut-etre encore le temps.

Apres tout, cela ne faisait seulement que deux fois que Siegfried lui repetait "d'ouvrir cette porte pendant qu'il etait encore a peu pres calme", alors il devait bien lui rester encore cinq petites secondes.


Kanon se debarrassa en quatrieme vitesse du grand chale reste sagement noue autour de ses epaules malgre la course-poursuite qui lui avait fait gravir TOUS les escaliers et renverser TOUS les vases sur son chemin, puis leva les mains derriere son cou pour chercher les fameux lacets; Ses cheveux le generent, il se debattit pour essayer de les ecarter, et cette armoire certes grande, mais tout de meme pas concue pour voir quiconque grimper dedans, limita tant et si bien ses mouvements par son etroitesse, qu'il se cogna violemment la tete en essayant de se pencher, se rejeta aussitot en arriere en sentant le meuble tout entier commencer a basculer en avant, perdit l'equilibre et heurta du dos la paroi de bois derriere lui (NDLR: Ca va, tout le monde a suivi?).

La paroi ceda.

Et Kanon effectua un involontaire mais magnifique salto arriere, avant de degringoler sur le dos (NDLR: C'est mieux que sur la tete, remarquez) la vertigineuse flanquee de marches de ce qui se trouvait etre un passage secret... pour le coup plus secret du tout.

Siegfried, qui avait de derriere la porte entendu une bordee de jurons etouffes suivis d'un grand cri, puis de ce qu'il etait de bon droit de decrire comme un tintamarre du Diable curieusement agremente d'une sorte d'echo, se contenta de soupirer:
"Qu'est ce qu'il a encore casse ? Il n'a pas sali sa robe, au moins ?! C'est ma mere qui va etre contente, tiens..."

Puis il defonca la porte.

Et faillit se prendre un gueridon sur le coin de la figure.

Comme il n'etait pas Guerrier Divin pour rien (?), il evita donc le gueridon, puis une chaise qui s'etait trouvee en equilibre precaire sur une commode elle meme a cheval sur le bord d'un lit renverse, puis franchit ce dernier d'un bond, laissant tout le schmilblik s'effondrer derriere lui.

Enfin, apres deux bonnes secondes pour realiser que non, plus rien ne risquait de tomber de nulle part, il balaya la chambre du regard. Et soupira.

Evidemment, il aurait du s'y attendre.

L'autre Atilla n'avait rien trouve de mieux que de mettre les lieux sens dessus dessous avant de carrement renverser l'enorme armoire qui avait pendant plus de 200 ans servi a dissimuler l'entree du passage menant a l'un des secrets les mieux gardes de sa Famille.

A savoir une salle secrete que son arriere Grand-pere avait discretement fait batir et dont il avait su, pendant de longues annees, garder l'acces interdit a toute autre personne que lui-meme ou ses "invites".

De toute evidence, Kanon etait tombe par hasard sur le fameux passage; Et a en juger par le grand cri que Siegfried avait entendu avant de defoncer la porte, il devait avoir devale les escaliers de facon... exotique (NDLR: salto arriere olympique ^^;).

S'approchant de l'ouverture beante qui avait englouti son Dragon quelques secondes plus tot, il cria etourdiment:
"Kanon?! Tu n'as pas sali ta robe, au moins?!"

Un silence de mort lui repondit.

Curieusement, il fut certain que tout un tas de maledictions plus terribles les unes que les autres venaient d'etre prononcees a son encontre.

Histoire de conjurer le mauvais sort, il reprit:
"Heu... Tu ne t'es pas fait mal, ca va?"

Il eut comme l'impression d'avoir aggrave son cas, mais il n'en avait cure, alors il s'engagea lui-meme dans le passage.

Tout en pestant a mi-voix contre ces satanes escaliers meme pas eclaires alors qu'ils n'avaient tout de meme pas ete batis au Moyen Age, franchement?!Sans compter que, par Odin, ca faisait un bout de temps que l'Humanite etait sortie de l'Age du Feu, alors quelques torches auraient pas ete du luxe, hein?!

Enfin bref, tout en sentant la mauvaise humeur le gagner par avance en prevision du mauvais quart d'heure qu'il allait passer quand il allait devoir expliquer a sa Mere qu'elle avait brusquement une "grande amie" inconnue qui n'avait rien trouve de mieux que de fouiller dans sa garde-robe pour y choisir tant qu'a faire, pas la plus laide, mais aussi la future sur la liste "vetement tache, chiffonne, voire dechire, en un mot, irrecuperable, et qui allait finir en chiffon pour les vitres" Siegfried, donc, se mit en oeuvre de rejoindre l'infortune acrobate... certainement pas en train de sagement l'attendre en bas, d'ailleurs.


Il se trompait.

*** a suivre (deuxieme partie) ***

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