LES DÉPRAVATIONS SEXUELLES AU MARIAGE


Apparitions de Jésus et Marie à l'Escorial, Espagne

MESSAGE DU 1 er NOVEMBRE 1997 (SOLENNITE DE LA TOUSSAINT ET PREMIER SAMEDI DU MOIS)

Notre Seigneur: Il y a d'autres âmes, ma fille, qui rejettent les grâces.

Luz Amparo: Qui sont toutes ces âmes qui se trouvent à cet endroit, Seigneur?

Notre Seigneur: Ce sont des couples, ma fille, qui n'ont pas rempli leurs devoirs. Ils ont été de mauvais chrétiens.

Luz Amparo: Et ils sont si sévèrement châtiés?

Notre Seigneur: Oui, ma fille, ils sont châtiés parce qu'ils n'ont pas de douleur de contrition, parce qu'ils ne donnent pas d'importance au péché dans le mariage: la majorité des couples vivent dans la concupiscence de la chair, ils commettent des aberrations, ma fille. Je te l'ai déjà dit souvent, mais dans ce domaine, ma fille, le démon les aveugle en leur évitant de réfléchir à cette question. Et ainsi ils ne se rendent pas compte que puisque l'homme est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, ses actes doivent être moraux et purs, et ils ne doivent pas vivre sous l'empire de cette concupiscence qui bouleverse leurs sens. Dans le couple, ma fille, doivent exister l'unité, le dialogue, l'amour. Je te l'ai déjà dit souvent. C'est pourquoi, regarde comme beaucoup d'entre eux, sans se rendre compte (de leurs péchés), sont arrivés en ce lieu. Le démon les aveugle, sous le prétexte que l'un appartient à l'autre, non pas pour se respecter et s'aimer, mais pour commettre des horreurs, ma fille. Prie beaucoup pour eux, car la majorité des couples ne se rendent pas compte de ces péchés impurs et affreux.






Sainte Thérèse d'Avila en enfer

L'entrée me parut semblable à une ruelle très longue et très étroite, ou encore à un four extrêmement bas, obscur et resserré. Le fond était comme une eau fangeuse, très sales, infecte et remplie de reptiles venimeux. A l'extrémité se trouvait une cavité creusée dans une muraille en forme d'alcôve où je me vis placer très à l'étroit. Tout cela était délicieux à la vue, en comparaison de ce que je sentis alors ; car je suis loin d'en avoir fait une description suffisante. Quant à la souffrance que j'endurai dans ce réduit, il me semble impossible d'en donner la moindre idée ; on ne saurait jamais la comprendre. Je sentis dans mon âme un feu dont je suis impuissante à décrire la nature, tandis que mon corps passait par des tourments intolérables. J'avais cependant enduré dans ma vie des souffrances bien cruelles ; et, de l'aveu des médecins, ce sont les plus grandes dont on puisse être affligés ici-bas, car tous mes nerfs s'étaient contractés quand je fus percluse de mes membres. J'avais eu aussi à supporter toutes sortes d'autres maux dont quelques-uns, je l'ai dit, venaient du démon. Mais tout cela n'est rien en comparaison de ce que je souffris dans ce cachot. De plus, je voyais que ce tourment devait être sans fin et sans relâche. Et cependant toutes ces souffrances ne sont rien encore auprès de l'agonie de l'âme. Elle éprouve une oppression, une angoisse, une affliction si sensible, une peine si désespérée et si profonde, que je ne saurais l'exprimer. Si je dis que l'on vous arrache continuellement l'âme, c'est peu, car, dans ce cas, c'est un autre qui semble vous ôter la vie. Mais ici, c'est l'âme elle-même qui se met en pièces. Je ne saurais, je l'avoue, donner une idée de ce feu intérieur et de ce désespoir qui s'ajoutent à des tourments et à des douleurs si terribles. Je ne voyais pas qui me les faisait endurer, mais je me sentais, ce semble, brûler et hacher en morceaux. Je le répète, ce qu'il y a de plus affreux, c'est ce feu intérieur et ce désespoir de l'âme.

Dans ce lieu si infect d'où le moindre espoir de consolation est à jamais banni, il est impossible de s'asseoir ou de se coucher ; l'espace manque ; j'y étais enfermée comme dans un trou pratiqué dans la muraille ; les parois elles-mêmes, objet d'horreur pour la vue, vous accablent de tout leur poids ; là tout vous étouffe ; il n'y a point de lumière, mais les ténèbres les plus épaisses. Et cependant, chose que je ne saurais comprendre, malgré ce manque de lumière, on aperçoit tout ce qui peut-être un tourment pour la vue. ~ Il m'a donné depuis, une vision de choses épouvantables et de châtiments infligés à certains vices ; ces tortures me paraissaient beaucoup plus horrible à la vue. Mais, comme je n'en souffrais pas la peine, j'en fus moins effrayée. Dans la vision précédente, au contraire, le Seigneur m'avait fait éprouver véritablement en esprit ces tourments et ces angoisses, comme si mon corps les avait endurés. Je ne sais comment cela se fit, mais je compris bien que c'était une grande grâce et que le Seigneur voulait me faire voir de mes propres yeux l'abîme d'où sa miséricorde m'avait délivrée. Entendre parler de l'enfer ce n'est rien. ~ Aussi, je fus épouvantée. ~ Aussi, chaque fois que je me rappelle ce souvenir au milieu de mes travaux et de mes peines, toutes les souffrances d'ici-bas ne sont plus rien à mes yeux ; il me semble même que, sous un certain rapport, nous nous plaignons sans motif.

Depuis lors, je le répète, tout me paraît facile en comparaison d'un seul instant de ces tortures que j'endurais alors. Je m'étonne même qu'après avoir lu souvent des livres où l'on donne quelque aperçu des peines de l'enfer, je ne les aie point redoutées comme elles le méritent et ne m'en soit pas fait une idée exacte. Où étais-je donc ?

Comment pouvais-je trouver quelque repos dans ce qui m'entraînait à un si terrible séjour ? O mon Dieu, soyez à jamais béni !

Cette vision m'a procuré, en outre, une douleur immense de la perte de tant d'âmes et en particulier de ces luthériens qui étaient déjà par le baptême membres de l'Église. Elle m'a procuré aussi les désirs les plus ardents d'être utile aux âmes. Il me semble en vérité que, pour en délivrer une seule de si horribles tourments, je souffrirais très volontiers mille fois la mort. Voici en effet ce que je pense. Quand nous voyons quelqu'un et surtout une personne amie au milieu de grandes épreuves et de grandes douleurs, il semble que nous sommes naturellement touchés de compassion ; et si ses souffrances sont intenses, nous les ressentons très vivement. Mais la vue d'une âme condamnée pour l'éternité au supplice des supplices, Qui donc pourrait la souffrir ? Il n'y a pas de coeur qui n'en serait brisé de douleur. Nous sommes émus de la plus tendre compassion pour les maux d'ici-bas, et cependant nous savons qu'ils ont un terme et finissent avec la vie. Ne le serions-nous pas d'avantage pour des supplices qui doivent durer toujours ? Je ne sais comment nous pouvons vivre en repos quand nous voyons tant d'âmes que le démon entraîne avec lui en enfer.



Une âme damnée parle

extraite des messages de l'Escorial

Une âme damnée :

Nous ne voulons rien savoir, ni de vous ni de Dieu. Nous ne changerions pas les peines ni la douleur pour aller au Ciel ! Notre mission est la haine, la destruction, le manque d'amour. C'est un tourment qui ne finira jamais et ne nous consumera jamais. C'est un feu dévorant, qui dévore nos entrailles. Mais nous sommes maudits de Dieu parce que nous, nous n'avons pas voulu l'aimer. Mais je veux que vous avertissiez les hommes des tourments si grands de ce lieu afin qu'ils n'y entrent pas. C'est la voix de Dieu qui me le commande ! Mais pour moi, j'entraînerai tout le monde dans ce lieu où ils se consumeraient par le feu, où la haine, la destruction sont toujours présents ! Tout n'est qu'amertume et notre mission est de détruire les âmes.

Luz Amparo : Quelle horreur !

Une âme damnée :

Beaucoup parviennent en ce lieu parce que personne n'a voulu leur dire la vérité et nous nous n'avons pas voulu la comprendre. Il était plus facile de vivre dans les commodités, l'abondance, et à notre guise sans faire la volonté de Dieu. Ceci est notre salaire. Nous sommes payés par celui pour lequel nous avons travaillé. Nous éprouvons de la haine, du mépris. Si Dieu nous laissait, nous détruirions le monde. Nous n'éprouvons que le désir d'entraîner tous les hommes pour qu'ils participent à cette souffrance.

La Très Sainte Vierge :

Ma fille, tu vois quelle différence il y a entre l'amour et la haine ? Observe la paix qu'il y a en ce lieu et la haine, le mépris et la rancœur qu'il y a dans l'autre. Luttez mes enfants, et ne vous laissez pas conquérir par des paroles qui flattent vos ouies, par des commodités pour votre corps. Soyez fidèles à la volonté de Dieu, aimez nos Cœurs, mes enfants ! Les âmes bonnes jouissent de la miséricorde si grande que Dieu a eue envers elles parce qu'elles ont été capables de lutter, de se détacher, de rejeter les vanités, les rancœurs, les envies, d'être pauvres, humbles et sacrifiées, d'imiter Jésus sur la Croix et Marie à Nazareth ! N'as-tu pas vu ton Père Spirituel, ma fille, comme il est joyeux en la présence de Dieu ? Il a consacré toute sa vie à Dieu depuis son enfance. A l'âge de 9 ans, il a commencé son chemin ma fille.

Notre Seigneur :

Il s'est consacré entièrement. C'est pourquoi je vous ai récompensé, lui et toi : je l'ai récompensé en étant ton directeur spirituel, et je t'ai récompensée en apprenant de lui. C'est pourquoi je demande aux hommes : approchez-vous des sacrements, mes enfants, ne vous relâchez pas dans la prière, laissez le monde et toutes ses vanités et prenez un chemin droit et sûr. Dans le monde il y a une crise de la foi que les hommes ont perdu parce qu'ils considèrent que tout est bien. L'homme a perdu la morale et le monde est rempli d'immoralité : car rien n'est péché. On porte la chair en triomphe et je te répète, ma fille, que les hommes veulent changer les lois, chacun ne s'acceptant pas tel qu'il est, sur le chemin de sainteté, mais dans l'immoralité et en adultérant leur corps : les hommes avec les hommes, les femmes avec les femmes. Mais jusqu'où allez-vous en venir, créatures, car vous ne respectez pas la loi de Dieu ! Dieu a crée l'homme et la femme pour procréer, non point pour la jouissance, les plaisirs ou les passions. L'homme l'a oublié. Je te répète ma fille que cela ressemble à Sodome et Gomorrhe. Jusqu'à quand Dieu doit-il avoir honte des hommes ! Priez mes enfants, priez pour ne pas tomber en tentation.

LA LETTRE DES ENFERS

Le manuscrit suivant a été trouvé dans les papiers d'une jeune fille morte au couvent après quelques années de vie religieuse.

J'avais une amie, ou plutôt, nous étions en contact pour raison de travail à [……]. Nous étions ensemble, l'une à côté de l'autre, dans une maison de commerce. Puis Annette se maria et je ne la vis plus. Dans le fond, il régnait entre nous deux, depuis le début, plutôt de la courtoisie que de l'amitié. Je n'en ressentis, à cause de cela, que bien peu de privation quand elle alla, après son mariage, habiter un quartier de la ville de [……] très éloigné de ma demeure.

Pendant l'automne de 1937, je passai mes vacances au bord du lac de Garde ; ma mère m'écrivit vers la fin de la seconde semaine de septembre : « Pense donc ! Annette est morte dans un accident d'automobile. Elle a été enterrée hier au « cimetière du Bois ». Une telle nouvelle m'épouvanta. Je savais qu'elle n'avait jamais été très religieuse. Etait-elle prête quand Dieu l'appela ainsi à l'improviste ? Le matin suivant, j'entendis la Sainte Messe pour elle dans la chapelle des sœurs où j'avais pris pension. Je priai avec ferveur pour la paix de son âme et offrai aussi ma communion à cette intention. Mais pendant la journée, j'éprouvai un certain malaise qui augmenta vers le soir, encore plus. Je m'endormis inquiète. Finalement, je fus réveillée comme par un coup violent. J'allumai la lumière… la pendule marquait minuit dix. Je ne vis personne ; aucun bruit ne s'entendait dans la maison. Seules les eaux du lac de Garde se brisaient d'une façon monotone sur la rive du jardin de la pension. On n'entendait pas même une brise de vent… Pourtant, au moment de mon réveil subit, en plus du coup, j'avais cru percevoir un bruit comme celui du vent, semblable à celui qui se produisait quand mon chef de bureau, agacé, me passait une lettre de mauvaise manière. Je me retournai de l'autre côté, récitai quelques Pater pour les âmes du Purgatoire et me rendormis…

[…] Je m'étais levée le matin vers 6 heures pour aller à la chapelle de la maison, quand, en ouvrant la porte de ma chambre, j'aperçus une liasse de papier à lettre. La ramasser, reconnaître l'Ecriture d'Annette et jeter un cri ne fut qu'une même chose. Les feuilles en main, j'étais tremblante. Je compris qu'avec un tel état d'esprit, je ne pourrais pas même dire un Pater, d'autant que je fus également assaillie comme par une sensation asphyxiante. Je ne trouvai pas de meilleure solution que de sortir dehors à l'air. J'ordonnai un peu mes cheveux, je cachai la lettre dans mon sac et laissai la maison. Une fois dehors, je grimpai par le sentier qui, de là, à partir de la route s'élève vers la montagne parmi les oliviers, les jardins des villas et les buissons de lauriers. Le matin se levait lumineux. Les autres fois, tous les cent pas, je m'extasiais sur la vue magnifique qui, de là, s'ouvrait sur le lac et l'île de Garde, belle comme une fable. La merveilleuse couleur bleue de l'eau transparente me délassait toujours. Et je regardais étonnée, la blanche montagne Baldo qui, de l'autre côté, s'élevait lentement de 64 mètres au-dessus du niveau de la mer jusqu'à plus de 2 200 mètres. Maintenant, au contraire, je n'avais aucun regard pour tout cela. Après un quart d'heure de route, je me laissai tomber mécaniquement sur un banc qui s'appuie sur deux cyprès où encore, deux jours auparavant, j'avais lu avec tant de plaisir la « Junger Thérèse » de Federer (« Thérèse, la jeune fille d'âge mûr » de H. Federer - 1923) Alors, pour la première fois, je ressentis que les cyprès étaient les arbres des morts ; ce qu'auparavant, dans les pays du Sud où ils se voient souvent, je n'avais jamais soupçonné.

Je pris la lettre. La signature manquait, mais c'était très certainement l'écriture d'Annette. Il ne manquait pas même l'ample boucle ornementale des "S" et des "T" dont elle avait pris l'habitude au bureau pour contrarier monsieur Gr. Le style n'était pas le sien, ou tout du moins, elle ne parlait pas comme à son habitude, parce qu'elle savait converser d'une façon extraordinairement aimable et rire de ses yeux célestes. C'était seulement quand nous discutions de questions religieuses qu'elle pouvait devenir venimeuse et prendre le ton dur de cette lettre. Voici qu'en la jugeant ainsi, je subis moi-même l'amertume de son style impitoyable. Cet écrit du monde de l'Au-delà, je le rapporte ici, littéralement comme je l'ai lu alors. Il se présentait ainsi :

« Claire, ne prie plus pour moi ! Je suis damnée. Si je te le communique et t'en réfère plutôt longuement, ne crois pas que cela soit à titre d'amitié. Nous, ici, nous n'aimons plus personne. Je le fais comme contrainte à bien faire car « je suis du côté de cette puissance qui toujours veut le Mal et fait le Bien » (Parole de Méphistophéles dans « Faust » de Gœthe.) En vérité, je te voudrais voir aussi aboutir à cet état où moi, désormais, j'ai jeté l'ancre pour toujours. Ne t'étonne pas de cette intention, ici, nous pensons tous ainsi ; notre volonté est fixée dans le mal -tout du moins, en ce que, vous, vous appelez le mal- aussi, quand nous faisons quelque chose de « bien », comme moi maintenant, en t'ouvrant tout grands les yeux sur l'enfer, cela ne procède pas d'une bonne intention. Te souviens-tu qu'il y a quatre ans, nous nous sommes connues à [……] ? Tu avais alors 23 ans et tu te trouvais là depuis six mois quand j'arrivais. Tu me tirais de quelque embarras ; en tant que débutante, tu me donnais de bonnes adresses. Mais que veut dire « bon » ? Je louais alors ton… « amour du prochain ». Ridicule ! Ton secours dérivait d'une pure courtoisie comme du reste, déjà, je le soupçonnais. Ici, nous ne connaissons rien de bon, en personne. Tu connais le temps de ma jeunesse. Je comblerai quelques lacunes. Selon le plan de mes parents, à dire vrai, je n'aurais jamais dû exister. Ce fut pour eux, proprement, une « disgrâce ». Quand j'arrivai au monde, mes deux sœurs avaient 14 et 15 ans. Puissé-je n'être jamais née ! Puissé-je maintenant être anéantie et fuir ces tourments ! Aucune volonté n'égalerait celle avec laquelle je laisserais mon existence comme un vêtement de cendre, se répandant dans le néant. Mais, je dois exister. JE dois exister ainsi, comme je me suis faite, avec une existence manquée. Quand papa et maman, encore jeunes, quittèrent la campagne pour la ville, tous deux avaient perdu le contact avec l'Eglise, et ils sympathisèrent avec des gens éloignés de la foi ; ce fut mieux ainsi. Ils s'étaient connus dans un lieu dansant et six mois après, ils "durent" se marier. De la cérémonie nuptiale, il ne leur resta que juste assez d'eau bénite pour que maman allât à la messe du dimanche, environ deux fois par an. Elle ne m'a jamais enseigné à prier vraiment, tout se terminait avec les soucis de la vie quotidienne, bien que notre condition fût aisée. Des mots comme « prier », « messe », « eau bénite », « église », je les écris avec une répugnance intérieure sans pareille. J'abhorre tout cela, comme j'abhorre ceux qui fréquentent l'Eglise, et en général tous les hommes et toutes les choses. De tout, en effet, nous vient le tourment. Chaque connaissance, chaque souvenir de choses vues et sues est pour nous la cause d'une flamme cruelle. Dans chacun d'eux, en particulier, nous voyons le côté qui était Grâce, Grâce que nous avons méprisée. Quel tourment est cela ! Nous ne mangeons pas ; nous ne dormons pas ; nous ne marchons pas avec les pieds. Spirituellement enchaînés, nous regardons, hébétés, avec hurlement et grincement de dents, notre vie manquée, haïssants et tourmentés ! M'entends-tu ? Nous buvons la haine comme l'eau ; la haine, même entre nous. Surtout, nous haïssons Dieu. Je veux te l'expliquer. Les bienheureux, au Ciel, ne peuvent pas ne pas l'aimer parce qu'ils le voient sans voile, dans sa beauté éblouissante. Cela les rend tellement heureux qu'il est impossible de le décrire. Nous le savons, et cette connaissance nous rend furieux. Les hommes sur la terre, qui connaissent Dieu par la création et par la révélation, peuvent l'aimer, mais ils n'y sont pas contraints. Le croyant, je le dis en grinçant des dents, qui, en méditant, contemple le Christ en croix, bras tendus, finira par l'aimer. Mais celui vers lequel Dieu s'avance seul comme un ouragan, comme punisseur, comme juste vengeur parce qu'un jour, il a été répudié par Lui, ainsi qu'il est advenu de nous, celui-là ne peut que le haïr, avec toute l'impétuosité de sa volonté mauvaise, éternellement. Le haïr avec la vigueur d'une libre résolution d'être séparé de Lui, résolution avec laquelle, en mourant, nous avons exhalé notre âme, et que, pas même maintenant, nous ne retirerions et que jamais nous n'aurons la volonté de retirer.

Comprends-tu maintenant pourquoi l'enfer dure éternellement ? C'est parce que notre obstination ne cessera jamais.

Contrainte, j'ajoute que Dieu est miséricordieux même pour nous. Je dis « contrainte » parce que, tout en écrivant cette lettre de propos délibéré, il ne m'est, cependant, pas permis de mentir comme je le voudrais volontiers. Je mets beaucoup de choses sur le papier contre ma volonté. Ainsi, l'emportement d'injures que je voudrais vomir, je dois l'étrangler.

Dieu est miséricordieux envers nous en ne nous laissant pas continuer à répandre sur la terre notre volonté mauvaise comme nous aurions été prêts à le faire. Cela aurait augmenté nos fautes et par suite, nos souffrances. Il nous fait mourir prématurément comme il l'a fait pour moi, ou bien il fait intervenir d'autres circonstances atténuantes. Il se montre encore miséricordieux envers nous en ne nous contraignant pas à nous approcher de Lui plus que nous le sommes en ce lieu retiré de l'enfer, cela diminue le tourment. Chaque pas qui m'approcherait davantage de Dieu m'occasionnerait une peine plus grande que celle qui t'arriverait pour un pas plus près d'un brasier ardent.

Tu avais été épouvantée, quand une fois, pendant une promenade, je te racontais que mon père, peu de jours avant ma première communion, m'avait dit : « Cherche à obtenir un beau vêtement, ma petite Annette, le reste n'est que comédie. » A cause de ton épouvante, j'en ai eu presque honte. Maintenant, je m'en moque. L'unique raison de cela était que l'on admettait à la Communion qu'à dix ans seulement. A ce moment, j'étais, en ce qui me concerne, passablement prise par la manie des amusements du monde, de sorte que, sans scrupule, je me moquais des choses religieuses et je ne donnais pas grande importance à la « Première Communion ». Que beaucoup d'enfants aillent maintenant recevoir l'Hostie dès l'âge de 7 ans nous met en fureur. Et nous faisons tout pour donner à entendre aux gens que les enfants de cet âge n'ont pas la raison suffisante. Ceux-ci doivent d'abord commettre quelque péché mortel. Alors, la blanche particule ne fait plus en eux, grand dommage comme lorsque leur cœur vit encore de la foi, de l'espérance et de la charité -pouah ! quelle pensée- reçues au baptême. Te souviens-tu que déjà, sur terre, je soutenais cette opinion ?

Je viens de parler de mon père. Souvent, il était en dispute avec ma mère. Je t'y faisais allusion, mais très rarement, parce que j'en avais honte. Chose ridicule d'avoir honte du mal ! Pour nous, ici, tout est pareil… Mes parents ne dormaient même plus dans la même chambre ; j'étais avec ma mère et mon père restait dans la chambre voisine où il pouvait rentrer librement à n'importe quelle heure. Il buvait beaucoup et de telle façon qu'il dissipait tout notre avoir. Mes sœurs travaillaient toutes les deux, mais tout l'argent qu'elles gagnaient leur était nécessaire, disaient-elles. Aussi, ma mère commença-t-elle à travailler de son côté pour gagner quelque chose. Dans sa dernière année de vie, mon père battait souvent ma mère quand celle-ci ne voulait rien lui donner. A mon égard, au contraire, il était toujours affable. Un jour, je te l'avais raconté, et tu t'es choquée de mon caprice, (au reste, de quoi ne t'es-tu pas choquée à mon sujet ?) un jour donc, il dut rapporter au moins deux fois les souliers qu'il m'avait achetés parce que la forme et les talons n'étaient pas assez modernes [n.d.l.r. - les détails précédents au sujet du père d'Annette et l'épisode suivant des faits ont été confirmés.] La nuit pendant laquelle mon père fut frappé d'une apoplexie mortelle, il m'advint quelque chose que, par crainte d'une mauvaise interprétation de ta part, je n'ai jamais osé te confier. Mais maintenant, tu dois le savoir. C'est important parce qu'alors, pour la première fois, je fus assaillie de mon esprit tourmenté actuel. Je dormais dans la chambre avec ma mère. Ses respirations régulières indiquaient son profond sommeil quand voici que je m'entendis appeler par mon nom. Une voix inconnue me disait : « Qu'arrivera-t-il si ton père meurt ? » Je n'aimais plus mon père depuis qu'il traitait si vilainement ma mère, comme du reste, je n'aimais dès lors, absolument plus personne ; j'étais seulement affectionnée à certaines qui étaient bonnes pour moi. L'amour sans espoir de retour terrestre existe seulement dans les âmes en état de Grâce, et moi, je ne l'étais pas ; Je répondis à la mystérieuse demande sans savoir d'où elle venait : « Mais il ne meurt pas ! » Après une brève pause, la même demande se fit clairement entendre ? La même réponse : « Mais il ne meurt pas ! » m'échappa encore brusquement de la bouche. Pour la troisième fois, il me fut demandé : « Qu'arrivera-t-il si ton père meurt ? » Il me vint à l'esprit comment mon père venait souvent à la maison en état d'ivresse, tempêtant et maltraitant ma mère, et comment il nous avait mises dans une condition humiliante vis-à-vis de notre entourage. Indisposée, je criais : « Je m'en moque ! »

Alors, tout se tut.

Dans la matinée, quand ma mère voulut mettre en ordre la chambre de mon père, elle trouva la porte fermée à clef. Vers midi, on la força. Le cadavre de mon père, à demi-vêtu, gisait sur le lit. En allant à la cave, il avait dû lui arriver quelque accident. Depuis longtemps, il était en mauvais état de santé. (Dieu avait-il donc lié la conversation de cet homme, bon d'une certaine façon pour sa fille, à la volonté de celle-ci ?) - Parenthèse du manuscrit.

Marthe et toi, vous m'aviez persuadée d'entrer dans l'association des jeunes. Je n'ai jamais caché que je trouvais bien accordé à la mode paroissiale les instructions des deux directrices. Les jeux étaient amusants. Comme tu sais, j'y eus tout de suite un rôle de direction. Cela suivait mon inclination naturelle. Les promenades aussi me plaisaient. Je me laissais aller quelquefois à la confession et à la communion. A dire vrai, je n'avais rien à confesser. Pensées et discours, pour moi, n'avaient pas d'importance et pour les actions plus grossières, je n'étais pas encore assez corrompue.

Une fois, tu m'avertissais : « Anne, si tu ne pries plus assez, tu vas à la perdition. » Je priais vraiment peu et seulement d'une façon nonchalante. Maintenant, je sais que tu avais vraiment raison. Tous ceux qui brûlent en enfer n'ont pas prié, ou prié insuffisamment. La prière est le premier pas vers Dieu, et il demeure le pas décisif. Spécialement la prière à Celle qui fut la Mère du Christ et dont nous ne prononçons jamais le nom. Sa dévotion arrache au démon d'innombrables âmes que le péché devrait infailliblement jeter entre ses mains. Je poursuis en me consumant de colère et seulement parce que je le dois. Prier est la chose la plus facile que l'homme puisse faire sur la terre. Et c'est justement à cette chose très facile que Dieu a lié le salut de chacun… A qui prie avec persévérance, peu à peu, Il donne tant de lumière et le fortifie de manière telle, qu'à la fin, même le pécheur le plus endurci peut définitivement se relever, fût-il enfoncé dans la boue jusqu'au cou. Dans les dernières années de ma vie, je n'ai plus prié comme je le devais, et ainsi, je me suis privée de la grâce sans laquelle personne ne peut se sauver. Ici, nous ne recevons plus aucune grâce, au reste, même si nous en recevions, nous les refuserions cyniquement. Toutes les fluctuations de l'existence terrestre ont cessé en cette vie. Pour vous, sur la terre, vous pouvez monter d'un état de péché à l'état de grâce, de l'état de grâce, tomber dans le péché, souvent par faiblesse, quelquefois par malice. Avec la mort, ces changements sont finis, parce qu'ils ont pour cause l'instabilité de l'homme terrestre. Désormais, nous avons rejoint l'état final. Déjà, avec la croissance des ans, les changements deviennent plus rares. Il est vrai que jusqu'à la mort, on peut toujours se retourner vers Dieu ou s'en détacher. Cependant, entraîné par l'habitude, l'homme, avant de mourir, avec ses derniers faibles restes de volonté, se comporte comme il en avait l'habitude pendant sa vie. L'habitude devenue une seconde nature, il se laisse entraîner par elle. C'est ainsi qu'il advint pour moi. Depuis des années, je vivais loin de Dieu. A cause de cela, au moment du dernier appel de la Grâce, je me tournai contre Dieu. Ce n'est pas le fait que je péchais souvent qui fut pour moi, fatal, mais plutôt que je ne voulusse plus me relever. Plusieurs fois, tu m'as averti d'écouter les prédications, de lire des livres de piété. « Je n'ai pas le temps » était ma réponse ordinaire… rien d'autre n'augmentait davantage mon incertitude intérieure. Du reste, je dois constater que lorsque je quittai l'association des jeunes, l'orientation était déjà tellement avancée qu'il m'aurait été extrêmement pénible de me mettre sur une autre voie. Je me sentais dans l'insécurité et non heureuse, mais devant la conversion surgissait une muraille. Tu ne soupçonnais pas cela, tu considérais le retour à Dieu comme une chose très simple : un jour, en effet, tu me disais : « Mais fais donc une bonne confession, Annette, et tout ira bien après. » Je sentais qu'il en serait ainsi, mais le monde, le démon, la chair me tenaient déjà fortement dans leurs griffes. Je n'aurais jamais cru à l'influence du démon. Et maintenant, j'atteste qu'il influe considérablement sur les personnes qui se trouvent dans les conditions où je me trouvais alors. Seulement beaucoup de prières, faites par les autres et moi-même, jointes à des sacrifices et souffrances, auraient pu m'en arracher… et même cela, peu à peu seulement. Si l'on voit peu de possédés extérieurement, il y en a de très nombreux qui le sont intérieurement. Le démon ne peut ravir le libre-arbitre à ceux qui se donnent à son influence, mais en punition de leur apostasie, pour ainsi dire, méthodique de Dieu ; Dieu permet que le "Malin" se mette en eux. Je hais même le démon, et pourtant il me plaît parce qu'il cherche à vous entraîner, à vous ruiner, vous autres, lui et ses satellites -les esprits tombés avec lui au commencement du temps- ils sont innombrables et rôdent sur la terre ; ils dansent comme un essaim de mouches et vous ne vous en apercevez même pas…

Ce n'est pas à nous, réprouvés, de vous tenter ; cela est réservé aux esprits tombés. A la vérité, cela accroît encore davantage leur tourment chaque fois qu'ils entraînent ici une âme. Mais, que ne fait pas la haine !…

Je marchais dans des sentiers éloignés de Dieu, et pourtant, Dieu me poursuivait. J'aplanissais la voie à la grâce en raison d'actes de charité naturelle que j'accomplissais assez souvent par simple inclination. Quelquefois, Dieu m'attirait vers une église, alors je sentais comme une nostalgie. Quand je soignais ma mère malade, malgré mon travail de bureau durant la journée, d'une certaine façon, je me sacrifiais vraiment, alors les attraits de Dieu agissaient puissamment. Une fois, dans l'église de l'hôpital dans laquelle tu m'avais conduite pendant l'arrêt de travail de midi, il m'arriva une chose qu'alors il n'aurait fallu qu'un pas pour que j'en vienne à me convertir : j'ai pleuré… Mais la joie du monde passait de nouveau comme un torrent par-dessus la grâce, le bon grain suffoquait vraiment parmi les épines. Sous le prétexte que la religion était affaire de sentiment, comme on disait souvent au bureau, je rejetais encore cette notion de grâce comme toutes les autres… Une fois, tu m'as attrapée parce que, à la place d'une génuflexion jusqu'à terre, je fis à peine une informe courbette en pliant le genou. Tu pensais que c'était un acte de paresse et ne semblais pas même suspecter qu'alors je ne croyais déjà plus à la présence du Christ dans le Saint Sacrement. Maintenant, j'y crois, mais seulement d'une façon naturelle, comme on croit à un orage dont on entend les effets. En attendant, je m'étais accommodée d'une religion à ma façon. Je soutenais l'opinion qui parmi nous, au bureau, était commune, que l'âme, après la mort, allait dans un autre être de façon qu'elle continuait ainsi à pérégriner sans fin. Avec cela, l'angoissante question de l'Au-delà était résolue et rendue inoffensive. Pourquoi ne me rappelais-tu pas la parabole du riche opulent et du pauvre Lazare, dans laquelle le Christ envoie immédiatement après la mort, l'un en enfer, l'autre au paradis ?… Il est vrai que tu n'aurais rien obtenu, rien de plus qu'avec tes autres discours de bigote…

Peu à peu, je me créais à moi-même un dieu suffisamment étoffé pour être appelé Dieu ; assez éloigné de moi pour ne devoir maintenir aucune relation avec lui, assez vague pour le laisser, selon le besoin, ressembler à un dieu panthéiste ou bien pour se laisser poétiser comme un Dieu solitaire. Ce dieu n'avait aucun paradis pour me récompenser, ni aucun enfer à m'infliger. Je le laissais en paix. En cela consistait mon adoration pour lui. On croit volontiers à ce qui plaît, aussi au cours des ans, je me tins suffisamment convaincue de ma religion pour n'en avoir pas de souci. Une chose seulement, aurait pu briser mon obstination : une longue et profonde douleur. Et cette douleur n'est pas venue ! Comprends-tu maintenant ce que veut dire : « Dieu châtie ceux qui l'aiment » ? Un dimanche de juillet, l'association des jeunes organisait une excursion. Elle m'aurait bien plu, mais ses fades discours, ce comportement de bigotes, m'en ont détournée. D'ailleurs, une autre image bien différente de celle de la Madone demeurait depuis quelque temps sur l'autel de mon cœur : l'attrayant Max du magasin voisin ; déjà nous avions plaisanté ensemble plusieurs fois. Or précisément pour ce dimanche, il m'avait invitée à une promenade. Celle avec laquelle il allait d'habitude était malade à l'hôpital. Il avait bien compris que j'avais mis les yeux sur lui. Je ne pensais pas encore l'épouser toutefois. Il était certainement riche, mais se comportait trop gentiment avec toutes les filles. Et moi, jusqu'à ce moment, je voulais un homme qui m'appartint uniquement. Non seulement être sa femme, mais sa femme unique. J'ai toujours eu, en effet, un certain goût naturel pour la bienséance. (Il est vrai, Annette, malgré toute son indifférence religieuse, avait quelque chose de noble dans son comportement. Je m'épouvante à la pensée que même des personnes bien éduquées peuvent aller en enfer, quand, par ailleurs, elles le sont, en fait, si mal qu'elles fuient Dieu.)

Au cours de la promenade susdite, Max se prodigua en gentillesses. Et l'on ne s'en tint nullement à des conversations de prêtres comme vous. Le jour suivant, au bureau, tu me faisais des reproches parce que je n'étais pas venue avec vous. Je te racontai mon divertissement de ce dimanche. Ta première demande fut : « As-tu été à la messe ? » Sottise ! Comment pouvais-je étant donné que le départ avait été fixé pour six heures ? Tu sais encore comment, excitée, j'ajoutai : « Le bon Dieu ne fait pas attention ainsi à ces bagatelles comme vos prêtres. Maintenant, je dois confesser : « Dieu, malgré sa bonté infinie pèse les choses avec une plus grande précision qu'eux tous. »

Après cette première promenade avec Max, je vins encore une seule fois à l'association, à Noël, pour la célébration de la fête ; c'était quelque chose qui me plaisait suffisamment pour revenir encore, mais intérieurement, j'étais déjà étrangère à vous autres. Cinéma, bals, promenades se succédaient constamment. Avec Max, nous nous disputions quelquefois, mais je sus toujours l'enchaîner à moi de nouveau. J'eus beaucoup de mal avec l'autre amie qui, au retour de l'hôpital, se comportait auprès de lui comme une obsédée. Ce fut un avantage pour moi car mon noble calme, par opposition, fit une profonde impression sur Max qui finit par décider que je serais la préférée. J'avais su la lui rendre odieuse, en parlant froidement ; positive à l'extérieur et vomissant le venin à l'intérieur. De tels sentiments, une telle conduite préparent excellemment à l'enfer. Ils sont diaboliques, dans le sens le plus étroit du mot.

Pourquoi je te raconte cela ? C'est pour te dire comment je me détachai définitivement de Dieu…

Entre moi et Max, nous n'étions pas arrivés souvent à la très grande familiarité. Je comprenais que je me serais abaissée à ses yeux si je m'étais laissée aller complètement avant le temps, c'est pourquoi, je sus me maintenir. J'étais prête à tout, je devais le conquérir. A cette fin, rien ne m'était trop cher. En outre, peu à peu, nous nous aimions, possédant l'un et l'autre de précieuses qualités qui faisaient nous apprécier réciproquement. J'étais habile et capable, d'une agréable compagnie, aussi je tins solidement attaché et réussis, au moins dans les derniers mois avant notre mariage, à être l'unique à le posséder. En cela consistait mon apostasie de Dieu, d'avoir fait d'une créature, mon idole… Jamais une chose pareille ne peut arriver entièrement que dans l'amour d'une personne pour l'autre sexe lorsque cet amour reste enfermé dans les satisfactions purement terrestres ; c'est aussi ce total abandon qui forme son attrait, son stimulant et son venin. pour moi, en la personne de Max, cette adoration de moi-même me devint une religion vécue. Pendant ce temps, au bureau, je me lançai avec âcreté contre tout ce qui était d'Eglise, les prêtres, les indulgences, le marmonnement du chapelet et semblables sottises. Tu cherchais, avec plus ou moins d'esprit, à prendre la défense de ces choses, sans soupçonner, semblait-il, que dans l'intime, je n'argumentais pas à la vérité contre elles, mais je cherchais plutôt un soutien contre ma conscience - j'avais alors besoin d'un tel soutien pour justifier mon apostasie par la raison. Tout au fond, je me révoltais contre Dieu. Tu ne le comprenais pas ; je me tenais encore pour catholique et désirais être appelée ainsi ; j'allais même jusqu'à payer les taxes ecclésiastiques. Une certaine contre-assurance ne pouvait me nuire, pensais-je. Il arrivait parfois, que tes réponses me frappaient mais elles n'avaient pas de prise sur moi parce que tu ne « devais » pas avoir raison. En raison de ces fausses relations, nous avons eu, l'une et l'autre, peu de regret lorsque nous nous sommes séparées à l'occasion de mon mariage. Avant cette cérémonie, je me confessai et communiai encore une fois, comme c'était prescrit. Moi et mon mari, nous pensions la même chose sur ce point. Pourquoi ne pas accomplir ces formalités ? Nous nous y soumîmes comme à toutes les autres. Vous appelez indigne une telle communion. Et bien, après l'avoir faite, j'eus plus de calme dans la conscience. Ce fut du reste la dernière.

Notre vie conjugale se passait, la plupart du temps en grande harmonie. Sur toutes ces questions, nous étions du même avis. En particulier, sur ce point que nous ne voulions pas endosser la charge d'élever des enfants. A la vérité, mon mari en aurait volontiers eu un, bien sûr, mais pas plus. A la fin, je sus le dissuader encore de ce désir. Vêtements, meubles de luxe, promenades, voyages en auto et semblables distractions m'importaient davantage.

Ce fut une année de plaisir sur la terre que ce temps entre mon mariage et ma mort soudaine. Chaque dimanche, nous allions en voiture ou bien nous rendions des visites aux parents de mon mari. (j'avais honte désormais de ma mère.) Ceux-ci glissaient à la surface de l'existence, ni plus ni moins que nous. Intérieurement, je ne me sentais jamais heureuse ; cependant, extérieurement, je riais. C'était toujours au-dedans de moi que quelque chose me rongeait. J'aurais voulu qu'après la mort, laquelle naturellement, devait être encore bien lointaine, tout fût fini.

Etant enfant, j'entendis un jour au cours d'un sermon, que Dieu récompense toute bonne œuvre que chacun accomplit et quand il ne pourra la récompenser dans l'autre vie, il le fait sur la terre, cela est très exact. Inopinément, j'eus un héritage de la tante « Lotte » et mon mari réussit à obtenir des émoluments très honorables. Je pus alors arranger ma nouvelle habitation d'une façon attrayante. La religion ne m'envoyait plus que de loin sa lumière, pâle, faible et incertaine. Les cafés des villes, les hôtels dans lesquels nous allions durant les voyages, ne nous portaient certainement pas à Dieu. Tous ceux qui fréquentaient ces lieux, vivaient comme nous, de l'extérieur à l'intérieur, mais non de l'intérieur à l'extérieur, l'extérieur envahissant l'intérieur, au lieu que ce soit l'inverse. Si, dans nos voyages, au moment des vacances, nous visitions quelques cathédrales, nous n'avions d'intérêt que pour son contenu artistique. L'atmosphère religieuse que nous respirions, spécialement dans ces monuments du Moyen-Age, je savais les neutraliser avec quelques critiques de circonstance ; un frère faisant office de guide qui avait un maintien gauche ou n'était vêtu que peu proprement ; le scandale que des moines qui se faisaient passer pour pieux, vendissent des liqueurs ; l'éternelle sonnerie des cérémonies sacrées pendant que l'on ne s'occupe que de faire de l'argent… De la sorte, je chassais de moi à chaque fois, la grâce dès qu'elle passait. Je laissai libre cours à ma mauvaise humeur, en particulier à propos de certains tableaux médiévaux de l'enfer, dans les cimetières ou ailleurs, dans lesquels le démon grille les âmes sur des charbons incandescents tandis que ses compagnons aux longues queues entraînent d'autres victimes avec de longues cordes ! Claire ! On peut se tromper pour peindre l'enfer, mais on n'exagère jamais ! Le feu de l'enfer, je l'ai toujours eu en vue d'une façon spéciale. Tu, sais comment, durant une altercation à ce propos, je te tins une allumette sous le nez et te dis avec sarcasme : « A-t-elle l'odeur de l'enfer ? » Tu as éteint en hâte la flamme. Ici, personne ne l'éteint ! Le feu, je te le dis moi-même, ne signifie pas le tourment de la conscience. Le feu, c'est le feu. Cette parole de l'Evangile est à entendre littéralement : « éloignez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel ! » « Littéralement » !

Comment un esprit peut-il être touché par le feu matériel ? Demanderas-tu. Comment peut souffrir ton âme sur la terre quand tu mets le doigt sur une flamme ? De fait, l'âme ne brûle pas ; et pourtant, quel tourment en éprouve tout l'individu ! De façon analogue, nous ici, nous sommes spirituellement liés au feu, selon notre nature et selon nos facultés. L'âme est privée de sa liberté naturelle ; nous ne pensons pas ce que nous voulons, ni comme nous le voulons. Ne regarde pas ces lignes, hébétée ; cet état, qui à vous autres, ne dit rien, me brûle sans me consumer.

Notre plus grand tourment consiste, dans la certitude que nous avons que nous ne verrons Dieu, jamais.

Comment cela peut-il nous tourmenter autant, alors que sur la terre on y demeure aussi insensible ? Tant que le couteau reste étendu sur la table, on reste indifférent. On voit s'il est affilé, on ne l'éprouve pas. Que le couteau te transperce, et tu te mettras à crier de douleur. Maintenant, nous souffrons la perte de Dieu ; avant, nous y pensions seulement. Toutes les âmes ne souffrent pas d'une égale façon. D'autant plus pernicieusement et d'autant plus systématiquement quelqu'un a péché, d'autant plus gravement pèse sur lui la perte de Dieu et d'autant plus la suffoque la créature dont elle a abusé. Les catholiques damnés souffrent plus que ceux des autres religions parce que, le plus souvent, ils ont reçu et méprisé plus de grâces et de lumières. Celui qui savait plus, souffre plus durement que celui qui savait moins. Ceux qui tombent par malice pâtissent plus cruellement que ceux qui tombent par faiblesse. Mais personne ne souffre plus que ce qu'il a mérité. Oh ! si du moins cela n'était pas vrai ! j'aurais ainsi une raison de haïr ! Tu me disais un jour, que personne ne va en enfer sans le savoir… Cela aurait été révélé à une sainte. Moi, j'en riais, mais ensuite, je me retranchai derrière cette déclaration : « De toute façon, en cas de nécessité, j'aurais toujours la possibilité de faire volte-face. » me disais-je secrètement. Cette pensée est juste. Vraiment, avant ma fin subite, je ne connus pas l'enfer comme il est. Aucun mortel ne le connaît. Mais j'en avais la pleine conscience. « Si tu meurs, tu vas dans le monde de l'Au-delà, tout droit, comme une flèche contre Dieu. Tu en porteras les conséquences. » Je n'en changeai pas pour autant parce qu'enracinée par la force de l'habitude, comme je te l'ai dit déjà, j'étais poussée, entraînée par elle. Plus les hommes vieillissent, plus ils aiment leurs habitudes… Ma mort vint ainsi !

Il y a une semaine, je parle selon que vous comptez ; en regard à la douleur, je pourrais dire très bien que je brûle en enfer déjà depuis dix ans. Il y a une semaine donc, mon mari et moi, nous faisions pendant ce dimanche, une promenade… la dernière. Le jour pointait, radieux. Je me sentais bien autant que jamais. Un sinistre sentiment de bonheur m'envahit qui serpentait en moi durant toute la journée… Quand voici qu'à l'improviste, pendant le retour, mon mari fut ébloui par une auto qui venait à toute allure. Il perdit le contrôle… « Jésus » me sortit des lèvres comme un frisson, non comme une prière, mais comme un cri. Une douleur déchirante m'opprimait toute. Et en regard de celle d'à présent, c'était une bagatelle. Puis, je perdis les sens. Il est étrange que pendant cette matinée, il m'était venu encore à l'esprit, d'une façon inexplicable, cette pensée : « Tu pourrais encore une fois aller à la messe ». Elle retentissait en moi comme une imploration. Nettement et résolument, mon « non » trancha le fil de mes pensées. « Avec toutes ces choses, il faut en finir. Que j'en endosse toutes les conséquences ! Maintenant, je les porte. »

Ce qui advint après ma mort, tu le sais déjà. Le sort de mon mari, celui de ma mère, ce qui arriva de mon cadavre et le déroulement de mes funérailles, je les ai connus dans leur détail par le moyen des connaissances naturelles que nous avons ici. Ce qui arrive sur la Terre, nous le savons seulement d'une façon assez vague. Mais ce qui nous touche de plus près, en quelque façon, nous le connaissons. Ainsi, je vois maintenant où tu séjournes. Moi-même, au moment de ma mort, je me réveillai soudainement du brouillard. Je me vis comme inondée d'une lumière éblouissante. J'étais au lieu même où gisait mon cadavre. Il arriva comme il arrive au théâtre lorsque, d'un coup, s'éteignent les lumières pour ne plus voir que la scène. Le rideau se divise avec grand bruit et s'ouvre sur une scène inattendue, horriblement lumineuse : la scène de ma vie… Comme dans un miroir, mon âme se montra à elle-même : les grâces méprisées depuis ma jeunesse, jusqu'au dernier « non » en face de Dieu. Je me sentis comme un assassin auquel, durant le procès judiciaire, on vient apporter sa victime inanimée… Me repentir ? Jamais !… En avoir Honte ? Jamais !… Pourtant, je ne pouvais non plus résister sous les yeux de Dieu que j'avais rejeté. Il ne me restait qu'une chose : la fuite. Comme Caïn s'enfuit du cadavre de son frère Abel, ainsi, mon âme fut poussée dehors, loin de cette vue d'horreur. Ce fut le jugement particulier : l'invisible Juge disait : « Eloigne-toi de moi ! »

…Alors mon âme, comme une ombre enduite de soufre, se précipita dans l'éternel tourment !…

Ainsi se terminait la lettre de l'enfer. Les dernières "paroles" étaient presque illisibles, tant elles étaient déformées. La lettre même, quant à elle, se réduisit en cendres entre mes mains…

Alors, après l'âpre accent de ces lignes que j'avais cru lire, résonna doucement un bruit venant de la campagne.Je me réveillai en sursaut. J'étais encore au lit dans ma chambre. Par la fenêtre la lumière matinale pénétrait, tandis que de la paroisse arrivait le son de l'Angélus. Je ne réalisais pas encore ce qui m'était advenu, mais jamais je ne ressentis un tel réconfort de l'Angélique Salutation. Lente ment, je récitai les trois Ave Maria. « Pour toi, me fut-il fortement inspiré, il faut te tenir attachée à la Mère Bénie du Seigneur : tu dois honorer filialement Marie si tu ne veux pas subir le sort d'une âme qui ne verra jamais Dieu. » Encore tremblante après cette terrible nuit, je me levai, m'habillai en hâte et courus en bas par l'escalier dans la chapelle de la maison. Le coeur me battait jusque sous la gorge. Les quelques hôtes agenouillés près de moi me regardèrent ; mais peut-être pouvaient- ils penser que j'étais excitée pour avoir ainsi descendu l'escalier en courant. Une brave dame de Budapest, plutôt âgée, éprouvée par la souffrance, grêle comme un enfant, myope, maig expérimentée dans les choses spirituelles et fervente dans le service du Seigneur, durant l'après-midi, dans le jardin me dit en souriant : « Mademoiselle, Jésus ne veut pas être servi avec si grand empresse ment ! » Mais ensuite elle s'aperçut que quelque chose d'autre

m'avait agitée et m'agitait encore. Me calmant elle ajouta : « Ne vous troublez pas ». Connaissez-vous la strophe de Sainte Thérèse ? Ne vous troublez pas, Ne vous effrayez pas,

Tout passe,

Dieu seul ne change pas,

La Patience arrive à tout,

A qui possède Dieu,

Rien ne manque,

Dieu seul suffit. Pendant qu'elle me disait doucement ces paroles lentement et sans vouloir instruire, il me parut qu'elle lisait dans mon âme : « Dieu seul suffit ». Oui, Lui seul doit me suffire, ici-bas et Là-haut. Je ne veux pas aller en enfer. Je veux le posséder un jour, quelque sacrifice qu'il puisse m'en coûter.





Sainte Faustine Kowalska en enfer

Dans sa miséricorde, Dieu a voulu montrer à soeur Faustine la conséquence éternelle du péché grave. Elle écrit dans son "Petit Journal":

«Aujourd'hui, j'ai été introduite par un ange dans les gouffres de l'enfer. C'est un lieu de grands supplices. Son étendue est terriblement grande. J'y ai vu divers genres de souffrances: - La première c'est la perte de Dieu. - La seconde: les perpétuels remords de conscience. - La troisième: le sort des damnés ne changera jamais. - La quatrième: c'est le feu, allumé par la colère de Dieu, qui va pénétrer dans l'âme sans la détruire. - La cinquième: ce sont les ténèbres continuelles, une odeur terrible, étouffante. Et, malgré les ténèbres, les démons et les âmes damnées se voient mutuellement et voient tout le mal des autres et le leur. - La sixième: c'est la continuelle compagnie de Satan. - La septième: un désespoir terrible, la haine de Dieu, les malédictions, les blasphèmes.

«Que chaque pécheur sache qu'il sera torturé durant toute l'éternité par les sens qu'il a employés pour pécher. J'écris cela sur l'ordre de Dieu pour qu'aucune âme ne puisse s'excuser disant qu'il n'y a pas d'enfer, ou que personne n'y a été et ne sait comment c'est. Moi, soeur Faustine, par ordre de Dieu, j'ai pénétré dans les abîmes de l'enfer pour en parler aux âmes et témoigner que l'enfer existe Une chose que j'ai remarquée, c'est qu'il y avait là beaucoup d'âmes qui avaient douté que l'enfer existe... Aussi, je prie encore plus ardemment pour le salut des pécheurs. Sans cesse, j'appelle la Miséricorde divine sur eux. Ô mon Jésus, je préfère agoniser jusqu'à la fin du monde dans les plus grands supplices que de Vous offenser par le moindre péché».

«L'Église affirme l'existence de l'enfer et son éternité... !

Mourir en péché mortel sans s'en être repenti et sans accueillir l'amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Lui pour toujours par notre propre choix libre» (CEC, 1035, 1033).

FATIMA: LA VISION DES ENFERS

À Fatima, la Vierge Bénie Marie disait aux trois visionaires d'enfant que beaucoup d'âmes vont aux enfers parce qu'ils ont personne qui prie ou qui fait des sacrifices pour eux. Dans ses Mémoires, Soeur Lucie décrit la vision d'enfer que Notre Dame montrait les enfants à Fatima:

"Elle ouvrait Ses mains encore une fois, comme Elle avait fait les deux mois précédents. Les rayons [de lumière] paraissaient pénétrer la terre, et nous voyions, pour ainsi dire, une mer vaste de feu. Plongé dans ce feu, nous voyions les démons et des âmes[des damnés]. Celles-là étaient comme braises transparentes de brûlure, ayant des formes humaines en couleurs ou noircise ou de bronze polie. Elles flottaient au milieu de cette conflagration-là, soulevé maintenant en l'air par des flammes qui originait de leurs intérieurs, accompagné des grands nuages de fumée. Maintenant elles retombaient sur chaque côté comme des étincelles dans des feux énormes, sans ni de la lourdeur ni d'équilibre, parmi des cris et des gémissements de douleur et de désespoir, ce qui nous horrifiait et nous faisait trembler de frayeur (il doit avoir été cette vue qui me faisait crier, parce que des gens disent qu'ils m'entendaient). Les démons étaient distingués [des âmes des damnés] par leur ressemblance terrifiant et répulsive aux animales effroyables et inconnus, noire et transparente comme des charbons brûlants. Cette vision durait seulement un moment, grâce à notre bonne Mère Divine, Qui à la première apparition avait promis de nous prendre au ciel. Sans cette promesse, je pense que nous aurions mouru de terreur et de crainte."


Entre les mains d'un Dieu en colère


"A moi la vengeance et la rétribution, quand leur pied chancellera!

Car le jour de leur malheur est proche, et ce qui les attend ne tardera pas." (Deutéronome 32:35)

Ce verset menace les Israélites incrédules d'une manifestation de la vengeance divine, ils appartenaient au peuple visible de Dieu, et bénéficiaient des moyens de la grâce. Or, en dépit de toutes les oeuvres merveilleuses de Dieu à leur égard, ils demeuraient dépourvus de bon sens, "et il n'y avait point en eux d'intelligence" (v.28).

Malgré tout le soin céleste dont ils faisaient l'objet, ils produisaient un fruit amer et empoisonné, comme l'indiquent les quelques versets précédant notre texte. Ce verset 35 en particulier semble suggérer plusieurs choses sur la destruction et le châtiment auxquels ces Israélites impies s'exposaient.

La destruction les menace continuellement

La chute guette à tout moment celui qui se place sur un terrain glissant. Nous en voyons ici l'indication dans la manière dont frappe la destruction: leur pied chancelle. La même idée ressort d'un autre passage: "Oui, tu les places sur des voies glissantes, tu les fais tomber et les mets en ruines. Eh quoi! en un instant les voilà détruits! ils sont enlevés, exterminés par une fin soudaine!" (Ps 73:18,19)

La destruction est soudaine et inattendue

L'homme qui marche sur une voie glissante ne peut prédire s'il sera tombé ou encore debout le moment suivant. Lorsque la chute survient, elle est soudaine et sans avertissement. C'est, là aussi, ce qui ressort du Psaume 73 déjà cité.

La chute de l'impie provient de lui-même Nul besoin qu'un autre le précipite à terre. Son propre poids suffit à faire tomber celui qui se tient ou marche en un lieu glissant. il n'est pas encore tombé, ou ne tombe pas à l'instant présent, uniquement parce que l'heure fixée par Dieu n'est pas encore survenue. II est en effet parlé du "jour de leur malheur". Il existe un moment désigné par Dieu où leur pied chancellera, et alors ils seront abandonnés à une chute provoquée par leur propre poids. Dieu ne les soutiendra pas une seconde de plus, mais il les laissera à leur propre sort. Alors, en cet instant précis, ces hommes glisseront inexorablement vers leur destruction, incapables de se retenir par leurs propres moyens Dès que tout appui disparaît, ils tombent immédiatement vers leur perdition. Notre texte enseigne une vérité importante: seul le bon vouloir de Dieu empêche les méchants de tomber immédiatement en enfer. Par bon vouloir, je veux parler de sa volonté souveraine, indépendante, libre de toute obligation et entravée par aucune sorte de difficulté. En dernier ressort, seul ce bon vouloir préserve, ne serait-ce qu'une seconde, les hommes méchants de la destruction. La vérité de cette remarque se manifeste dans les considérations suivantes.

Dieu ne manque pas de puissance

Il a à tout moment la capacité de jeter les méchants en enfer. Le bras de l'homme ne possède aucune force lorsque Dieu s'élève contre lui. Le plus puissant n'a pas les moyens de lui résister, et aucun ne peut délivrer de sa main. Dieu peut jeter les méchants en enfer le plus facilement du monde. Parfois, un roi de la terre rencontre de grandes difficultés dans ses efforts à assujettir un parti rebelle qui a pu s'armer et rallier un grand nombre de partisans. Mais, aucune forteresse ne peut protéger de la puissance de Dieu. Même si ses ennemis s'associent en multitudes, il les met en pièce avec facilité, comme la tornade disperse un gros tas de paille, ou les flammes dévorent une immense quantité de chaume. il nous est aisé d'écraser le vermisseau qui rampe sur le sol, ou de rompre le fil de l'araignée. Il est tout aussi facile à Dieu, quand il le décide, de jeter ses ennemis en enfer. Que sommes-nous pour nous penser capables d'affronter Celui à la réprimande duquel la terre tremble, et devant qui les rochers se fendent?

Les hommes méritent l'enfer Pour cette raison, la justice divine ne soulèvera pas d'objection à l'emploi de la puissance divine à tout moment pour les détruire. Bien au contraire, cette justice divine exige avec instance la rétribution de leurs péchés par un châtiment infini. Voyant l'arbre qui produit des fruits de la race de Sodome, elle dit: "Coupe-le: pourquoi occupe-t-il la terre inutilement?" (Luc 13:7) La justice divine brandit sans cesse son épée au-dessus de leur tête, et seule la main souveraine de la miséricorde et de la volonté de Dieu la retient.

Les hommes sont déjà condamnés à l'enfer

ils méritent effectivement d'y être justement jetés. En outre, la sentence de la loi de Dieu, cette règle de justice éternelle et immuable que Dieu a placée entre lui et l'humanité, s'élève contre eux et elle les condamne. En conséquence, ils sont déjà liés pour cette terrible destination. "Celui qui ne croit pas est déjà jugé" (Jean 3:18).

Ainsi donc, tout homme inconverti appartient à l'enfer. il vient de là: "Vous êtes d'en bas" (Jean 8:23), et c'est là sa destination, assignée par la justice de Dieu, par sa parole et par la sentence de son immuable loi.

L'homme est l'objet de la colère de Dieu Cette même colère, exprimée par les tourments de l'enfer, se déploie déjà à l'encontre des incroyants ici-bas. S'ils ne tombent pas à l'instant en enfer, cela ne vient pas du fait que le Dieu à la merci duquel ils sont n'est pas en ce moment même en colère contre eux. Il l'est, tout autant qu'en regard aux multitudes de misérables créatures qui subissent et ressentent aujourd'hui la fureur de sa colère dans les tourments infernaux. En fait, il est bien plus en colère envers des multitudes d'hommes actuellement sur la terre, et même, sans aucun doute, envers plusieurs de mes lecteurs, qu'à l'encontre de beaucoup de ceux qui souffrent en ce moment dans les flammes infernales. Ce n'est pas parce qu'il ignore la méchanceté des impies, ou qu'elle ne lui est pas odieuse, que Dieu ne déploie pas sa main pour les retrancher. il ne leur ressemble pas, bien qu'ils se l'imaginent. Sa colère se consume contre eux. Leur damnation ne sommeille pas, mais l'abîme se prépare, le feu attend et la fournaise rougeoie, prête à les recevoir. L'épée étincelante aiguisée les surplombe, et l'abîme s'est ouvert au-dessous d'eux.

Le diable les guette il est prêt à s'abattre sur eux et à s'en saisir dès l'instant où Dieu le lui permettra. ils lui appartiennent. il a leur âme en sa possession et les tient sous sa domination. L'Ecriture parle des méchants comme des "dépouilles" de Satan (Luc 11:22). Les démons veillent sans cesse aux côtés des impies, aux aguets comme des lions dévorants et affamés, actuellement retenus, mais qui s'attendent à déchirer leur proie. Si Dieu retirait la main qui les restreint, ces démons s'abattraient en un instant sur ces pauvres âmes. Le vieux serpent d'Eden les guette, l'enfer ouvre sa bouche béante pour les recevoir. Si Dieu le permettait, ses ennemis seraient rapidement avalés et perdus.

Des principes infernaux règnent dans leur âme

Ces élans s'élèveraient immédiatement en flammes d'enfer si les restreintes imposées par Dieu disparaissaient. il repose dans la nature même de l'homme naturel une fondation pour les tourments de l'enfer. Ces principes corrompus renferment la puissance dominatrice et le potentiel qui en font des semences du feu infernal. II s'agit de principes actifs et puissants, extrêmement violents dans leur nature. Si Dieu ne les restreignait pas, ils dépasseraient très rapidement toutes limites. Ils s'enflammeraient comme le font des corruptions similaires et une inimitié semblable dans le coeur des âmes damnées, et ils engendreraient les mêmes tourments que ces dernières souffrent en enfer.

L'Ecriture compare l'âme des méchants à la mer agitée "qui ne peut se calmer" (Esa 57:20). Dans le temps présent, Dieu restreint leur méchanceté par sa grande puissance, comme il le fait avec les flots tumultueux de la mer à qui il dit: "Tu viendras jusqu'ici, tu n'iras pas au-delà." Mais, s'il ôtait cette puissance de restreinte, la méchanceté des impies aurait tôt fait d'emporter tout devant elle. Le péché est la ruine et la misère de l'âme. ll porte la destruction dans sa nature, et si Dieu le laissait déchaîné, rien d'autre ne rendrait l'âme aussi parfaitement misérable. La corruption du coeur de l'homme ne connaît ni modération ni limite dans sa fureur. Tant que l'incroyant vit sur la terre, cette corruption est comme un feu refoulé par les restreintes de Dieu. Sinon, elle mettrait à feu et à sang le cours même de la nature. Puisque le coeur est aujourd'hui le récipient du péché, une fois libre de toute restreinte, il transformerait immédiatement l'âme en un four enflammé, en une fournaise de feu et de soufre.

Les hommes n 'ont pas de sécurité

Ils sont en danger, même quand rien ne l'indique. Sa santé n'offre pas de sécurité à l'homme. II court un terrible danger, même s'il ne voit pas comment il pourrait soudainement quitter ce monde, ou s'il ne perçoit pas de danger visible dans ses circonstances. L'expérience continuelle et multiple des siècles montre que l'homme n'a aucun gage d'assurance de ne pas être à la porte même de l'éternité, et d'être soudain propulsé dans un autre monde. Les manières imprévisibles et inattendues par lesquelles les hommes quittent ce monde sont innombrables et inconcevables. Les inconvertis marchent au-dessus de la bouche même de l'enfer. Une plaque pourrie recouvre cet abîme, si faible en tant d'endroits qu'elle soutient à peine leur poids. L'homme ne voit pas ces faiblesses. Les flèches de la mort volent invisibles en plein jour, et même l'oeil le plus perçant ne les décèle pas. Dieu possède quantité de façons différentes et insondables pour ôter les méchants de ce monde et les envoyer en enfer. il n'a pas besoin d'un miracle ou de sortir du sentier ordinaire de la providence pour détruire n'importe quel homme impie à tout moment.

Tous les moyens pour ôter les pécheurs de ce monde sont tellement et si absolument soumis à sa puissance et à sa décision, qu'il n'en dépend pas moins du simple bon vouloir divin de les envoyer en enfer que s'il n'utilisait jamais de moyens.

La prudence et le soin de l'homme ne le protègent pas

Qu'il les exerce lui-même pour préserver sa propre vie, ou que d'autres les déploient pour lui, ces choses ne lui apportent pas un instant de sécurité. La providence divine et l'expérience universelle portent aussi témoignage à la vérité de cette déclaration. L'évidence est claire. La sagesse de l'homme ne lui procure aucune sécurité en regard à la mort. Sinon, les sages et les grands de ce monde seraient moins susceptibles à une mort précoce et inattendue que les autres hommes. Qu'en est-il pourtant dans les faits? "Eh quoi! le sage meurt aussi bien que l'insensé!" (Eccl2:16)

Tout effort pour échapper à l'enfer est vain

Les hommes prennent beaucoup de peines et usent de beaucoup d'artifices pour échapper à l'enfer, tout en rejetant Christ et en demeurant dans leur méchanceté. Tous ces efforts ne les protègent pas un instant de la destruction.

Presque tout homme naturel, en entendant parler de l'enfer, se flatte d'y échapper. il trouve sa propre sécurité en lui-même, et s'appuie en ce qu'il a accompli, en ce qu'il fait, et en ce qu'il a l'intention d'entreprendre. Chacun échafaude des arguments sur la manière dont il évitera la damnation. il se félicite de bien réussir en ce qui le concerne, et pense que ses efforts ne lui feront pas défaut.

Oui, on dit que peu de gens sont sauvés, et que la plus grande partie de l'humanité déjà passée est allée en enfer, mais chacun s'imagine qu'il a mieux préparé sa sauvegarde que ses prédécesseurs. il n'envisage pas de finir dans ce lieu de tourments. Il détermine en son for intérieur de prendre un soin efficace de soi-même et de se débrouiller pour assurer sa réussite.

Mais ces insensés se trompent dans leurs plans et dans leur confiance en leurs propres forces et en leur sagesse. ils ne s'appuient que sur une ombre. La plus grande part de ceux qui ont vécu jusqu' ici, au bénéfice des mêmes moyens de grâce, sont de toute évidence ailés en enfer. Etaient-ils moins sages ou moins occupés à assurer leur propre salut? Si nous pouvions leur demander, chacun en particulier, s'ils s'attendaient, en entendant de leur vivant parler de l'enfer, à devenir les objets de cette misère, ils répondraient tous sans exception: "Non, j'avais prévu les choses différemment dans mon esprit. Je pensais me débrouiller bien et que mes plans avaient de la valeur. Je prenais grand soin de ces choses, mais ce sort survint de manière inattendue. Je ne l'attendais pas à ce moment-là, ni de cette manière-là. La mort est venue comme un voleur dans la nuit. La colère de Dieu avait trop de rapidité pour moi. Oh, quelle bêtise insensée me contrôlait! Je me félicitais et m'endormais par des rêves vains de ce qui devait m'arriver. Et alors que je disais: Paix, paix, la destruction soudaine s'est abattue sur moi."

Dieu n 'est sous aucune obligation il n'a donné aucune promesse à l'homme naturel de le préserver un seul instant de l'enfer. il n'a certainement fait aucune promesse, soit de vie éternelle, soit de préservation ou de délivrance de la mort éternelle, si ce ne sont celles de l'alliance de la grâce. Toutes les promesses sont en Christ, car c'est en lui qu'est le oui.

Toutefois, ceux qui ne sont pas enfants de l'alliance n'ont certainement pas de part dans les promesses de l'alliance. ils ne croient aucune de ses promesses, et ils n'en aiment pas le Médiateur.

Certains ont imaginé ou prétendu toutes sortes de choses pour les promesses faites en rapport aux efforts sincères de 1' homme dans sa recherche du salut (celui qui cherche, et celui qui frappe, etc.). il est toutefois clair et manifeste que, jusqu'à ce qu'il croie en Christ, tous les efforts de l'homme naturel en matière de religion, ainsi que toutes ses prières, ne placent Dieu sous aucune obligation de le préserver une seule seconde de la destruction éternelle.

Ainsi donc, l'on peut dire que la main de Dieu tient l'homme naturel au-dessus de l'abîme infernal. il a mérité d'y être précipité par ses terribles provocations à l'encontre de Dieu. Sa condamnation est un fait accompli, et la colère divine à son égard n'est pas moindre que celle dont l'exécution frappe les hommes déjà parvenus dans le lieu des tourments éternels.

L'homme naturel (qui ne croit pas encore en Christ) n'a absolument rien fait pour apaiser et calmer cette colère. Dieu ne s'est nullement lié par une promesse de le garder un seul instant.

Le diable l'attend, l'enfer s'apprête à le recevoir, et ses flammes l'enveloppent déjà dans leur désirée le saisir et de le dévorer. Le feu infernal qui couve en son coeur lutte pour s'extérioriser. Un tel homme n'a aucun intérêt ni part en Jésus-Christ le Médiateur. il n'a donc aucun moyen à sa portée qui puisse lui procurer une quelconque sécurité.

Bref, l'homme impie, l'homme méchant, l'homme sans Christ n'a aucun refuge dont il peut se prévaloir. La seule raison pour laquelle il n'est pas précipité à tout moment dans la perdition éternelle provient de la volonté souveraine et de la tolérance miséricordieuse et extraordinaire d'un Dieu courroucé.

Un sujet tellement affreux devrait éveiller 1' inconverti Ces vérités s'appliquent à quiconque n'appartient pas à Christ. Ce monde de misère, cet étang de feu et de soufre, s'ouvrent au-dessous de vous, il s'agit du terrible abîme des flammes ardentes de la colère de Dieu, de la gueule béante de l'enfer. Et aucune base ni aucun appui ne vous soutient. Seul le vide vous sépare de cette destruction, et seul le bon vouloir de Dieu vous empêche d'y être précipité. Il est peu probable que vous le réalisiez clairement. Vous voyez effectivement que vous n'êtes pas encore en enfer, mais vous n'en décelez pas la vraie raison. Vous pensez que votre bonne constitution physique ou votre hygiène de vie vous protègent. En fait, ces choses ne sont rien. Si Dieu retirait sa main, tous vos efforts ne vous empêcheraient pas plus de tomber dans l'abîme que l'air qui vous environne.

Votre impiété vous donne le poids du plomb, et tout votre être tend vers le bas, vers l'enfer. Si Dieu vous laissait aller, vous plongeriez immédiatement et rapide-ment dans ce gouffre sans fond. Vos soins et votre prudence, tous vos artifices et votre propre justice ont, pour vous garder de l'enfer, l'influence qu'a une toile d'araignée pour retenir la chute d'un rocher.

La terre refuserait de vous supporter si la volonté souveraine de Dieu ne vous préservait, car vous lui êtes un fardeau. La création soupire à cause de vous car elle est soumise contre son gré à la servitude de votre corruption. Le soleil ne vous éclaire pas volontiers de sa lumière, car vous servez le péché et Satan. La terre ne produit pas son fruit volontiers pour satisfaire vos convoitises. Elle ne vous offre pas de plein gré le cadre pour commettre vos actes de méchanceté. L'air ne se prête pas volontiers pour vous servir de souffle, alors que vous passez votre vie à servir les ennemis de Dieu. La création de Dieu est bonne et doit servirl'homme à servir Dieu. Elle ne se prête pas de tout coeur à un autre dessein, mais elle soupire quand on l'assujettit à des buts si contraires à sa nature et à son dessein d'origine. Le monde vous cracherait de sa sphère si la main souveraine de Celui qui l'a soumis à la vanité dans l'espérance ne vous protégeait.

Les sombres nuages de la colère de Dieu vous surplombent en ce moment même, emplis de fureur, et ils éclateraient sans retard si la main de Dieu cessait de les restreindre. Le souverain bon vouloir de Dieu empêche pour l'instant ses vents impétueux de s'abattre sur vous, ou la destruction vous emporterait comme une tornade. Vous ressembleriez alors à la paille que le vent soulève après la moisson d'été. La colère de Dieu ressemble à une grande masse d'eau retenue par un barrage. Elle ne cesse d'augmenter et de s'élever, jusqu'au jour où une brèche lui permet de s'écouler. Plus on arrête le ruisseau qui l'alimente, plus le flot en sera rapide et puissant au jour de sa libération. Oui, le jugement mérité par vos oeuvres mauvaises n'a pas encore été exécuté. Le déluge de la vengeance de Dieu a été retenu jusqu'ici. Mais votre culpabilité ne cesse d'augmenter, et vous vous amassez chaque jour un trésor de colère. Les eaux montent et gagnent en puissance. Seul le bon vouloir de Dieu les retient. Elles veulent s' abattre sur vous et pressent fort pour s'écouler. Si Dieu ôtait sa main de la vanne, celle-ci s'ouvrirait violemment et immédiatement, et le déluge bouillant de la fureur de la colère divine s'y engouffrerait avec une furie inconcevable. Cette colère s'abattrait sur vous avec une force toute-puissante. Même avec dix mille fois plus de forces que vous n'en possédez actuellement, oui, et dix mille fois davantage que le plus intrépide et enragé des démons de l'enfer, vous ne pourriez pas faire face à cette colère.

L'arc en est tendu et la flèche déjà en place. La justice la pointe droit vers votre coeur. Seul le bon vouloir de Dieu, de ce Dieu en colère, qui n'a rien promis et qui est libre de toute obligation, empêche cette flèche de s'énivrer de votre sang à tout moment.

Ainsi donc, vous tous qui n'avez jamais connu le changement de coeur qu'opère le Saint-Esprit par sa grande puissance; vous qui n'êtes pas devenus de nouvelles créatures, nées de nouveau, ressuscitées de la mort du péché à une nouveauté de vie; vous tous, dis-je, êtes entre les mains d'un Dieu en colère.

Peu importe la multiplicité de vos réformes, seul le bon vouloir de Dieu vous empêche d'être à l'instant engloutis par une destruction éternelle. Vos expériences religieuses, l'observation d'une certaine forme de religion ou vos prières ne vous délivreront pas.

Si mes propos ne vous convainquent pas en ce moment, le jour vient bientôt où vous en serez totalement persuadés. Ceux qui vous ressemblaient, et qui vous ont précédés hors de cette vie, en voient la réalité aujourd'hui. La destruction s'est abattue brusquement sur la plupart d'entre eux. ils ne s'attendaient à rien. "Paix et sécurité", disaient-ils, mais ils voient maintenant la futilité de leurs appuis pour trouver leur paix et leur sécurité.

Le Dieu qui vous retient suspendu au-dessus de l'abîme infernal éprouve une infinie aversion à votre égard, tout comme l'on tient un insecte répugnant au-dessus du feu. Vous avez terriblement provoqué sa colère, et celle-ci brûle comme un feu àvotre encontre. Vous méritez seulement d' être précipité dans le feu. Les yeux de Dieu sont trop purs pour supporter la vue que vous leur offrez, et vous lui paraissez dix mille fois plus abominable que le serpent le plus venimeux. Vous l'avez offensé, infiniment plus que ne l'ajamais fait le plus entêté des rebelles àl' égard de son prince. Pourtant, seule sa poigne vous empêche à tout moment de tomber dans le feu.

Elle seule vous a gardé de l'enfer la nuit dernière et vous a permis d'ouvrir ànouveau les yeux en ce monde après les avoir fermés dans le sommeil. Elle seule vous a préservé des tourments éternels depuis votre réveil.

De même, aucune autre raison ne vous a protégé de l'enfer depuis le début de votre lecture. Lors même que je vous parle, vous provoquez Dieu à la colère par la manière méchante et coupable dont vous réfléchissez à un sujet si solennel Non, absolument aucune autre raison n'explique le fait que vous ne tombiez pas à l'instant même dans la gueule béante de l'enfer. Oh pécheur inconverti! Réfléchissez au danger effrayant que vous courez. il y aune grande fournaise de colère, un abîme large et sans fond, un feu ardent de colère, au-dessus desquels la main de Dieu vous retient Sa colère s'élève et brûle contre vous tout autant qu'elle s'acharne contre les damnés qui déjà peuplent l'enfer.

Seul le fil ténu de la miséricorde divine vous retient, alors que les flammes infernales font rage tout autour de vous, prêtes à tout moment à consumer ce lien. Rien de ce que vous avez accompli, ni rien de ce que pouvez jamais accomplir, ne peut repousser la flamme et amener Dieu à vous préserver une seconde de plus qu'il ne le décide.

C'est la colère du Dieu infini

Si ce n'était que le courroux d'un homme, même un puissant prince, vous pourriez la regarder comme insignifiante en comparaison. La colère des rois est à craindre, surtout s'il s'agit de monarques absolus, au bon vouloir de qui les possessions et la vie des sujets sont entièrement assujetties.

"La terreur qu'inspire le roi est comme le rugissement d'un lion; celui qui l'irrite pèche contre lui-même" (Prov 20:2). L'homme qui irrite grandement un prince autoritaire risque fort de subir les plus extrêmes tourments conçus par les artifices humains, ou que le pouvoir de l'homme peut infliger.

Pourtant, le plus grand des potentats sur cette terre, dans sa plus grande majesté, et enveloppé de sa plus redoutable terreur, n'est qu'un faible et méprisable vermis-seau comparé au grand et tout-puissant Créateur et Roi du ciel et de la terre. Même au plus fort de sa rage, ce monarque terrestre doit se contenter de peu, après avoir exercé toute l'ardeur de sa furie. Tous les rois de la terre ne sont devant Dieu que des sauterelles, rien, et même moins que rien. Le Roides rois ne daigne pas même prendre garde à leur amour ou à leur haine. Sa colère est bien plus terrible, dans la mesure où sa majesté surpasse la leur. "Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui... ne peuvent rien faire de plus... Craignez celui qui, après avoir tué, ale pouvoir déjeter dans la géhenne... c'est lui que vous devez craindre" (Luc 12:4,5).

L'ardeur de sa colère

L'Ecriture parle souvent de la fureur de Dieu. "II rendra à chacun selon ses oeuvres, la fureur à ses adversaires, la pareille à ses ennemis"; "Car voici, l'Eternel arrive dans un feu, et ses chars sont comme un tourbillon; il convertit sa colère en un brasier, et ses menaces en flammes de feu" (Esa 59:18; 66:15). De même, nous lisons de "la cuve du vin de l'ardente colère du Dieu tout-puissant" (Apoc 19:15).

II s'agit de paroles d'une extrême terreur. Si seulement il était dit: "la colère de Dieu", ces mots indiqueraient déjà une horreur infinie, mais il est dit: "L'ardente colère du Dieu tout-puissant" La fureur de l'Eternel! Comme cela doit être terrible! Qui peut exprimer ou concevoir tout le sens de ces expressions!

C'est également "l'ardente colère du Dieu tout-puissant", comme si sa force toute-puissante allait se manifester dans l'effet de l'ardeur de cette colère. Son omnipotence est, pour ainsi dire, enragée. Qu'en sera la conséquence? Qu'adviendra-t-il des minuscules vermisseaux qui vont l'endurer? Quelle est la main dont la force suffit? Jusqu'à quelle terrible, indicible et inconcevable profondeur de misère s'enfoncera la pauvre créature qui en subit les assauts!

Réfléchissez à cela, vous qui demeurez inconvertis. Le fait que Dieu exécutera l'ardeur de sa colère laisse entendre qu'il en infligera le châtiment sans aucune pitié. Votre extrémité est terrible car les tourments qui vous attendent n'ont aucune commune mesure avec votre force.

Mais, lorsqu'une tristesse infinie écrasera et engloutira pour ainsi dire votre pauvre âme, Dieu n'aura aucune compassion à votre égard. il ne retardera pas l'exécution de sa colère, ni ne retiendra-t-il le poids de sa main. Vous ne bénéficierez d'aucune modération, ni de la moindre miséricorde. Dieu ne calmera pas la fureur de sa tempête. II ne se souciera pas de l'acuité de vos souffrances.

Il veillera seulement à ce que vous ne souffriez pas au-delà des exigences de la justice, il ne vous épargnera rien en raison de votre incapacité à le supporter. "Moi aussi, dit-il, j'agirai avec fureur; mon oeil sera sans pitié, et je n'aurai point de miséricorde; quand ils crieront à haute voix à mes oreilles, je ne les écouterai pas" (Ezéc 8:18).

Aujourd'hui, Dieu est encore prêt à avoir pitié de vous, car c'est encore un jour de grâce. Vous pouvez crier vers lui en ce moment même, et avoir quelque espoir d'obtenir miséricorde. Mais, dès la fin du jour de grâce, vos plus lamentables cris et vos plus douloureux hurlements seront vains.

Vous serez entièrement perdus et rejetés loin de Dieu, hors de son action bénéfique. Votre être continuera d'exister dans le seul but de souffrir la misère, car vous serez un vase de colère réservé pour la destruction. Votre seul service consistera à être empli à ras-bords de sa colère.

Comme les paroles du grand Dieu que nous rapporte Esaïe sont terribles: "Je les ai foulés dans ma colère, je les ai écrasés avec ma fureur; leur sang a rejailli sur mes vêtements, etj'ai soufflé tous mes habits" (63:3). 11 est impossible de concevoir une pire manifestation de mépris, de haine et d'une ardente indignation. Tellement loin de prendre en pitié vos supplications, ou de vous manifester le moindre regard de faveur, Dieu se contentera de vous fouler aux pieds.

Bien qu'il vous sache incapables de supporter le poids se son omnipotence, il ne s'en souciera pas. Il vous écrasera sans miséricorde. II vous haïra et vous tiendra en un parfait mépris. Seule la boue des rues que l'on foule aux pieds daignera vous recevoir.

La misère à laquelle vous vous exposez

Dieu y démontre la nature de sa colère. II veut manifester devant tout l'univers l'excellence de son amour et la terrible intensité de sa colère. Les rois de la terre démontrent parfois l'ardeur de leur colère par l'étendue des châtiments qu'ils infligent à leurs adversaires.

Nébucadnetsar, ce puissant et arrogant monarque de l'empire chaldéen, manifesta sa grande colère à l'encontre des Hébreux, en donnant ordre de chauffer la fournaise sept fois plus qu'il ne convenait, II s'agissait là de l'ardeur la plus intense que la technique de l'homme pouvait alors atteindre.

Le grand Dieu a aussi décidé de déployer sa colère et d'exalter sa terrible majesté et sa toute-puissance par les extrêmes souffrances de ses ennemis. "Et que dire, si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance a supporté avec une grande patience des vases de colère prêts pour la perdition?" (Rom 9:22)

Son dessein déterminé consiste à manifester la terreur de sa colère débridée et la nature de son ardente fureur. fi accomplira donc ce qu'il a promis. fi se prépare quelque chose d'horrible à contempler, et qui s'accomplira certainement. Le grand Dieu en colère exécutera sa terrible vengeance sur le pécheur impénitent. Le misérable subira effectivement la puissance et le poids infinis de son indignation. Alors, l'univers entier contemplera la terrible majesté et la toute-puissance qui se déploieront dans un tel jugement.

"Les peuples seront des fournaises de chaux, des épines coupées qui brûlent dans le feu. Vous qui êtes loin, écoutez ce que j'ai fait! Et vous qui êtes près, sachez quelle est ma puissance! Les pécheurs sont effrayés dans Sion, un tremblement saisit les impies... " (Esa 33:12-14)

II en sera donc ainsi de vous si vous demeurez inconverti. La force infinie, la majesté et la terreur du Dieu omnipotent s'exalteront en vous par l'indicible intensité des tourments que vous subirez en présence des saints anges et de l'Agneau. A la vue des souffrances qui s'empareront de vous, les glorieux habitants célestes se prosterneront et adoreront la grande puissance et l'infinie majesté du Tout-Puissant.

"A chaque nouvelle lune et à chaque sabbat, toute chair viendra m'adorer, dit l'Eternel. Et quand on sortira, on verra les cadavres des hommes qui se sont rebellés contre moi; car leur ver ne mourra point, et leur feu ne s'éteindra point; et ils seront pour toute chair un sujet d'horreur" (Esa 66:23, 24).

L'ardente colère du Tout-Puissant est éternelle

II serait déjà terrible de l'endurer un seul instant, mais il vous faudra la subir pendant toute l'éternité. Cette misère aigüe et horrible n'aura pas de fin. En levant les yeux vers l'avenir, vous n'y verrez qu'une durée sans limite qui engloutira vos pensées et frappera votre âme d'ébahissement

Un parfait désespoir de ne jamais connaître de délivrance ou quelque adoucissement s'emparera de vous. La certitude vous habitera de devoir endurer cette vengeance impitoyable et toute-puissante des siècles sans fin, des millions de millions de siècles. Et même alors, vous saurez qu'ils ne représentent qu'un souffle ce qui vous attend. Oui, votre châtiment sera réellement infini.

Oh, qui peut exprimer l'état de l'âme en de telles circonstances! Toute parole ne donne qu'une faible et pâle représentation. Un tel sort est indicible et inconcevable, car qui prend garde à force de la colère de Dieu?

En quel terrible état vivent ceux qui, chaque jour et chaque heure, courent le danger de cette grande colère et de cette infinie misère! C'est pourtant l'état de toute âme qui aujourd'hui n'est pas encore née de nouveau, quelque soit sa moralité, sa rectitude et sa religiosité. Oh, je vous supplie de réfléchir, que vous soyez jeune ou non! II y a toutes raisons de penser que vous, qui lisez ces lignes, subirez réellement pour toute l'éternité la misère ici décrite. Je ne sais pas qui vous êtes, ni où vous vous trouvez, ni quelles sont vos pensées. Peut-être vous sentez-vous à l'aise, et mes paroles ne vous inquiètent pas. Elles ne s'appliquent pas à vous, pensez-vous, et vous vous assurez de pouvoir échapper à un tel sort. Comme il est terrible de se dire qu'un de mes lecteurs, un seul, subira un tel châtiment! Et quel horrible spectacle que de connaître cette personne! Tout le monde élèverait sûrement un cri lamentable et amer à son sujet. Hélas, ce n'est pas un, mais sans doute plusieurs, qui se rappelleront mes propos en enfer! Et il serait étonnant si certains n'y seront pas bientôt, tout au moins avant que l'année ne se termine.

Je ne m'étonnerais même pas si vous, qui m'écoutez en ce moment, tranquilles et en bonne santé, ne soyez partis d'ici demain matin. De toute façon, ceux d'entre vous qui continueront à vivre sans Christ, et demeureront hors de l'enfer le plus longtemps, y arriveront cependant avant peu! Votre damnation ne sommeille pas, mais elle vient rapidement et, en toute probabilité, elle s'abattra sur beaucoup de vous très soudainement.

Vous avez de quoi vous étonner de ne pas être déjà en enfer. Beaucoup de vos connaissances y sont sans aucun doute, sans l'avoir mérité plus que vous. Ils paraissaient tout aussi vivants que vous n'en avez l'air, mais ils hurlent aujourd'hui, aux prises avec une extrême misère et un parfait désespoir.

Pour vous, qui êtes toujours vivant, vous entendez parler de Dieu, et vous avez ici l'occasion d'obtenir le salut. Que ne donneraient pas ces pauvres âmes damnées pour une seule occasion comme celle qui vous échoit en ce moment!

Vous vivez donc une occasion extraordinaire, un jour où Christ ouvre toute grande la porte de la miséricorde, il s'y tient et appelle les pauvres pécheurs avec une forte voix. C'est un jour où beaucoup s'approchent de lui et entrent dans le royaume de Dieu. Ils viennent de l'est, de l'ouest, du nord et du sud. ils sortent de la misérable condition où vous-même gisez, et ils entrent dans un état de félicité, le coeur empli d' amour à l'égard de Celui qui les a aimés et les a lavés de leurs péchés par son propre sang se réjouissent dans l'espérance de la gloire de Dieu. Quelle horreur de rester en arrière en un tel jour, à voir les autres attablés au banquet, et de dépérir dans la perdition! Quel malheur de voir les autres se réjouir, alors que seule la tristesse habite votre coeur, et que votre esprit hurle de frustration! Comment pouvez-vous supporter une telle condition un instant de plus? Votre âme n'est-elle pas précieuse à vos yeux?

Ne faites-vous pas partie de ceux qui ont vécu depuis longtemps dans ce monde, sans être toutefois nés de nouveau? Vous êtes étranger aux alliances de la promesse et, depuis le jour de votre naissance, vous vous amassez des trésors de colère.

Oh, mes amis, votre cas est extrêmement dangereux. Votre culpabilité et la dureté de votre coeur sont très grandes. Ne voyez-vous pas comment cette présente et remarquable bénédiction de la miséricorde de Dieu laisse indifférents beaucoup de vos semblables? II vous faut réfléchir à votre cas, et vous éveiller de votre sommeil. Vous ne pouvez pas supporter l'ardente colère du Dieu infini.

Et vous, jeunes gens et jeunes femmes, négligerez-vous ce moment précieux dont vous jouissez actuellement, à l'écoute de cette invitation de Christ? Pour vous, en particulier, c'est une occasion extraordinaire. Mais, si vous la négligez, vous ne tarderez pas à ressembler à ceux qui ont passé toute leur précieuse jeunesse dans le péché, et qui gisent maintenant dans la cécité et la dureté. Et vous, les enfants encore inconvertis, ne savez-vous pas que vous allez vers l'enfer, et que vous supporterez l'effroyable colère de ce Dieu qui est aujourd'hui sans cesse en colère contre vous? Vous contenterez-vous d'être les enfants du diable, en un jour où tant d'autres dans cette contrée se convertissent et deviennent les saints et heureux enfants du Roi des rois? Que celui qui n'appartient pas à Christ, qui pend au-dessus de l'abîme de l'enfer, quelque soit son âge, écoute les appels retentissants de la Parole et de la providence de Dieu. Cette année de grâce du Seigneur, ce jour de si grande faveur pour les uns, sera sans aucun doute le temps d'une vengeance remarquable à l'égard des autres.

Le coeur de l'homme s'endurcit, et sa culpabilité s'accroît rapidement s'il néglige son âme. Ces gens n'ont jamais couru un plus grand danger de se voir abandonnés à la dureté de leur coeur et à la cécité de leur esprit. Dieu rassemble ses élus de partout. L'élection recevra, et le reste sera aveuglé. Si vous refusez mes paroles, vous maudirez à tout jamais le jour où vous m'avez écouté, et celui de votre naissance. Vous souhaiterez être mort et être allé en enfer avant le jour présent

Il en est sûrement aujourd'hui comme du temps de Jean-Baptiste, où la cognée est mise d'une manière extraordinaire à la racine des arbres. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.

Alors, que tous ceux qui aujourd'hui n'appartiennent pas à Christ s'éveillent et fuient la colère à venir. La colère du Dieu tout-puissant surplombe en ce moment même sans aucun doute la plupart de notre race. Sortez de Sodome!

Mon ami, "Sauve-toi, pour ta vie; ne regarde pas derrière toi, et ne t'arrête pas dans toute la plaine; sauve-toi vers la montagne, de peur que tu ne périsses" (Gen l9:17).

"Etant donc pénétrés de la crainte du Seigneur, nous cherchons à convaincre les hommes;" "C'est donc pour le Christ que nous faisons les fonctions d'ambassadeurs, Dieu lui-même exhortant par nous : nous vous en conjurons pour le Christ, réconciliez-vous avec Dieu !" (II Co 5:11-20).

"Or donc, étant ses coopérateurs, nous vous exhortons à ne pas recevoir la grâce de Dieu en vain. Car il dit : " Au temps favorable, je t'ai exaucé, au jour du salut je t'ai porté secours. " Voici maintenant le temps favorable, voici le jour du salut." (II Co 6:2).




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