IMPROBABILITES II (2e partie)
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Disclaimers : Les personnages de Saint Seiya ainsi que la trame scenaristique appartiennent a Masami Kurumada ainsi qu'aux differentes compagnies chargees de la production et de la distribution du manga, de l'anime, et autres produits derives. L'auteur de la presente histoire, n'en tire aucun benefice materiel ou autre et celle-ci n'a ete ecrite que pour le plaisir des fans de la serie.
Genre : Romance, aventure, challenge de coupling improbable.
Couples : Siegfried x Kanon
Rating : NC-17
Auteur : Esthezyl
Notes : ATTENTION!! Cette fic n'est pas NC-17 pour rien!! (lol) Lemon!! Passages penibles pour les ames sensibles qui voudraient voir nos deux zebres trouver dare-dare le bonheur ensemble!!
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L'Autre prit calmement le temps de s'installer dos contre la paroi interieure du bac, puis lacha, sur un ton profondement ennuye:
- Je croyais t'avoir prie, et gentiment meme, de ne pas trop me LE secouer. Alors tu m'expliques?
- ...
- Je veux dire: Je me reveille, une premiere fois, passablement meurtri et avec un Guerrier Divin vautre entre les jambes et une seconde fois, completement ivre et avec ces memes jambes levees dans les airs, alors j'aimerais COMPRENDRE ou tu veux en venir.
- ...
- Je precise: a la limite, peu m'importe que tu fasses des folies de ton corps, mais si tu pouvais ficher la paix au mien?
- Ca n'est pas seulement le tien. Et je LE veux.
- Aah... Mais tu vois, si tu pouvais faire ca discretement, de maniere a ce que je ne me reveille pas systematiquement, comme ca. Et puis, c'est fatiguant, de ne pas arriver a ouvrir un oeil sans se decouvrir... ben tiens, systematiquement a oualp, pour commencer.
Et d'ecarter de sur sa poitrine les longues meches de cheveux sombres que l'eau y avait colle, avec un petit regard en dessous.
Mais Siegfried, ignorant royalement ce geste qui s'etait voulu sensuel, inclinait la tete sur le cote en repetant:...a oualp?... oualp??..., les sourcils fronces et l'air concentre.
L'Autre se dit que ca n'etait pas encore aujourd'hui qu'il allait arriver a le seduire, et soupira:
- Cherche pas... Par contre, dis?... Je respecte sa volonte et le sachant consentant, je ne comptais pas intervenir, mais la... tu ne penses pas etre alle un peu loin?
- Je n'apprecie pas particulierement de m'entendre dire que je vaux moins que les deux brutes qui l'ont violente...
Gronda Siegfried, qui etait d'autant plus contrarie, qu'il n'avait pas la conscience tranquille.
- Tu me l'as saoule et rendu a demi fou, mais tu pretes quand meme attention a ses paroles?
Et l'Autre, saisissant brusquement Siegfried par une de ses meches de cheveux chatain clair, alla lui deposer un leger baiser sur les levres en reprenant:
- Mais c'est quand meme etrange: a part la couleur des yeux et de cheveux, c'est toujours bel et bien LUI que tu as sous les yeux en ce moment... meme corps, meme peau blanche qui semble tant te fasciner... et pourtant, JE ne te fais aucun effet?
Comme Siegfried, petrifie, ne desserait pas les dents, il acheva:
- Ou alors, c'est que tu le * sens*... instinctivement, tu dois savoir que nous nous ressemblons, toi et moi. Et qu'en consequence, face a MOI, c'est TOI, qui va etre EN DESSOUS!!
En moins de temps qui ne faut pour le dire, Siegfried se retrouva exactement dans la meme position que Kanon quelques temps plus tot. Lui maintenant, d'une main, les poignets dans le dos, l'Autre siffla, glacial:
- Peut-etre que si * je * te fais subir ce que * tu * comptais lui faire subir, tu cesseras enfin de jouer avec lui? qu'est ce que tu en penses?
- j'en pense que si tu ne t'eloigne pas tout de suite de moi...
- Hmm? Tu vas faire quoi? Quoi qu'il n'ait pas tente pour essayer de t'echapper?
Coupa l'Autre , en se penchant pour aller doucement poser ses levres dans l'interieur d'un genou affleurant a la surface de l'eau.
Siegfried, absolument de glace, songea un instant qu'effectivement, meme si l'Autre etait splendide a sa maniere, le meme baiser, donne par un Kanon avec sa somptueuse chevelure de soie bleue et son regard aquatique, l'eut rendu a demi fou.
Passant outre sa colere, il lacha, lui meme etonne de s'entendre dire une chose pareille:
- Est-ce que tu me desirerais, par hasard?
- Ah c'est qu'avec tes ebons soins', je me suis reveille en * pleine forme *, moi...
Fit l'autre, avec un sourire lourd de sous-entendus et un brin de gene.
- Mais de la a dire que je te desire... disons que tu me plaisa assez, et que pour faire bonne mesure...
Il cherchait de toute evidence ses mots, quand Siegfried le devanca:
- Donnant-donnant, c'est ca?
l'Autre hocha la tete.
- Essaie de me comprendre: Je suis en LUI, et pas vraiment ravi de savoir que c'est donc * aussi * mon corps qui va se retrouver sous le tien... la seule facon pour moi de ne pas completement y perdre mon identite...
- j'ai compris. Mais ca veut dire qu'a chaque fois que je voudrai l'approcher, il faudra d'abord que je ... sois passe entre tes bras?...
Siegfried vit alors l'Autre palir, ouvrir la bouche, faire de toute evidence un effort desespere pour pousser les mots hors de sa gorge, et enfin murmurer, d'une voix etranglee:
- Que... ea chaque fois'??... comment ca, ea chaque fois'??
Comme Siegfried le regardait sans arriver a comprendre sur quoi, exactement, il bloquait, l'Autre souffla, en lachant ses poignets et en se redressant lentement:
- Mais... Je croyais que, que tu allais le... que tu allais nous... nous...
Et Siegfried, dans un eclair, comprit.
- Que j'allais l'abattre,... enfin, * vous * abattre, apres avoir passe un... ebon moment', c'est ca?... MAIS POUR QUI EST-CE-QUE TU ME PRENDS?!
- Mais... il est le Dragon des Mers... Je pensais qu'il... que nous...
l'Autre, les yeux remplis de larmes, tremblant de haut en bas, semblait ne plus du tout savoir ou il en etait.
Sans nul doute, le seul souhait qu'il ait jamais ose formuler, le seul espoir auquel il se soit jamais accroche, avait ete de voir quelqu'un faire a Kanon la grace d'une mort decente. Au terme de trois guerres sanglantes, c'etait l'ultime bienfait dont il avait espere que sa courte et quasi-inexitante vie se verrait accorder la faveur.
Reduit a devoir accepter l'idee d'une mort abjecte quand il avait vu Kanon croiser la route de Siegfried, il n'avait plus existe qu'a travers cette hantise...
Mais alors qu'il s'etait enfin fait une raison, il se decouvrait * justement * en presence de la seule personne sur Terre qui n'allait pas s'ingenier a lui trouver mille supplices avant d'enfin l'achever.
Il s'effondra d'un coup et eclata en sanglots, mains crispees sur son visage, chevelure sombre tombant en voiles de nuit luisants sur ses epaules et sa poitrine secouees de hoquets nerveux.
- Tu ..nfas pas le droit... de me faire ca... pas maintenant?!...
Gemit-il, les idees decidement plus claires du tout.
- Mais je reve, ou il est en train de se plaindre, en plus??
Siegfried se redressa a son tour, fixa un moment, fascine, cet autre Kanon au masque lui aussi brise.
Mu par une soudaine impulsion, il lui demanda:
- Est-ce que tu as un nom?
l'Autre leva un regard interrogateur noye de larmes, secoua la tete.
- Si on en cherchait un?
Le souffle coupe, l'Autre semblait ne pas en croire ses oreilles.
- Un nom, pour moi?
Souffla-t-il, d'une petite voix prete a se briser.
Siegfried lui sourit, hocha la tete.
- Si tu en as envie, je t'en chercherai un.
Siegfried vit le bel homme sombre faire de toute evidence un effort surhumain pour ne pas se jeter a son cou.
Ca n'etait pas possible, il commencait a lui voir cette meme fragilite qui l'avait touche chez Kanon?!
Il venait tout juste de remarquer les griffures sanglantes que l'Autre s'etait inconsciemment trace sur les bras en y plantant nerveusement ses ongles, quand les prunelles bleues noyees de sang revinrent se fixer aux siennes, brillant doucement sous de longs cils noirs luisants de larmes.
- Je te rends Kanon ...
Et il tomba dans ses bras, ou Siegfried le recueillit pour accompagner d'un baiser son nouveau voyage vers un sommeil sans reves.
Il faudrai lui donner le temps de se reconstruire un monde ou exister a nouveau, apres avoir vu le sombre decor de 28 ans de douleur voler en eclats, a la faveur d'une rencontre... et de quelques mots.
La chevelure de Kanon reprit sa couleur initiale.
Ses yeux s'ouvrirent a nouveau.
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Kanon se vit adosse aux planches de bois reches du grand bac.
l'eau a present froide etait en train de lentement se teindre de sang autour de lui.
Son sang.
De profondes griffures zebraient ses bras, sa tete lui faisait mal.
Et devant lui, il y avait Siegfried, qui le regardait tranquillement.
Que s'etait-il passe?
Oui, maintenant, il se souvenait.
La colere du Guerrier Divin, ses mains se refermant comme des serres sur ses epaules, ouvrant ses jambes, le forcant a lui faire prendre cette... position humiliante.
Sa propre terreur, le sang battant dans ses tempes.
Puis ce flash
Et l'obscurite.
...
Et maintenant, maintenant qu'il etait revenu, a quoi devait-il s'attendre?
A plus de violence?
Le regard de cet homme etait trop calme, pour ne pas receler la plus noire des coleres.
Si les choses se passaient comme avec Saga ou Shaka, il allait devoir subir...
Brusquement, les bras Siegfried furent autour de lui, l'attirerent, l'enlacerent.
Chaleur et douceur... ces bras-la n'etaient pas herisses d'epines...
Il ne comprenait pas ce qui se passait, mais il savait une chose: ces quelques mots murmures a son oreille etaient la seule chose vraie dans l'Univers, la seule chose a laquelle il pouvait croire, sur laquelle il pouvait se reposer:
- Tout va bien... Tu es avec moi, et tout va bien...
Il se sentit doucement renverse en arriere, laissa les hanches de Siegfried entrer entre ses cuisses, ses mains passer dans son dos et sous ses reins, le soutenir, le soulever.
Des jambes qui devaient etre les siennes se leverent pour aller enserrer les flancs puissants du Guerrier Divin, des doigts qui devaient etre les siens allerent aggripper la chevelure chatain pale. Une voix qui devait etre la sienne invita Siegfried a le faire...
....sien...
Quelque chose de brulant entra en lui, il lacha un cri.
Un cri de quoi? Douleur, plaisir, detresse, folie, attente enfin arrivee a son terme
Terreur et ravissement
Ses idees et ses sens se fondirent au sein d'un tourbillon de volupte sans cesse renouvelee, il se laissa glisser, ennivrer...
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Siegfried decouvrit qu'il y avait en ce Monde quelque chose de plus extraordinaire encore que d'entrer pour la premiere fois en contact avec cette masse d'energie a l'etat pur qu'etait une Armure Divine.
Il ne pouvait tout simplement plus detacher son regard de cette creature eblouissante qui venait de naitre dans ses bras, concentration de beaute presque inhumaine.
Nimbe du ruissellement dore d'une aura vibrant au rythme de vagues d'extases quasi-ininterrompues, plonge dans le torrent ondoyant de sa longue chevelure saphir, Kanon etait l'incarnation meme de tous ses desirs, le Dragon qui fascine et effraie, qui seduit et devore ses proies transies d'amour.
Violence, volupte, danger et beaute melees, dont il sut qu'il ne pourrait plus jamais se detacher.
Et il inondait de baisers cette poitrine constellee de gouttes d'eau et d'etoiles d'energie, retracait inlassablement les contours et lignes affolantes de ce dos et de ces reins cambres a l'extreme, de ces jambes ayant capture ses hanches et refusant de les lacher, de ce cou et de ces epaules qui semblaient appeler la caresse de ses levres.
Les yeux de Kanon revenaient de temps a autres se poser sur son visage, cristal aquatique, hypnotique, et son sourire semblait vouloir le provoquer, l'invitait et l'entrainait toujours plus loin dans de nouvelles spirales de delices.
Kanon etait un volcan dont il se demanda presque avec frayeur s'il arriverait jamais a tout a fait en nourrir le brasier affamme.
Quoique... en y reflechissant, ne se retrouvait-il pas * exactement * dans la situation contraire de celle qu'il avait souhaitee?
Si quelqu'un etait * domine *, a present, c'etait tout le monde, SAUF Kanon.
Bien sur, il n'allait pas se plaindre de tenir entre ses bras cet etre qui etait l'incarnation de ses reves les plus fous, mais...
Si Kanon commencait a prendre l'habitude de - mener la danse- dans des moments aussi intimes, il allait devoir se mefier des consequences des le lendemain.
De toute facon, qu'etait donc en train de faire son Dragon, a part poursuivre son propre plaisir en se servant purement et simplement de lui?
Le dressage allait devoir entrer dans une nouvelle phase un brin delicate.
Siegfried prit sur lui pour se calmer un minimum, et eviter de lever les yeux vers le beau visage aureole de boucles bleues volatiles l'y aida grandement.
Il referma ses mains autour des hanches de Kanon, l'immobilisa.
Comme il l'avait craint, un feulement de colere accompagne d'un regard parfaitement haineux repondirent a son geste.
Raffermissant son emprise, il fit, calmement:
- Calme-toi un peu, tu veux? Ta passion m'honore, mais j'aimerais qu'elle soit un peu moins egoiste.
Loin de cooperer, Kanon essaya de detacher les mains de Siegfried d'autour ses hanches.
Quand le Guerrier Divin sentit les ongles de son captif commencer a rageusement s'enfoncer dans sa peau, il decida de changer de tactique avant de se voir lacere sur place.
Ah, il voulait jouer les rebelles? Tres bien.
Il lacha donc Kanon.
Ce dernier, d'un air triomphant, repartit aussitot dans sa vertigineuse quete de plaisir, gravissant avec avidite tous les echelons vers un achevement... qui faisait une impasse absolument totale sur l'existence meme de Siegfried.
Exactement comme ce dernier s'y attendait.
Et en le regardant avec une fixite et un calme qui auraient du alarmer le Dragon des Mers, le Chasseur de Dragons guetta patiemment son heure.
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Avec un gemissement assourdi fort proche du ronronnement profond de quelque grand fauve, Kanon se figea brusquement, fremissant de haut en bas. Puis brusquement, il tomba en avant, sans forces, a bout de souffle.
Siegfried, sans un mot, le recut dans ses bras.
Il sentit Kanon lecher doucement le sang qui degoulinait toujours de son epaule blessee, avant de se caler contre lui avec contentement, tout a fait comme quelque gros chat repu.
Alors, il lacha:
- Bien, puisque tu sembles avoir fini, a mon tour.
Kanon eut un sursaut, se rejeta precipitamment en arriere.
Quelque chose, dans la voix de Siegfried, avait eu le tranchant et la froideur d'une lame appliquee contre sa gorge.
Levant les yeux sur l'homme qui lui faisait face, il se vit enveloppe d'un regard dont toute douceur et toute chaleur avait disparu, pour faire place a quelque chose de nettement menacant.
Mais qu'avait-il fait?
qu'avait-il * encore * fait?...
- Siegfried?
Murmura-t-il.
Il aurait du s'y attendre...
Siegfried allait l'executer, c'etait dans l'ordre des choses.
Comment avait-il pu s'imaginer que quiconque se donnerait la peine d'aller fouiller au fond de sa poitrine pour aller en retirer et rechauffer cette boule de sentiments glaces depuis 28 ans, uniquement dans le but de le rendre plus humain? Et de lui donner envie d' * aimer * etre devenu plus humain?
Mais comment avait-il pu etre aussi stupide... aussi naif...
Le seul droit qui lui avait jamais ete accorde avait ete de se debattre, de pleurer dans ses reves, et de regarder de loin, sans pouvoir y toucher, tout ce qui lui avait ete refuse.
Pourquoi s'etait-il laisse aller a accepter les cadeaux empoisonnes de homme qui n'etait rien d'autre qu'un ennemi?
Toute cette douceur, cette chaleur...si nouvelles... si enveloppantes, si rassurantes...
qu'avait-il essaye d'en retirer? l'illusion d'exister?
Alors que meme apres trois guerres divines, il n'etait toujours que le frere de Saga ?!
qu'avait... il...
Un vertige le saisit.
Il ne pourrait plus jamais redevenir cette chose sans sentiments qui avait endosse l'armure du Dragon des Mers.
Si celle-ci etait encore intacte, il ne pourrait certainement meme plus ne serait-ce que l'approcher. Elle haissait la chaleur humaine, et il avait l'impression de ne plus connaitre que cela. De ne plus desirer que cela.
Il le savait, il le sentait...
Plus que la mort, c'etait d'etre laisse seul, tout seul sur ce territoire inconnu, qui lui paraissait a present etre le plus terrible des chatiments
Mais tout allait bientot etre fini, Siegfried s'approchait de lui, il allait mettre fin a ce nouveau cauchemar... Il lui avait *donne* , il allait *reprendre* , *effacer*...
Sous l'effet du choc, le Cosmos de Kanon se ranima.
Et Siegfried en recut les ondes de plein fouet.
Pendant une fraction de seconde, il lut le coeur meme de Kanon, ou peut-etre celui-ci le lui ouvrit-il, comme un livre aux pages dechiquetees et imbibees du sang sombre de la douleur.
Comme on ne peut partager ce que l'on a jamais recu, Kanon etait vide de confiance, d'affection, comme du moindre amour pour quoi que ce soit.
Si... Il y avait quelque chose d'infime, comme une petite pousse verte au beau milieu du desert le plus aride... un germe de chaleur, une minuscule etoile...
De meme, Siegfried sut que Kanon attendait la mort, venant de sa main.
En bref, il faisait exactement la meme meprise que son Double.
Pas un pour rattrapper l'autre...
Se retenant pour ne pas laisser echapper un sourire (ou peut-etre un soupir?), Siegfried decida que vraiment, il n'allait pas lacher de sitot une - prise- aussi... divertissante.
A la voir, comme ca, assise bien docilement dans l'eau glacee, yeux leves sur lui comme si elle avait affaire a l'Ange de la Mort en personne...
Ce fut plus fort que lui, il ne pouvait * que * profiter de la situation.
Sans se departir de son regard glacial, il fit signe a Kanon de sortir du bac.
Non, parceque, ca commencait a faire un peu long, ils allaient se retrouver tout fripes tous les deux, si ca continuait.
Cependant, tandis que Kanon se relevait lentement, absolument bleme et evitant de croiser son regard, Siegfried vit brusquement un long filet de sang clair couler d'entre ses cuisses, suivant l'interieur de sa jambe droite, jusqu'a la surface de l'eau sur laquelle il dessina une fugitive arabesque.
- Mais tu t'es blesse?!
s'exclama-t-il, oubliant completement qu'il etait cense jouer les froids indifferents.
Comme Kanon levait un regard surpris sur lui, il reprit, avec colere cette fois:
- Je t'avais pourtant dit de te calmer?! Tu vois le resultat?!Et QUI va encore etre oblige de soigner ca?!
- M... mais puisque de toute facon, tu vas m'abattre??...
- t'abattre?? Alors que je suis encore * dans cet etat la *??Tu te fous de moi?!!
Abasourdi, Kanon baissa machinalement le regard sur l'etat de Siegfried.
Il vira instantanement au rouge pivoine, et, en lachant un cri qui en disait long sur le choc que son sens esthetique venait de subir, se detourna precipitamment.(NDLR: A mon avis, il prefere les natures mortes vraiment mortes ... hmm?? non, rienrien...).
Siegfried se rendit tout a coup compte que son petit cinema venait de tomber a l'eau.(NDLR: heu... phrase tres heureuse... je sens que je les accumule...)
Mais qu'a cela ne tienne, il avait une revanche a prendre.
Il n'avait pas l'intention de rester dans cet etat-la jusqu'au matin (d'ailleurs en train de se lever), il n'etait pas sur d'y survivre.
Il alla prendre deux immenses serviettes de coton blanc dans une armoire de la salle, s'enveloppa dans une et lanca l'autre au visage de Kanon, puis lui fit signe de le suivre.
Abasourdi et un rien fatigue, Kanon se drapa frileusement dans la serviette, et obtempera sans un mot.
Ils retournerent dans la chambre de Siegfried, qui ranima juste a temps le feu de cheminee en y jetant une pile de livres pris totalement au hasard sur une etagere.
Alors que, courant a droite et a gauche, il reunissait, pour les etendre devant l'atre de la cheminee, une bonne epaisseur de draps et de couvertures, le Guerrier Divin passa en coup de vent devant un Kanon qui le regardait faire avec de grands yeux, petrifie, vaguement inquiet. Se sentant marcher dans quelque chose de froid et mouille, il baissa les yeux pour constater que * son *Dragon, qui etait en train d'egouter sur place... ou plutot, dont la * chevelure * etait en train d'egouter sur place, avait trempe la moitie du tapis, et laisse une veritable riviere d'eau sur son chemin, de la chambre precedente jusqu'a celle-ci.
Il sentit qu'au matin, il allait avoir du mal a expliquer a ses serviteurs pourquoi tout l'etage etait a moitie ravage par un degat des eaux, et une fenetre litteralement explosee, avec des morceaux de verre partout.
Cependant, son - degat des eaux- balbutia, en fixant le tapis ruine d'un air confus:
- Desole, mes cheveux mettent un certain temps a egouter, et si j'essaie de les essorer, ils prennent des plis delirants, alors...
Sans commentaires mais passablement enerve, Siegfried lui arracha la serviette de sur les epaules, passa derriere lui, et, saisissant une brassee de meches alourdies d'eau entre deux plis de coton moelleux, se mit en devoir de les essorer... tout en les lissant vers le bas.
En trois temps deux mouvements, une mare d'eau achevait de transformer le tapis en eponge, tandis que Kanon ebahi se retrouvait avec les cheveux proprement essores.
Tout en contemplant son oeuvre, a savoir le torrent de longs rubans azures qui - habillait- de boucles souples encore luisantes d'humidite le corps nu de celui qu'il se resoudrait un jour a appeler son - amant- , Siegfried commenta tranquillement:
- j'imagine que tu n'avais jamais pense a demander son aide a quelqu'un?
Mais alors lui vint l'idee que quelqu'un d'autre que lui puisse jamais toucher cette chevelure somptueuse. Sans se donner la peine de cacher son irritation, mais tout en se disant qu'il ne permettrait sous aucun pretexte a quiconque d'oser poser un doigt sur SA - prise- , il entraina fermement Kanon vers le lit improvise devant la cheminee.
Il l'y allongea, et se mit en devoir de le redecouvrir, a la lueur du feu orange qui ne semblait vouloir rechauffer et eclairer qu'eux dans toute la grande chambre obscure .
Kanon le laissa faire un moment, puis Siegfried sentit des mains hesitantes commencer a caresser ses cheveux.
Il leva la tete de sur la peau blanche et douce ou couraient ses levres et ses doigts.
Kanon, qui le regardait de par dessous de longs cils noirs a demi baisses, jouait avec quelques meches chatain clair, et ses mains tremblantes lui paraissaient si maladroites...
Mais il n'avait plus a craindre de le voir essayer de lui echapper; Son souffle, calme et regulier, soulevant doucement sa poitrine par dessous ces longues meches de cheveux bleutes qu'il n'avait pas voulu ecarter, en etait un premier signe.
Il ne chercha ni a le gener, ni a le repousser... pas meme a se cacher.
Et quand Siegfried vint se glisser entre ses jambes, s'il rougit et trembla, il lui passa par contre ses bras autour du cou, et l'accueillit sans reserve.
s'il devait mourir apres que Siegfried en ait * vraiment * fini avec lui, Kanon preferait autant profiter au maximum de ses derniers instants d'une vie qui lui paraissait plus - vraie- et - reelle- que jamais. Meme si pour cela, il devait se retrouver * en dessous *.
Il se laissa donc guider, et meme quand sa raison commenca a l'abandonner, il y eut une voix grave a son oreille pour le retenir aux frontieres de la folie, des mains et des levres sur son visage pour lui rappeller qu'il n'etait pas seul, que s'il ouvrait les yeux, il trouverait en face des siens ce regard de glacier qui ne le quittait pas, qui ne regardait que lui.
Les premiers rayons du soleil commencerent a filtrer a travers les epais rideaux de la chambre de Siegfried.
Ce dernier contemplait reveusement le beau visage de son amant evanoui entre ses bras, chevelure de soie precieuse deployee tout autour d'un corps alangui encore moite de volupte.
Il se rememora les dernieres paroles que Kanon avait du entendre, avant de perdre connaissance en lui laissant une seconde et ultime morsure a l'epaule...
- Je ne te tuerai pas, Kanon. Je te protegerai meme, si l'occasion s'en presente. En echange de quoi, fais un seul pas de travers, et tu me trouveras sur ta route, avec un dressage a reprendre depuis le debut.
Ca n'etait pas a lui qu'on allait apprendre a tenir un Dragon.
***a suivre(Impro3)...***