Bilal vu par ses musiciens:

Hamid, Brahim, David, Bilal, Youl, Marco, Babyou.
Bilal est un solitaire qui a du mal
avec les mouvements de foule et sa popularité. Timide et réservé, il doit faire face à
son succès et ce nest pas chose simple. En effet, quant on est une star, ce
nest pas évident de rester discret et de ne pas éveiller lattention.
Pourtant, Bilal est de bonne composition, ainsi que foncièrement humain. Il aime son
métier, mais nen demeure pas moins nostalgique de lépoque ou il pouvait
faire ses courses et faire un tour à lextérieur sans provoquer un attroupement
autour de lui. Quand il se trouve dans des pays du magreb, Bilal est comme prisonnier dans
sa chambre car il ne peut pas mettre un pied dehors sans susciter lenthousiasme des
gens qui le reconnaissent. Ce qui arrive également à Marseille, sa ville dadoption
quil aime particulièrement. Marseille est une ville de toutes culture, tolérante,
ouverte au monde entier, avec beaucoup moins de préjugés que les autres villes de ce pays, ou chacun a les moyens de trouver sa place sil sen
donne la peine.. Ville matière, riche dhistoire et déchanges. Bilal se sent
bien à Marseille, il nous le dit souvent quand nous rentrons de tournée. Cependant,
notre vedette malgré lui, na pas complètement gardé son anonymat dans la ville
où il prospère, et ceci malgré lui. Donc, ce nest pas une situation dite
« normale », pour le commun des mortels.
Par conséquent, méfiez vous. Ce qui
passe pour du snobisme aux yeux de certaines personnes nest autre que de la
timidité et de la discrétion. Car, il est comme cela et il faut laimer comme tel
ou ne pas laimer à cause de cela. En effet, quelquun qui garde tout pour lui
suscite des interrogations sur son comportement et ce personnage nest pas évident
à cerner. Il est toujours difficile de savoir ce quil pense, mais il pense, je peux
vous en assurer. Il faut juste se trouver là, au bon moment. Et même pour ses musiciens
qui passent une grande partie de leur vie avec lui, ce nest pas évident, alors,
imaginez des journalistes qui ne passent que 20 mns avec lui de temps en temps
Pour cette raison, son groupe semble
important pour lui. Même si les membres du groupe changent de temps en temps, je pense
quil a à coeur davoir une famille autour, plutôt que des musiciens imposés
par une maison de disque. Dailleurs, pour ceux qui le suivent depuis longtemps, ses
nouveaux musiciens sont souvent ses anciens musiciens avec des gens nouveaux qui partiront
un jour et reviendront, de même que pour ses managers. Il a certainement un esprit de
famille dont il ne peut se passer. Bilal est fidèle dans tous les sens du terme.
Pour ce qui concerne son entrée sur
scène, alors que babyou et moi sommes entrain de
jouer lintro de ntya Omri, en nous demandant sil va arriver un jour ou
lautre, sil est encore à lhôtel, sur la route, en back stage, ou
consciencieux caché dans un coin de scène.
« Fainou Bilal ? »
Jusquà présent, il est
toujours arrivé à temps, plus ou moins vite mais en son temps inchallah !
Bilal est généralement content et
gêné en même temps quand il fait son entrée, Le public commence à crier plus fort, et
Bilal débarque enfin, nous regarde et fait des signes certainement imperceptibles pour le
public, et salut tour à tour chacun des musiciens, comme sil ne nous avait pas vu
depuis des mois, alors que cela ne fait que quelques heures. Pendant le concert, il arrive
des petits incidents technique ou des erreurs qui fonts la une des discutions après
concert ou les musiciens mis en cause
deviennent les boucs et misères de la soirée.
Il déteste la violence et quand une
bagarre se produit pendant un concert, il reste perturbé jusquau bout. Il
narrive jamais à comprendre pourquoi des gens se battent alors quils venaient
au départ pour écouter de la musique, danser et passer un moment agréable. Voilà un
point qui le tracasse beaucoup quand des choses comme ça se produisent et malheureusement
cest plutôt fréquent. Il raconte quil est toujours gêné de répondre à
son fils quand il lui demande pourquoi cest toujours nos frères qui sont concernés
dans la violence quand on regarde les informations ? Il naime pas non plus que
les gens montent sur scène pendant le concert pour faire des photos car cela casse le
spectacle et loblige à sortir de la musique afin de gérer la situation. Cest
compréhensible. On ne peut pas vivre et interpréter pleinement une chanson quand on est
constamment distrait par des événements extérieurs.
Après, nous avons fait une dernière
répétition avec des musiciens de lorchestre national de Barbès dont le chanteur
Médhi. Le concert à Paris était une réussite et a contribué à motiver les troupes.
Ensuite nous avons enchaînés Londres. Un assez mauvais souvenir car Malik navait
pas réussi à obtenir les visas pour Bilal et Ibrahim et une partie du groupe était en
Angleterre et 2 autres à Paris dont Bilal. Un
concert sans Bilal, ce nétait pas possible. Le groupe faisait la balance à londre
ne sachant pas si Bilal serait là le soir même Très mauvais accueil du personnel de la
sale mais Ca va Ca va., Koulchilabess, nous sommes allés au bout. Bilal est enfin arrivé
fatigué et avec du retard. Il était a peine sur scène que le public est monté pour lui
parler et faire des photos. La sécurité était insuffisante, le matériel bousculé,
nous avons du abandonner le concert. De retour sur Paris, José le Batteur avait disparu
et David était perdu dans Paris, il avait lâché le groupe en pleine course épuisé par
le poids de son clavier. Pas de liquide sur lui et plus de batterie de portable et tous le
monde en retard comme dhabitude. Babyou, le chef de groupe allait devenir fou car un
plein air à Versailles était prévu le soir même David arriva a se faire amené sur
place avec laide de la communauté Algérienne croisée par hazard et le batteur
arriva sur le premier couplet de Mahaboula. Ouf, très bon concert avec au moins 10000
personnes.
Plus tard, le grand concert dAlger le 1er
juillet 2002 pour lanniversaire de la libération. Un public énorme, concert
télévisé qui passe de temps en temps sur le câble. . Le nouveau répertoire était
donc en place, riche de mésaventures ; Cela a duré presque 11 mois..
Cest
seulement un an après quavec la même base Bilal a décidé de privilégier
quelques solos dinstruments ou chaque musiciens pourraient séxprimer pendant
le concert. Un batteur et un bassiste (Ulrich
et Marco avaient intégrés le groupe et Moussa était revenu à la guitare pour remplacer
Patrice qui avait choisi une autre direction. Puis peu à peu les titres de lalbum
Sidi Sidi disparaissent pour laisser la place aux nouveaux titres Ayza Kelem, Garry les
Vacances, etc.
Ainsi, une nouvelle tournée au Maroc se prépare, pas beaucoup de
temps pour répéter, mais nous nous rencontrons quelques fois pou rafraîchir le
répertoire. Ca va, tout fonctionne et le travail avance vite malgré le manque de
temps.On a pu observer sur le titre « Ca va ca va », une série de solo ou
Hamid, percussionniste de salsa avait un temps dexpression plus long, suivi de
Ulrich à la batterie. Un moment fort du concert qui relevait un peu le spectacle. Une
implication de Marco à la basse très groove et assez libre de ses directions. A ce
propos, un article de journal est dailleurs parut à safi, concert avec un public
énorme, au sujet de la nouvelle dynamique musicale. Tout sest passé plutôt bien
au niveau du public. A ce moment là, Bilal commence à parler de son désir de retourner
vers du vrai rai et de moins métisser sa musique avec du Funk , de la salsa et du rock.
Il veut certainement retrouver les racines de sa musique.
2ème article:
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Cheb
Bilal, la relève du raï Cheb Bilal, Sidi Sidi vendredi 24 mai 2002, par David Cadasse |
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Depuis Faudel, rien de très significatif n'était venu égayer la planète raï en France. Jusqu'à Cheb Bilal. D'Oran à Paris, en passant par Marseille, le jeune artiste pose avec son album Sidi Sidi les solides jalons d'une belle carrière |
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| Inutile de vous demander de retenir le nom de Cheb Bilal, car il y a fort à parier qu'il sera bientôt l'une des grandes stars du raï. Il est jeune, plein de talent, bien entouré, tous les ingrédients sont là pour qu'il dure et s'installe confortablement auprès de ceux qui hier le faisaient rêver. Avec son album Sidi Sidi, Bilal joue déjà dans la cour des grands. Sans conteste. Dès le premier morceau de l'album, qui porte d'ailleurs le même nom, Bilal, auteur, compositeur et interprète, annonce la couleur. Violons, cuivres, basse, congas, derbouka, batteries, sa musique est placée sous le signe de l'orchestration. Elle remise au placard le sempiternel raï usiné au synthétiseur et rend au genre toute sa dimension. Métissage fidèle On sent une nouvelle force dans la musique de Bilal, un nouveau souffle. Commencez une simple musique à la derbouka et au violon, ajoutez-y une contrebasse et le feu d'une guitare gitane puis lâchez la voix de Bilal, vous obtenez, " Rak Mrid ", un tube à la fois riche et léger. Un nouveau raï. Un raï qui intègre les diverses influences de l'artiste sans trahir son identité profondément maghrébine. Il peut introduire un accordéon, un piano jazz, une basse funky ou une batterie dance, rien n'y fait, il reste toujours savoureusement enraciné dans sa propre culture. Car lorsqu'il chante, Cheb Bilal est définitivement plus à l'aise en arabe qu'en français. Sa voix profonde et claire, très juste sur les tempos, se coule parfaitement dans la musique. L'album est un incontournable de la nouvelle vague d'un raï moderne et contemporain et peut être même un futur classique. Pas d'hésitation à avoir. |