IMPROBABILITES I (1e partie)
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Disclaimers : Les personnages de Saint Seiya ainsi que la trame scenaristique appartiennent a Masami Kurumada ainsi qu'aux differentes compagnies chargees de la production et de la distribution du manga, de l'anime, et autres produits derives. L'auteur de la presente histoire, n'en tire aucun benefice materiel ou autre et celle-ci n'a ete ecrite que pour le plaisir des fans de la serie.
Genre : Romance, aventure, challenge de coupling improbable.
Couples :
Siegfried x Kanon
Rating :
NC-17
Auteur :
Esthezyl
Notes : ATTENTION!!
Dressage de Dragon des Mers! ^^;
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Tout en ouvrant son manteau pour laisser le vent glacial de la course penetrer ses vetements, et avec l'espoir que cela le calmerait quelques peu, Siegfried dirigea le galop de son cheval vers le coeur de la tempete.

Certes, quand il y pensait, la Bataille d'Asgard, directement suivie de l'affrontement entre Athena et Poseidon, etait enfin terminee et avait eu une fin... sinon heureuse, du moins inesperee.

Tous ses compagnons d'armes, comme lui-meme, avaient ete ressuscites. Ils etaient a present bien vivants, et de nouveau au complet... En cela, ils avaient eu plus de chance que les Marinas de Poseidon, aux corps engloutis et disparus a jamais dans les flots qui avaient de nouveau immerge le Royaume sous-marin.

Siegfried aurait donc du se sentir rassure, apaise; Il aurait du reprendre confiance en l'avenir, et s'estimer heureux de pouvoir a nouveau veiller en silence sur sa Princesse, comme il l'avait fait pendant des annees, en bon chevalier servant.

Mais, pour une raison obscure, voire par les caprices d'un destin amer qui ne comptait decidement pas l'epargner, les choses avaient tourne toutes autres pour lui.

En premier lieu, il avait eu la stupeur de decouvrir, apres l'heroique mais inutile sacrifice de sa premiere Vie, que ce qui attendait tout valeureux guerrier -legendaire pourfendeur de Dragons ou non- mort au combat, etait une eternite de souffrances dans les tenebres d'une angoisse sans cesse renouvellee. Oui, il s'etait sacrifie en pensant faire son devoir... mais il n'avait pas assiste a la fin du combat, et son ame en peine aurait erre a tous jamais, perdue dans les Limbes, si Athena en personne n'etait venue l'y chercher.

Siegfried ne se souvenait pas avoir verse une seule larme depuis sa naissance, mais quand il etait revenu parmi les mortels, et avait de nouveau pu lever les yeux vers le pale soleil d'Asgard, il avait senti sa gorge se serrer, puis avait du se plaquer une main sur la bouche pour etouffer des sanglots aussi brusques que violents.

Il n'avait cependant pas a en rougir, il le savait...

Et il savait a present autre chose: sept jours, a peine, de sa nouvellevie s'etaient ecoules, et il en etait deja au point de non-retour. Il se sentait sur le point d'exploser...

Apres avoir assiste a deux guerres divines, et en avoir conserve dans la chair et l'esprit plus de blessures qu'il ne pouvait en compter, le guerrier d'Alpha se surprenait quelques fois, et plus souvent qu'il ne l'aurait souhaite, a fouiller dans des souvenirs dont la grande majorite le hantaient pourtant comme autant de cauchemars atroces, une fois la nuit tombee.

Et ce qui lui revenait systematiquement en memoire n'etait pas telle ou telle scene de bataille, ni meme cet instant de totale horreur ou il avait realise que *Sa* Princesse avait effectivement ete ensorcelee, et transformee en incarnation du Mal pour laquelle ses compagnons avaient inutilement donne leur Vie...pour laquelle il avait donne la sienne sans meme savoir quoi faire d'autre pour tenter de la delivrer...non, ce qui lui gachait cette nouvelle Vie accordee par une Deesse grecque aimante et genereuse et par sa Princesse revenue a la raison, etait le souvenir de ce long periple a leurs cotes et a travers les neiges d'Asgard, pour aller sauver les Guerriers Divins qui pouvaient encore l'etre, et ressusciter les autres.

Lui avait ete ressuscite en premier. Fenril, trouve sans connaissance sous une montagne de neige, avait juste necessite d'etre rechauffe pour sortir d'une espece de coma qui eut pu lui etre mortel. Cyd et Bud avaient eux aussi ete trouves errant entre la Vie et la Mort, la ou Mime, Hagen et Thor avaient du etre regeneres, puis ramenes dans le monde des Mortels.
Quand a Alberich...

Siegfried devait bien se l'avouer...A chaque arret aupres d'un nouveau corps glace, il avait espere, avec une joie anticipatrice franchement mauvaise, decouvrir le cadavre ensanglante de ce maudit traitre frappe et abattu en plein delire de gloire...Ce traitre qui serait certainement le seul destine a rester allonge sans vie dans la neige cruelle.

Mais Athena et Hilda lui avaient, a lui aussi, rendu la Vie.

Pourquoi?

Parcequ'elles avaient trouve, etincelant autour du cou pale et froid, les debris d'un fin anneau d'or brise.

Un anneau d'or dont la seule vue avait suffi a plonger Hilda dans les affres d'une terreur panique; Il avait du la saisir a bras le corps et la soulever du sol, pour la serrer contre lui jusqu'a ce que ses cris percants fondent dans une crise de larmes qui avait mis un certain temps a s'apaiser.

Alors il l'avait delicatement reposee sur le sol, l'avait vu s'approcher a pas titubants du corps d'Alberich...et avait du supporter de la voir rendre la vie a celui n'etait pas un traitre...non: seulement une victime de plus.

Et Alberich s'etait reveille.

Il avait tourne son regard d'un vert felin presque phosphorescent vers Hilda. Pendant une seconde, ses pupilles s'etaient dilatees, ses yeux s'etaient embues derriere les meches de cheveux flamboyantes et trempees de neige, et il avait ouvert la bouche pour dire quelque chose.

Mais un fremissement subit l'avait saisi, et toute lueur de raison ou de conscience avait disparu de ces yeux brusquement semblables a deux billes de verre ternes. Sa main faiblement et un court instant levee etait retombee mollement dans la neige, petit objet blanc tache d'ecarlate...

Hilda avait du faire un effort surhumain pour ne pas hurler a nouveau.

Avec un gemissement de desespoir et de douleur, elle avait etreint le corps du jeune guerrier reduit a l'etat de pantin sans ame.

Avec la certitude de ne jamais etre ni pardonne ni meme considere comme autre chose que le monstrueux rejeton d'une famille de sorciers et d'assassins, quelque chose de deja fragile en Alberich s'etait definitivement brise. C'etait a se demander s'il n'aurait pas mieux valu le laisser dormir pour l'eternite, etendu dans la neige immaculee comme dans un ecrin de velour blanc qui lui aurait accorde un oubli tout aussi eternel.

Mais Thor s'etait penche sur lui, et avait enleve dans ses bras le petit corps fragile et inerte enveloppe de la cape d'Hilda. Puis ils etaient tous retournes au Palais, en silence.

Alberich avait ete depose dans le grand lit chaud de ses appartements de Guerrier Divin, et on lui avait affecte une jeune servante qui devrait des ce jour le laver, le faire manger, le veiller en deux mots, prendre soin d'une poupee brisee.

A present, chacun s'affairait de son cote, et si les evenements passes - dont tout le monde evitait de parler- avaient permis a certains de trouver une certaine paix de l'ame, une serenite qui leur avait fait defaut avant leurs demeles avec les Chevaliers d'Athena, Siegfried, lui...

N'en pouvait plus.

Son sang de guerrier avait ete reveille, et la souffrance qui l'habitait ne lui laissait pas une seconde de paix. Il avait besoin d'exploser.

Pour couronner le tout...

Au cours d'une longue et eprouvante reunion organisee a Asgard afin de faire le bilan de la situation, et reunissant Athena, Julian Solo(qui n'en menait pas large, mais indispensable en tant que temoin), ainsi qu'une bonne partie des rescapes des 3 guerres divines qui avaient mis la planete a feu et a sang...il avait appris l'existence d'un responsable.

Un certain Kanon des Gemeaux.

A l'origine, il se trouvait adosse a un des murs de la salle, Hagen et Cyd a sa droite, deux chevaliers d'Or delegues du Sanctuaire a sa gauche, et ecoutait les debats...avec un certain calme.

Et brusquement, il avait fallu Hagen, Aior et Milo pour le maitriser lorsqu'il avait appris, de la bouche du Phenix, que ce dernier n'avait rien trouve de mieux que de laisser s'echapper, et COMPLETEMENT INDEMNE, le coupable en question.

Et oui: l'homme le plus dangereux de la planete, celui qui avait provoque trois guerres et s'etait en toute impunite joue de trois dieux comme de leurs armees...gambadait gaiment dans la nature!!

Siegfried avait cru en etouffer de colere.

Et qu'est ce que c'etait que cette histoire de deshonneur de la chevalerie qui ne merite meme pas qu'on lui fasse l'honneur de se battre contre lui??!!

Siegfried pouvait d'ici imaginer la crise de fou rire de celui auquel Ikki avait tourne le dos avant de le planter la royalement, son Ecaille des Mers meme pas egratignee.

Et tandis que le Guerrier Divin, ecumant de rage, traitait le malheureux Phenix de tous les noms sous le regard d'une princesse Hilda muette de stupeur, tous avaient realise la gravite de la situation.

Parcequ'a supposer qu'Athena mobilise le Sanctuaire tout entier pour le lancer sur les traces du renegat, n'etait-il pas deja trop tard?

Precipiter toutes les armees divines a la poursuite d'un seul homme qui avait de toute facon eu tout le temps de se cacher, franchement...Comme perte de temps, on ne pouvait pas trouver mieux.

Et un grand silence consterne tomba sur la salle.

Ikki, la tete entre les mains, terrasse de honte, commencait a en faire une affaire personnelle, quand Siegfried, enfin revenu a un semblant de calme, fit signe aux deux chevaliers d'Or de le lacher. Milo et Aior se regarderent d'un air incertain, puis lui jeterent un coup d'oeil dubitatif. Ils sentaient que si le Guerrier Legendaire se mettait de nouveau en tete d'aller aggripper Ikki pour lui faire passer un mauvais quart d'heure, ils auraient un mal fou a eviter l'incident diplomatique.

Pourtant, ils ne pouvaient decemment pas le retenir plus longtemps.

Ils le lacherent donc.

Et Siegfried, apres avoir jete un coup d'oeil au Chevalier de la Vierge, personnage qui lui avait donne la chair de poule la premiere fois qu'il l'avait croise dans les couloirs du Palais, et qui se tenait alors a quelques distance de la, immobile et silencieux, presenta ses excuses a l'assemblee, avant de demander a pouvoir se retirer. Comme Hilda, toujours sous le choc, hochait machinalement la tete, Siegfried se hata de s'eclipser.

Oh, oui, il allait sortir de cette salle.

Il allait meme sortir du Palais, enfourcher un cheval, et aller se rafraichir les idees avec une bonne galopee.

Le cheval fut assez rapidement epuise, force comme il l'avait ete de traverser la tempete a toute allure.

Siegfried descendit de selle, laissa le bel animal race se promener derriere lui tandis qu'il franchissait seul une petite butte de neige herissee d'arbrisseaux secs.

Encore quelques pas Puis un chemin de pierre nue

Et maintenant, il se dressait a l'extreme bord d'une haute falaise surplombant la mer glacee. Le vent s'engouffrant dans son manteau largement ouvert apaisait legerement la fievre toute nerveuse qui enflammait son corps sangle dans un uniforme de certes belle apparence, mais dont les tons de pourpre un rien violents l'irritaient plus que jamais. Sa chevelure pale malmenee par la tempete fouettant son visage et ses epaules, il se pencha legerement au dessus du vide, ferma les yeux. Il se laissa penetrer du parfum des embruns, ce parfum dont il esperait pouvoir s'ennivrer, et oublier, ne serait ce que l'espace de quelques precieuses secondes.

Mais il n'y avait rien a faire.

Cette histoire l'obsedait completement.

Il rouvrit les yeux, se redressa, et son regard fixe sur l'horizon qui commencait a prendre une couleur similaire a celle de son uniforme, commenca a s'assombrir, avant de tres nettement durcir.

Le fameux Kanon, d'apres ce qu'il avait pu apprendre de lui pendant le Conseil, etait particulierement doue pour manipuler autrui, et pas vraiment le dernier sur la liste en ce qui concernait la puissance de son Cosmos.

A supposer que quelqu'un arrive jamais a lui mettre la main dessus, cette personne aurait tout interet a ne pas perdre de vue qu'elle n'etait pas censee...allonger la liste des victimes du guerrier renegat, en y ajoutant son nom.

S'il l'avait pu (et il ne revait plus que de cela, a present),Siegfried lui-meme se serait devoue, mais il devait se raisonner: n'ayant jamais rencontre le fugitif par le passe, il doutait meme d'arriver a l'identifier. Certes, il savait a peu pres a quoi pouvait ressembler le frere du Chevalier des Gemeaux, et il avait reussi a glaner quelques information descriptives quand a l'energie vitale du Monstre, mais...savoir que le Cosmos de ce dernier etait semblable a celui d'un Chevalier d'Or, avec quelques resonnances marines etait...plus qu'insuffisant. Quand a la longue chevelure bleue...Siegfried n'allait tout de meme pas commencer a se retourner sur la moindre d'entre elles?!

Et puis il ne pouvait vraisemblablement pas abandonner Asgard dans le Chaos ou la guerre l'avait plonge; Il ne pouvait s'empecher de s'inquieter pour la sante de sa Princesse, de jour en jour plus rongee par le remord, plus pale et amaigrie, comme pour la population decimee par le froid qui s'etait abattu sur tout le Royaume. Lui et ses freres avaient de tous temps ete la pour intervenir en temps de crise, et il devrait a nouveau s'absorber dans sa mission de conseiller d'Hilda. Aider les villageois a reconstruire leurs habitations detruites par le tremblement de terre qui avait sonne la fin de la Bataille etait le premier des imperatifs...

Il soupira.

Autant se faire une raison .

Puis il eut un sourire ironique; Peut-etre que de detruire quelques montagnes a mains nues suffiraient a le calmer?

Mais c'etait tout de meme rageant.

Ce Kanon, il saurait le calmer, lui. Il en etait certain.

Apres tout, il etait le Pourfendeur de Dragons legendaire, et il avait bien affaire au Dragon des Mers ? C'etait, d'une certaine facon...dans l'ordre des choses...

Il secoua la tete, mettant fin au beau reve, et se detourna de la mer pour aller rejoindre son cheval.


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Quand Kanon reprit conscience et ouvrit les yeux, de petits eclats de givre volerent de ses longs cils de jai pour aller se poser sur sa joue bleuie de froid.

Il ne savait pas ou il etait, il ne savait pas combien de temps il etait reste inconscient, mais il savait une chose: C'est que s'il restait plus longtemps allonge sur la pierre nue comme il l'etait alors, il allait mourir gele.

Il se redressa donc. Et ce faisant, chercha a rassembler ses esprits. Quelques fragments de memoire lui revinrent .De l'eau, beaucoup d'eau, un tourbillon, l'air commencant a lui manquer, puis deux bras fins et doux se refermant autour de son torse...une poitrine feminine, de toute evidence nue, pressee contre son dos...Et sous lui, l'extremite d'une longue queue de poisson aux ecailles luisantes melant tons de rouge et orange.

Mince, pensa Kanon, en arrivant enfin a s'asseoir sur le sol, le souffle court et un peu eprouve par son effort, une sirene??

La ou beaucoup se seraient frotte la tete pour etre sur de ne pas y avoir pris un sacre coup, Kanon se contenta de murmurer:
C'etait Thetis, pas d'erreur... Jusqu'ou elle m'a emmene, comme ca?!

Il jeta quelques coup d'oeil autour de lui. La penombre lui laissa entrevoir les parois bleutees d'une grotte tapissee de glace.

Pas etonnant que je me les gele, tiens!, pensa-t-il, avec une pointe d'irritation.

La presence d'une petite riviere souterraine lui apprit l'existence d'une embouchure donnant sur la mer, pas loin.
Il se hata de reprimer le penible souvenir d'une autre grotte marine, grecque, celle-ci...
Quelque soit l'endroit ou il se trouvait, quelqu'un l'avait de toute evidence traine jusque la, apres l'avoir sorti de l'eau.

Restait a savoir s'il allait tomber sur un ours blanc ou un parterre de pingouins en essayant de sortir a l'air libre.

Non, parceque, vu la temperature de l'endroit, il devait AU MOINS etre au Pole Nord. Ou au Pole Sud?Au choix.

De toute facon, il s'en fichait, ce qui lui importait pour l'instant etait d'aller reconnaitre les lieux.

Et de se trouver des vetements chauds, tiens. Ca aussi, ca s'imposait. Quoi qu'a la limite, si ses vetement actuels pouvaient lui faire le plaisir de secher apres lui avoir fait l'autre plaisir de degeler...Ah, bien sur, se retrouver en jean et en t-shirt sur la banquise n'etait pas une idee des plus agreables, mais il sentait qu'il allait devoir faire avec pendant quelques temps.

Tout en luttant pour ignorer son mauvais pressentiment (rien de tel que l'humour noir, contre ca) Kanon se releva, et commenca a se diriger vers la sortie de la grotte.

La tete lui tournant un peu, il chemina lentement tout en s'appuyant aux parois patinees de givre.


Enfin, il deboucha a l'air libre.

-Je me demande si ca se mange, de la Sirene , gronda-t-il, en reconnaissant instantanement le decor des Landes d'Asgard, avec en prime le Palais d'Hilda a l'horizon.

Il sentit un frisson encore plus glacial que le vent furieux qui agitait sa longue chevelure alourdie de glace, parcourir sa colonne vertebrale en songeant a ce qui se serait passe, s'il avait eu la mauvaise idee d'utiliser son Cosmos pour secher ses vetements.

Et tout a coup, pris d'un autre pressentiment encore plus sombre que le precedent, il leva les yeux vers le ciel que la nuit imminente avait commence poudrer d'etoiles.

Il chercha la Grande Ourse.

Et la trouva.

Elle qui etait pratiquement devenue invisible avec la chute de chacun des Guerriers Divins pendant cette Bataille d'Asgard dont il a avait ete le discret temoin...brillait a present de mille feux!!

Pris d'un etourdissement, Kanon se sentit partir en arriere, heurta violemment du dos l'un des mur exterieurs de la grotte dont il venait de sortir.

Ca n'etait pas possible.
Ou alors Thetis l'avait traine directement jusqu'en Enfer??

Brusquement affole, il scruta les alentours avec precipitation.

Pas ame qui vive, mais le moins qu'on puisse dire, c'est que cela ne suffit pas a le rassurer.

Par tous les Diables, il etait a Asgard, lui, Kanon!!
Ooooohhh, il en connaissait un qui allait se diriger droit vers la frontiere la plus proche!!

Il se mit immediatement en marche, commencant a chercher du regard tout ce qui pourrait ressembler a une foret assez epaisse pour y passer inapercu.

Comble de malheur, la seule foret qu'il apercut fut celle, rougeoyante, qui s'etait attiree les faveurs d'un certain Alberich de Megrez.

S'il voulait mourir plus rapidement, il n'aurait qu'a passer par cette foret.

- Mais qu'est ce que c'est que ce pays de mer...heu, de dingues??
maugrea-t-il, d'autant plus mauvaise humeur, que venait une fois de plus de le reprendre cette mauvaise habitude qu'il avait de se corriger systematiquement, des qu'il etait sur le point de prononcer un... mot colore.

Ca, c'etait a cause de Saga. Une fois de plus. C'etait lui qui l'avait pour ainsi dire eleve, et il fallait voir le resultat. Il avait beau avoir 28 ans et toutes ses dents, il fallait qu'il continue a s'inquieter de voir s'abattre sous lui la colere d'un frere dirigiste, pour ne pas dire d'une espece de tyran qui...que...

Non, franchement, meme mort, il continuait a l'emmer... l'embeter.

..?? ..!!!!

RHAAAAHHH!!! Marre, Marre, Marre!!

Kanon, completement retombe en enfance pour le coup, donna un violent et totalement gratuit coup de pied dans une motte de terre recouverte de neige, avant de reprendre son chemin d'un pas rageur, sa longue chevelure azuree battant l'air derriere lui.

Seulement voila, la geographie d'Asgard etant loin d'etre son cheval d'arcon, il ne tarda pas a completement se perdre.

Et il commencait a serieusement crever la dalle.

Enfin, il finit par s'arreter, las de marcher sans du tout savoir vers ou il se dirigeait.

Comme a son habitude, c'est seulement une fois bien dans la m..., qu'il se mit a reflechir.

Une foret a sa droite, une falaise a sa gauche.
Ah, ca y est, il savait ce qu'il devait faire. S'il arrivait a suivre la cote suffisamment longtemps, il finirait certainement par tomber sur une frontiere.

Il allait mettre cette belle idee a profit, quand il se rendit compte qu'une veritable tempete de neige se preparait. S'il continuait son chemin, il allait se retrouver au beau milieu...

Il n'etait pas maso a ce point, il pouvait bien attendre quelques temps que le gros de cette maudite farce des Elements soit passe.

Bien sur, Kanon, qui ne savait vraiment pas grand chose d'Asgard, ou plutot, qui ne s'etait jamais vraiment donne la peine de se renseigner, aurait certainement pique une crise en apprenant que sur ce territoire glace, une tempete sur son emplacement de predilection...pouvait durer un mois. Et que les tempetes d'Asgard adoraient les cotes. Comme toutes les tempetes du globe, d'ailleurs.

Toujours est-il qu'il commenca a se diriger vers la foret, esperant y trouver un endroit sur ou attendre sans se faire remarquer. Tout en marchant, il sortit un ruban noir de sa poche, et se mit en devoir de rapidement tresser puis attacher cette chevelure que le vent se faisait un plaisir d'enrouler autour de ses bras et de sa poitrine. Les meches rebelles glisserent entre ses doigts maintes fois avant de se laisser dompter, puis reunir dans le ruban.

Il venait de rejeter sa lourde tresse dans son dos, quand il entendit le galop d'un cheval.

Un cheval?
Tiens, c'etait vrai qu'une monture pourrait l'aider a atteindre plus vite la frontiere.

Et avec un grand sourire de satisfaction, Kanon attendit tranquillement que le providentiel voyageur arrive a sa portee.

Nul doute qu'il s'arreterait en decouvrant un etranger pieds nus, en jean et en t-shirt au beau milieu de la Taiga d'Asgard.

Une petite claque suffirait certainement a l'assommer, puis a lui le cheval!
BWAHAHAHAHAHAHA!!!Pas plus dur que ca!


Peut-etre deux secondes avant que le cavalier ne vienne s'arreter face a lui, il arriva deux choses effroyables a Kanon.

La premiere: Alors qu'il jetait un coup d'oeil distrait alentours, il se rendit compte que sa longue errance avait eu pour effet de le faire se RAPPROCHER du Palais d'Asgard, a present bien visible et plus pres de lui qu'il ne l'aurait souhaite. Et il y avait assurement des Chevaliers d'Or dans ce Palais!!!!Il n'avait pas gache toute sa jeunesse aupres de l'un d'entre eux pour rien...

La seconde: Il reconnut Siegfried.

Alors il se mit a reflechir tres vite(Aieaieaie).

Un peu tard pour faire le mort ou courir vers la foret.

Degoute de n'arriver a penser que des c....ies dans un moment pareil, il se prepara a se defendre. A tous hasards.

Non, parcequ'apres tout, Siegfried ne le connaissait pas...
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Siegfried n'en croyait pas ses yeux. Il y avait un type (un abruti) en jean et en t-shirt au beau milieu de la lande!!

Et en y regardant mieux... mais oui: il etait pieds nus!!


Le Guerrier Divin pressa son cheval vers la silhouette esseulee au milieu de la neige.

Il nota vaguement la longue tresse bleue agitee par la tempete, mais l'absurdite de la situation l'empecha de soupconner meme etre en presence du... Monstre sur lequel il desirait si ardemment se passer les nerfs.

Enfin, il s'arreta face a Kanon, et lui cria, a travers la tourmente qui menacait de balayer jusqu'a ses mots:
- Qu'est ce qui vous arrive?! Qu'est ce que vous faites la, dans cette tenue?!

Comme son vis a vis le regardait avec de grands yeux et esquissait meme un mouvement de recul, il pensa avoir affaire a un etranger qui ne comprenait pas ses paroles. Mais alors qu'il allait repeter sa question en Anglais, l'autre lui cria, dans un Allemand approximatif:
- Je, Je me suis perdu!! Nonnon, heu...

Bon, de toute evidence, il n'a plus toute sa tete, ou il ne trouve pas les mots pour m'expliquer, pensa Siegfried, qui commenca a soupconner que le malheureux soit un voyageur etranger ayant ete attaque par des voleurs puis cruellement abandonne dans cette tenue, dans un endroit pareil.

Pas etonnant qu'il ne trouve pas ses mots ou qu'il n'ait plus toute sa tete. Il a du avoir la frayeur de sa vie, pensa-t-il encore avec indulgence.

Cependant, l'Etranger le fixait sans un mot, et il se meprit, pensant que s'il ne le rassurait pas immediatement, il allait lui aussi passer pour un voleur de grand chemin.

Alors il reprit, en Anglais et en haussant plus encore le ton que la fois precedente, tant le vent avait forci:
- Ne vous inquietez pas, je vais vous emmener en lieu sur!!
Son Anglais etait excellent, et quand il y pensait, il avait aussi de quoi s'ennorgueillir de son grec moderne. Il faut dire que se battre sans comprendre ce que l'autre vous raconte...c'etait une experience qu'il s'etait refuse a tenter.

Face a lui, l'Etranger sembla hesiter. Puis peut etre estima-t-il que de toute facon, il n'avait rien a perdre. Toujours est-il qu'il hocha la tete.

Siegfried lui sourit d'un air rassurant, puis enleva son manteau et le lui tendit.
L'Autre s'en saisit apres un temps d'arret, puis le revetit sans un mot.
Alors il lui tendit la main pour l'inviter a monter en selle derriere lui.

Nouvelle hesitation.

L'etranger le jaugea un instant, puis saisit la main tendue.
Elle etait curieusement tiede, malgre le froid.
Peut etre le malheureux avait-il ete relache relativement peu de temps auparavant?
Mais peu importait, le plus pressant etait de l'emmener dans un endroit sur et chaud au plus tot.

Il voyait mal ou l'accueillir au Palais, avec la presence des invites...Il allait donc devoir l'emmener chez lui, dans le domaine de sa famille. Par chance, il ne se trouvait pas si loin.

Il se preparait a aider l'Etranger a se hisser sur le cheval derriere lui, quand a sa grande surprise, l'homme a la natte bleue -qui devait avoir dans les 30 ans, etre aussi grand que lui, et etait bati comme un athlete- sauta legerement en selle, sans aucune aide.

Siegfried realisa qu'il avait affaire a quelqu'un de robuste. Peut-etre un sportif connu dans son pays...

Quel pays, au fait?
Bah, il aurait tout le temps de l'interroger plus tard.

Et il lanca son cheval au galop.

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Kanon vit avec stupeur une troisieme herse se lever a leur approche.

Il y en avait encore combien, des comme ca??

Ah, c'etait autre chose que les miserables cabanes affectees aux Chevaliers du Sanctuaire. De toute evidence, les Guerriers Divins d'Asgard n'avaient pas ete assez stupides pour faire voeu de pauvrete.

Quoi qu'en y reflechissant bien, il avait cru comprendre, en se documentant un minimum sur les Guerriers Divins, que Siegfried et de la plupart de ses freres d'armes etaient issus de grandes familles de la Noblesse d'Asgard. Cela devait expliquer l'extraordinaire decor dans lequel son hote evoluait avec le plus grand naturel, saluant au passage gardes et serviteurs empresses.


Enfin, Siegfried arreta leur cheval face a l'entree principale de sa demeure familiale, un immense domaine dont les pierres de taille ancestrales, a elles seules, inspiraient le respect et temoignaient de longs siecles de noblesse digne et respectable.

Avant meme d'avoir pu avoir le temps de placer un mot, Kanon depasse par les evenements se retrouva entre les mains de trois jeunes servantes qui le guiderent a travers un veritable dedale de couloirs, jusqu'a une chambre ou avait deja ete prepare un grand bain chaud, et des vetements de rechange.

Quand Diable Siegfried avait-il trouve le temps de donner ses ordres?? Et ou avait-il disparu??

Brusquement, il se rendit compte que les trois jeunes femmes etaient posement en train de le deshabiller.

Ah, non, une seconde, il etait tout de meme assez grand pour... !!... Mais elles allaient le lacher, a la fin?!!

Et Kanon, rougissant comme un ecolier, se retrouva en train de lutter de toutes ses forces pour empecher les trois joyeuses donzelles de le debarrasser du peu de vetements qu'il avait sur le dos.

Il s'etait refugie derriere un rideau, essouffle, torse nu, et essayant desesperement d'expliquer dans toutes les langues qu'il connaissait (C'est a dire en les melangeant toutes), qu'il n'avait besoin d'aucune aide, d'aucune sorte, pour prendre un bain, et qu'il apprecierait meme d'etre laisse seul en tete-a-tete avec le bac d'eau fumante, quand la porte de la chambre s'ouvrit brusquement.

Et Siegfried fit son apparition, un rien exaspere.
- Mais qu'est ce qui se passe ici? On entend vos galopades aux quatres coins du Domaine?!

Kanon, se pensant sauve, fit un pas hors des plis du rideau et ouvrit la bouche pour prier le guerrier aux yeux pales de congedier ses servantes. A ce moment la, ces dernieres, un instant distraites par l'apparition de leur Seigneur, reporterent de nouveau leur attention de lui. Affole en voyant leurs grands sourires espiegles, Kanon referma la bouche puis se retrancha de nouveau derriere le rideau, d'un air peu commode.

Alors Siegfried comprit enfin ce qui se passait.

En reprimant avec peine un sourire, il fit signe aux trois jeunes femmes de se retirer.

Une fois en tete a tete avec son invite, et voyant celui-ci sortir avec un grand soupir de sa retraite, il lui dit:
- Desole. Elles ne sont pas mechantes, mais disons qu'elles doivent manquer d'attractions, dans ce grand chateau desert.

Comme Kanon le regardait de nouveau avec de grands yeux, Siegfried repeta patiemment, en Anglais, puis en Allemand.
Ce faisant, il nota machinalement, a la vue du torse nu de l'Etranger, que la musculature de celui-ci etait un peu semblable a celle d'un nageur, avec une taille un peu plus longue et deliee qu'a l'ordinaire, et d'une extreme finesse, surtout pour un homme. Quelques pales cicatrices ici et la lui firent se demander si son athlete n'etait pas un adepte des sports dangereux.

Sinon, pas de doute: cette peau d'une blancheur quasi-eblouissante ne pouvait pas etre celle d'un natif d'Asgard.

Ses cheveux, une fois detresses, devaient lui arriver jusqu'a mi-cuisses...Ils etaient ternis et reduits a l'etat de filasse par une espece de poussiere blanche qui pouvait bien etre de la neige sechee, mais...

...
Bizarrement, Siegfried commenca a se sentir mal a l'aise.

Il reprit, sans remarquer que son vis-a-vis semblait vouloir lui dire quelque chose, et en faisant attention de bien detacher ses mots:
- Je te laisse quelques instants. Une fois que tu auras termine, demande a un serviteur de te guider jusqu'au Grand Salon. Je t'y attendrai.

Puis il sortit a son tour.


Kanon se retrouva seul dans la grande salle.

Encore abasourdi, il murmura pour lui meme:
- Mais ou est ce que ca va me mener, tout ca??

Il sentit que s'il ne trouvait pas une histoire bien montee a presenter au Guerrier d'Alpha, il risquait de se retrouver * au mieux * jete dans une des geoles du Palais d'Asgard...et au pire, massacre sur place.

Tout en plongeant le bout des doigts dans l'eau fumante qui commencait a embuer les vitres et emplir la chambre d'une espece de brume humide, il se prepara a devoir jouer la comedie d'un autre lui-meme.

Et une idee qui lui parut tout d'abord absolument grotesque commenca a germer dans son esprit.

C'etait vraiment tire par les cheveux, mais comme de toute facon, il n'allait pas continuer a pouvoir dissimuler son Cosmos encore bien longtemps...

***************** ********************


Siegfried, confortablement installe dans un profond fauteuil, une coupe de vin chaud et parfume a la main, regardait ses serviteurs garnir une petite table de viandes et autres denrees diverses. L'etranger commencait a se faire un peu long, mais il n'allait pas lui en vouloir de profiter d'un bon bain chaud apres avoir longuement (?) erre dans la tempete de neige qui faisait a present rage a l'exterieur.

Lui-meme avait pris le temps de se changer, revetant une simple tunique d'interieur noire et rebrodee d'argent, par dessus un pantalon serre des chevilles jusqu'aux genoux, par de larges bandes de cuir entrecroisees. Le feu qui brulait et crepitait dans la cheminee a quelques distances de la avait juste commence a rechauffer la vaste salle ornee d'antiques tapisseries et de profondes fourrures jetees sur le sol, trophees de chasse de ses aieuls. Les solides meubles de bois sculpte qui l'entouraient avaient ete patines par le temps, et chacun avait son histoire...Histoire de guerre et de conquetes, histoires de complots et de trahisons...

Sa famille, l'une des plus anciennes et respectees d'Asgard, avait toujours su defendre son honneur, dans le sang si necessaire...

Il fit, d'un pensif mouvement du poignet, tourner dans sa coupe le breuvage odorant dont il devinait qu'une servante attentionnee y avait ajoute quelques gouttes de miel. Le vin ne tarda pas a former un petit tourbillon, et il y portait ses levres, quand on frappa a la porte.

Il permit distraitement que l'on entre.

Un serviteur se presenta sur le seuil de la salle, fit passer Kanon devant lui pour lui permettre d'entrer dans la salle.


Siegfried savait que les seuls vetements a la taille de son invite et pouvant lui faire honneur, etaient ses anciens uniformes de Soldat Divin au service de la Princesse Hilda. Et compte tenu du fait que ces uniformes changeaient en fonction des promotions de leur proprietaire, il ne devait y avoir eu que l'embarras du choix. Il avait permis a ses trois jeunes servantes de choisir l'ensemble qui leur paraitrait le plus approprie, et n'avait pas un seul instant doute qu'elles profitent de l'occasion pour depoussierer l'un de ceux qu'elles preferaient .


Il ne s'etait quand meme pas attendu a cela.


Il en laissa tomber sa coupe de vin sur le sol, et ne put, pendant ce qui lui parut etre une eternite, que contempler, bouche bee, le spectacle qui s'offrait a lui.

Certes, son uniforme blanc de Lieutenant des Armees d'Asgard etait un des plus beaux qu'il ait jamais porte dans sa longue carriere de soldat, et il pouvait concevoir que n'importe qui ait belle allure en le revetant.

Pourtant, la, ca depassait, et de loin, le cadre de la simple belle allure.

La... la creature qui se dressait alors en face de lui etait d'une beaute tout simplement ahurissante, elle irradiait litteralement, et meme les serviteurs presents s'etaient immobilises a son approche, bras charges de plats dans un equilibre precaire et machoires decrochees de stupeur.

Siegfried se leva lentement, comme dans un reve.

Ces yeux turquoise virant sur un vert translucide et paillete d'eclat de lumiere le fixaient en retour et calmement, par dessous de longs cils de velours noir, tandis qu'il s'avancait d'un pas, muet, comme hypnotise.

Les levres de l'Autre, sur lesquelles flottaient un leger sourire, etaient a la fois delicatement ciselees, et teintees de ce rouge tendre qu'il n'avait jusque la pense exister que dans les peintures des plus grands artistes.

Siegfried douta de plus jamais trouver attirantes les levres de la plus belle des femmes.

Et puis, il y avait cette chevelure, qu'il voyait pour la premiere fois detachee. C'etait un torrent de soie azuree chatoyante, une parure a elle seule, et elle coulait en longues boucles souples sur des epaules et une poitrine larges dont l'uniforme soulignait les lignes pures se prolongeant jusqu'a une taille elegante et fiere, des hanches minces mais pleines, et...et Seigneur Odin, je deviens fou?!...deux jambes absolument interminables dont il sut instinctivement la course rapide, souple...silencieuse.

Maintenant, il le sentait. Il y avait en cet homme quelque chose de peu humain, de deja plus proche des grands fauves. De presque redoutable.

Il avait devant lui l'un de ses semblables.

Mais il avait l'impression d'avoir ete trompe, que l'on venait de lui substituer son Inconnu contre un autre. Et pas contre n'importe qui, d'ailleurs...

Il etait sur que pas un seul de ses aieul n'avait jamais vecu une chose pareille...

En attendant, il avait beaucoup de questions a poser, et il ne desirait aucun temoin. Il fit donc signe aux serviteurs de sortir de la salle.

La porte ne tarda pas a se refermer sur le dernier d'entre eux, laissant en tete-a-tete le Seigneur des lieux et son Invite...metamorphose...


Une fois le silence revenu dans la salle, Siegfried souffla, trouvant tant bien que mal une bouffee d'air au fond de sa gorge seche:
- Quel est ton nom?

L'Autre le regarda un instant sans un mot, comme s'il hesitait a repondre.

- Camus du Verseau.
Laissa-t-il enfin tomber.(NDLR:Je vais me faire lyncher par tous les fans de notre Francais prefere, je le sens --;)

Siegfried en perdit une seconde fois la voix, pendant deux bonnes secondes ou le temps resta comme suspendu au bout d'un fil tres tres fragile...

A partir de la, Kanon eut un mal fou a repondre sans se trahir ni paniquer a la rafale de question dont le Guerrier Divin le gratifia sans meme se donner la peine de reprendre son souffle:

Sieg: - Tu n'es pas cense...etre mort?
Kanon(leger sourire): - Officiellement, si.
Sieg(mefiant): - Et officieusement?
Kanon(distant):- Athena sera ravie de te repondre. De toute facon, je devais me rendre au Palais demain. Tu n'auras qu'a m'accompagner...
Sieg:- ...

Gros silence. Puis:

Sieg: - J'en deduis que tu ne peux rien me dire de la raison pour laquelle tu es la?
Kanon(apres un feint temps de reflexion): - Disons que j'ai une information a communiquer a ma Deesse
Sieg:- ...
Kanon(panne seche; tente le coup du regard glacial):- Mais tu n'es pas cense savoir quoi que ce soit...Siegfried...tu n'es meme pas cense m'avoir rencontre.
Sieg(avale tant bien que mal le ton du faux Camus et le fait de brusquement avoir ete appele par son nom) :- Tu es venu sans ton armure?Et ton Cosmos?
Kanon(decide d'y aller au culot): - L'un comme l'autre ne passent pas vraiment inapercus...et pour ce qui est de mon Cosmos, ne me dis pas que tu ne le sens pas...
Sieg(se concentre. Juste ce qu'attendait Kanon, qui n'a du coup pas besoin de susciter son aura ):
- Ton cosmos... est effectivement tres similaire a ceux de nos invites actuels, et avec de fortes resonnances marines.
Kanon( sourire presque tendre, et en totale relation avec son secret soulagement):- En tant que Chevalier du Verseau, le contraire serait etonnant.
Sieg(ebloui, commence a avoir du mal a reflechir):- Mais ton Cosmos n'a absolument RIEN de comparable avec celui de ton eleve, Hyoga.
Kanon(GLOUPS!!Nonon, on se calme. Et on rit avec bonne humeur): - Tu veux que je te reponde en termes de difference d'age, de difference d'armures, ou de...

Tout a coup, Kanon se rendit compte de la soudaine paleur de Siegfried. Il lui demanda, en se penchant legerement pour le regarder par en dessous:
- Ca va? Je n'essaie pas de detourner la conversation, mais...tu es bleme??...

Alors qu'il se penchait, de longues meches de cheveux brillants glisserent legerement de sur ses epaules et dans son dos, jusque sur sa poitrine. Elles etaient encore humides, et il s'en degageait une legere flagrance salee, un discret parfum d'embruns...

Siegfried ne pouvait deviner ce parfum resultant de longues annees d'emprisonnement dans la grotte du Cap Sunion.

De toute facon, c'etait fini, il avait perdu la tete.

Ce visage penche bien trop pres du sien, ces cheveux qu'il brulait de toucher...

Il saisit brusquement le visage de Kanon entre ses mains, et l'embrassa avec fougue, comme s'il voulait devorer ces levres tendres qui l'avaient tente trop longtemps.

Kanon eut un hoquet de stupeur en voyant les mains de Siegfried voler vers son visage, et tenta de se rejeter en arriere, certain que le Guerrier Divin, l'ayant perce a jour, etait en train de l'attaquer.

Quelle ne fut donc pas sa stupeur quand il sentit les levres de cet homme (qui plus est) plus jeune que lui de quelques annees, et d'apparence tout a fait classique, pour ne pas dire hetero, venir s'emparer des siennes pour lui imposer...

Et c'etait ca le plus rageant(QUI a dit: ... le plus risible??!!!)...

Son premier baiser!!

Et bien oui, a 28 ans.

ET ALORS?!

Il avait passe les plus belles annees de sa vie a fuir un frere psychotique qui se transformait en pervers de premiere pour un rien, puis a repousser tant bien que mal les avances d'un certain Chevalier de la Vierge qui n'avait rien d'un Saint, et qui revait secretement de se faire Saga en personne, avant de se retrouver enferme dans une grotte infame ou ses seuls visiteurs avaient ete de vulgaires poissons qui ne lui avaient meme pas fait la grace d'etre mangeables (des Fugus, RIEN QUE DES FUGUS!!...et des crabes infects. Alors il s'etait tristement rabattu sur les algues).

On s'attendait a quoi, qu'il se soit mis a la zoophilie??...avec des poissons???...

S'il n'avait ete fort occupe a desesperement essayer de repousser ce maudit Guerrier Divin qui l'empechait carrement de respirer, il en aurait peut-etre pleure...

Mais a la reflexion, ca aurait pu etre pire.

Enfin, ca n'etait pas si desagreable...

Et Kanon, qui avait compris devoir attendre patiemment que Siegfried se calme, se laissa plaquer contre la porte de la salle.

Le Guerrier Divin, les yeux fermes, lui maintenait des deux mains les poignets immobilises de chaque cote de la tete, et avait fini par s'appuyer contre lui. Son coeur battait a une vitesse folle. C'etait a se demander combien de temps il tiendrait encore comme ca.

Il tint bien plus longtemps que Kanon ne l'avait suppose. Ou ne l'avait espere??

De fait, il se calmait peu a peu, tout en continuant a l'embrasser.

Quand il l'avait quelques temps plus tot force a desserer les machoires, Kanon avait ete pris de panique et avait franchement cru que sa langue allait lui etre devoree a l'interieur de la bouche, sans aucune forme de proces. Il n'avait pu s'empecher de gemir de douleur en essayant de saisir la chevelure du forcene. C'etait la que ses poignets avaient ete happes l'un apres l'autre par chacune des mains de Siegfried, et immobilises contre la porte, avec une force stupefiante. Puis Siegfried, en le sentant commencer a trembler, et en voyant les larmes embuer le regard de son prisonnier, avait compris qu'il lui faisait mal. Alors il avait commence a se calmer.

A present, il lui caressait doucement la langue de la sienne, changeant de temps en temps l'angle de son baiser, et s'emerveillant toujours plus de la chaleur et du gout des levres de celui qu'il aurait massacre s'il avait pu deviner sa veritable identite.

Enfin, il libera ses levres.

Kanon, croyant sincerement qu'il allait enfin le lacher, reprit tant bien que mal son souffle, pour balbutier:
- D'accord, j'ai compris que les natifs d'Asgard... sont des hotes chaleureux... mais de la ou je viens...heu...tu m'ecoutes?...WAAAHH, qu',qu'... qu'est ce que tu....!!... nonon, attends!!...??!!...

Tres loin de le lacher, Siegfried etait meme en train d'enfouir son visage entre son epaule et son poignet droit, pour aller deposer une serie de petits baisers enflammes sous son oreille et dans son cou.
Kanon eut un frisson dont il ne comprit absolument pas le pourquoi du comment, et se demanda avec anxiete ce qui etait en train de lui arriver.

C'est qu'a chaque nouveau baiser, il perdait un peu plus la force de se debattre...

C'etait etrange, il etait en train de perdre la tete lentement...mais surement.

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Siegfried commenca a defaire un a un chaque bouton de la veste d'uniforme, caressant de ses levres chaque centimetre de peau decouverte, et repoussant de temps a autres, avec douceur mais persuasion, les mains tremblantes qui essayaient faiblement de gener son exploration.

Cet homme etait plus age que lui de peut-etre 3 ou 4 ans, musculairement aussi puissant que lui, mais sans trop savoir pourquoi, Siegfried sentait qu'il etait plus fait pour etre aime...que pour aimer.

De fait, il pourrait presque jurer que l'Autre avait desesperement * besoin * d'etre aime.

Et la facon dont il fondait litteralement sous ses doigts semblait etre tout expres la pour lui donner raison

Sa peau, d'un blanc de neige et d'une douceur de satin, se rechauffait aux endroits precis ou il la touchait, et Seigneur, il ne pouvait plus s'en detacher, il lui semblait qu'il ne se lasserait jamais d'y laisser glisser ses doigts a l'aventure, guettant un petit frisson ou un soupir de plus.

De temps en temps, il levait les yeux vers le magnifique visage encadre de boucles bleues eparses, et un sourire detendait ses levres joueuses quand il surprenait la rougeur delicieuse qui avait fini par s'etendre sur les joues du...Chevalier d'Or?

Il commencait a serieusement bloquer sur cette appellation, quand subitement, son faux Camus, les jambes coupees, s'effondra dans ses bras.

Il le ceintura precipitament, lui passa de justesse une main sous la tete alors que celle-ci, partie en arriere, menacait de heurter la porte. Puis il l'aida a s'asseoir sur le sol.

Kanon, qui se savait rouge comme une pivoine, en concevait tant de honte, que sans meme realiser l'effet que cela produisait sur Siegfried, il cherchait desesperement a cacher son visage contre la poitrine du Guerrier Divin.

Mais qu'il etait adorable, ca n'etait pas possible?!

Et a ce moment la, Siegfried se rendit compte qu'il le desirait tout entier.

Tout de suite.(NDLR:Tout le monde a compris?)

Seulement, comment le Lui expliquer?

Comment etre sur qu'il n'allait pas prendre peur, et tenter de fuir?

Il avait l'impression de lire en lui a livre ouvert, et savait qu'il suffirait de peu de chose pour l'effrayer... il n'y avait qu'a voir avec quelle violence il avait reagi a de simples preliminaires.

Et, a bien y reflechir, il imaginait sans peine la colere se substituer a la griserie pour aller attiser le feu qui couvait sous cette peau si sensible.

Siegfried n'avait aucune envie de s'attirer les foudres de son Camus; Il y avait d'autres motifs plus tangibles pour engager un combat, et d'autres facons moins stupides de mourir.

Il glissa doucement une main sous le visage de Kanon, essaya de le detacher de contre sa poitrine pour lui faire tourner les yeux vers lui. Sa tentative eut l'effet contraire de celui qu'il souhaitait; Desirant par dessus tout cacher cette rougeur qui enflammait ses joues et un regard qu'il savait flou et egare, Kanon tenta de s'eloigner de lui.

Alors Siegfried le saisit par les epaules et le forca brusquement a se tourner pour le regarder en face. Pendant une fraction de seconde, les mots se bloquerent dans sa gorge...

Mais que ses yeux etaient beaux... Et cette chevelure si douce qui s'enroulait autour de ses doigts...

Siegfried se forca a sortir de sa contemplation, et murmura:
- Camus...

La reaction de son Etranger le prit completement par surprise.
Brusquement, ses yeux turquoise s'etaient equarquilles, pupilles reduites a deux points presque invisibles.
Tout de suite apres, il s'etait degage avec une violence inouie, et l'avait frappe a la tete, de toutes ses forces.
Enfin, il s'etait redresse d'un bond en hurlant "Mon nom est Kanon!!!", et etait sorti en courant de la salle.

****************** *******************

Le visage en sang, Siegfried resta de longues minutes etendu sur le sol, sous le choc.

Ca n'etait pas vrai?!
C'etait un cauchemar??!!
Il avait du mal entendre, ou alors il etait fou.
Oui, ca devait venir de lui. La bataille avait du lui laisser des sequelles dont personne n'avait ose lui parler, ca devait etre ca.

Siegfried laissa son regard deriver vers le feu de bois qui brulait toujours dans la cheminee. Il se concentra pour percevoir le moindre crepitement, et son esprit commenca a s'eclaircir peu a peu; Les voiles qui avaient commence a s'abattre sur sa raison des qu'il avait pose les yeux sur Kanon se dechirerent les uns apres les autres, jusqu'a ce que les premices d'une colere devastatrice commencent a poindre au coeur de la tempete de sentiments contradictoires qui s'etait installee au fond de sa poitrine oppressee.


Il se releva lentement, effaca du revers d'un avant-bras le sang qui avait degouline jusque dans son cou, et sortit tranquillement de la salle.

Il ne rencontra personne sur le chemin des ecuries.

Il se faisait tard, et tous les serviteurs dormaient depuis longtemps.

Aurait-il croise le veilleur du premier etage, qu'il l'aurait entendu lui raconter d'une voix tremblante avoir vu un fantome aux longs cheveux de soie bleue et au visage couvert de larmes se diriger en courant vers la porte principale...

Un fantome en uniforme de Lieutenant des Armees...

Mais l'aurait de toute facon ecoute?

Il savait a present avoir eu affaire au Monstre.

Et il ne faisait nul doute que ce dernier s'etait joue de lui dans les grandes largeurs, usant de ce beau visage troublant pour obscurcir son esprit et lui prouver qu'il etait capable de manipuler n'importe qui.

Il allait lui apprendre ce qui en coutait de dechainer la colere d'un Heros Legendaire.

Il attrappa au passage une longue epee exposee sur un mur, entra dans les ecuries, enfourcha a cru son destrier le plus rapide, et se lanca a la poursuite du fugitif.

La Lune etait haute, la tempete s'etait un peu calmee malgre un vent encore violent...

Si meme les Elements etaient de son cote...

Un sourire d'une rare cruaute detendit ses levres tandis qu'il imaginait avec delectation la seconde ou il allait mettre la main sur son...Etranger...

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Kanon courait a perdre haleine droit a travers la Lande glacee, sans meme prendre le temps d'essayer de brouiller sa piste ou de chercher un chemin moins expose.

Il ne comprenait rien a ce qui lui arrivait. Son corps tout entier n'etait plus qu'un tison, et il avait beau recevoir de plein fouet toujours plus de rafales de neige melee de glace, rien ne semblait parvenir a apaiser ce brasier. Au contraire, plus il reflechissait, plus il tentait de rassembler ses esprits disperses par trop d'emotions qu'il ne parvenait pas a identifier, plus lui revenait en memoire...la facon dont les doigts de Siegfried avaient...

... glisse sur sa peau, la facon dont il l'avait a demi etouffe de baisers, et son regard inquisiteur semblant guetter sur son visage l'instant meme ou un autre soupir inconsidere allait lui echapper, alors qu'il le deshabillait doucement...


Rien de ce qu'il avait vecu par le passe ne l'avait prepare a un tel traitement.

Dans ses acces de folie, Saga avait bien trois ou quatre fois essaye de se servir de lui pour assouvir un desir criminel, mais pas une seule fois ne lui avait-il temoigne la moindre douceur?! Pas un seul baiser, pas une seule caresse. Juste des coups assenes sans relache, pour l'obliger a se tenir tranquille et certainement aussi pour affirmer sa domination sur celui qu'il ne considerait que comme une pale et incomplete copie de lui-meme.

Kanon avait toujours ete sauve par l'intervention de l'autre Saga, et puis un jour, son frere avait tout simplement cesse de venir le voir dans sa prison. Il avait...disparu de sa vie, se cloitrant definitivement dans le Sanctuaire.


En remontant plus loin dans sa memoire, Kanon pouvait aussi se rememorer les quelques incidents avec Shaka. La non plus, aucune douceur. Le Chevalier d'Or n'avait (lui aussi)jamais vu en lui qu'une copie de Saga, dont il semblait fou amoureux. Du coup, il l'avait un jour enleve, et enferme pendant de longs mois dans une salle sous-terraine du Temple de la Vierge, certainement avec l'illusion d'enfin etre entre en possession de l'objet de toutes ses pensees.

Il avait quelques fois tente de le violenter mais le souvenir de ce Saga inatteignable qui etait certainement l'incarnation de sa seule faiblesse, de son seul complexe, revenait toujours a son esprit pour le calmer net au dernier moment. Alors, le regard lointain, il sortait sans un mot de la prison du clone, ce dernier de nouveau promis a de longs jours de solitude dans l'obscurite.

Shaka finit-il par se lasser de lui ou revenir a la raison? Toujours est-il qu'il le libera enfin, et disparut lui aussi de sa vie. Sans un seul mot d'excuse, exactement comme s'il ne l'avait jamais connu. Comme s'il n'avait jamais existe.

Kanon, plus blesse et amer que vraiment traumatise, n'avait pas tarde a devenir allergique au moindre contact humain, refusant et fuyant le moindre d'entre eux...Aux yeux de tous, il etait devenu difficile a frequenter, puis infrequentable.

De toute facon, qu'etait-il, sinon une copie incomplete de ce frere Chevalier d'Or aime et admire de tous?

A present, Kanon maudissait sa rencontre avec Siegfried, qui ne connaissait pas Saga,
qui ne l'avait pas traite comme un vulgaire objet de substitution...qui n'avait regarde que lui .

Et avec quelle chaleur, avec quelle passion...

Il avait recherche son plaisir sans meme penser au sien, l'avait guide, enveloppe.
L'avait affaibli.
Il etait parvenu a briser ou reveiller quelque chose dans la poitrine du cruel et insensible Dragon des Mers, liberant douleur enfouie dans des abimes d'oubli depuis ce qui aurait pu etre des siecles, et torrent de larmes trop longtemps refoulees.

Kanon savait qu'il ne pouvait plus revenir en arriere, ni meme se forcer a nier ce qui lui etait arrive pour redevenir la pure incarnation du Mal dont il avait mis des annees a se forger le masque cynique et impassible. C'etait ce qui lui donnait le plus envie de hurler et de se debattre au risque de signaler sa presence par un Cosmos fou de douleur...Pourquoi avait-il fallu qu'une chose pareille lui arrive, a lui, a un endroit pareil, a un moment pareil?!

Il allait retourner jusqu'a la grotte par laquelle Thetis s'etait introduite sur le Territoire d'Asgard pour mieux le livrer a ses pires ennemis, et faire le chemin inverse a la nage s'il le fallait, pourvu de s'eloigner au plus vite de ce maudit pays. Et de Siegfried.

Il allait au plus vite devoir oublier ce regard, et ces mains, et...

Presque a bout de souffle, Kanon ralentit legerement le rythme de sa course. Il avait toutes les peines du monde a maitriser le tremblement de ses membres encore sous l'effet des habiles caresses du Guerrier Divin, et l'impression de bruler vif...Sa respiration se faisant de plus en plus difficile, il souhaita arriver au plus vite jusqu'a sa retraite, et prendre un peu de temps pour recuperer tous ses esprits. C'est a dire, se calmer (NDLR:...y'aurait bien un moyen, mais...heu, nonon, rien....^^;).

Tout a coup, il apercut la foret d'Amethyste.

Sa raison lui dictait de l'ignorer et de poursuivre tout droit son chemin, mais il decida de finalement la traverser. Plus il y pensait, et plus il doutait que Siegfried ne se soit pas lance a sa poursuite, et au cas ou il le rattrapperait, ca n'etait pas dans son etat actuel qu'il arriverait a lui tenir tete.

Quelques instants plus tard, Kanon s'engageait donc entre les troncs austeres de la foret maudite, a la recherche d'un endroit ou se reposer quelques instants...et sans du tout sentir le regard aigu et menacant de Siegfried s'apesantir sur lui a partir d'une petite colline surplombant la plaine a quelques distances de la.

************************* ***************************

Kanon ne s'enfonca pas tres loin dans la foret. Le Cimetierre des Cercueils d'Amethyste, cense se trouver au beau milieu de ce labyrinthe naturel redoute de la population d'Asgard toute entiere, etait une attraction qui ne le tentait pas trop, et de toute facon, il ne tenait plus qu'avec difficultes sur ses jambes.

Il prit appui sur un rocher couvert de mousse et neige melees pour se hisser sur une basse branche d'un arbre un peu plus epais que les autres, et s'installa sur une autre branche un peu plus en hauteur, dos contre le tronc.
Apres avoir pris une profonde inspiration, il se laissa completement aller en arriere, et forca progressivement ses muscles noues a se relacher.
Mais meme ainsi, il n'arrivait pas a reprimer le tremblement contenu de ses membres, ni a chasser de son ventre douloureusement contracte la boule de chaleur qui y pulsait sourdement.
Agace, il rouvrit d'une main les boutons de la veste d'uniforme qu'il avait quelques instants plus tot refermee pour se lancer dans la tempete, puis la chemise de soie blanche qui etait, elle, restee completement deboutonnee. Le froid intense de la nuit frappa sa poitrine, lui arrachant un frisson... qui n'etait decidement pas comparable a ceux que Siegfried avait fait naitre le long de sa colonne vertebrale, jusque plus b...

...!!...

Kanon, tu es cense te calmer, alors arrete un peu de ressasser les memes souvenirs!!!
Se hurla interieurement le malheureux Dragon des Mers, qui commencait a franchement se demander s'il n'avait pas absorbe une quelconque substance aphrodisiaque sans s'en rendre compte(NDLR: dans le bain, peut-etre?).

Finalement, il ferma les yeux, et se laissa ses pensees deriver loin de cette maudite terre gelee, et de son non moins maudit Guerrier Divin d'Alpha.

Le vent mugissait loin au dessus de la foret, agitant de temps en temps quelques rares feuillages. Il s'absorba a l'ecouter, commenca a percevoir de legers bruits , frottements, craquements discrets, petits cris d'animaux nocturnes...cette foret, malgre les apparences, etait bien vivante(NDLR: un peu trop, meme)...

Peut-etre 20 minutes avaient passe, et il etait sur le point de carrement s'endormir(!), legerement apaise, quand il sentit quelque chose venir se poser doucement sur sa poitrine nue. Probablement un flocon perdu...

Tiens, encore un autre

Hmm? Un troisieme?

Ils devaient commencer a fondre, parceque Kanon sentit un long effleurement glisser sur sa peau, jusqu'a son ventre.

C'etait delicieux, meme si c'etait en train de provoquer sur lui l'effet inverse de ce qu'il souhaitait.

Brusquement, Kanon ouvrit les yeux; Un autre effleurement etait en train de remonter vers son cou, et ca, ca n'etait pas naturel!!!!

Il se decouvrit avec stupeur entoure de branches vivantes et ondulantes toutes dirigees vers lui, et semblant s'entre-disputer le privilege de l' effleurer.

C'en etait trop.

Si meme les arbres commencaient a avoir des vues sur lui, maintenant?!!

Kanon, avec un cri de rage, sauta a bas de l'arbre et se sauva en courant.

********************** *************************

Siegfried arreta son cheval, sauta a terre, et s'engouffra immediatement dans la grotte.

Il avait apercu sa proie y entrer, maintenant, il la tenait.

Elle s'etait amusee a le trainer, en pleine nuit, a travers des kilometres de landes enneigees et se ressemblant par dessus le marche toutes, avant de le faire attendre une eternite aux abords de cette lugubre Foret d'Amethyste,... elle allait le regretter.

Il commenca a suivre l'unique corridor de pierre s'enfoncant dans l'obscurite.

Alors qu'il etait sur le point d'utiliser son aura pour eclairer ses pas, il entrevit un pale point de lumiere rougeoyante au fond du passage.

Il pressa le pas.

********************** ************************

Kanon avait du mal a en croire ses yeux.

Il se tenait a present dans une vaste salle herissee ici et la de cristaux d'Amethyste phosphorescents. Lui qui avait cru se voir oblige de tatonner pour parvenir jusqu'a ce qu'il pensait etre un petit lac sous-terrain, y voyait parfaitement bien dans la lumiere rougeatre des lieux et avait sous les yeux...une vaste etendue d'eau immobile.

Le lit du lac lui meme etincelait: Il etait jonche de petits cristaux arrondis et polis par de longs siecles d'errosion.

Au moment meme ou, subjugue, Kanon faisait un pas reveur vers la surface du precieux miroir liquide, un hurlement de rage assourdissant emplit la salle toute entiere.

Il eut a peine le temps de se retourner pour voir Siegfried, une epee a la main, fondre droit sur lui.

Trop tard pour tenter de s'ecarter.

De sa main droite, il saisit et devia la lame aceree, puis, affirmant tant bien que mal sa prise sur l'arme malgre le sang qui avait immediatement gicle dans sa main profondement entaillee, il precipita Siegfried en avant. En guerrier confirme, son adversaire feignit surprise et perte d'equilibre, juste avant de se retourner en pleine chutepour lancer son poing en direction du visage de Kanon. Ce dernier etant lui aussi loin d'etre un novice, il avait deja lache l'arme et s'etait eloigne prudemment.

Tandis que Siegfried se retablissait avec souplesse sur le sol, il leva une main et traca rapidement un triangle dore dans les airs, en disant calmement:

- Golden Triangle.

Ce fut la premiere fois que Siegfried entra en contact avec le Cosmos du Dragon des Mers. C'etait une concentration de cruaute a l'etat pur, un deferlement d'ondes malefiques vrillant le cerveau, et...la plus belle des parures pour Kanon, plonge dans une mer de cristaux aveuglants, yeux etrecis aux iris pailletes d'or sous les longs cils sombres, chevelure aux reflets argentes flottant dans son dos et autour de ses epaules comme autant de draperies arachneenes.

Siegfried sentit a ce spectacle sa colere redoubler.
Qui donc, enfin, avait bien pu oser donner a cette creature malefique une beaute si resplendissante??!!

Et tandis qu'un vide planetaire remplacait le decor rougeoyant de la grotte, il se jura de briser cet esprit retors dissimule par une si trompeuse apparence.

Il concentra son energie vitale, se prepara a resister a une attaque qu'il sentait imminente.

Devant lui, l'homme a la longue chevelure bleue lui dit:
- Je vais t'envoyer dans une dimension dont je suis sur que tu ne reviendras jamais. Ou suffisament tard pour que j'aie eu le temps de quitter le territoire d'Asgard et...disparaitre dans la nature.

Il rajouta plus bas, comme pour lui seul:
-Maintenant que j'ai utilise mon Cosmos, il est hors de question que je m'attarde plus longtemps...

-Ne t'inquiete pas pour ca, personne ne viendra.

Aux paroles de Siegfried, Kanon ouvrit de grands yeux.

- Comment cela?
-J'ai pose un champ de force dans un rayon de trois kilometres avant d'entrer dans la grotte. Aucune manifestation d'energie, quelle qu'elle soit, ne s'en echappera.
- ??!!
- C'est que je ne voulais pas que nous soyions deranges, tu vois...
- ... de... ranges??...

Le sourire de Siegfried avait quelque chose de glacant, et Kanon ne put s'empecher de reculer d'un pas. La facon dont cet homme le regardait lui plaisait de moins en moins.

Il sut avoir tout interet a l'eloigner au plus vite...

Il s'ecria, en levant une main au dessus de sa tete:

- Another Dimension!!!

Loin de s'affoler, Siegfried se mit a marcher droit sur lui!!
Puis il s'arreta, et lui dit posement, en le saisissant par un bras:
Je suis d'accord pour aller ou tu voudras, mais tu vas venir avec moi.

Le Dragon des Mers, un instant petrifie par ce qu'il venait d'apercevoir dans le regard de son vis-a-vis et par le contact trop direct d'une aura chargee de menace et de haine, realisa tout a coup qu'il allait lui aussi etre entraine a travers la porte dimensionnelle qu'il venait d'ouvrir, s'il ne reagissait pas tres vite.

Il allait se degager brutalement, quand les levres de Siegfried vinrent se poser sur les siennes.

De stupeur, son coeur eut pu s'arreter. De fait, il manqua un battement, puis se mit a pulser jusque dans ses tempes, sur un rythme croissant et assourdissant tandis que sa respiration se bloquait net.

Un etourdissement.

Son corps tout entier recommencait a trembler... a bruler!!

Non... Il ne faut pas...!!

Quelque chose finit de se dechirer au fond de sa poitrine, et il eut soudain devant les yeux, mis a nu dans toute son horreur, le bloc hideux d'une folie qui attendait son heure. Affole, il repoussa Siegfried...qui le lacha simplement.

Autour d'eux, tout n'etait plus qu'obscurite mouvante, et silence.

Une dimension intermediaire, vide et sterile.

Ils etaient seuls, isoles. Et Siegfried n'avait attendu que cela.

Une main sur la bouche, luttant desesperement pour empecher les larmes de lui monter aux yeux, Kanon balbutia:
- Je ne sais pas ce que tu as en tete, mais ca commence a bien faire
- Vraiment? Pourtant, ca n'avait pas l'air de te deplaire, quand tu jouais les Chevaliers d'Or en mission secrete...
Repliqua Siegfried, avec une ironie mordante.

Kanon se sentit rougir, sans savoir si c'etait au souvenir de sa pitoyable comedie, ou a celui de la...scene contre la porte.

Il cracha avec colere:
- Ca n'est pas moi qui t'ai saute dessus pour t'embrasser de force, que je sache?!
- Ah, ca, effectivement mais je crois me souvenir que tu n'as pas tarde a me tomber dans les bras? Et qui me caressait les cheveux tandis que je couvrais sa poitrine de baisers?

Kanon, rouge comme une pivoine, hurla:
- JE NE ME SOUVIENS PAS D'AVOIR FAIT UNE CHOSE PAREILLE??!!

Effectivement, tu ne l'as pas fait, pensa Siegfried, qui commencait a beaucoup apprecier le tour que les evenements etaient en train de prendre.


Je te tiens, mon bel ami, tu ne vas pas t'en tirer comme ca.


Il reprit, sur le ton calme et pose que ses freres d'armes avaient appris a redouter:
- Admettons. Mais tu ne vas pas me soutenir que tu t'es debattu de toutes tes forces pour m'empecher de te deshabiller, non plus?

Kanon, fremissant de colere et de honte mais completement desarconne par les paroles du Guerrier Divin, ouvrit la bouche puis la referma sans rien trouver a repondre.

Au jeu du Chat et de la Souris, c'etait la premiere fois qu'il se retrouvait a jouer la Souris.

Mais Siegfried laissa tout a coup tomber, tres bas:
- Et maintenant, tu vas devoir assumer.
- ... ??... Qu,Quoi??

Kanon crut avoir mal entendu.

Alors Siegfried precisa, obligeamment:
- Oui: Tu vas devoir assumer. Tu m'as plante sur place apres m'avoir allume, tu pensais que j'allais laisser passer ca?

Il fit un pas en avant, secretement ravi de voir son vis-a-vis palir un peu plus chaque seconde.
- Deshabille-toi.
Dit-il, sur un ton de commandement qu'il n'aurait jamais cru utiliser autre part que face a un autre militaire, et dans des circonstances toutes officielles.

Kanon explosa.

Jamais personne ne s'etait moque de lui a ce point la...il allait ecorcher cet espece de malade (de pervers) vivant, il en faisait le serment !!
Il ota et jeta rageusement la veste de son uniforme a terre, sans quitter des yeux celui auquel il promettait mille morts.

Un sourire de mauvaise augure aux levres, Siegfried vit l'armure du Dragon des Mers se materialiser aux cotes de Kanon, puis ce dernier la revetir en un quart de seconde et dans un deluge d'eclairs eblouissants.

Kanon avait laisse de cote cape comme casque, et tandis qu'il se dressait face a lui, yeux brillants de colere et chevelure agitee par une veritable tempete d'energie, battant comme d'innombrables grandes ailes bleues dans son dos, son armure redessinait les contours d'une silhouette...affolante.

Oh, il le voulait, et il allait l'avoir, a n'importe quel prix...
Se jura le Pourfendeur de Dragons, qui avait devant lui la plus desirable des proies.

Et comme Kanon semblait attendre qu'il soit pret a se battre lui aussi, il lui dit, sur un ton cinglant:
- Oooh, et tu crois que je vais te faire l'honneur de revetir mon armure, peut-etre?

L'ex-General de Poseidon avait deja du essuyer une offense similaire venant d'un certain Phenix, et il n'etait pas d'humeur a en supporter une seconde.

Aussi, quand Siegfried se retrouva aux prises avec un Kanon fou de colere dont les forces decuplees avaient quelque chose d'aussi terrifiant et monstrueux qu'un Dragon se debattant en pleine crise de demence, il eut eut tellement de mal a eviter ses coups portes a une vitesse sans cesse croissante, qu'il commenca a serieusement se demander s'il n'aurait pas mieux fait de revetir son armure.


Puis il se souvint du point faible de son adversaire.


Alors que Kanon, qui ne se possedait plus, l'avait renverse sur le sol et, avec un grondement sourd, levait le poing pour, comme c'etait ecrit sur son visage, lui ecraser la tete, il se redressa brusquement en lui saisissant le poignet...et l'embrassa...

Kanon eut un sursaut, son regard turquoise reprit une lueur de lucidite, et il se rejeta en arriere precipitament. Seulement, voila: Siegfried le tenait. Et il lui passa son bras libre autour de la taille, pour le forcer a se rapprocher, et lui imposer un second baiser cette fois plus intense. Kanon essaya de le repousser, de secouer la tete, mais rien n'y fit; il put a peine protester par un gemissement tremblant tandis que la langue du Guerrier Divin se frayait un passage entre ses levres, puis dans sa bouche, profondement.

Ses forces commencerent a l'abandonner; Un fantome de frayeur apparut au fond de ses yeux tandis que Siegfried le renversait en arriere, finissant par le plaquer au sol sous lui.


**** A suivre(2epartie)...****

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