L'histoire

 

L'époque gallo-romaine

Sur le sommet de l'ancien volcan qui a donné son nom à la commune d'Egliseneuve des Liards, était implantée la colonie romaine de Liards dont il ne reste que des traces ensevelies sous la végétation et des prismes de basalte épars.

Des ustensiles de ménage en airain et en argile, des médailles furent découverts lors du défrichement du flanc nord-ouest jusqu'au pied de la butte vers 1780.

Des fouilles effectuées par P.P. Mathieu, un érudit local, et relatées dans son livre " Des colonies et des voies romaines en Auvergne " ont mis à jour des fondations de murs d'enceinte, les restes du rez-de-chaussée d'une habitation incendiée sur le pavé de laquelle ont été trouvés des tuiles à rebords, des fragments de poterie rouge ornée de médaillons, des morceaux de fer travaillé, des restes d'amphores. Parmi les débris de tuiles à rebord d'un important édifice situé à l'ouest de Trébuche, il recueillit des haches celtiques en quartz et en hornblende, une clé romaine. Près du chemin de Charel aux Planissards, en 1852, le creusement d'un fossé a permis de déterrer deux bornes en forme de prisme placées côte à côte, l'une de quartz blanc, l'autre de basalte. A l'époque romaine, la plantation de ces bornes faisait l'objet d'une grande cérémonie. Entre le chemin de Lavancie et le ruisseau, le métayer de La Cour sortit d'un champ des tuiles romaines, des vases à médaillons et autres objets antiques.

Rien ne fut conservé.

L'époque féodale

L'origine du nom Egliseneuve apparaît au XIe siècle lors de la fondation de l'église (1096) - Ecclesia Nova.

Tardieu, dans son grand dictionnaire historique du Puy-de-Dôme (op. cit. p 160) nous relate qu' "avant 1786, la seigneurie d'Egliseneuve des Liards appartenait au prieuré de Sauxillanges qui la possédait depuis 1129. Jean Vicaire et son frère Pierre avaient cette terre en usufruit, générosité qu'ils devaient à Guillaume VI, comte d'Auvergne, mais ce dernier avait assuré l'entière propriété de ce fief au prieuré de Sauxillanges, après la mort des même Jean et Pierre ".- Cartulaire de Sauxillanges - charte 706 - carta de Vicarii.
Le prieuré dépendait du prieuré des Bénédictins de Sauxillanges. Bertrand en était prieur au XIIe siècle.

En justice, le bourg d'Egliseneuve obéissait à deux lois : la partie qui dépendait de Sauxillanges était de droit écrit, l'autre de droit coutumier, dépendait de Sugères. La rue qui traverse le village servait de séparation. Les officiers de la justice se rendaient à la Buge d'Egliseneuve le second dimanche de septembre et se regroupaient sur le perron de la croix qui se dressait devant l'unique maison de ce lieu. Il en fut ainsi chaque année, jusqu'à la Révolution.

La révolution (petite chronique d'une insurrection)

L'aube de la Révolution apporta tant de promesses aux paysans que ceux-ci se crurent affranchis non seulement de leurs charges féodales, mais encore de la taille royale. Des troubles graves éclatèrent à Egliseneuve où le refus de payer l'impôt fut total le 26 juin 1790.
Les administrateurs du district d'Issoire donneront l'ordre à la Municipalité de Sauxillanges d'envoyer dans cette commune quelques gardes nationaux, pour y ramener le calme et la paix. La nouvelle provoqua une grosse émotion à Paris. Le 10 juillet 1790, sur la proposition du député Verdier, au nom du Comité des Finances, l'Assemblée Nationale, informée des tentatives que font des gens mal intentionnés pour empêcher le recouvrement des deniers publics et exciter des insurrections, en abusant de la crédulité des habitants des campagnes, notamment à Egliseneuve-des-Liards,... a décrété et décrète :



Fait divers d'antan :

En 1793, pour obéir aux ordres de COUTHON, (originaire d'Orcet, triumvir avec ROBESPIERRE et St JUST), il fut question d'abattre le clocher. Une commission envoyée de Sauxillanges devait faire exécuter l'opération :
"Que la plus haute pierre devienne la plus basse"
Un couvreur grimpé sur le clocher enleva la croix de fer et jeta en bas la pierre où elle était scellée.
"Vous êtes obéi, dit-il, quand au reste je ne m'en charge pas, je tiens à vivre encore"
C'est ainsi que le clocher fut sauvé.

XIX et XXe siècle


En 1853, P.P Mathieu note que l'agriculture était l'activité essentielle, la vie des habitants difficile, l'émigration temporaire normale. Il existait une carrière de granite, une école laïque de garçons et une école de filles tenue par des religieuses.

Au début du siècle, la commune comptait 46 paysans. Il y avait un tailleur de pierres au Fay, un minotier à Jeanlong, un scieur de long, une dentellière aux fuseaux, un forgeron et un sabotier dans le bourg, un facteur avec poste qui portait et allait chercher le courrier à l'arrêt de l'autobus à Cassot. On comptait trois cafés, une épicerie et une boulangerie. Le curé était pratiquement nourri par les habitants tout au long de l'année. L'école laïque de garçons comptait 70 élèves environ tandis que l'école de filles du couvent accueillait pensionnaires et filles de la commune.


On comptait 17 maisons habitées au village du Fay. L'été, les hommes travaillaient aux champs, l'hiver ils allaient tailler les pierres aux carrières des Côtes ou partaient comme scieurs de long. Les plus aisés avaient une vache, les autres quelques chèvres.

Puis vint le déclin avec le départ de nombreux jeunes. Le couvent fut vendu et démoli. L'école laïque de filles qui avait été créée pour remplacer celle du couvent, comptait une trentaine de filles en 1926. Elle a fermé vers 1930 et tous les élèves ont été regroupés. La Poste et la boulangerie ont cessé leur activité en 1966, le dernier café en 1982 et enfin l'école en 1987.

 

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